HYVERNAUD GEORGES (1902-1983)

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Georges Hyvernaud est né en 1902 d'une mère couturière et d'un père ajusteur. Le passage par une école normale d'instituteurs, puis l'admission à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, lui donnèrent le profil type d'un fils du peuple méritant voué au service de l'école républicaine qui a su le distinguer. Mobilisé en 1939, capturé en 1940, il fait la douloureuse expérience de la captivité pendant cinq ans. Les stalags de Grossborn, Arneswalde et Soest recomposèrent un microcosme humain paradoxalement favorable à l'activité littéraire chez cet homme pour qui la lecture des grandes œuvres mais aussi l'écriture furent toujours au centre de tout. Tenir, c'est écrire. Georges Hyvernaud collecte les « choses vues » et prend des notes sur tout. Il entretient également une correspondance extrêmement riche avec son épouse Andrée (L'Ivrogne et l'emmerdeur, lettres à sa femme 1939-1940, posth. 1991 ; Lettres de Poméranie, posth. 2002). Pour éviter les ennuis avec la censure, et par délicatesse pour son épouse et sa petite fille qu'il entend ne pas inquiéter, il réserve pour ses carnets personnels (Carnets d'oflag, posth. 1987) les observations irritées et accablantes que fait naître la promiscuité avec des compagnons frustes ou mesquins. C'est ce même ton que l'on retrouvera dans La Peau et les os (1949). Sans haine – Hyvernaud n'est pas Céline, même si ses aphorismes sont dictés par une amertume semblable –, il stigmatise la veulerie, la cupidité, la bêtise qu'ont rendues possibles l'enfermement et l'exil de ces hommes ordinaires, sans pudeur, vaincus et désœuvrés. La bassesse des soldats français en déroute lui avait dès 1939 fait perdre le « don d'amitié ». L'art de la saynète, du portrait et du croquis pris sur le vif, l'éloquence indignée contre la médiocrité débraillée et la mauvaise foi dont il redoute la possible contagion, la méditation sur la solitude et la tristesse du monde font de ce livre, passé inaperçu à sa parution, un moment fort de la littérature moraliste française, même si « le meilleur de l'homme est toujours dans ce qu'il ne dit pas ». Peu d'ouvrag [...]

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Michel P. SCHMITT, « HYVERNAUD GEORGES - (1902-1983) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-hyvernaud/