LAURENCE MARGARET (1926-1987)

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Née à Neepawa (Manitoba), Jean Margaret Wemyss fut orpheline de mère à quatre ans et de père à onze ; elle commença à écrire au collège de Winnipeg dont elle sortit à vingt ans pour travailler comme reporter. En 1948 elle épousa un ingénieur et le suivit en Angleterre, puis en Afrique, où ses découvertes et ses expériences de 1950 à 1957 l'incitèrent à publier A Tree for Poverty (1954 ; « Un arbre pour la pauvreté »), recueil de poésie et de prose somalienne, et The Prophet's Camel Bell (1963 ; « La Cloche à chameau du prophète »), qui évoque ses séjours en Somalie. Les nouvelles de The Tomorrow-Tamer (1963 ; « Le Dompteur de lendemains ») et le roman This Side Jordan (1960 ; « De ce côté-ci du Jourdain ») ont le Ghana pour cadre : ils analysent les conséquences de l'indépendance sur les indigènes et sur les quelques Européens pris dans ce processus mais évoquent surtout le choc culturel qui conduisit la romancière à considérer sa propre expérience avec un certain recul.

Après un ouvrage de critique sur la littérature africaine, Long Drums and Cannons (1968 ; « Grands Tambours et canons »), Laurence revint donc à ses sources et au Manitoba. The Stone Angel (1964 ; L'Ange de pierre, 1977) ouvre le cycle de Manawaka, dont les protagonistes sont des femmes, par l'histoire d'une nonagénaire que sa rébellion, toute sa vie durant, n'a pu délivrer de son propre orgueil. A Jest of God (1966 ; Un dieu farceur, 1981) évoque les difficultés de Rachel Cameron, célibataire dont la quarantaine est hantée par le puritanisme, la frustration sexuelle et la peur de sa mère. Dans The Fire-Dwellers (1969 ; « Ta maison est en feu »), l'aînée de Rachel, Stacey McAindra, se trouve aux prises avec l'âge, les exigences de ses enfants et de son mari dans la quotidienneté de la ville, à Vancouver. En même temps que Jason's Quest (1970 ; « La Quête de Jason »), aventures symboliques d'une jeune taupe, Laurence publie en 1970 A Bird in the House (« Un oiseau dans la maison ») dont les nouvelles dépeignent les traumatismes de Vanessa McLeod, la mort de ses parents, la crise économique et aussi la puissante figure de son grand-père Simpson. Cette autobiographie romancée semble se poursuivre dans The Diviners (1974 ; Les Oracles, 1979), peut-être le meilleur roman de Laurence. Il a pour narratrice une romancière de quarante-sept ans en quête de son passé ancestral d'Écossaise et familial d'enfant adoptée, mais qui s'affirme aussi comme femme, comme mère et comme Canadienne à travers la fille qu'elle a voulu avoir d'un métis.

—  Michel FABRE

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Michel FABRE, « LAURENCE MARGARET - (1926-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/margaret-laurence/