CLASH THE

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Le groupe punk-rock britannique The Clash est le deuxième plus grand porte-drapeau du mouvement punk, après The Sex Pistols.

Saisi par le style de ces pionniers du genre, Joe Strummer (1952-2002) veut créer un ensemble aussi enflammé : il s'associe à Mick Jones, Paul Simonon et Terry Chimes (tous trois nés en 1955) pour lancer The Clash en juillet 1976. Contrairement à nombre de formations londoniennes apparues au milieu des années 1970, ce groupe au nom évocateur (« l'émeute ») exercera une influence presque aussi grande que celle des Sex Pistols. Si ces derniers se présentent, du moins dans leur discours, comme des nihilistes venus détruire le rock, les Clash agissent en militants bien décidés à le sauver, en populistes incitant à la révolte et menant une lutte des classes sur le thème du rock and roll. Leur premier titre explosif, intitulé White Riot, et leur premier album homonyme (tous deux parus en 1977) se caractérisent par un volume et un tempo à la fois métalliques et mécaniques – signe de reconnaissance idéal pour des jeunes rebelles à l'allure pitoyable, portant des vêtements d'occasion personnalisés à l'encre et à la bombe aérosol, et dont le credo n'est autre que « seuls les gamins des rues connaissent la vérité ». Leurs apparitions sur scène – guidées par la passion de Strummer, qui chante d'une voix éraillée en serrant les dents – galvanisent le public mieux que toute autre chose durant cette ère électrique.

L'album The Clash est jugé tellement brut, cru et anticonformiste par la maison de disque américaine du groupe qu'il ne paraîtra aux États-Unis que deux ans après sa sortie dans les bacs en Grande-Bretagne. Le batteur Terry Chimes quitte le groupe juste après les enregistrements et est remplacé par Topper Headon (né en 1955). L'opus suivant, Give 'Em Enough Rope (publié en Grande-Bretagne à la fin de l'année 1978 et aux États-Unis au printemps de 1979), est supervisé par le producteur américain Sandy Pearlman, désireux de gagner le marché américain. Le groupe ne percera cependant dans ce pays qu'avec le double album London Calling (1980). Éclectique et sophistiqué, cette œuvre empreinte de reggae et de rhythm and blues offre aux Clash leur premier tube outre-Atlantique, Train in Vain (Stand by Me) – ce titre signé par Jones avait été ajouté si tardivement qu'il n'était pas mentionné sur la pochette du vinyle. À cette époque, le professionnalisme du groupe, durement acquis, ses talents musicaux en rapide évolution et sa fascination grandissante pour l'iconographie de l'héritage culturel américain classique ont éloigné les Clash des fidèles punk en Grande-Bretagne, qui reprennent encore le titre I'm So Bored with the U.S.A. de leur premier album.

Devant perpétuellement de l'argent à leur maison de disques et contraints par l'éthique punk de tout donner à leurs fans, les Clash tentent de satisfaire ces deux partis avec Sandinista ! (1980), album triple dont ne sortira malheureusement aucun succès de vente. Combat Rock (1982), dernière œuvre commune du trio initial (Strummer, Jones et Simonon), se distingue en revanche par le tube Rock the Casbah, qui sera paradoxalement repris plus tard comme chant de bataille américain durant la guerre du Golfe.

Des tensions internes nées des contradictions entre les principes et les actions des Clash – dont le discours révolutionnaire se heurte à leur addiction au statut machiste de stars du rock – amènent le groupe à se séparer de Jones (lequel formera son propre groupe, Big Audio Dynamite). À la suite de ce départ, les Clash deviennent malheureusement un groupe punk ordinaire, caractérisé par la présence d'un chanteur au charisme inhabituel. Ils enregistrent sans Jones un dernier album, mal reçu par la critique, avant que le groupe éclate en 1986.

Bien après la dissolution des Clash, le titre Should I Stay or Should I Go se classera en tête des ventes en Grande-Bretagne, lorsqu'il sera repris dans une publicité en 1991. En dépit de ce succès et des offres lucratives visant à réunir le groupe, celui-ci refusera de s'exécuter – contrairement aux Sex Pistols. La représentation la plus mémorable des Clash demeure la reprise du classique du rockabilly composé par le Bobby Fuller Four I Fought the Law (dont le refrain est « I fought the law / And the law won » : « j'ai combattu la loi / et la loi a gagné ») ; en remplaçant « the law » par « the music business » ou « capitalism », les stars du [...]

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STRUMMER JOE (1952-2002)

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Chanteur de rock anglais. De son vrai nom John Mellor, ce fils de diplomate bourlingue enfant sur plusieurs continents, au gré des postes paternels. Pensionnaire ensuite dans un collège anglais, il cherche dès vingt ans sa voie dans les milieux rocks britanniques et commence à se produire dans des pubs. Saisi par le style des Sex Pistols, Joe Strummer veut créer un ensemble aussi enflammé : il s […] Lire la suite

Pour citer l’article

Charles Shaar MURRAY, « CLASH THE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/the-clash/