Les premiers signes hiéroglyphiques figurent sur des objets isolés (palettes à fard ou poteries), dès avant l'unification définitive du territoire égyptien sous l'autorité d'un souverain unique (vers — 3100). L'invention de l'écriture se repère à l'utilisation de phonogrammes notant, selon le principe de l'homophonie, le son correspondant à la prononciation de l'objet représenté, phonogrammes qui peuvent être combinés – mais encore rarement en cette période d'élaboration – avec des idéogrammes à valeur d'images. Les inscriptions sont laconiques, réduites le plus souvent à un mot et toutes servent l'apparat royal qui se met alors en place ; elles désignent tour à tour le chef local dont la domination se veut hégémonique, l'entité géographique que ce dernier a soumise dans sa conquête du pouvoir, la nature du produit stocké pour la survie du défunt, fruit sans doute de tributs ou d'impôts. Au cours des deux premières dynasties (vers 3100-2800, vers 2800-2660 av. J.-C.), l'usage de l'écriture s'étend aux dignitaires de l'administration pharaonique ; les énoncés, certes plus longs, continuent cependant de juxtaposer des informations et ce n'est que progressivement, pendant les époqu […]
