MANO SOLO (1963-2010)

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Le chanteur français Mano Solo (de son vrai nom Emmanuel Cabut : il est le fils du dessinateur Jean Cabut, dit Cabu, et de la journaliste Isabelle Monin, cofondatrice, en 1972, du magazine écologique La Gueule ouverte) naît à Châlons-sur-Marne (auj. Châlons-en-Champagne), le 24 avril 1963. Il grandit au sein d'un foyer intellectuel très politisé. Dès l'âge de dix-sept ans, il se produit comme guitariste dans un groupe punk-rock, les Chihuahuas. En 1986, il apprend qu'il est séropositif ; il décide, au début des années 1990, d'interpréter lui-même les textes qu'il écrit. « Au centre de l'inspiration de ses premiers albums, la maladie dicte l'expression d'une urgence. Elle fédérera un public qui s'identifie avec la lutte solitaire de ce poulbot enfiévré au visage anguleux et au regard intense » (Stéphane Davet). Il publie son premier album, La Marmaille nue, en 1993 ; le succès est au rendez-vous, avec 100 000 exemplaires vendus la première année. Son deuxième album, Les Années sombres, sort en 1995, année où il annonce publiquement qu'il a le sida : « J'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. La bonne, c'est que je ne suis plus séropositif. La mauvaise, c'est que j'ai le sida ! ». Suivent les albums Frères Misère (1996 ; avec le groupe Les Frères Misère, composé de Mano Solo et des Chihuahas), Je sais pas trop (1997), Internationale Sha la la (1999), Dehors (2000), La Marche (2002), qui est accompagné d'un D.V.D. présentant des photos, des extraits de concerts et des images de synthèses élaborées par le chanteur, Les Animals (2004), dans lequel figure Botzaris, enregistré avec Les Têtes raides, In the Garden (2007), son premier album auto-produit, qu'il propose aux internautes de subventionner : Mano Solo souhaite ainsi se démarquer des majors de l'industrie discographique (il a quitté la Warner en 2006) ; mais c'est un échec : « Je suis la preuve vivante qu'on ne peut pas se passer des majors », déclarera-t-il. Il publie en 2009 son dernier album, Rentrer au port. Mano Solo dessinait, peignait, illustrait les pochettes de ses albums. Il avait créé à Paris sa propre maison d'édition, La Marmaille nue, et publié deux livres : le recueil de poèmes Je suis là (1995) et le roman Joseph sous la pluie (1996). Artiste engagé, il donne des concerts en faveur d'associations d'entraide, et anime des émissions de radio. Mano Solo meurt à quarante-six ans, le 10 janvier 2010, à l'hôpital Bichat, à Paris, où il avait été hospitalisé en novembre 2009, peu après un dernier concert à l'Olympia.

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Pour citer l’article

« MANO SOLO (1963-2010) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mano-solo/