DOYLE sir ARTHUR CONAN (1859-1930)

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Écrivain britannique, créateur de Sherlock Holmes, sir Arthur était le petit-fils du célèbre caricaturiste John Doyle, neveu de Richard Doyle, cofondateur de la revue Punch, filleul du journaliste littéraire Michael Conan. Né à Édimbourg, dans une famille d'origine irlandaise, Arthur Conan Doyle fut élève de la grande Public School catholique de Stonyhurst, puis étudiant en médecine à l'université de sa ville natale. Partagé entre sa carrière médicale et sa vocation littéraire, le succès des premiers récits de Sherlock Holmes le décide, petit à petit, à vivre de sa plume. Pendant une quarantaine d'années, Conan Doyle s'impose à ses compatriotes, à la fois comme écrivain et comme personnalité. Grand voyageur, sportif d'une extraordinaire vitalité, patriote, justicier, philanthrope, et, vers la fin de sa vie, prédicateur de la cause spirite, il est alors indissociable de l'image de son pays. On lui attribue l'introduction du ski alpin en Suisse (1894), la création d'un mouvement de volontaires armés à la veille de la Première Guerre mondiale, la découverte de deux erreurs judiciaires, au terme d'enquêtes menées de sa propre initiative. Engagé volontaire, comme médecin, pendant la guerre du Transvaal, il est ensuite tenté par une carrière politique. Il se présente comme candidat conservateur aux élections parlementaires. Battu, Conan Doyle n'en renoncera pas pour autant à défendre publiquement ses idées, avant et au cours de la guerre. Balfour, Lloyd George, Churchill, Asquith ont, tour à tour, sollicité son conseil. Il est chargé d'une mission d'observation officielle sur les fronts français et italien en 1917 ; s'entretient avec Joseph Caillaux ; tente d'empêcher l'exécution de Roger Casement au lendemain de la grande insurrection de Dublin.

Écrivain, Conan Doyle a laissé une œuvre énorme et très diverse. Sa vocation, la plus consciente tout au moins, est celle d'un historien. Romancier, il s'est attaché à la peinture des relations franco-anglaises, d'abord pendant la période des guerres de Cent Ans, puis vers la fin du xviie siècle, enfin au cours des guerres napoléoniennes. Il prend pour modèle Walter Scott, auquel fait songer La Compagnie blanche, et, comme sources, des chroniqueurs français : Froissart, Monstrelet pour le Moyen Âge, Coignet ou Marbot pour l'épopée napoléonienne. Nul, mieux que lui, n'a contribué à faire connaître à ses contemporains l'histoire de France, à une époque où l'Entente cordiale est à l'ordre du jour. Comme chez Goethe, « poésie et vérité » inspirent les romans historiques, alors que les nouvelles — le cycle du brigadier Gérard, notamment — sont imprégnées d'un humour qui, pour le lecteur français, évoque celui d'un Alphonse Daudet. Historiographe, Conan Doyle a laissé deux histoires militaires : d'une part, celle de la guerre du Transvaal, partiellement fondée sur son propre témoignage et, d'autre part, celle de l'armée britannique en Belgique et en France, au cours de la Première Guerre mondiale. Cette dernière œuvre est le résultat d'une correspondance entretenue, pendant plus de quatre ans, entre l'écrivain et une centaine de chefs d'unités britanniques engagées sur le front. Le spiritisme, enfin, auquel Conan Doyle proclama son adhésion dans une intention de prosélytisme, fait, sous sa plume, l'objet de plusieurs ouvrages historiques et documentaires.

Il va de soi que cette adhésion marque, chez un homme qui par ailleurs se donne comme le défenseur d'une méthodologie scientifique, un besoin de spiritualité correspondant non seulement à sa génération mais à sa tradition familiale et à sa personnalité essentiellement imaginative. Dans le domaine littéraire, le compromis entre l'histoire et la fiction s'accomplit dans une série de récits qui font de Conan Doyle l'un des pionniers de la science-fiction, ou, pour mieux dire, le Jules Verne britannique. Le Monde perdu (1912) est, à cet égard, non seulement un chef-d'œuvre, mais une œuvre exemplaire.

Tel est l'arrière-plan sur lequel se détachent Sherlock Holmes, le docteur Watson, et leurs aventures. En dépit de leur célébrité, il serait absurde de voir en Conan Doyle le créateur du roman policier, ou même celui du déchiffreur d'énigmes. Quelles sont dès lors les raisons de cette célébrité ? En premier lieu, ces aventures constituent un cycle de soixante récits [...]

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  • Écrit par 
  • Claude MESPLÈDE, 
  • Jean TULARD
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Pour citer l’article

Pierre NORDON, « DOYLE sir ARTHUR CONAN - (1859-1930) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/doyle-sir-arthur-conan/