Se produisant à Londres (1777), à Mitau et à Saint-Pétersbourg (1779), puis à Varsovie (1780), Joseph Balsamo, alias comte de Cagliostro, stupéfie l'Europe par ses cures merveilleuses, par ses connaissances alchimiques, par ses évocations d'esprits, par sa magie cérémonielle. On le voit surgir à Strasbourg (1780), un des hauts lieux du mysticisme en cette fin du siècle ; il y trouve des amis fidèles, des protecteurs efficaces : le cardinal de Rohan, Jacob Sarasin, F. R. Salzmann, Ramond de Carbonnières et bien d'autres. Il tente alors (1784) de conquérir le « système rectifié » de Willermoz ; en vain, car celui-ci reste sur ses gardes ; mais Cagliostro provoque par ses prodiges le comble de l'enthousiasme à la loge de la Sagesse, qui devient à cette occasion « la Sagesse triomphante », la loge mère de son rite égyptien, grâce à d'anciens vénérables lyonnais tels que Magneval et Saint-Costard.
La carrière de Cagliostro se poursuit, aussi haute en couleur, aussi incroyable qu'un roman romantique. Revenu à Paris, où il mène une existence fastueuse, il tente bien de s'imposer aux philalèthes lors du convent de Paris (1785), mais sa faconde ne parvient pas à corriger aux yeux d […]
