DRAGON, vaisseau spatial

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Avec Dragon, les États-Unis disposent depuis 2012 d'un nouveau système de transport de fret à destination de la Station spatiale internationale (I.S.S.). Ce vaisseau-cargo vient remplacer la navette spatiale américaine dont le dernier lancement a eu lieu le 8 juillet 2011, après trente ans de service.

Vaisseau spatial Dragon

Photographie : Vaisseau spatial Dragon

Le 25 mai 2012, après son lancement par une fusée Falcon-9 et un voyage de trois jours, la capsule Dragon s'approche de la Station spatiale internationale (visible en haut du document). Celle-ci agrippe le vaisseau avec son bras robotisé pour un tout premier amarrage. 

Crédits : NASA

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Le 25 mai 2012, Dragon, développé par la compagnie américaine SpaceX (Space Exploration Technologies), a en effet réussi son rendez-vous avec l'I.S.S., devenant le premier vaisseau privé de l'histoire spatiale à s'amarrer à la station. Lancé le 22 mai depuis la base de Cap Canaveral (Floride) par une fusée Falcon-9, elle aussi développée par SpaceX, l'engin de 4 tonnes et de 16,5 mètres de largeur (panneaux solaires déployés) a été soumis à plusieurs tests de navigation en orbite avant d'être autorisé à s'approcher de l'I.S.S. Après sa capture par le bras robotisé de la station spatiale internationale, les astronautes américains Don Pettit et Joe Acaba ont pénétré le 26 mai dans le vaisseau pour l'inspecter. Le 31 mai, lesté d'un chargement pour la N.AS.A., Dragon a finalement rejoint la Terre sans encombre en amerrissant dans le Pacifique. Une manœuvre que cet engin avait déjà réussi lors de son premier vol de démonstration le 8 décembre 2010. Fort de ce succès, Dragon a effectué son premier vol commercial le 8 octobre 2012, en emportant environ 45 kilogrammes d'équipement vers l'I.S.S.

Avec ses 6,1 mètres de hauteur et 3,7 mètres de diamètre, Dragon est composé de trois parties : le nez, qui protège le système d'arrimage de l'engin lors du lancement (et qui est rapidement éjecté) ; la capsule proprement dite, qui peut être pressurisée et emporter 10 mètres cubes de chargement ; le coffre, non pressurisé, qui peut emporter 14 mètres cubes et où sont notamment stockés les panneaux solaires. Contrairement à la capsule, le coffre n'est pas récupérable. Il se sépare du vaisseau avant le retour sur Terre et brûle dans l'atmosphère. Ainsi, Dragon peut emporter 6 tonnes en orbite basse mais ne peut revenir qu'avec 3 tonnes de chargement.

Le 23 août 2012, Charles Bolden, l'administrateur de la N.A.S.A., a confirmé que l'agence spatiale américaine avait donné son feu vert à SpaceX pour réaliser 12 vols cargo vers l'I.S.S. d'ici à 2015, ce qui acte le transfert des activités de fret spatial du secteur public vers le secteur privé décidé dès 2008 dans le cadre du programme C.O.T.S. (Commercial Orbital Transportation Service). Si ces activités dépendent désormais du secteur privé, ils sont toutefois subventionnés par la N.A.S.A.. En effet, trois semaines plus tôt, celle-ci avait octroyé 440 millions de dollars à SpaceX pour poursuivre le développement de la version « équipage » de son vaisseau. L'objectif est clair : d'ici à 2016, SpaceX (ou ses concurrents Sierra Nevada et Boeing, crédités respectivement de 212,5 et 460 millions de dollars) devra être capable d'envoyer des astronautes américains sur l'I.S.S. et de les ramener sur Terre, comme le faisait la navette et comme le font actuellement les vaisseaux russes Soyouz.

La version « équipage » de Dragon (baptisée DragonRider) ne différera guère de sa version « cargo », si ce n'est que son équipement comprendra en plus un système d'éjection de l'équipage (7 astronautes), un système de support de vie (alimentation en eau, oxygène et nourriture) et de commandes pour un pilotage manuel. Le système d'éjection devra permettre d'éloigner rapidement la capsule de sa fusée Falcon-9 en cas de problème avant et même pendant le lancement. Par ailleurs, les 18 propulseurs utilisés par Dragon pour ses manœuvres et le contrôle de son orientation en vol serviront aussi à atterrir sur la terre ferme.

Lors d'une mission standard, DragonRider restera amarré à l'I.S.S. pendant trois mois. Selon SpaceX, qui présente aussi Dragon comme un laboratoire en orbite (DragonLab), le vaisseau est cependant capable de séjourner deux ans dans l'espace. Par ailleurs, son bouclier thermique extrêmement performant permet des rentrées atmosphériques à grande vitesse, du type de celle qu'expérimenterait un engin placé sur une trajectoire interplanétaire. Ce qui autorise le milliardaire américain Elon Musk, fondateur de SpaceX, à rêver un peu : ses ingénieurs ont d'ores et déjà proposé de modifier Dragon pour l'adapter à une mission inhabitée vers la planète rouge...

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Pour citer l’article

David FOSSÉ, « DRAGON, vaisseau spatial  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dragon-vaisseau-spatial/