Né à Lombard dans l'Illinois, aux États-Unis, Tilly étudie la sociologie aux universités de Harvard et d'Oxford, où il obtient son doctorat en 1958. Mais, durant sa carrière, il ne s'en tient pas à cette seule perspective disciplinaire. Il investit également les méthodes historiques et devient un spécialiste de l'étude des archives. Il ne s'est pas contenté de dépasser les frontières disciplinaires, il a également franchi les frontières géographiques ; ainsi la France et la Grande-Bretagne sont au cœur de ses recherches. Sociologue de formation, il est donc devenu, tour à tour historien, philosophe et politiste.
Quand il devient enseignant à la New School University, à l'université du Michigan, il se distingue déjà par son dynamisme et sa capacité à fédérer autour de lui un groupe de chercheurs. Des séminaires informels qu'il organise chez lui à la création d'un laboratoire de recherche parmi les plus actifs, il n'y a qu'un pas. Au sein de ce centre, il constitue une base de données statistiques, fournissant le matériel nécessaire à une histoire sociale sans précédent, notamment pour la France. Ses travaux saisissent à la fois la politique, l'économie et la société.
Son parcours de chercheur tient également de l'histoire de famille. Il collabore avec son frère Richard et son épouse Louise, spécialement pour une étude comparative sur les mobilisations en France, en Italie et en Allemagne (The Rebellious Century 1830-1930, 1975), puis avec son fils Chris (Work under Capitalism, 1998). Conservant le goût du travail collectif et le sens de l'hospitalité, Tilly n'a jamais cessé de participer à des rencontres internationales réunissant des spécialistes d'histoire sociale tel que son collègue et ami Eric Hobsbawm, et d'organiser dans sa maison d'Ann Arbor des réunions dominicales de réflexion et de débat.
Avec 51 livres et plus de 600 articles académiques, Charles Tilly avait gagné la reconnaissance de la communauté scientifique internationale. Il était membre de plusieurs instituts et centres de rec […]
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