Imprimeur poitevin, Bouchet fut en relation avec de nombreux écrivains ; il composa d'abord des vers qui sont presque tous perdus. Nommé juge-consul des marchands de Poitiers, c'est à ceux-ci qu'il dédie Les Sérées, dont la première publication a lieu en 1584 et auxquelles il donnera deux suites. Cet ouvrage est un recueil de contes de veillées, d'anecdotes, de bons mots, classés par sujet et qui sont censés reproduire les conversations tenues après le dîner par un cercle de bourgeois auquel appartenait l'auteur.
Cette sorte de littérature eut un grand succès au Moyen Âge et pendant toute la Renaissance : qu'on songe, par exemple, aux Propos rustiques de Noël du Faïl. Les propos sont souvent gaillards, parfois savants, Bouchet tenant à montrer une érudition qui sent parfois la pédanterie. L'intérêt de l'ouvrage, qui est surtout d'ordre historique, réside dans la peinture vivante et animée de la bourgeoisie marchande de province.
