DÖNITZ KARL (1891-1980)

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Entré comme cadet dans la marine impériale allemande en 1910, Karl Dönitz participe à la Première Guerre mondiale dans les submersibles ; en 1918, il est fait prisonnier par les Anglais. S'étant spécialisé dans les sous-marins, il est nommé en 1936 commandant en chef de la flotte sous-marine de la Kriegsmarine. National-socialiste convaincu, Karl Dönitz n'est cependant pas écouté par Hitler qui néglige alors l'arme sous-marine. Lors de la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, l'Allemagne ne possède que quarante-trois sous-marins.

Par la technique des « meutes » qu'il met au point dès septembre 1940, Dönitz obtient des résultats spectaculaires jusqu'en 1943, coulant quatorze millions de tonnes de navires marchands alliés, et il contraint ainsi l'Angleterre puis les États-Unis à affecter une grande part de leurs forces navales et aériennes à la défense de leurs flottes. Après avoir réussi à ravager l'Atlantique, Dönitz voit alors ses sous-marins succomber en grand nombre à cause de la mise en service par les Alliés d'un radar perfectionné.

En 1943, Dönitz succède au grand amiral Raeder en qualité de commandant en chef de la flotte de guerre allemande. « Par sa détermination d'homme compétent, par la rigueur technique de ses arguments, Dönitz sut préserver la marine des sautes d'humeur de Hitler jusqu'à la fin de la guerre » (A. Speer). Il fait mettre au point une nouvelle génération de sous-marins aux performances exceptionnelles et pratiquement indétectables, dont l'entrée massive en service aurait pu causer aux Alliés des dommages plus élevés encore que ceux provoqués par leurs prédécesseurs. Mais il est déjà trop tard pour l'Allemagne nazie au bord de la capitulation. Dans son testament politique, Hitler désigne Dönitz comme son successeur.

Dès la formation du nouveau gouvernement du Reich, installé à Plön (Holstein), le 2 mai 1945, Dönitz manifeste son intention de prendre ses distances à l'égard du national-socialisme. Mais ses plans pour la paix et la reconstruction ne seront pas réalisés par suite de la capitulation sans conditions des 7 et 8 mai 1945. Arrêté le 23 mai 1945 par les Anglais, selon des formes discutables, il est l'un des accusés du procès de Nuremberg. Condamné en 1946 à dix ans de prison qu'il purge à Spandau, il est libéré en 1956. Il a publié en 1958 ses Mémoires (Zehn Jahre und zwanzig Tage).

—  André BRISSAUD

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Pour citer l’article

André BRISSAUD, « DÖNITZ KARL - (1891-1980) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-donitz/