C'est en 1957, et préfacé par Einstein, que paraît l'un des derniers ouvrages de Fritz von Unruh, un recueil de discours pacifiques intitulé Armés, vous n'êtes guère puissants (Mächtig seid ihr nicht in Waffen). On a reproché à l'auteur l'emploi d'un pathos abusif : l'efficacité du livre en aurait souffert. Pourtant, ce témoignage couronne de manière tout à fait honorable l'œuvre d'Unruh, artiste aux dons certains et divers, puisqu'il était aussi peintre.
Fils d'un général de très vieille noblesse silésienne, il naît à Coblence et partagera l'éducation des enfants impériaux. Au sortir de l'École des cadets à Plön, il entre, comme la tradition familiale l'y incite, dans l'infanterie de la garde, en démissionne pourtant dès 1912 pour se consacrer exclusivement à sa vocation d'écrivain. C'est comme uhlan qu'il prend part à la Première Guerre mondiale, au front et au quartier général. Il rejoint ensuite le mouvement pacifiste et prononce l'éloge funèbre de Walther Rathenau assassiné par les pangermanistes. Sous la pression des événements politiques, il quitte l'Allemagne en 1932 et, après quelque temps passé dans un camp d'internement en France, s'établit en […]
