THÄLMANN ERNST (1886-1944)

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D'origine ouvrière, l'Allemand Ernst Thälmann adhère dès 1903 à la social-démocratie. Après la Première Guerre mondiale, il fait partie des socialistes indépendants et rallie le Parti communiste allemand en 1920. Militant politique et syndical à Hambourg, il monte rapidement dans l'appareil local du parti. Il s'allie avec la gauche berlinoise, conduite par Ruth Fischer, pour combattre Brandler et la direction, dite de droite, du parti. Mais il prend rapidement ses distances avec la secrétaire générale lorsqu'il sent le vent tourner à Moscou : il est dès lors, au sein de la direction, l'homme de Staline. Élu député communiste au Reichstag en 1924, il devient l'année suivante secrétaire général du parti. Par deux fois, il est candidat à la présidence de la République (1925 et 1932), par deux fois il échoue, mais réunit respectivement deux millions, puis quatre millions de voix. Pour faire pièce à la propagande nazie, le Parti communiste développe autour de son secrétaire général un véritable culte de la personnalité, qui tend à imposer l'image d'un Thälmann, « chef du prolétariat allemand ». Mais l'homme politique n'est pas à la hauteur du mythe : fidèle exécutant de la politique du Kremlin, il déclare quelques jours encore avant l'avènement de Hitler que le S.P.D. est « l'aile modérée du fascisme », et aussi qu'« une politique aussi désastreuse que celle de la direction Brandler en 1923 est à jamais exclue, tant pour le présent que pour l'avenir de notre parti ». Lorsque, le 30 janvier 1933, il lance un appel au front unique des organisations ouvrières, il est trop tard.

Manifestation communiste en Allemagne

Manifestation communiste en Allemagne

photographie

Manifestation communiste à Berlin, au milieu des années 1920. Né du mouvement spartakiste, le K.P.D. constitue une force politique importante tout au long de la république de Weimar, dont il contribue à miner le fragile équilibre. 

Crédits : Hulton Getty

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Arrêté dans des conditions étranges en 1933, son évasion, soigneusement organisée, était sur le point de réussir quand le comité central du Parti communiste allemand, sous l'influence de son rival Walter Ulbricht, décida qu'il devait rester en prison « pour l'édification des camarades ». Interné au camp de concentration de Buchenwald, il jouissait d'un traitement relativement « adouci ». En 1944, un ordre du Führer l'amena au crématoire où il fut abattu d'une balle dans la tête.

—  André BRISSAUD

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TROISIÈME REICH (1933-1945)

  • Écrit par 
  • Gilbert BADIA
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Dans le chapitre « Mise en place et consolidation du nouveau régime (1933-1936) »  : […] décret qui suspendait en fait les garanties constitutionnelles. Dans la nuit, une gigantesque rafle permit d'arrêter des dizaines de milliers de communistes et d'antifascistes. Quelques jours plus tard, le leader communiste Ernst Thälmann était à son tour jeté en prison. Les premiers camps de concentration accueillaient les militants antinazis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/troisieme-reich/#i_43029

Pour citer l’article

André BRISSAUD, « THÄLMANN ERNST - (1886-1944) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ernst-thalmann/