« DÉSIR, philosophie »

DÉSIR, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 1 360 mots

L'homme, « animal raisonnable », est aussi un être de besoin et de désir. En tant qu'être désirant, il ne cesse de tendre ou d'aspirer à quelque bien, qui est aussi une source de plaisir. Dans la Théogonie d'Hésiode (viiie-viie siècle av. J.-C.), […] Lire la suite

DÉSIR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 094 mots

Une étymologie parfois contestée lie le désir aux étoiles. Le latinsidus désigne en effet une constellation d’étoiles, et le « désir » (latin desideratio) serait la nostalgie qu’éprouve l’humain qui a cessé de contempler le ciel étoilé. Véridique ou non, cette […] Lire la suite

AFFECTIVITÉ

  • Écrit par 
  • Marc RICHIR
  •  • 12 228 mots

Dans le chapitre "La disjonction de l'affectivité et de la subjectivité : Heidegger" : …  Ce n'est pas le lieu, ici, de redéployer toute la problématique, difficile par sa subtilité et par sa nouveauté, d' Être et Temps . Rappelons que, au lieu de caractériser l'homme par la subjectivité ou la conscience – ce qui sous-tend toujours, par l'autonomie de ce que ces concepts sont censés désigner, l'équivoque d'un être qui pourrait être tout autant hors du monde qu'être dans le monde ou au […] Lire la suite

ALTRUISME

  • Écrit par 
  • Guy PETITDEMANGE
  •  • 3 328 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Autrui : l'obligation et la trace" : …  Autrui comme autre que moi, qui se refuse originellement à l'identification, qui pourtant me lie à lui jusqu'à fissurer mon moi, et m'ouvre sans tristesse sur l'abîme des commencements et l'indistinction de la fin, telle pourrait être, simplifiée à l'extrême, la thèse d' Emmanuel Levinas, le penseur le plus radical de l'altérité. Éthique ? Non, si l'on entend par là le corollaire d'une conception […] Lire la suite

ART (Aspects esthétiques) Le beau

  • Écrit par 
  • Yves MICHAUD
  •  • 5 576 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre "La dualité du Beau et du Bien" : …  Notons tout de suite que les philosophes ont commencé par s'interroger sur le beau, c'est-à-dire sur une propriété des choses et des actions. Cette propriété sera par la suite hypostasiée en une substance, la beauté, en même temps que seront plus fortement affirmées sa spécificité et son indépendance. Au départ, le Beau a deux composantes principales, l'une de plaisir et l'autre de bien moral et r […] Lire la suite

BIOPOLITIQUE (anthropologie)

  • Écrit par 
  • Frédéric KECK
  •  • 2 027 mots

Dans le chapitre "Un regard du pouvoir sur la vie" : …  Comme le souligne le philosophe italien Roberto Esposito , la notion de biopolitique n’a pas été inventée par Foucault. Probablement forgée dans les années 1930 par le Suédois Rudolf Kjellén, pour désigner une politique d’expansion nécessaire à tout État entendu comme force naturelle, elle réapparaît dans les années 1960 en France, selon une acception néo-humaniste qui prend acte de l’histoire du […] Lire la suite

BONHEUR

  • Écrit par 
  • André COMTE-SPONVILLE
  •  • 7 880 mots

Dans le chapitre "Du bonheur manqué au divertissement" : …  Le bonheur est désirable, montrait Aristote, suprêmement désirable, et c'est ce qui le définit. Mais qu'est-ce que le désir ? Platon, dans Le Banquet , avait déjà répondu. Le désir est manque  : « Celui qui désire désire une chose qui lui manque et ne désire pas ce qui ne lui manque pas. » Comment désirer être grand ou fort quand on l'est déjà ? Tout au plus peut-on désirer être plus grand ou pl […] Lire la suite

BONHEUR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 593 mots

Dans le chapitre "Le plaisir et la joie" : …  Le bonheur n’est pas le plaisir, et c’est pourquoi il est si difficile à atteindre. Le plaisir est inséparable de la crainte de sa perte. Il voudrait ne pas cesser, il rêve naïvement de s’éterniser, oubliant qu’il ne saurait exister que dans son opposition à la douleur, ainsi que l’avait compris le premier Épicure (341-270 av. J.-C.). « Le plaisir est l’arrêt de la douleur », affirmait le philoso […] Lire la suite

DELEUZE GILLES (1925-1995)

  • Écrit par 
  • Bruno PARADIS
  •  • 2 100 mots

Dans le chapitre "Le désir" : …  La publication de L'Anti-Œdipe (1972) marque une étape importante dans l'œuvre du philosophe. Dans cet ouvrage, co-écrit avec Félix Guattari, Gilles Deleuze propose une nouvelle conception du désir. Reprenant l'idée freudienne de libido, il pose que le désir est production. Cela a une double conséquence : on ne saurait le concevoir comme manque ; il est investissement immédiat de la réalité soci […] Lire la suite

ÉTHIQUE, Baruch Spinoza - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 800 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Du désir à la joie" : …  Cette « ontologie » a des conséquences quant à la conception de l'homme, que le second livre (« Nature et origine de l'esprit ») va déployer. L'homme est défini non par la raison mais par le désir : « Le désir est l'essence même de l'homme. » Ce que l'homme désire est bon, et ce n'est pas le bien qu'il désire qui définit le bien. Persévérer dans son être ( conatus ) est son essence : tout ce qui a […] Lire la suite

GÉOMÉTRIE DES PASSIONS (R. Bodei) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 1 368 mots

Géométrie des passions est la version française d'un essai du philosophe Remo Bodei paru en Italie il y a six ans, en 1991 (traduction de Marilène Raiola, aux Presses universitaires de France). Son sous-titre, Peur, espoir, bonheur  : de la philosophie à l'usage politique , en définit l'espace et les enjeux. L'auteur – né à Cagliari en 1938, enseignant à l'université de Pise ainsi qu'à l'étranger […] Lire la suite

GIRARD RENÉ (1923-2015)

  • Écrit par 
  • Pierre PACHET
  •  • 2 537 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Le désir triangulaire" : …  La première grande hypothèse avancée par Girard est devenue l'une des bases de sa pensée ultérieure et elle a acquis une sorte de notoriété proverbiale, jusqu'à constituer pour beaucoup un élément de base de la culture contemporaine auquel il est possible de se référer comme à un acquis. Il vaut la peine d'examiner comment elle est formulée et argumentée. Dans Mensonge romantique et vérité romane […] Lire la suite

HOBBES THOMAS (1588-1679)

  • Écrit par 
  • Raymond POLIN
  •  • 2 669 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Un mécanisme strict" : …  On parle souvent de Hobbes comme d'un philosophe matérialiste. Certes, il définit bien les corps comme ce qui coïncide avec quelque partie de l'étendue et ne dépend pas de notre pensée. Mais l'étendue elle-même n'est rien d'autre pour lui que le phénomène d'une chose existant sans l'esprit, le phénomène de l'extériorité. Et la matière n'est rien elle-même, sinon un mot par lequel on désigne les c […] Lire la suite

L'ÊTRE ET LE NÉANT, Jean-Paul Sartre - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 769 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Les aléas de la liberté" : …  Inconditionnelle liberté, le pour-soi, par angoisse devant le vide qu'il est, va chercher refuge dans les comédies illusoires que décrit le célèbre chapitre sur « La Mauvaise Foi », véritable envers de la liberté où « l'être-au-monde » tente vainement de se vivre comme « être-au-milieu-du-monde ». Dans tout le corps du massif ouvrage, Sartre va ainsi donner comme une suite de descriptions de la li […] Lire la suite

LIBERTÉ

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 11 649 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Intention et fin" : …  À quelles actions reconnaîtra-t-on le plus volontiers le caractère libre ? À celles dont l'intention présente un trait remarquable que nous exprimons généralement en disant que nous faisons ceci ou cela « dans telle intention » ; ici, l'intention désigne moins un caractère par lequel on rend intelligible ce qu'on fait – c'est-à-dire une manière d'interpréter une action à la façon d'un texte qu'on […] Lire la suite

NIETZSCHE FRIEDRICH

  • Écrit par 
  • Jean GRANIER
  •  • 9 775 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La décadence et le désir" : …  L'origine de l'ontologie métaphysique est la décadence. Nietzsche, scrutant les symptômes de cette maladie de la vie au cœur de la civilisation européenne, brosse un tableau accablant de notre modernité. Mais, plus importante que cette description est l'interprétation que suggère Nietzsche de la décadence en fonction de sa théorie de la volonté de puissance elle-même. La morale, en effet, est la […] Lire la suite

ŒUVRE D'ART

  • Écrit par 
  • Mikel DUFRENNE
  •  • 7 938 mots

Dans le chapitre "La philosophie" : …  La philosophie prend le relais et assume à son tour la contestation de l'œuvre. Mais c'est d'abord l'auteur qu'elle conteste. Elle peut invoquer le témoignage des artistes eux-mêmes, qui mettent quelque coquetterie à se dire en proie à l'inspiration, visités par la muse ou par la grâce, « la muse qui est la grâce » ; dans un langage lyrique ou mystique, cela revient à dire que l'œuvre est causa s […] Lire la suite

PASSION

  • Écrit par 
  • Baldine SAINT GIRONS
  •  • 6 844 mots

Dans le chapitre "La passion passionnée d'elle-même" : …  On peut alors montrer avec Bergson comment la plus grande perfidie de la passion consiste à « contrefaire le devoir ». Ainsi en est-il de la Religieuse portugaise, continuant d'aimer, puisqu'elle a commencé à aimer. Dès lors, l'amour confinant à la mystique, la marge de déception s'illicite, puisque l'illusion ne porte pas tant sur l'objet et ses qualités intrinsèques que sur ce qu'on attend de la […] Lire la suite

PLATON

  • Écrit par 
  • Monique DIXSAUT
  •  • 13 762 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "Socrate et Platon" : …  Selon Aristote, Platon aurait d'abord fréquenté Cratyle l'héraclitéen et en aurait conservé toute sa vie la conception d'une réalité sensible en perpétuel écoulement. Il aurait ensuite tenu de Socrate son intérêt pour les problèmes éthiques et les définitions. Jugeant impossible d'arriver à une connaissance ferme à partir de choses en devenir, il se serait, pour les dépasser, inspiré de la théori […] Lire la suite

RECHERCHES PHILOSOPHIQUES SUR L'ESSENCE DE LA LIBERTÉ HUMAINE, Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 829 mots

Dans le chapitre "Le fond de l'être" : …  Décalage au sein du fondement, trouée ( Lichtung ) en elle-même irreprésentable, la substance se voit, pour la première fois, déboutée des prérogatives qui lui permettaient de fonder la métaphysique occidentale. Les conséquences quant à une anthropologie sont impressionnantes : on ne peut se contenter de postuler la rationalité. Ce qu'il faut expliquer, c'est son apparition. Si le fond de l'être […] Lire la suite

SPINOZA BARUCH (1632-1677)

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 12 159 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "L'homme comme désir" : …  Puisque les attributs expriment tous à leur façon une seule et même réalité, puisque la pensée et l'étendue expriment la même et unique Substance, l'homme est un être singulier (un mode), unitaire et non pas double. Il n'est pas, comme dans la tradition classique, la juxtaposition d'une âme et d'un corps, mais l'unité corps-esprit. L'âme, ou plutôt l'esprit ( mens ), n'est pas une autre chose, mai […] Lire la suite

SURRÉALISME Histoire

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ, 
  • Pierre DUBRUNQUEZ
  •  • 11 416 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "L'âge de raison (1925-1939)" : …  Marqués par la crise des grands systèmes de représentation du monde, les surréalistes étaient en quête de nouveaux fondements. Comme leurs contemporains marxistes, comme déjà les romantiques du siècle précédent, ils recherchaient les lois sur lesquelles asseoir une nouvelle approche de l'homme. Ils ne pouvaient par conséquent se contenter d'entériner les recherches de leur temps sans les réévaluer […] Lire la suite

VOLONTÉ

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 8 789 mots

Dans le chapitre "Le contexte « éthique » : Aristote" : …  C'est d'abord dans le cadre d'une éthique que, pour la première fois, Aristote a conçu une analyse – subordonnée mais néanmoins distincte – du volontaire et de l'involontaire. Cette analyse, recueillie dans le livre III de l' Éthique à Nicomaque , contient en germe, outre les développements que lui donneront la psychologie médiévale et celle du xvii e  siècle cartésien, l'annonce d'une conjonction […] Lire la suite