Écrivain spirituel qui joua un rôle important dans la querelle du quiétisme francais. Née à Montargis en 1648, Jeanne Marie Bouvier de La Motte épousa à seize ans Jacques Guyon, héritier d'une grosse fortune et de vingt-deux ans son aîné. Sa vie domestique est peu connue : les Guyon eurent cinq enfants, dont deux vécurent. La disgrâce de la famille Fouquet conduisit chez eux, à Montargis, la mère et la fille de l'ancien surintendant ; cette rencontre avec la fille de Fouquet, duchesse de Béthune-Charost, fut décisive : l'influence de cette âme d'une piété profonde, fortement portée vers le mysticisme, fit évoluer la vie intérieure de la jeune Jeanne Guyon. Dirigée par Jacques Bertot (lui-même lié à Bernières de Louvigny et au groupe de l'Ermitage de Caen), elle connaît de profonds états d'oraison. La mort de son mari (1676) ouvre pour elle le temps des grandes aventures : voyages à Annecy (sur le souvenir de François de Sales et, surtout, de son modèle, Jeanne de Chantal), Thonon, Turin, Grenoble ; Jeanne Guyon se met à écrire l'essentiel de sa doctrine spirituelle, dans les Torrents et dans son Commentaire du Cantique des cantiques (publié en 1687). La publica […]
