CORDIER MATHURIN (1479 ou 1484-1564)

Grand pédagogue du xvie siècle, Mathurin Cordier est né probablement en Normandie, en 1479 d'après Haag (La France protestante), en 1484 d'après E. A. Berthaut, auteur d'une thèse latine sur Cordier et l'étude des belles-lettres (De Corderio et litterarum studiis, 1875). Dans l'article qu'il lui a consacré dans son Dictionnaire historique et critique, Pierre Bayle caractérise ainsi Mathurin Cordier : « Il fut l'un des meilleurs régents de classe que l'on eût pu souhaiter, il avoit beaucoup de vertu et il s'appliquoit diligemment à ses fonctions, aussi soigneux de former ses écoliers à la sagesse qu'à la bonne latinité. » Pédagogue né, Cordier enseigna dans plusieurs collèges de Paris (collèges de Reims, de Sainte-Barbe, de Lisieux, de la Marche, de Navarre). Au collège de la Marche, il eut pour élève Jean Calvin qui lui dédiera son Commentaire sur la Ire Épître de saint Paul aux Thessaloniciens, attestant que, « si la postérité retire quelque fruit de ses ouvrages, elle sache que c'est à Cordier qu'elle les doit en partie ». Vers 1528, il interrompt son enseignement au collège de Navarre pour étudier la théologie, mais de nouveau, nous dit Launoy, l'historien du collège de Navarre (1677), il reprend son emploi de grammairien. Il enseigne à Nevers avant 1534, puis au collège de Guyenne à Bordeaux en 1535-1536.

Entré en rapport avec les frères Estienne, Cordier est gagné aux idées nouvelles et adhère à la Réforme (cf. J. Lecoultre, Mathurin Cordier et les origines de la pédagogie protestante dans les pays de langue française, 1926). En effet, en 1535, on le trouve parmi les personnalités citées devant le parlement pour justifier de leur doctrine. Il quitte alors Bordeaux pour Genève, où il rejoint Calvin. Lorsque, en 1538, à la suite des élections de février qui donnent le pouvoir au parti vieux-genevois, Calvin et Farel sont bannis, Cordier part pour Neuchâtel. En 1545, il accepte la direction du collège de Lausanne. Il y professe jusqu'en 1557. De retour à Genève, où l'Académie venait d'être inaugurée, il reprend en 1562 ses fonctions d'enseignement dans une basse classe du collège. Il meurt, le 8 septembre 1564, quatre jours après avoir donné sa dernière leçon.

Mathurin Cordier laissait un certain nombre d'ouvrages d'enseignement et de morale qui eurent plusieurs éditions. Le plus connu de ses ouvrages pédagogiques reste les Colloquiorum scholasticorum Libri quatuor ad pueros in latino sermone exercendos, publié à la veille de sa mort (1564) et réimprimé au moins jusqu'en 1863.

—  Paul DIBON

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  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études

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Pour citer l’article

Paul DIBON, « CORDIER MATHURIN (1479 ou 1484-1564) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mathurin-cordier/