BRÜNING HEINRICH (1885-1970)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

De famille paysanne, Heinrich Brüning étudie le droit, l'histoire et la philosophie ; il commande une compagnie durant la Première Guerre mondiale. Secrétaire du leader politique social-catholique, l'abbé Sonnenschein, Brüning devient l'agent d'affaires de la centrale syndicale chrétienne. Membre du Zentrum, il fait son entrée au Reichstag en 1924 et devient chef du groupe parlementaire centriste en 1929. Il fait figure de spécialiste des questions fiscales et financières. Le président Hindenburg le nomme chancelier le 28 mars 1930. Il a l'appui des partis du centre. Abandonnant les principes de la démocratie parlementaire, credo du Zentrum depuis sa création, il tente une expérience de démocratie autoritaire, dernière chance de la république de Weimar pour lutter contre les effets de la crise économique mondiale. Sa politique déflationniste est un échec : le nombre des chômeurs croît ainsi que celui des faillites, tandis que s'augmentent les effectifs des partis communiste et national-socialiste. La dissolution du Reichstag en juillet 1930, décidée par Brüning, se retourne contre son promoteur : la représentation du parti nazi passe de 14 à 107 députés, ce qui oblige le chancelier à s'appuyer sur le groupe parlementaire socialiste.

Bien que Brüning obtienne quelques succès en politique étrangère et qu'il assure à Hindenburg, le 10 avril 1932, sa réélection à la présidence de la République, le vieux maréchal le congédie le 30 mai suivant. Élu en mai 1933 chef du Zentrum, Brüning est obligé de dissoudre celui-ci deux mois plus tard sous la pression des nazis au pouvoir : après avoir ouvert les allées du pouvoir aux nazis, Brüning tombe pour n'avoir pas instauré la « dictature nationale » qu'appelle de ses vœux l'entourage du vieux maréchal.

Émigré en 1934 aux États-Unis, Brüning reviendra en Allemagne de 1951 à 1954 en qualité de professeur de sciences politiques à l'université de Cologne. Il retourne ensuite aux États-Unis où il enseigne à l'université catholique de Baltimore.

—  André BRISSAUD

Écrit par :

Classification


Autres références

«  BRÜNING HEINRICH (1885-1970)  » est également traité dans :

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne moderne et contemporaine

  • Écrit par 
  • Michel EUDE, 
  • Alfred GROSSER
  •  • 26 839 mots
  •  • 39 médias

Dans le chapitre « Les milieux sociaux »  : […] La Première Guerre mondiale et la défaite de l'Allemagne n'ont pas eu les conséquences sociales qu'on aurait pu attendre des crises qui l'ont secouée de 1918 à 1923 . Le mouvement spartakiste n'a pas réussi à instaurer la dictature du prolétariat. Les membres des corps francs qui s'étaient battus en Allemagne et dans les pays baltes – ceux qu'Ernst von Salomon a appelés […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemagne-histoire-allemagne-moderne-et-contemporaine/#i_10792

SCHLEICHER KURT VON (1882-1934)

  • Écrit par 
  • André BRISSAUD
  •  • 299 mots

Descendant d'une vieille famille d'officiers prussiens, Schleicher fait partie du 3 e  régiment de la garde. Il passe la Première Guerre mondiale au grand état-major général. Conseiller politique de Groener, il joue un rôle important dans la création et l'organisation de la nouvelle Reichswehr. Conseiller de von Seeckt et chef du département politique, au ministère de la R […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kurt-von-schleicher/#i_10792

Pour citer l’article

André BRISSAUD, « BRÜNING HEINRICH - (1885-1970) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/heinrich-bruning/