« Scepticisme-Dogmatisme »

DOGMATISME

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 1 133 mots

Au sens le plus général, « dogmatisme » est devenu le synonyme d'intransigeance, d'autoritarisme, d'étroitesse d'esprit et de raideur : il est le fait de quiconque « dogmatise », c'est-à-dire affirme sans preuve, ne tolère aucune discussion, parle d'un ton tranchant, porte des jugements péremptoires. En philosophie, dogmatisme s'est d'abord opposé à scepticisme ou à pyrrhonisme (du nom de Pyrrhon d'Élée, le premier des grands sceptiques grecs, ~ 365-~ 275). […] Lire la suite

GASSENDI PIERRE GASSEND dit (1592-1655)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 1 061 mots

Sous l'influence de Sextus Empiricus, de Montaigne, de Pierre Charron, et à la recherche d'une voie moyenne entre scepticisme et dogmatisme, il lance une attaque contre Aristote, puis en général contre tous ceux qui prétendent avoir découvert un savoir nécessaire et indubitable de la nature réelle des choses. Pour lui, tout le savoir provient de l'expérience sensible ; il est impossible de parvenir à des principes premiers entièrement vrais ni à des définitions véritablement essentielles. […] Lire la suite

KOLAKOWSKI LESEK (1927-2009)

  • Écrit par 
  • Martin L. WHITE, 
  • Universalis
  •  • 748 mots

L'essai Kapłan i błazen (1959, « Le Prêtre et le Bouffon »), dans lequel Kolakowski décrit le rôle du dogmatisme et du scepticisme dans l'histoire des idées, le place sur le devant de la scène nationale. Durant les années 1950-1960, il publie une série d'ouvrages sur l'histoire de la philosophie occidentale ainsi qu'une étude de la conscience et des institutions religieuses, tout en cherchant à définir ce qui serait un marxisme humaniste. […] Lire la suite

CONTROVERSE

  • Écrit par 
  • Fernando GIL
  •  • 1 069 mots

Elles font passer de la censure du dogmatisme, dont s'acquitte le scepticisme, à la « critique de la raison », c'est-à-dire à la définition des conditions de l'exercice de la pensée. À partir de là, il est permis — c'est une troisième position — de chercher dans la controverse le principe d'une heuristique : on ne pense pas seulement sur quelque chose ; on pense aussi contre ; et, pour penser « sur », il est peut-être utile de penser « contre ». […] Lire la suite

ENQUÊTE SUR L'ENTENDEMENT HUMAIN, David Hume - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 806 mots
  •  • 1 média

Une nouvelle conception de l'entendement La première des douze sections de l'Enquête, intitulée « Des différentes sortes de philosophie », annonce le programme des recherches et leur finalité : entre le traité systématique qui vire trop souvent au dogmatisme abstrus et la libre conversation qui se perd en digressions, l'enquête veut concilier rigueur et liberté, philosophie savante et communicabilité. […] Lire la suite

SCEPTICISME

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DUMONT
  •  • 7 745 mots

Pour comprendre le scepticisme, il faut donc répondre successivement à ces deux questions : En quoi le scepticisme ancien a-t-il consisté ? Pourquoi le scepticisme a-t-il, dans l'histoire de la philosophie, été méconnu et trahi dans son intention et sa portée ? Signification du scepticisme ancien Données historiques Le fondateur du scepticisme grec est Pyrrhon (fin du ive s. […] Lire la suite

HUME DAVID (1711-1776)

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 3 337 mots
  •  • 1 média

Scepticisme et naturalisme Ce n'est donc pas sans raison que l'on a pu tenir la philosophie de Hume pour un scepticisme, et qu'en un autre sens on a pu y voir, selon l'expression de Jean Laporte, un dogmatisme du sentiment. Cette philosophie marque la fin de la métaphysique entendue au sens classique, de la métaphysique comme spéculation sur l'Être et sur l'absolu. […] Lire la suite

PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

  • Écrit par 
  • Jacques MOUTAUX
  •  • 6 747 mots

Kant, posant que la philosophie a cherché à être une science, constatant qu'elle n'y est pas parvenue, concevant l'histoire de la science comme progrès de connaissances accumulées, ne peut penser la succession des philosophies que comme « tâtonnements », révélés par les conflits du dogmatisme et du scepticisme. L'issue de ces conflits ne peut se trouver que dans une critique de la raison. […] Lire la suite

RELATIVISME

  • Écrit par 
  • Hervé BARREAU, 
  • Tobie NATHAN
  •  • 3 935 mots

Or le réalisme a pris également d'autres significations qui ne sont pas réductibles à une forme particulière de doctrine, que les relativistes accusent facilement de « dogmatisme », pour mieux les récuser (on peut préférer un dogmatisme à un autre, et donner les raisons de cette préférence). En Grèce ancienne, le stoïcisme et l'épicurisme, après le platonisme et l'aristotélisme, se sont opposés au relativisme, même si leur réalisme est fort différent de celui de Platon et d'Aristote : la réalité, pour les épicuriens, ce sont les atomes qui tombent dans le vide, alors que, pour les stoïciens, c'est la vie universelle qui, si l'esprit humain y adhère, lui procure la sagesse. […] Lire la suite

VÉRITÉ (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 074 mots

Une telle aspiration permet au philosophe de renvoyer dos à dos le dogmatisme et le scepticisme, comme il le note dans cette formule : « Nous avons une impuissance de prouver, invincible à tout le dogmatisme. Nous avons une idée de la vérité, invincible à tout le pyrrhonisme. » Cette analyse conduit le penseur chrétien à bâtir une philosophie tragique qui inspirera de nombreux penseurs modernes. […] Lire la suite

RUIZ DE ALARCÓN JUAN (1580 env.-1639)

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 1 480 mots

Un esprit nouveau l'inspire cependant, fait de sobriété, de sens pratique, de scepticisme, d'ironie, et marqué par une philosophie morale un peu désabusée. On remarque surtout les qualités psychologiques de ce théâtre, non dépourvu parfois d'une certaine préciosité et que ne soulèvent pas de grands souffles lyriques. Pedro Henríquez Ureña faisait observer qu'Alarcón était, dans un siècle bruyant, un tempérament en sourdine. […] Lire la suite

STEVENS WALLACE (1879-1955)

  • Écrit par 
  • Laurette VÊZA
  •  • 1 690 mots

C'est dans cette symbiose que résident le pouvoir et le charme de cette œuvre majeure : l'ironie traduit le scepticisme d'un esprit lucide en même temps que la méditation ex-centrique témoigne d'une sensibilité baroque faite de tension, de mélancolie, de sensualité. L'ex-centricité de Stevens Né à Reading (Pennsylvanie), Wallace Stevens fait des études de droit à New York. […] Lire la suite

PHILOSOPHIE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 414 mots

L’esprit du scepticisme ne fait qu’un avec l’esprit de la philosophie. La philosophie est sceptique dans son essence même. Scepticisme et philosophie ne font qu’un. C’est pourquoi il n’y a pas de fin de la philosophie. » Faudrait-il aller jusqu’à exclure du champ de la philosophie tous les penseurs qui ont cessé de douter pour nous proposer des réponses jugées par eux définitives, des systèmes clos n’admettant plus aucune critique ? En Europe, au xixe siècle, la philosophie, suspectant souvent la religion de n’être qu’un ensemble de techniques de manipulation des masses, paraît s’être largement émancipée de celle-ci. […] Lire la suite

TOLÉRANCE

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLEMAIN
  •  • 4 411 mots
  •  • 1 média

 27-33) condamne le dogmatisme, conformément à l'inspiration du spiritualisme des années cinquante, pour qui la vie de l'esprit est par essence mobilité et novation, refuse pourtant d'appuyer la tolérance sur le scepticisme et laisse le problème s'évaporer. Enfin, il serait inutile de parler d'une réserve devant des intimités singulières, puisqu'il s'agit d'admettre ou non des traductions sociales et qu'en outre on commettrait une pétition de principe. […] Lire la suite

MIZOGUCHI KENJI (1898-1956)

  • Écrit par 
  • Michel MESNIL
  •  • 2 181 mots
  •  • 1 média

Refuser le hiératisme, refuser le sacré de l'histoire et du mythe, c'est refuser la simplification et le dogmatisme. C'est la même recherche du « naturel » qui empêche Mizoguchi de tomber dans la mièvrerie et le sentimentalisme qui, avec la violence gratuite, sont les plus constantes tentations du cinéaste japonais. S'il y a une thèse dans ses films – et indiscutablement, Rue de la honte, par exemple, qui constitue une attaque virulente contre la prostitution, reflète une position personnelle de l'auteur, sociale, politique et éthique –, celle-ci se fait jour à fleur d'image, elle ne préexiste nullement à l'élaboration de telle séquence, ou même du film à l'état de projet. […] Lire la suite

PARETO VILFREDO (1848-1923)

  • Écrit par 
  • Giovanni BUSINO
  •  • 3 066 mots

Désormais, son scepticisme se fondera sur le dogmatisme des sentiments, et la raison, déchue, ne sera plus que la manifestation extérieure et superficielle d'une activité intérieure absolue. Cette ambiguïté conditionnera dès lors son œuvre. À partir de l'année 1902, on constate que Pareto veut toujours traiter les sciences sociales comme des sciences exactes, bien qu'il fasse tout pour démontrer les imperfections de la raison et pour prouver que ce qui pousse les hommes à agir est le sentiment, chose, somme toute, mystérieuse et insaisissable. […] Lire la suite

FRANCE ANATOLE (1844-1924)

  • Écrit par 
  • Marie-Claire BANCQUART
  •  • 2 293 mots

Il a pratiqué sans cesse le « scepticisme » au sens philosophique, c'est-à-dire l'examen lucide de toutes les faces d'un problème. Cette attitude n'exclut pas les prises de parti ; elle les relativise, et les remet toujours en question. Elle n'est pas une attitude de facilité. On aimera chez France un écrivain très ouvert à son temps, sur le qui-vive, dans des limites qu'il refusa de transgresser : celles de l'humaine raison. […] Lire la suite

SAGESSE

  • Écrit par 
  • Manuel de DIÉGUEZ
  •  • 10 392 mots

Si les savoirs trompeurs qui enivrent les doctrines font les hommes liges, le scepticisme apparaît au sage comme une simple inversion des asservissements que forgent les idoles conquérantes ; car, en lieu et place de la fausse souveraineté que donne la sclérose de la conscience dans un dogmatisme fossilisé par sa propre omnipotence, le scepticisme jette l'esprit dans le désert d'un monde rempli d'idoles désenchantées, pleurant sur elles-mêmes et inconsolables d'avoir perdu leurs atours. […] Lire la suite

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 106 mots
  •  • 1 média

La perspective transcendantale qu'ouvre Emmanuel Kant arbitre le débat entre dogmatisme et scepticisme. Toute connaissance commence avec l'expérience, certes, mais il ne s'ensuit pas qu'elle en dérive. Le fait même de pouvoir constituer une expérience suppose, pour le sujet, d'avoir à sa disposition un certain nombre de catégories (concepts purs de l'entendement) et des formes a priori de la sensibilité (espace et temps) dans lesquelles une intuition est donnée (physique) ou construite (mathématiques). […] Lire la suite

PREUVE, épistémologie

  • Écrit par 
  • Fernando GIL
  •  • 3 338 mots
  •  • 1 média

 95-97) : « Neurath évite une forme de dogmatisme, mais il prépare le chemin pour n'importe quel système arbitraire qui décide de se poser comme une science empirique. » Le scepticisme de l'épistémologie post-positiviste se profile ainsi à l'horizon. La théorie positiviste de la preuve stricto sensu témoigne des mêmes embarras, également paradigmatiques. […] Lire la suite

MACH ERNST (1838-1916)

  • Écrit par 
  • Michel PATY
  •  • 4 137 mots
  •  • 1 média

Celui qu'Einstein qualifia de « déplorable philosophe », tout en appréciant « la grandeur de son scepticisme et de son indépendance incorruptibles », eut une influence considérable, notamment sur le cercle de Vienne et sur l'école de Copenhague de la mécanique quantique. Un Herr Professor dans l'Empire des Habsbourg Ernst Mach est né le 18 février 1838 à Chirlitz-Turas, près de Brno, en Moravie, dans une famille cultivée, ouverte à l'éveil des nationalités. […] Lire la suite

IDÉALISME ALLEMAND

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT
  •  • 7 102 mots

Kant avait donné le ton dans son opération défensive : « Par la critique seulement peuvent être coupés à la racine même le matérialisme, le fatalisme, l'athéisme, l'incrédulité des esprits forts, l'exaltation, la superstition, qui peuvent être universellement nuisibles, enfin aussi l'idéalisme [compris comme subjectiviste] et le scepticisme, qui sont dangereux davantage pour les écoles, et peuvent difficilement passer dans le public. […] Lire la suite

MÉTAPHYSIQUE

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 9 395 mots
  •  • 1 média

À la physique, qui étudie la nature, on oppose souvent la métaphysique. Celle-ci est définie soit comme la science des réalités qui ne tombent pas sous le sens, des êtres immatériels et invisibles (ainsi l'âme et Dieu), soit comme la connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes, par opposition aux apparences qu'elles présentent. Dans les deux cas, la métaphysique porte sur ce qui est au-delà de la nature, de la ϕ́υσις, ou, si l'on préfère, du monde tel qu'il nous est donné, et tel que les sciences positives le conçoivent et l'étudient. […] Lire la suite

EMPIRISME

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 13 324 mots
  •  • 1 média

L'empirisme, chez les Grecs, était une forme de scepticisme rattachée à l'école de Pyrrhon. Il nous est connu par l'ouvrage de Sextus Empiricus (iie-iiie siècle) Hypotyposes pyrrhoniennes. Fondé sur une analyse des critères du jugement, il est une méthode « critique » qui entend s'opposer à la méthode « dogmatique » des aristotéliciens, des épicuriens, des stoïciens, ainsi qu'au scepticisme de la Nouvelle Académie (Carnéade), considéré par les pyrrhoniens comme un dogmatisme négatif. […] Lire la suite

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 713 mots

 » C'était substituer au conflit d'un dogmatisme et d'un scepticisme l'un et l'autre prisonniers d'une conception fixiste de l'objectivité l'idée d'une histoire de la rationalité elle-même, liée aux extensions et aux refontes de la théorie physique. Et cette perspective était aussi celle que dessinaient au même moment, malgré leurs considérables différences, des épistémologies rationalistes comme celle de Popper (récusant toute définition « subjective » de la probabilité, et concluant : « Il n'existe aucun argument spécifique qu'on puisse tirer de la mécanique quantique contre le déterminisme »), ou surtout celle de Bachelard, montrant la radicale nouveauté de la « synthèse » théorique opérée par Louis de Broglie entre concepts corpusculaires et concepts ondulatoires, continu et discontinu, « champ » et « matière », et s'attaquant ainsi à la vieille idée philosophique qui identifie par principe le « fondamental » au simple ou à l'élémentaire. […] Lire la suite

ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 15 658 mots
  •  • 1 média

Face à la sophistique, à l'ère du doute, du scepticisme moral et de la violence politique, Platon entreprend de lester d'être le discours, d'ancrer le discours dans l'être. Socrate avait ouvert la voie en cherchant les « définitions ». Mais c'est Platon, selon le mot d'Aristote, qui « sépara » les Idées. Geste ontologique et métaphysique à la fois : puisque ce qui est fondamentalement est ailleurs, dans le « lieu intelligible » des Idées. […] Lire la suite

MONTAIGNE MICHEL EYQUEM DE (1533-1592)

  • Écrit par 
  • Fausta GARAVINI
  •  • 8 167 mots

En voulant identifier les catégories implicites qui y sont à l'œuvre, on découvre une forme particulière du pyrrhonisme, compris comme une philosophie de la recherche perpétuelle, un exercice de la raison délivrée de ses illusions ; s'opposant au scepticisme négatif et à sa contestation radicale et stérile du savoir, ainsi qu'au dogmatisme qui prétend se fonder sur des vérités irrécusables, ce pyrrhonisme problématique vise des acquis qu'il sait toujours provisoires et toujours à dépasser : « Nous sommes nés à quêter la vérité ; il appartient de la posséder à une plus grande puissance. […] Lire la suite

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 137 mots
  •  • 8 médias

 » Cette formule de Karl Jaspers, isolée de son contexte, a été trop souvent reprise, élargie au style aporétique de l'interrogation socratique ou d'un simple scepticisme (« Que sais-je ? »). Piètre échappatoire à l'objection de la multiplicité des systèmes ! Ce n'est d'ailleurs pas que la question philosophique soit sans réponse, mais au contraire qu'elle apporte une multiplicité de réponses. […] Lire la suite

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 373 mots
  •  • 1 média

Qu'elle en soit définitivement incapable pourrait nous faire perdre toute confiance en elle et engendrerait le scepticisme. Le succès qu'elle connaît ailleurs et qu'attestent les progrès incessants des mathématiques et de la physique conduit plutôt à soupçonner que sa singulière destinée en métaphysique, où elle ne peut pas plus esquiver les questions que leur donner une réponse, provient d'un malentendu, d'une méprise que l'on doit pouvoir dissiper : il y a une énigme à déchiffrer et sans doute une nouvelle route à trouver. […] Lire la suite

VÉRITÉ

  • Écrit par 
  • Robert BLANCHÉ, 
  • Antonia SOULEZ
  •  • 10 672 mots

Si cette relativité du vrai fait échec au dogmatisme, elle ne conduit pas pour autant au scepticisme. En tous domaines, une proposition n'a de sens, et par conséquent une valeur de vérité, que par rapport à un ensemble contextuel plus ou moins vaste. Mais une fois intégrée dans cet ensemble, elle est, relativement à cet ensemble, vraie ou fausse. Les géométries non euclidiennes ont relativisé les théorèmes euclidiens, elles ne les ont pas ruinés. […] Lire la suite

CONFUCIUS & CONFUCIANISME

  • Écrit par 
  • ETIEMBLE
  •  • 14 434 mots
  •  • 2 médias

De sorte qu'une pensée qui avait eu pour objet de développer en chacun sa « forme maîtresse » allait devenir, en conquérant la Chine, un dogmatisme, une sorte de pensée (pour ne pas dire de religion) d'État. Ces querelles de sectes, cette volonté de restaurer l'orthodoxie eurent au moins l'heureux effet de développer là-bas l'érudition, la glose et la critique de textes. […] Lire la suite

PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

  • Écrit par 
  • Francis JACQUES, 
  • Denis ZASLAWSKY
  •  • 13 428 mots
  •  • 3 médias

Des philosophes se sont dits et se disent encore analystes, à Cambridge, Lwow, Varsovie, Vienne, Prague, Oxford, Pittsburgh, Princeton... Avec l'appellation, ils ont en commun l'idée qu'un certain type d'analyse est philosophique, voire que la philosophie est analyse. Les maîtres mots : « phrase », « proposition », « signification », soulignent aussitôt le caractère linguistique de l'entreprise. […] Lire la suite

CATHOLICISME Histoire de l'Église catholique des origines au pontificat de Jean-Paul II

  • Écrit par 
  • Jean DANIÉLOU, 
  • André DUVAL
  •  • 16 441 mots
  •  • 9 médias

) défend en philosophe la supériorité des valeurs chrétiennes ; l'Africain Tertullien met son talent d'avocat romain au service de la cause de ses frères ; avec plus de douceur et de clarté, Minucius Felix dévoile l'impuissance du scepticisme romain. Face à la culture païenne, les apologies soulignent ainsi davantage les ruptures que les continuités. […] Lire la suite

ISRAËL

  • Écrit par 
  • Marcel BAZIN, 
  • Claude KLEIN, 
  • François LAFON, 
  • Lily PERLEMUTER, 
  • Ariel SCHWEITZER, 
  • Universalis
  •  • 26 760 mots
  •  • 39 médias

À quelque point de vue qu'on se place, Israël représente un élément irréductible aux catégories habituelles. Il n'est point d'exemple de pays se constituant ou se reconstituant après deux mille ans d'interruption environ. Il n'est point d'exemple de peuple tentant l'épreuve de la reconstitution après une dispersion semblable à celle d'Israël. Il est vrai que le destin du peuple juif est à lui seul irréductible à toute catégorie connue. […] Lire la suite

ARABE (MONDE) Littérature

  • Écrit par 
  • Jamel Eddine BENCHEIKH, 
  • Hachem FODA, 
  • André MIQUEL, 
  • Charles PELLAT, 
  • Hammadi SAMMOUD, 
  • Élisabeth VAUTHIER
  •  • 29 246 mots
  •  • 2 médias

La littérature arabe a vécu jusqu'au xixe siècle sur ses propres concepts, en définissant ses propres catégories. C'est dire qu'en ce domaine toute manipulation imprudente conduit à l'incompréhension, tout rapprochement hasardeux altère la réalité des faits. Si l'on s'entête ici à partir du concept de littérature, tardivement et fort mal défini d'ailleurs en Europe, on sera contraint de procéder à une cueillette de réalisations disparates où l'on aura reconnu des traits conventionnellement retenus pour définir le « littéraire ». […] Lire la suite

 
 

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