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GIDAL TIM (1909-1996)

Cinquième enfant d'une famille juive aisée originaire de Russie, Tim Ignaz Nachum Gidalewitsch naît le 18 mai 1909 à Munich et grandit dans un milieu cultivé. Les universités de Munich, de Berlin et de Bâle accueilleront l'étudiant en histoire et en économie qui, en 1935, devient docteur en philosophie. L'activité photographique de Tim Gidal commence en 1929 avec l'appareil Leica que lui a offert son frère. Le Münchner Illustrierte Presse publie ses premières images, et ses voyages en Tchécoslovaquie, en Palestine, en Pologne viendront fournir la matière de reportages publiés dans le Münzer Illustrierte Zeitung, avec quelques autres parutions en France, en Hollande et dans les pays scandinaves. Réfugié à Bâle en 1933, Tim Gidal effectue un séjour de deux mois en Palestine où il réalise plusieurs reportages et trois films en format 16 mm qu'un montage rassemblera en 1936 dans un long-métrage documentaire, Erez Israel. Gidal émigre en Palestine en 1936 où il s'essaie au tout nouveau film Kodachrome. Le magazine féminin Marie Claire publiera en 1938 les premières images en couleurs du photographe qui travaille régulièrement avec les journaux britanniques Lilliput et Picture Post, nouvellement créés et dirigés par Stefan Lorant. Établi à Jérusalem en 1940, Gidal élargit son terrain d'activité à l'Orient avec des voyages en Inde et à Ceylan pour Picture Post et le magazine américain Look.

La Seconde Guerre mondiale voit Tim Gidal s'impliquer dans les forces britanniques qui, pour les besoins de la revue Parade, le nomment en 1942 chef reporter en Afrique du Nord et en Méditerranée, charge renouvelée en 1943 pour la Chine, la Birmanie, l'Inde et le Moyen-Orient. Marié en 1944 avec Sonia Epstein qui lui donnera en 1946 son fils Peter et dont il divorcera en 1970, Tim Gidal émigre aux États-Unis en 1947, où il réside entre New York et la campagne du Vermont. Ce changement de résidence marque une interruption de la carrière du reporter qui retrouve sa vocation d'universitaire pour effectuer des recherches sur l'histoire du judaïsme, donner des conférences sur le photojournalisme, auquel il consacrera en 1973 l'ouvrage Origine et évolution du photojournalisme moderne, 1910-1933. Il publie également des articles dans le magazine Life, dont il devient conseiller éditorial en 1959, six ans après avoir été naturalisé américain. Le retour de Gidal à la photographie en 1955 recentre son travail sur le territoire documentaire. Avec sa femme, il entreprend une série de voyages à travers le monde qui donneront naissance à une série de vingt-six livres regroupés en 1970 sous le titre générique My Village. Membre de la Royal Society of Photography de Londres depuis 1965, Tim Gidal devient conférencier régulier de l'université hébraïque de Jérusalem où il s'établit définitivement. Gidal est à ce moment l'auteur d'une bibliographie conséquente dans laquelle, outre My Village, comptent Enfants d'Erez Israël (1936), This is Israel (1948), Sons of the Desert (1960). Naturalisé israélien en 1970, remarié en 1980 avec Pia Lis, Tim Gidal reçoit plusieurs distinctions dont le prix Kalvin du musée d'Israël de Jérusalem en 1980 et le prix Erich Salomon du photojournalisme en 1983. Après la parution de Jérusalem éternelle (1980), Tim Gidal entreprend avec sa seconde femme de longues recherches qui aboutiront aux publications de Terre promise : Photographies de Palestine, 1850-1948 (1985) et de Les Juifs en Allemagne, de la période romaine à la République de Weimar (1988). Tim Gidal, qui laisse un livre de Mémoires, Ma vie de photoreporter (1984), meurt le 4 octobre 1996 à Jérusalem.

— Hervé LE GOFF

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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