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2-25 mars 1984

Turquie. Grèves de la faim dans les prisons et élections municipales

Le 2, un détenu de vingt-sept ans, d'origine kurde, décède des suites d'une grève de la faim entamée à la mi-janvier dans la prison militaire de Diyarbakir (sud-est de la Turquie). Quarante-deux autres détenus participent à ce jeûne, destiné à protester contre l'obligation pour les prisonniers, d'origine kurde pour la plupart, de porter l'uniforme des condamnés de droit commun, et contre les mauvais traitements dont ils sont les victimes.

Le 6, on apprend que onze prisonniers, dont sept Kurdes, sont morts à la prison de Diyarbakir. Parallèlement, plusieurs centaines de détenus de la prison militaire de Mamak, à Ankara, poursuivent une grève de la faim entamée le 22 février.

Le 12, Erdal Inonu, président du Parti social-démocrate (SODEP), opposition extraparlementaire), dénonce l'usage de la torture dans les prisons turques. Le même jour, Hasan Esat Isik, ancien ministre des Affaires étrangères, adresse une lettre aux chefs des partis politiques leur demandant de se prononcer contre les sévices pratiqués dans les prisons militaires.

Le 15, les détenus de la prison de Diyarbakir cessent leur mouvement, sans avoir obtenu satisfaction.

Le 25 sont organisées des élections municipales et régionales. Contrairement aux élections législatives du 6 novembre 1983, où seules trois formations étaient autorisées à présenter des candidats, trois partis de l'opposition extraparlementaires prennent part, cette fois, au scrutin : le SODEP, le Parti de la juste voie (DYP) et le Parti du bien-être (TB). Le Parti de la mère patrie (ANAP) du Premier ministre Turgut Ozal l'emporte largement avec près de 45 % des voix. Le Parti populiste (PP) et le Parti de la démocratie nationaliste (PDN) obtiennent des résultats inférieurs à ceux du 6 novembre 1983.

— Universalis

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