Mot italien choisi par le pape Jean XXIII
pour désigner l'un des trois objectifs qu'il assignait au concile dont il avait annoncé officiellement, le 25 janvier 1959, la réunion prochaine : la modernisation de l'Église catholique (ou « aggiornamento »), son ouverture aux autres Églises (œcuménisme), son ouverture au monde.
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Le pape Jean XXIII, en 1961 Jean XXIII (1881-1963) délivrant un message de paix depuis sa résidence d'été à Castelgandolfo (10 septembre 1961). Pape depuis 1958, il chercha par le deuxième concile du Vatican (1962) à engager l'Église catholique dans une profonde mutation.
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Le terme avait été choisi à dessein, pour en éviter d'autres, en premier lieu celui de « modernisation », qui évoquait trop les mauvais souvenirs de la crise moderniste du début du xxe siècle, mais aussi celui de « réforme », qui avait une saveur trop protestante et supposait toutes les distinctions que le père Congar avait introduites dans un livre marquant, Vraie et Fausse Réforme dans l'Église (1950, réédité dès l'annonce du concile). Aggiornamento, qui fit rapidement fortune dans tout le monde catholique, demeurait plus modeste et dépourvu de tout précédent historique : « mise à jour » des structures, des orientations, du langage et des formes d'action du catholicisme.
Le concile — le deuxième du Vatican — s'ouvrit le 11 octobre 1962 et dura jusqu'au 8 décembre 1965 ; son œuvre se répartit sur quatre sessions. Dès le début, se dégagea une forte majorité en faveur de l'aggiornamento, malgré la résistance d'une minorité : la présence d'observateurs orthodoxes et protestants, le refus de prononcer des condamnations (anathèmes), un message au monde (Lumen gentium) apparurent comme le signe évident qu'un tournant était pris, du moins qu'une page était tournée. Tout à l'espérance, le concile ignorait que les événements allaient vite dépasser ses intentions : il avait libéré des forces et des aspirations qu'il ne soupçonnait pas.
Émile POULAT
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