MERCADANTE SAVERIO (1795-1870)

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Vers 1840, après le retrait de Rossini, la mort de Bellini et le départ à Paris de Donizetti, Mercadante est considéré comme le plus grand compositeur d'opéra italien. Toutefois, il est rapidement supplanté, dans le cœur de ses compatriotes, par le jeune Verdi. À sa mort, sa notoriété décline, effacée par celle du génial compositeur de Busseto, que Mercadante a largement inspiré sans toutefois en avoir la puissance créatrice.

Saverio Mercadante, né à Altamura, près de Bari, est baptisé le 17 septembre 1795. En 1806, il arrive à Naples avec sa famille. Deux ans plus tard, il obtient (en falsifiant sa date de naissance et son origine géographique) une place d'élève non payant au conservatoire (collège San Sebastiano) de cette ville, où il effectue un cycle complet d'études musicales théoriques et pratiques. De 1816 à 1820, il suit des cours de composition chez le directeur de l'établissement, Niccolo Zingarelli. Il se met alors au métier, dirigeant l'orchestre du collège et composant ses premières pièces instrumentales et vocales qui lui valent les louanges de Rossini. En 1818-1819, quatre de ses ballets sont exécutés au théâtre San Carlo de Naples ; ils obtiennent un tel succès qu'il reçoit la commande de son premier opéra, L'Apoteosi d'Ercole (1819). Dès lors, Mercadante se consacrera essentiellement au théâtre, signant des contrats dans toutes les villes d'Italie (Naples, Rome, Milan, Turin...) et menant une activité effrénée. Elisa e Claudio, représenté au théâtre de la Scala à Milan, en 1821, marque le début d'une carrière internationale : l'opéra est repris dans l'Europe entière. Entre 1826 et 1831, Mercadante effectue de nombreux déplacements (Cadix, Lisbonne et Madrid), entrecoupés par de constants retours dans la péninsule. En 1832, I Normanni a Parigi remporte un très vif succès dans le public turinois. La même année, il épouse à Gênes une jeune veuve dont il aura trois enfants. L'année suivante, le compositeur est nommé maestro di cappella à la cathédrale de Novare. Cette fonction l'amènera à écrire des pièces religieuses sans toutefois lui faire abandonner l'opéra. En 1835, Rossini invite Mercadante à Paris : il écrit, pour le Théâtre-Italien, I briganti, opéra qui restera un demi-échec. Mais ce voyage est loin d'être inutile : Mercadante, profondément marqué par les œuvres d'Auber et de Meyerbeer, décide d'entreprendre, dès son retour au pays, un énergique plan de réforme de l'opéra italien, devenant, en même temps, l'une des figures majeures de la vie musicale italienne. En 1839, il est nommé à Bologne directeur du Liceo Musicale et maître de chapelle de San Petronio. L'année suivante, il abandonne ces deux charges pour prendre la fonction, plus prestigieuse encore, de directeur du collège San Sebastiano de Naples. Orazi e Curiazi, représenté au théâtre San Carlo en 1846, est chaudement accueilli par le public napolitain. À cette période, Mercadante est revenu cependant à une esthétique plus conventionnelle. Ses tâches pédagogiques (il publie plusieurs exercices de chant) et administratives l'absorbent considérablement, au détriment de son œuvre dramatique. Ses opéras, confrontés par les Italiens à ceux de Verdi, tendent à être dépréciés. Ayant perdu l'usage d'un œil à Novare, il devient totalement aveugle en 1862. Mercadante s'éteint à Naples, le 17 décembre 1870.

Mercadante laisse derrière lui une vaste production (environ 60 opéras) qui couvre près de quarante années (1819-1866). Dans les genres buffa et semiseria, son style est d'abord marqué par la verve mélodique de Rossini. Puis il s'infléchit, après 1830 et le retour d'Espagne, vers le pathos de Donizetti, de Bellini et de Pacini, dans lequel il se sent plus à l'aise. Dans les œuvres composées après le séjour à Paris (Il Giuramento, Le Due Illustri Rivali, Elena da Feltre, Il Bravo, La Vestale, Il Reggente), il se place nettement à l'avant-garde de l'esthétique mélodramatique italienne. Il écrit ses pages les meilleures, démontrant un métier solide et annonçant Verdi. Il recherche en effet la cohérence dramatique, un approfondissement psychologique des situations et des personnages, l'abandon de la virtuosité superflue, le pouvoir lyrique acquis par la mélodie et un nouveau type d'harmonie et d'orchestration... Ses librettistes préférés sont F. Romani et S. Camarano. Vers 1845, alors que Verdi commence son ascension, Mercadan [...]

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Écrit par :

  • : docteur en musicologie. chargée de cours à l'université Paris-IV-Sorbonne

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Sylvie MAMY, « MERCADANTE SAVERIO - (1795-1870) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saverio-mercadante/