Unité monétaire de l'or à partir de 312. Constantin fixa la taille du sou (solidus aureus) à 72 par livre romaine (327,45 g), soit au poids de 4,55 grammes. L'abondance des émissions du sou, son excellent aloi et la régularité de son poids lui assurèrent un grand succès. Il eut pour sous-multiple le semis ou semissis, rarement frappé, du poids de 2,27 grammes, et le triens ou tremissis, tiers du sou, du poids de 1,52 gramme, qui sera très abondamment frappé à l'époque mérovingienne.
Il existe exceptionnellement, à titre de médailles commémoratives, des multiples du sou. Ce sont des pièces de 2, 3, 4, 8 sous, ou plus, offerts par l'empereur à des généraux, des ambassadeurs, des rois barbares. L'usage se poursuivit sous les Byzantins. En Gaule, Grégoire de Tours parle de médaillons de 72 sous (une livre) que le roi des Francs, Chilpéric Ier, aurait reçus de l'empereur. La taille ordinaire du sou à 72 par livre fut conservée par les Byzantins. En Gaule, on passa très vite à la taille de 84 par livre, en altérant l'aloi du métal, ce qui nécessita pour les paiements l'usage de la balance et de la pierre de touche, et explique les stipulations de paiements en solidos probos et bene pesantes.
La frappe de l'or, privilège impérial par excellence, ne fut reprise que très progressivement par les souverains mérovingiens : on n'en a guère d'exemples avant le milieu du vie siècle. Puis on assiste à une multiplication des ateliers qui échappent à l'autorité royale, répondant sans doute à un besoin de monnaie. Plus que le sou, on frappe le tiers de sou, dont le poids et l'aloi ne tardent pas à décliner : le tiers de sou constantinien contenait 1,51 gramme d'or ; au vie siècle, il ne pèse plus que 1,29 gramme ; à l'époque carolingienne, 0,92 gramme, encore contient-il une notable quantité d'argent et simplement 0,40 gramme d'or fin.
Les Carolingiens s'efforcèrent de réaffirmer le monopole royal de la frappe des monnaies, surtout de la frappe de l'or. Mais la raréfaction du métal précieux était telle que la frappe de l'or allait cesser en Europe pour plusieurs siècles, alors que les conditions politiques favorisaient une dispersion monétaire complète avec les monnaies féodales.
Ce qui resta de la réforme carolingienne, c'est la transformation du sou en monnaie de compte avec sa valeur fixée à 12 deniers, qui sera réalisée, sous Saint Louis, avec la frappe du gros sou.
Jean DÉRENS
Retour en haut



