FRITSCH WERNER baron von (1880-1939)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Entré dans l'armée comme artilleur à l'âge de dix-huit ans, Werner von Fritsch fait tout de suite preuve des qualités appréciées par le grand état-major. À vingt-sept ans, en 1907, il est envoyé à l'école de guerre. Versé dans l'état-major en 1911, il fait la Première Guerre mondiale et se voit confier le poste de chef d'état-major d'un corps d'armée.

Il ne tarde pas à acquérir la confiance du général von Seeckt, dont il devient un fervent disciple en matière de doctrine politique et militaire ; il prône l'union avec la Russie (même communiste). Haïssant la Pologne, il travaille passionnément au réarmement secret de l'Allemagne. Dès 1928, il prépare les plans d'une invasion brusquée de la Pologne qui, en tenant compte du changement de dates et de l'évolution technique de l'armée, servirent de base au « plan blanc » de l'invasion proprement dite de septembre 1939.

En 1930, von Fritsch est l'un des membres les plus influents du grand état-major et ses idées sont adoptées par la plupart de ses collègues. En juillet 1932, le général von Schleicher lui confie la mission de réaliser le coup d'État contre le gouvernement prussien.

En février 1934, Hitler le nomme au commandement de la Reichswehr. Le Führer le trouvait sympathique parce qu'il n'avait jamais pris ouvertement position contre le national-socialisme et parce que, tout en n'étant pas très partisan des méthodes nazies, il ne cachait pas une certaine admiration pour les résultats qu'elles avaient obtenus.

Mais, en janvier 1938, von Fritsch est l'objet d'une sinistre machination des SS en même temps que von Blomberg. Ceux-ci parviennent à détruire son crédit auprès de Hitler. Von Fritsch accepte son destin en silence. À la fin du mois d'août 1939, dans une lettre à la baronne Schutzbar, il écrira : « Il n'y a plus de place pour moi dans l'Allemagne de Hitler, en temps de guerre comme en temps de paix. Je ferai cette guerre avec mon régiment, mais je ne serai qu'une cible car je ne peux pas, de toute manière, rester chez moi. » Quelques semaines plus tard, von Fritsch, amer et résigné, tombe devant Varsovie à la tête de son régiment. À l'occasion de ses funérailles nationales, un éloge funèbre fut prononcé à Berlin par le commandant en chef de l'armée de terre, le général von Brauchitsch.

—  André BRISSAUD

Écrit par :

Classification


Autres références

«  FRITSCH WERNER baron von (1880-1939)  » est également traité dans :

TROISIÈME REICH (1933-1945)

  • Écrit par 
  • Gilbert BADIA
  •  • 9 940 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « Vers la guerre »  : […] À partir de 1936, la militarisation de l'Allemagne va s'accélérer : tous les jeunes gens sont incorporés dans la Jeunesse hitlérienne (Hitler-Jugend), puis doivent accomplir leur temps dans le Service de travail du Reich (créé le 26 juin 1936). De 100 000 membres en 1932, la Jeunesse hitlérienne est passée à 3,4 millions en 1934, à plus de 8 millions en 1938. Le 24 août 1936, la durée du service […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/troisieme-reich/#i_43399

Pour citer l’article

André BRISSAUD, « FRITSCH WERNER baron von (1880-1939) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/werner-fritsch/