« ÊTRE, philosophie »

ÊTRE, philosophie

  • Écrit par 
  • Giulio GIORELLO
  •  • 4 678 mots

La « question sur l'être » traverse l'histoire de la philosophie. Pour certains, elle serait le motif même de cette histoire, les différences entre les philosophies découlant, au plus profond, de la diversité des réponses à la question sur l'être. Dans ces termes, l'histoire de la philosophie se confondrait avec l'histoire du sens de l'être ou, plus fort […] Lire la suite

ADORNO THEODOR WIESENGRUND (1903-1969)

  • Écrit par 
  • Miguel ABENSOUR
  •  • 7 899 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Le réel n'est plus le rationnel : la fin des grands systèmes" : …  L'énoncé de cette interrogation n'implique nullement de la part d'Adorno l'affirmation d'une philosophia perennis qui trouverait dans son statut de « reine des disciplines », ou dans la tradition, les fondements de sa permanence. Bien plutôt, Adorno part d'une antinomie qui installe la réflexion dans une tension insurmontable. Il convient de penser ensemble la liquidation de la philosophie et son […] Lire la suite

ALQUIÉ FERDINAND (1906-1985)

  • Écrit par 
  • Jean BRUN
  •  • 1 586 mots

Né à Carcassonne, Ferdinand Alquié avait gravi tous les échelons de la carrière universitaire ; ayant commencé comme maître d'internat, il devait devenir professeur à la Sorbonne puis membre de l'Institut. Son œuvre, très importante, relève à la fois de la philosophie et de l'histoire de la philosophie, celle-ci éclairant celle-là et réciproquement. En ce sens, rien n'est plus instructif qu'une le […] Lire la suite

ALTÉRITÉ, philosophie

  • Écrit par 
  • Sylvie COURTINE-DENAMY
  •  • 5 334 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "Heidegger et l'être-auprès-de" : …  Cette ligne de partage entre ce qui m'est propre et ce qui est étranger, et que Husserl situait dans le vécu ( Erlebnis ) de ma chair, sera pour Martin Heidegger le « mourir ». Heidegger récuse l'évidence du cogito et des données immédiates d'un sujet, au nom d'une ontologie de l'Être en tant que caché, transcendant. Pour accéder à la connaissance de l'être qui fonde le Dasein (« être-là ») hum […] Lire la suite

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA, 
  • Universalis 
  •  • 10 427 mots

Dans le chapitre "La tradition antique et médiévale" : …  L'histoire du concept philosophique d'analogie, dont la théorie de l'« analogie de l'être » est un moment essentiel mais non exclusif, peut être aujourd'hui retracée indépendamment des deux modèles de description qui ont longtemps prévalu dans la tradition historiographique de l'«  aristotélisme médiéval » : l'interprétation strictement « aristotélicienne » et l'interprétation « aristotélico- thom […] Lire la suite

ANTIQUITÉ Naissance de la philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 11 137 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre "Conditions linguistiques" : …  La prééminence sociale de la parole n'aurait pourtant pu suffire à justifier l'apparition de cette forme de discours abstrait, et au fond si peu populaire, qu'est la philosophie. Bien plus, la philosophie, à partir de Socrate et de Platon, a vu dans la « rhétorique », qui s'attache à la vraisemblance et non à la vérité, qui cultive l'opinion au lieu de produire la science, qui confond l'universali […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 786 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Être quelconque et être suprême" : …  Cette dualité est déjà saisissable dans le célèbre Proœmium (Prologue) de la Métaphysique (A, 1 et 2), où Aristote analyse l'idée traditionnelle de la philosophie. S'il est clair que la philosophie est un savoir de type scientifique qui s'élève au-dessus de la sensation par l'intermédiaire de l'imagination, de la mémoire et de cette première forme de généralisation qu'est l'expérience, s'il est c […] Lire la suite

ASÉITÉ

  • Écrit par 
  • Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
  •  • 829 mots

Appartenant strictement à la langue philosophique, le terme « aséité », qui évoque inévitablement la causa sui de Spinoza, désigne la propriété de ce qui a sa propre raison d'être en soi-même et n'est pas relatif à un autre pour ce qui est de son existence. Sur ce sens général, Aristote, Descartes et Spinoza sont d'accord. Mais les conceptions de l'aséité sont relativement éloignées dès lors qu'o […] Lire la suite

AVICENNE, arabe IBN SĪNĀ (980-1037)

  • Écrit par 
  • Henry CORBIN
  •  • 8 888 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "L'exister : un accident nécessaire" : …  La métaphysique d'Avicenne est une métaphysique des essences , et cette métaphysique des essences subsistera dans la tradition de l'avicennisme iranien jusqu'à la grande réforme opérée par Mollā Sādrā Shīrāzī (1640), personnalité dominante de l'école d'Ispahan, qui substituera une métaphysique de l' exister à cette métaphysique des essences. L' essence, ou la nature, ou la quiddité, est ce qu'ell […] Lire la suite

AVICENNISME LATIN

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 6 601 mots

Dans le chapitre "Un bilan paradoxal" : …  Les apports d'Avicenne aux philosophes et aux théologiens du Moyen Âge tardif sont des plus décisifs. La définition du sujet de la « philosophie première », l'être en tant qu'être ; la théorie de l'être « accident de l' essence », ouvrant sur une version standard de la différence ontologique, que Thomas d'Aquin développera dans sa théorie de la « composition réelle d'essence et d'existence » pour […] Lire la suite

BADIOU ALAIN (1937- )

  • Écrit par 
  • Elie DURING
  •  • 2 613 mots

Dans le chapitre "Un « geste platonicien »" : …  Abordée selon son orientation la plus générale, la pensée d'Alain Badiou répond à un problème d'origine politique : comment un sujet inventif de l'action politique est-il possible ? Comment concevoir l'être d'une situation, pour qu'un tel sujet – collectif par vocation – puisse marquer une rupture avec des structures (économiques, sociales, étatiques, idéologiques) et des formes d'identification […] Lire la suite

BEAUFRET JEAN (1907-1982)

  • Écrit par 
  • Jean LAUXEROIS, 
  • Claude ROËLS
  •  • 647 mots

Le nom du philosophe Jean Beaufret demeure lié à celui de Martin Heidegger. La rencontre entre les deux hommes décida d'un dialogue lui-même décisif pour la pensée de notre temps. Jean Beaufret naquit à Auzances dans la Creuse. Après l'école communale et le lycée de Montluçon, il vint à Paris pour préparer le concours de l'École normale supérieure, où il entre en 1928. Il commence son métier de pr […] Lire la suite

BOÈCE (480-524)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 1 463 mots

Dans le chapitre "Les traités théologiques" : …  Dans la Consolation de Philosophie , on ne trouve aucune trace de profession de foi chrétienne, pas plus que dans les œuvres logiques ou dans les traités mathématiques. On s'est donc longtemps demandé si les œuvres théologiques que la tradition manuscrite attribue à Boèce étaient bien authentiques. Mais la découverte de l' Anecdoton Holderi , une notice de Cassiodore où il est question de Boèce et […] Lire la suite

BRUNO GIORDANO (1548-1600)

  • Écrit par 
  • Jean SEIDENGART
  •  • 5 290 mots

Dans le chapitre "Les rapports entre Dieu et l'Univers" : …  L'évolution de la pensée de Bruno jusqu'à ses dernières publications démontre que les quelques résonances transcendantistes qui émaillent certains des dialogues en langue vulgaire sont dues à l'importation d'un vocabulaire néo-platonicien véhiculé tant par l'hermétisme que par Nicolas de Cues et par les textes publiés par Marsile Ficin. En fait, Bruno cherchait, dans tous ces écrits, des philosoph […] Lire la suite

CATÉGORIES

  • Écrit par 
  • Fernando GIL
  •  • 6 071 mots

Dans le chapitre "Plans de la pensée catégoriale" : …  La pensée grecque fournit des éléments suffisants pour situer la pensée catégoriale dans la connaissance. a)  Rien dans la philosophie grecque classique ne saurait être dit correspondre à la distinction entre ontologie matérielle et ontologie formelle. Il est vrai que l'Un, corrélat de l'Être selon Aristote ( Métaphysique , 1003  b sqq.), amène à un entendement particulier de l'Être, car, en tant […] Lire la suite

CERCLE, symbolisme

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 659 mots

Le cercle est une figure qui exerce une réelle fascination sur l'imagination humaine. Ce fait ne peut être réduit à une simple dimension subjective ; il reflète tout autant une dimension objective, constituant ainsi l'un des archétypes les plus universels. C'est à travers la révélation de sa forme que Parménide a fondé la métaphysique occidentale, en s'appuyant sur l'intuition d'une identité de l' […] Lire la suite

CHEMIN, symbolisme

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 894 mots

Dans toute tradition religieuse ou métaphysique, l'image du chemin est un symbole de la quête de l'Être. Il s'agit probablement d'une des images les plus sacrées — ce qu'exprime bien la parole du Christ : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean XIV, 6). De fait, que ce soit par la médiation des arts plastiques ou par celle de la littérature et de la poésie, voire de la musique, de la myth […] Lire la suite

CI-GÎT L'AMER. GUÉRIR DU RESSENTIMENT (C. Fleury)

  • Écrit par 
  • Marc LEBIEZ
  •  • 1 115 mots

Professeure titulaire de la chaire humanités et santé au Conservatoire national des arts et métiers et de la chaire de philosophie à l’hôpital, au GHU Paris psychiatrie et neurosciences, auteure d’essais tels que Les Pathologies de la démocratie (2005) et La Fin du courage   : la reconquête d’une vertu démocratique (2010), Cynthia Fleury se définit à la fois comme philosophe et comme psychanalys […] Lire la suite

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 106 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Mise en question de l'idée de représentation" : …  Il faudrait évoquer ici la problématique heideggérienne de la déconstruction de la métaphysique, qui contient une mise en question radicale de l'idée de représentation (on remarquera d'emblée que cette mise en question englobe la tentative phénoménologique, interprétée elle-même comme relevant encore d'une « métaphysique de la subjectivité »). Cette problématique doit être comprise sur le fond d […] Lire la suite

DERRIDA JACQUES (1930-2004)

  • Écrit par 
  • Catherine MALABOU
  •  • 3 352 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La présence en question" : …  La dissémination est une opération réglée par la déconstruction, terme par lequel on désigne aujourd'hui communément la pensée de Derrida. Dans la « Lettre à un ami japonais » (in Psyché, inventions de l'autre ), Derrida évoque son apparition : « ... Je souhaitais traduire et adapter à mon propos les mots heideggériens de Destruktion et d' Abbau . Tous les deux signifiaient dans ce contexte une o […] Lire la suite

DIFFÉRENCE, philosophie

  • Écrit par 
  • Alfredo GOMEZ-MULLER
  •  • 1 541 mots

Avant de devenir une catégorie centrale de la réflexion éthique, politique et anthropologique, la notion de différence a longtemps été comprise d'une manière négative. Dans la philosophie de la Grèce antique, et, en particulier, dans la pensée de Platon et d'Aristote, la différence est d'abord la négation de l'identité. Elle n'est pas pensée dans son être propre, mais à partir d'un être auquel la […] Lire la suite

ÉLÉATES (VIe-Ve s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Henri Dominique SAFFREY, 
  • Universalis 
  •  • 1 041 mots

Dans le chapitre "Le monisme éléatique" : …  Parce qu'il avait purifié et unifié la notion de dieu, on comprend qu'une tradition dont Aristote est le premier témoin ( Métaphysique , I, 5, 986 b 21) ait pu faire de Xénophane le maître de Parménide, le véritable fondateur du monisme éléatique. Cette dépendance a paru tellement incroyable aux historiens modernes qu'ils ont cherché à renverser ce rapport, et Karl Reinhardt a cru pouvoir montrer […] Lire la suite

EMPÉDOCLE (env. 490-env. 430 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Jean BOLLACK
  •  • 2 911 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La dialectique de l'Un et du multiple" : …  Le poème de la nature ( Les Origines ) inscrivait le devenir du monde dans un cycle destiné à rattacher le temps des choses à la forme sphérique, intemporelle et paradigmatique de l'Être. Héritier de la dialectique de Parménide, opposant l'Être un au vivant multiple, Empédocle maintient l'antinomie, mais l'explication ne se réfère pas principalement à l'exclusion mutuelle des termes. L'Un se disp […] Lire la suite

ESSENCE, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 494 mots

Important terme philosophique ayant une très longue histoire. L'essence d'un être, c'est ce qu'il est vraiment, ce qui fait qu'il est ce qu'il est. « L'essence coïncide avec ce qu'il y a de plus intime et de presque secret dans la nature de la chose, bref ce qu'il y a en elle d'essentiel » (É. Gilson : L'Être et l'essence ). C'est aussi ce qui d'un être est pensé comme immuable et éternel par oppo […] Lire la suite

ESTHÉTIQUE Histoire

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 11 892 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "Du visible à l'invisible" : …  Ce n'est pas uniquement de façon métaphysique, comme le veut Platon, qu'il convient d'interpréter la formule homérique selon laquelle « l'Océan est le père des choses ». Cette première grande affirmation du Devenir a aussi valeur esthétique. Elle renvoie en effet à l'élément liquide, archétype de ce miroitement éblouissant qu'est, pour Homère, le Beau. Car le poète ne nous propose pas vraiment un […] Lire la suite

ÉTHIQUE, Baruch Spinoza - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 800 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Du désir à la joie" : …  Cette « ontologie » a des conséquences quant à la conception de l'homme, que le second livre (« Nature et origine de l'esprit ») va déployer. L'homme est défini non par la raison mais par le désir : « Le désir est l'essence même de l'homme. » Ce que l'homme désire est bon, et ce n'est pas le bien qu'il désire qui définit le bien. Persévérer dans son être ( conatus ) est son essence : tout ce qui a […] Lire la suite

ÊTRE ET TEMPS, Martin Heidegger - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 787 mots

Du seul véritable livre de Martin Heidegger (1889-1976) publié en 1927, Être et Temps ( Sein und Zeit , 1927), certainement le traité de philosophie le plus important paru au xx e  siècle, ne seront menées à bien et ne paraîtront que les deux premières sections de la première partie. Dans cette thèse, Heidegger cherche à penser l'Être et sa structure temporelle à partir d'une analytique de l'êt […] Lire la suite

ÉVÉNEMENT, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 1 931 mots

Dans le chapitre "L'événement contre la métaphysique" : …  Dans cette redécouverte de la notion d'événement, la phénoménologie contemporaine n'est pas en reste. Ce qui retient l'attention des phénoménologues, ce ne sont pas les événements anonymes de la nature ou de l'histoire, attestant que quelque chose s'est passé. Certains événements rendent possible une scansion du temps chronologique. Tout n'est pas également mémorable. C'est en référence à des évé […] Lire la suite

EXISTENCE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 075 mots

Dans le chapitre "L’existence, forme appauvrie de l’essence" : …  « L’essence précède l’existence » était donc le présupposé non formulé de tous les philosophes avant le xx e  siècle – ou peut-être avant le xix e  siècle, si l’on considère Søren Kierkegaard (1813-1855) comme le premier existentialiste. Jean Beaufret (1907-1982) montre comment le mot latin essentia , qui vient du verbe esse (être), et qui aurait dû désigner logiquement l’existence de quelque […] Lire la suite

EXISTENCE PHILOSOPHIES DE L'

  • Écrit par 
  • Jean WAHL
  •  • 6 166 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Le retour à l'origine" : …  Pour celui qui envisage la pensée de Heidegger, il y a une difficulté qui vient du fait que n'a jamais été publié le deuxième volume de L'Être et le temps ( Sein und Zeit , 1927). Dès le début, il avait pensé que le problème de l'être est essentiel. Ce problème, il l'approche maintenant d'une autre manière, en se tournant vers le langage et vers les choses. L'essence de l'être, c'est d'être la v […] Lire la suite

EXISTENTIAL

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 456 mots

Terme technique de l'ontologie professée par Martin Heidegger et exposée par lui dans L'Être et le Temps ( Sein und Zeit , 1927). Depuis lors, ce terme a été repris par différentes écoles existentialistes, mais non par toutes. Il y a lieu de bien distinguer entre « existentiel » et « existential ». Est existentiel tout ce qui se rapporte à la façon dont le sujet existant (l'homme) éprouve son exi […] Lire la suite

FICHTE JOHANN GOTTLIEB (1762-1814)

  • Écrit par 
  • Alexis PHILONENKO, 
  • Universalis 
  •  • 8 864 mots

Dans le chapitre "L'acte libre du savoir" : …  La Wissenschaftslehre de 1801 est un cours en partie dirigé contre Schelling et Bardili, qui prétendaient limiter la philosophie des Principes à un idéalisme subjectif. Fichte montre que le point de départ n'est pas le savoir entendu au sens psychologique, mais le savoir pur. Or, la détermination formelle du savoir, comme tel, est d'être « savoir absolu ». En d'autres termes, « le savoir n'est […] Lire la suite

GUILLAUME D'AUVERGNE (apr. 1180-1249)

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 1 042 mots

Sacré, en 1228 par Grégoire IX, évêque de Paris, où il avait été reçu magister theologiae en 1223, Guillaume d'Auvergne a été fortement influencé par les commentaires arabes d'Aristote et se présente à la fois comme le défenseur des ordres mendiants, alors en plein essor, et comme le tenant d'un aristotélisme réinterprété à la lumière de saint Augustin et d'Ibn Gabirol. Il a laissé une œuvre théo […] Lire la suite

HEIDEGGER MARTIN

  • Écrit par 
  • Jean BEAUFRET, 
  • Alphonse DE WAELHENS, 
  • Claude ROËLS
  •  • 5 250 mots
  •  • 1 média

Heidegger est celui qui, au sortir de la phénoménologie de Husserl, s'est porté phénoménologiquement au cœur de la question de l' être comme question du sens de l'être. Cette question est la question de Être et Temps . « Le temps, tel qu'il est défini dans Être et Temps comme le sens de l'être, n'est là ni une réponse, ni une dernière étape pour le questionnement, mais lui-même le nom d'une ques […] Lire la suite

HEIDEGGER MARTIN, en bref

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 180 mots
  •  • 1 média

Avec Husserl, le fondateur de la phénoménologie, Martin Heidegger est, sans conteste, le philosophe allemand le plus important du xx e  siècle. Être et Temps , paru en 1927, a eu une influence considérable sur la philosophie européenne (Sartre, Merleau-Ponty, Lévinas, Derrida sauront reconnaître leurs dettes à son égard). Un mode de penser nouveau s'y fait jour, rompant avec le néo-kantisme alors […] Lire la suite

HENRI DE GAND ou GOETHALS (1217?-1293)

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 742 mots

Principalement connu par ses œuvres — une Summa theologica (inachevée), quinze Quodlibeta , des Questions sur la métaphysique , un commentaire de la Physique d'Aristote —, Henri de Gand ( de Gandavo ), maître séculier de l'université de Paris, enseigna la théologie de 1276 à 1292. Il fut mêlé à la condamnation de Siger de Brabant et des averroïstes en 1277 et eut pour élève Godefroid de Fontaine […] Lire la suite

HISTORICITÉ

  • Écrit par 
  • Hans Georg GADAMER
  •  • 6 456 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Existence et finitude" : …  C'est d'abord dans sa Psychologie des conceptions du monde ( Psychologie der Weltanschauungen , 1919) que Karl Jaspers a exposé sa doctrine des situations limites ; il l'a plus tard développée, en lui donnant une signification fondamentale, dans son ouvrage Philosophie . Mais, plus radicalement que lui, Heidegger a élevé la question du caractère limite de la situation, ainsi que de la finitude et […] Lire la suite

HOMME La réalité humaine

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 14 349 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre "La différence heideggérienne" : …  On pourrait, sans peut-être les modifier autant qu'on le pense généralement, formuler les thèses et les thèmes que l'on vient de développer en un langage plus délibérément ontologique. On parlera alors de la différence de l'être et de l'étant ou, plus simplement, du mouvement de la différence. On dira encore que l'être n'est pas sans les étants ni hors d'eux, comme les étants ne sont pas sans l'ê […] Lire la suite

HUMANITÉ

  • Écrit par 
  • Hubert FAES
  •  • 1 354 mots

Dans le chapitre "L'humanité déçue" : …  Ces différentes compréhensions de l'humanité ont toutes le même présupposé : l'homme est ; sa nature est de devenir humain. Ce prédicat est aujourd'hui remis en question d'une façon radicale, à la fois dans la réflexion philosophique et dans certaines expériences qui ont marqué le xx e  siècle. On ne saisit pas l'humanité à la racine si l'on en fait la qualité d'une espèce d'êtres naturels parmi d […] Lire la suite

HYLÉMORPHISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 938 mots

Théorie philosophique d'Aristote selon laquelle la constitution de tout être relevant du cosmos est expliquée par deux principes corrélatifs : la matière ( hylê  : bois, matériau de construction) et la forme ( morphê  : figure, disposition). L'hylémorphisme élucide deux difficultés philosophiques : celle de la théorie platonicienne des idées séparées, seules à être objet de savoir certain et immua […] Lire la suite

IBN ‘ARABĪ (1165-1241)

  • Écrit par 
  • Osman YAHIA
  •  • 4 422 mots

Dans le chapitre "Le livre des conquêtes spirituelles de La Mekke" : …  Il est hors de doute que le Kitāb al-futūḥāt al-Makkiyya soit une œuvre authentique du maître, car le texte autographe a été conservé. L'auteur avait commencé la rédaction de la première version à La Mekke, en 1203 ; après en avoir rassemblé les matériaux et tracé le plan, il mit trente ans à la réalisation du projet. L'ouvrage, dans sa conception primitive, se compose de cinq cent soixante chapi […] Lire la suite

IMMANENCE ET TRANSCENDANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 4 283 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La transcendance horizontale" : …  Mais transascendance ou transdescendance ressortissent encore à « l'imagination en hauteur » dont parlait Brunschvicg, et le tout-autre de Jaspers comme le tout-autre d'Emmanuel Lévinas se situent également à la verticale de l'homme. C'est avec l'existentialisme athée de Heidegger et de Sartre qu'on aperçoit une nouvelle forme de la transcendance, tout à la fois intérieure à ce monde-ci et distin […] Lire la suite

ISLAM (La civilisation islamique) La philosophie

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET, 
  • Jean JOLIVET
  •  • 8 975 mots

Dans le chapitre "La philosophie en Iran" : …  Si la tradition philosophique de la falsafa prend fin avec la polémique d'Ibn Rushd, cet événement n'épuise pas la vitalité de la philosophie islamique. Les penseurs iraniens n'ont cessé d'en nourrir la pensée, et cela pendant dix siècles. Rédigeant leurs traités en arabe ou en persan, les philosophes iraniens ont conçu leur œuvre comme une explicitation métaphysique du fait prophétique muhammad […] Lire la suite

JANKÉLÉVITCH VLADIMIR (1903-1985)

  • Écrit par 
  • Pierre-Alban GUTKIN-GUINFOLLEAU
  •  • 3 310 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La création, objet véritable de la métaphysique" : …  Les vertus sont les effets concrets dans l’action de ces trois principes. Si l’on peut tenir le Traité des vertus pour un aboutissement de l’œuvre de Jankélévitch, il n’en marque pas pour autant l’achèvement. Avec cet ouvrage, Jankélévitch a certes soldé la question de l’action, mais il n’a pas fondé philosophiquement les principes métaphysiques de sa pensée. Il reviendra à Philosophie première […] Lire la suite

LANGAGE PHILOSOPHIES DU

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI, 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 23 538 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre "L'herméneutique ontologique" : …  La théorie contemporaine de l'interprétation n'a cessé de s'éloigner de la conception encore psychologisante de Dilthey : celui-ci, bien qu'il ait expressément lié à la notion de texte le passage de la compréhension intersubjective, telle qu'elle s'exerce dans le dialogue, à l'interprétation des expressions de la vie fixées par l'écriture, n'avait pas expressément rattaché la problématique de la c […] Lire la suite

LAVELLE LOUIS (1883-1951)

  • Écrit par 
  • Jean-Louis DUMAS
  •  • 371 mots

Métaphysicien français. Professeur à Strasbourg, puis à la Sorbonne (1932-1934), enfin au Collège de France. Louis Lavelle commence par la psychologie philosophique : La Perception visuelle de la profondeur et La Dialectique du monde sensible (Strasbourg, 1921). Son œuvre comprend en outre : La Dialectique de l'éternel présent : de l'Être (1928) ; La Conscience de soi (1933) ; La Présence tot […] Lire la suite

LÉVINAS EMMANUEL (1905-1995)

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 3 191 mots

Dans le chapitre "L'éthique comme philosophie première" : …  Les années 1980 marquent une dernière période dans l'œuvre de Lévinas, jalonnée par plusieurs recueils d'articles importants : De Dieu qui vient à l'idée (1982), L'Au-delà du verset (1982), Entre nous (1991). S'y ajoutent deux conférences qui ont une valeur presque testamentaire : Éthique comme philosophie première (1982), Transcendance et Intelligibilité (1984), ainsi que des entretiens radi […] Lire la suite

LIBERTÉ

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 11 649 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Être de l'acte et éthique de l'action" : …  C'est dans les termes suivants qu'on a, au début de cet article, introduit le troisième discours : comment la réalité dans son ensemble doit-elle être constituée pour que l'homme y soit un agent, c'est-à-dire l'auteur de ses actes, au double sens du pouvoir psychologique et de l'imputation morale que les deux premières recherches ont permis d'élaborer ? Cette question ouvre un type d'investigatio […] Lire la suite

LULLE RAYMOND (1233 env.-1316)

  • Écrit par 
  • Louis SALA-MOLINS
  •  • 2 777 mots

Dans le chapitre "Entre le non-être et l'être : l'agir" : …  L'expérience pluriconfessionnelle de Lulle l'amène à fonder sa doctrine sur des critères philosophiques qui puissent être acceptés par les trois grandes religions du Livre. Sa conviction d'avoir reçu d'en haut, par une faveur spéciale de la divinité, sa méthode de raisonnement explique qu'il ne sente presque jamais le besoin de mélanger à son discours des arguments empruntés explicitement à d'autr […] Lire la suite

MAL

  • Écrit par 
  • Étienne BORNE
  •  • 5 223 mots

Dans le chapitre "Une source commune de la religion et de l'athéisme" : …  Si le discours de la rationalité intégrale et la mythologie de la beauté se correspondent en fin de compte terme à terme, toute solution au problème du mal – ou toute résolution de ce problème – se trouve vouée à l'échec. L'optimisme, qu'il fasse du diable le valet mystifié de Dieu, ou de l'escalade de l'exploitation la condition de la victoire des exploités, ne rature pas le scandale de l'injusti […] Lire la suite

MARXISME Le matérialisme dialectique

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 6 395 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "L'être et la conscience" : …  Le deuxième énoncé du matérialisme consiste à affirmer le primat et l'indépendance du réel par rapport à sa connaissance, de l'être par rapport au pensé :  »Le matérialisme admet d'une façon générale que l'être réel objectif (la matière) est indépendant de la conscience, des sensations, de l'expérience humaine. Le matérialisme historique admet que l'existence sociale est indépendante de la consci […] Lire la suite

MÉLISSUS ou MÉLISSOS (Ve s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 337 mots

Philosophe grec né à Samos, en Ionie. Mélissos commande la flotte saméenne lorsqu'elle l'emporte sur la flotte athénienne en ~ 442. Disciple de Parménide (Diogène Laërce, IX, 24), il s'est attaché comme Zénon, mais sans utiliser sa méthode paradoxale de réfutation, à défendre les thèses éléates contre les partisans d'une pluralité d'étants en mouvement. Dans son traité Sur la nature ou sur l'être […] Lire la suite

MERLEAU-PONTY MAURICE (1908-1961)

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 3 511 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Expérience de l'être-là et « sentir »" : …  Un tel primat de l'inspiration phénoménologique dans l'œuvre de Merleau-Ponty ne veut point dire que celui-ci ne prenne vis-à-vis de Husserl aucune distance. Il s'en faut même de beaucoup puisqu'on ne trouve chez lui ni le moi transcendantal, auquel il reproche de rendre le philosophe et la philosophie oublieux de leurs origines, ni le célèbre « spectateur impartial », qui métamorphose indûment l […] Lire la suite

MÉTAPHYSIQUE

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 9 395 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La métaphysique d'Aristote" : …  Comme le remarque Heidegger, la métaphysique d'Aristote répond à deux soucis, par elle confondus et cependant distincts : celui de l'être, celui de la découverte des premiers principes, soucis qu'on vient de rencontrer chez Platon, mais qui prennent ici une forme nouvelle. Toutes les sciences portent sur un genre déterminé d'être, sur des objets spécifiés et considérés en leur particularité propre […] Lire la suite

MÉTASTABILITÉ

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 081 mots

«  Ce qui se manifeste , c'est aussi, en premier et le plus souvent, l'apparente stabilité des choses visibles, leur extraordinaire entêtement à demeurer en leur état » (J. T. Desanti, Natura Rerum : ordre ou désordre ? ). La stabilité désigne la condition de possibilité de la réalité phénoménale. Mais signifie-t-elle pour autant la propriété essentielle de la réalité ? Est-elle contingente ou néc […] Lire la suite

MOI

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT, 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 12 459 mots

Dans le chapitre "La promotion philosophique du moi" : …  Il faudra Augustin l'Africain pour passionner la conscience, Augustin le rhéteur pour la faire vibrer, la rendre importante, pathétique, « autobiographique », pour exacerber sa sensibilité et son angoisse (encore que, relativement au petit nombre des élus, à la masse de perdition, la prédestination augustinienne soit une manière – assez sombre – de relayer le rationalisme antique, de réensemencer […] Lire la suite

MORT Les interrogations philosophiques

  • Écrit par 
  • René HABACHI
  •  • 7 550 mots

Dans le chapitre "La mort en contestation" : …  Les philosophies ouvertes sur un au-delà de la mort ne prétendent pas expérimenter le non-être, mais, comme le souhaitait Spinoza, entreprendre une méditation sur la vie. C'est en approfondissant la vie elle-même qu'elles débouchent sur un « chiffre silencieux » avec Jaspers ou sur une espérance avec Marcel. Passant de l'existence à l'être, par un dessaisissement du temps, elles se recueillent en […] Lire la suite

MOUVEMENT

  • Écrit par 
  • Françoise BALIBAR
  •  • 6 901 mots

Dans le chapitre "Mouvement et changement" : …  L'idée de mouvement est d'abord apparue comme difficile à penser logiquement. Faire du mouvement une chose naturelle, en effet, c'est dire que l'être n'est pas totalement être et qu'il participe donc de son contraire, le non-être. Comme le dit Maurice Clavelin ( La Philosophie naturelle de Galilée ), « un des grands mérites de la physique aristotélicienne est précisément d'avoir voulu montrer que […] Lire la suite

NÉANT

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 220 mots

Dans le chapitre "« L'homme est l'être par qui le néant arrive au monde »" : …  Malgré la part faite aux références germaniques, c'est à partir de Descartes que Jean-Paul Sartre va élaborer une ontologie dualiste indiquée par le titre même de son ouvrage L'Être et le Néant et dont la première partie porte sur « le problème du néant ». En face de la massivité, de la matérialité de l'être des choses qui ne sont jamais que ce qu'elles sont et coïncident avec leur essence, l'ho […] Lire la suite

NÉO-PLATONISME

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 2 993 mots

Dans le chapitre "Esquisse doctrinale" : …  Ce qui caractérise l'école néo-platonicienne, on l'a dit, c'est qu'elle construit son système en déroulant le jeu dialectique du Parménide. Non que les néo-platoniciens tiennent leur vision du monde de cet unique dialogue. Ils puisent dans l'œuvre entière de Platon ; ils retiennent certaines positions aristotéliciennes, plusieurs thèmes stoïciens et sans doute d'autres sources (par exemple, après […] Lire la suite

NIETZSCHE FRIEDRICH

  • Écrit par 
  • Jean GRANIER
  •  • 9 775 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "L'être selon Nietzsche" : …  On pourrait douter, devant une transformation aussi décisive des conceptions traditionnelles, que le mot être soit encore légitime pour qualifier ce qui, à l'intérieur de l'interprétation, constitue le texte. Le mot être semble solidaire d'une construction métaphysique dont la critique nietzschéenne, justement, a dévoilé la vulnérabilité. Pourquoi s'obstiner à maintenir ce terme suspect ? Premier […] Lire la suite

NIHILISME

  • Écrit par 
  • Jean GRANIER
  •  • 4 436 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Nihilisme et oubli de l'être" : …  Quant à Heidegger, il accorde à l'analyse du nihilisme par Nietzsche une signification cruciale : « Le nihilisme, indique-t-il, est le mouvement universel des peuples de la terre engloutis dans la sphère de puissance des Temps modernes. » Mais il estime que Nietzsche, loin de surmonter le nihilisme, l'a porté à son achèvement, parce qu'il n'a jamais pu saisir l'essence intime de la métaphysique, […] Lire la suite

NON-ÊTRE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 355 mots

Le non-être n'est pas le néant, si l'on entend par néant la simple absence d'être (l'idée de néant ne surgit qu'après coup, de façon imaginaire, comme suppression de l'être). Au sens le plus fort, le non-être est la part de négativité qui est présente dans le réel ou bien le pouvoir de négation qui appartient à l'esprit. Par réaction contre une conception de l'être pur (Parménide), Platon a découv […] Lire la suite

ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 15 658 mots
  •  • 1 média

« Ontologie » veut dire : doctrine ou théorie de l' être. Cette simple définition, toute nominale d'ailleurs, propose une petite énigme de lexique : le mot « ontologie » est considérablement plus récent que la discipline qu'il désigne ; ce sont les Grecs qui ont inventé la question de l'être, mais ils n'ont pas appelé ontologie la discipline qu'ils instituaient. Aristote désigne de façon indirecte […] Lire la suite

PANTHÉISME

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 7 628 mots

Dans le chapitre "L'essence du panthéisme" : …  L'affirmation principielle du panthéisme porte sur l'Unité de l'Être, c'est-à-dire sur l'unité homogène et dynamique de la Totalité. Immanence et totalité se trouvent aussi bien chez Plotin et Bruno que chez Spinoza, Schelling ou Hegel. Cette Unité-Totalité est Dieu. Mais, tandis que les stoïciens, Plotin ou Bruno voient en ce Dieu Nature un grand animal vivant, et Hegel un Esprit aux multiples fi […] Lire la suite

PARMÉNIDE (VIe-Ve s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Clémence RAMNOUX
  •  • 2 238 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Les Routes" : …  Grâce à Simplicius, on possède une suite de soixante et un vers du premier discours ontologique de l'Occident ; assez de textes par ailleurs, notamment grâce à Sextus Empiricus, pour se faire une idée de la construction du poème. Cet ensemble fut composé pour être appris et récité, par transmission de la bouche à l'oreille : non qu'on ne sût écrire à Élée, mais on se défiait encore de l'écriture. […] Lire la suite

PHÉNOMÉNOLOGIE

  • Écrit par 
  • Renaud BARBARAS, 
  • Jean GREISCH
  •  • 7 242 mots

Dans le chapitre "La phénoménologie après Husserl" : …  En vertu de son caractère arborescent et inachevé, l'œuvre de Husserl ne pouvait que donner lieu à une postérité complexe. La structure de l'œuvre du maître excluait l'orthodoxie. Il n'en reste pas moins qu'il y a une unité des pensées que l'on qualifie de « phénoménologies » – par-delà le souci de fidélité aux phénomènes fréquemment invoqué – et que cette unité se comprend à partir de Husserl : t […] Lire la suite

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 137 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre "Réduction phénoménologique" : …  Il est devenu habituel d'opposer à cette philosophie analytique, surtout anglo-saxonne, quelles que soient ses sources germaniques, une philosophie phénoménologique bizarrement appelée parfois « continentale ». Bien entendu, de telles références géographiques ou nationales n'ont en elles-mêmes aucune valeur philosophique, et le mot de phénoménologie recouvre arbitrairement toutes sortes de travaux […] Lire la suite

PHYSIS

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 3 786 mots

Dans le chapitre "La « physis » présocratique et sa postérité" : …  La négation d'Empédocle ne doit pas faire illusion, car ce dernier est lui-même l'auteur d'un poème Sur la physis , et la plupart des œuvres des présocratiques portent le même titre. Physis est donc d'abord le titre d'une question : D'où viennent les choses ? Comment naissent-elles et croissent-elles ? En quel sens l'étant vient-il à l' être ? Les réponses pourront diverger, et seuls certains prés […] Lire la suite

PLATON

  • Écrit par 
  • Monique DIXSAUT
  •  • 13 762 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "L'être et le non-être" : …  Il lui faut donc penser différemment la différence, ce que va faire Le Sophiste en posant la question de l'être et du non-être. Parménide a rompu avec les anciennes cosmogonies qui prétendaient engendrer tout ce qui est à partir de principes comme l'eau, l'air ou le feu. Il n'a pu le faire qu'en appliquant un principe de non-contradiction fort : l'être, nécessairement, est ; il expulse hors de l […] Lire la suite

POÈME, Parménide - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 788 mots

Dans le chapitre "L'affirmation ontologique" : …  Selon toute apparence et de façon assez simple, il est possible de diviser ce qui nous reste du poème (connu avant tout par l'entremise de Théophraste, Simplicius, Sextus...) en trois parties : une première, mythique, disant l'initiation par la déesse Vérité, une seconde proprement philosophique, voire « métaphysique » avant la lettre, décrivant « la Voie de la Vérité », et enfin une partie « cosm […] Lire la suite

PORPHYRE (234 env.-310)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 2 157 mots

Dans le chapitre "La doctrine de l'acte d'être" : …  Les recherches contemporaines (P. Hadot, S. Pines) laissent entrevoir, par une convergence d'indices caractéristiques et indépendants (étude d'un fragment de commentaire sur le Parménide , de textes néo-platoniciens arabes, de la doctrine de Marius Victorinus), que Porphyre a eu une doctrine de l'être tout à fait originale. Ici encore, Porphyre transforme et déforme la pensée de son maître Plotin […] Lire la suite

RAISON

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 13 180 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Le discours humain et la vérité de l'Être" : …  Ce qui importe, ce n'est pas telle ou telle forme de cette pensée présocratique (il serait facile de citer d'autres auteurs aussi intéressants), mais de suivre sur des cas exemplaires l'évolution du concept de raison. On observe alors la tension entre une conception objective de la raison (le monde est raisonnable, c'est-à-dire exprimable dans un discours cohérent) et une conception subjective, se […] Lire la suite

RÉALITÉ

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 4 984 mots

Le mot « réalité » désigne ce qui existe effectivement : une réalité, c'est une chose qui est, la réalité, c'est l'ensemble des choses qui sont. Or la notion d'être, ou d'existence (en ce qui concerne les choses, ces deux termes ne sont pas à distinguer), est une des notions fondamentales et premières de l'esprit : elle suppose une sorte d'expérience irréductible à toute autre, et donc inanalysab […] Lire la suite

RECHERCHES PHILOSOPHIQUES SUR L'ESSENCE DE LA LIBERTÉ HUMAINE, Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 829 mots

Dans le chapitre "La liberté et le mal" : …  Schelling part de l'opposition entre système et liberté, l'un semblant nier l'autre. Un « système de la liberté » est-il possible ? Pour Schelling, comme pour Hegel, il va de soi que la connaissance vraie est systématique, dans la mesure où la raison est en elle-même systématique. Que la liberté soit définie « comme pouvoir du bien et du mal », et la possibilité d'un « système de la liberté » devi […] Lire la suite

RELATION

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 7 566 mots

Dans le chapitre "La doctrine des catégories : Aristote et Kant" : …  Une théorie des catégories fournit un lieu dans lequel peut s'inscrire le concept de relation et assigne à celui-ci une place déterminée dans ce lieu ; il le situe, si l'on peut dire, topologiquement. On retiendra ici deux conceptions des catégories, qui ont l'une et l'autre une signification exemplaire : celle d' Aristote et celle de Kant. Chez ces deux auteurs, les catégories sont rattachées à […] Lire la suite

ROSMINI-SERBATI ANTONIO (1797-1855)

  • Écrit par 
  • François EVAIN
  •  • 654 mots

Prêtre, philosophe et patriote italien. Né en 1797 à Rovereto, Antonio Rosmini-Serbati fit ses études universitaires à Padoue (1817-1819). Il fonda en 1828 une congrégation religieuse, l'Institut de la charité (rosminiens). Le roi Charles-Albert l'envoya établir des accords politiques avec Pie IX. Rosmini accompagna le pape en fuite à Gaète (nov. 1848) et attira en vain son attention sur la montée […] Lire la suite

ṢADRĀ SHĪRĀZĪ (1572-1640)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre DUCASSÉ
  •  • 1 909 mots

Dans le chapitre "Une métaphysique de l'acte d'exister" : …  L'esquisse de bibliographie consacrée à Ṣadrā Shīrāzī par Henry Corbin comporte en tout quarante-deux titres, plus onze ouvrages d'attribution incertaine. Deux ouvrages peuvent aider à situer d'emblée Mollā Ṣadrā comme philosophe : un commentaire d'Avicenne ( Gloses sur la métaphysique du Shīfā d'Avicenne ) et un commentaire de Sohrawardī ( Gloses sur le Livre de la théosophie orientale de Sohrawa […] Lire la suite

SARTRE JEAN-PAUL

  • Écrit par 
  • Jacques LECARME, 
  • Juliette SIMONT
  •  • 8 894 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Pour-soi et en-soi" : …  L'Être et le Néant (1943) porte en sous-titre : Essai d' ontologie phénoménologique . L'influence husserlienne est donc encore présente, mais le terme d'« ontologie », qui renvoie à la question heideggérienne de l'Être, indique une nouvelle orientation de la pensée de Sartre – qui va de pair avec une certaine distance prise à l'égard de Husserl. Cette évolution, Sartre lui-même la formule explic […] Lire la suite

SCIENCES Science et philosophie

  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
  •  • 17 713 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre "Les fondements transcendantaux de la connaissance scientifique : le néo-kantisme" : …  Le néo-kantisme, et singulièrement le néo-kantisme de l'école de Marbourg, fondée par Hermann Cohen, se veut d'abord et avant tout une réflexion sur le fait de la science, et principalement de la science physico-mathématique de la nature. « Quiconque nous est lié, écrivent Cohen et Paul Natorp en lançant le journal de l'école de Marbourg, s'en tient avec nous à la fondation de la méthode transcen […] Lire la suite

SOHRAWARDĪ ou SUHRAWARDĪ SHIHĀBODDĪN YAHYĀ (1155-1191)

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET
  •  • 5 040 mots

Dans le chapitre "La philosophie orientale" : …  Contrairement à la tradition péripatéticienne, qui veut que la totalité des existants forme une gradation homogène de substances, Sohrawardī pense que « les choses se divisent en ce qui est lumière dans la réalité essentielle de soi-même » et ce qui est ténèbre. Il donne ainsi une dignité métaphysique à un sentiment gnostique de la vie, fondé dans la reconnaissance d'un mal radical : « Combien ré […] Lire la suite

SOPHISTIQUE

  • Écrit par 
  • Jacques BRUNSCHWIG, 
  • Barbara CASSIN
  •  • 6 771 mots

Dans le chapitre "De l'ontologie à la logologie" : …  Si la philosophie veut réduire la sophistique au silence, c'est sans doute parce que, à l'inverse, la sophistique produit la philosophie comme un fait de langage. Sur la nature ou sur le non-étant  : le titre conservé par Sextus Empiricus ( Adv. Math. , VII, 65) au traité de Gorgias est provocant. C'est le titre même donné aux écrits de presque tous les philosophes présocratiques, qui composèrent […] Lire la suite

SPINOZA BARUCH (1632-1677)

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 12 159 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La connaissance et la réflexion" : …  La doctrine spinoziste de la connaissance est à la fois plus simple et plus subtile qu'on ne le dit ordinairement. Elle est plus subtile qu'une simple opposition de l'erreur et de la vérité, puisqu'elle se présente en réalité comme l'itinéraire qui, en menant de l'erreur imaginaire à la vérité rationnelle, conduira aussi l'esprit de la servitude à la possibilité de la liberté. Mais cet itinéraire […] Lire la suite

SUBSTANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 5 341 mots

Une idée reçue particulièrement tenace occupe le devant de la scène philosophique depuis l'époque du positivisme d'Auguste Comte, c'est-à-dire depuis plus d'un siècle : l'idée selon laquelle la métaphysique serait morte avec Kant, à la fin du xviii e  siècle, pour ne laisser la place qu'à des recherches éparses, empiriques et positives, se constituant comme sciences particulières en des domaines d […] Lire la suite

THOMISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 5 224 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Une métaphysique dynamique de l'être comme acte" : …  Le vœu d'une philosophie réaliste proposé par Aristote est adopté par Thomas. Accordant au monde corporel une consistance ontologique que lui refusait Platon, le philosophe grec se fonde sur la réalité physique de l'homme. De son encyclopédie des sciences naturelles le maître médiéval fait, comme ses contemporains, grand cas, mais sans aucune prétention personnelle. C'est en philosophie première […] Lire la suite

UN PHILOSOPHIES DE L'

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 3 729 mots

Dans le chapitre "Quelques modèles d'unité" : …  Il est maintenant certain qu'il y a autant de manières d'unifier que de systèmes philosophiques. On se bornera à signaler les modèles les plus caractéristiques. Appelons doctrines pluralistes les philosophies les moins unifiantes. Elles renoncent à toute origine unitaire ou bien multiplient à l'infini les principes. Il y a autant de centres que de points de vues possibles. Et la sagesse est de re […] Lire la suite

VÉRITÉ

  • Écrit par 
  • Robert BLANCHÉ, 
  • Antonia SOULEZ
  •  • 10 672 mots

Dans le chapitre "De la distinction entre le vrai dans l'être et le vrai dans la pensée à la critique de la vérité comme adéquation" : …  Du Cratyle au Sophiste , Platon procède en quelque sorte à la mise en place du concept de vérité dans son rapport au discours. Il ne suffit pas en effet de débattre, comme dans le Cratyle , de la « justesse des noms » pour répondre à la question de la vérité. Une fois libérée d'une illusoire confiance dans les mots, reste encore à s'assurer de la façon dont il faut « partir de la vérité » des «  […] Lire la suite

VIOLENCE

  • Écrit par 
  • Yves MICHAUD
  •  • 8 217 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "Les philosophies de la violence" : …  Les pensées qui reconnaissent dans l'Être des principes de contradiction ou de négativité admettent la réalité de la violence. Ainsi Héraclite d'Éphèse (fin du vi e -début du v e  siècle avant J.-C.) affirme la nature antagonique de l'Être, traversé et animé par le conflit ( Polemos ). […] Lire la suite

VIOLENCE, notion de

  • Écrit par 
  • Philippe BRAUD
  •  • 1 462 mots

Dans le chapitre "Violence physique et violence symbolique" : …  Toute violence, corporelle ou matérielle, comporte une dimension psychologique ; c'est elle qui, le plus souvent, confère son véritable sens à la souffrance éprouvée ou infligée. Sans victime, il n'y a pas de violence. Or si l'on se place du point de vue de celle-ci, les coups reçus, les dommages infligés sont douloureux non seulement en raison de la meurtrissure du corps ou du coût de remplaceme […] Lire la suite

XUANXUE [HIUAN-HIUE]

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 953 mots

Courant philosophique qui apparut en Chine vers la fin de l'Empire des Han ( ii e  s.), le Xuanxue réagit contre la scolastique confucianiste qui était jusque-là la doctrine officielle. En cherchant à retrouver l'enseignement pur et fondamental des grands penseurs de l'Antiquité, ainsi qu'à répondre aux problèmes posés par l'existence dans cette période troublée, les grands esprits du temps se tou […] Lire la suite

ZHU XI [TCHOU HI] (1130-1200)

  • Écrit par 
  • Léon VANDERMEERSCH
  •  • 1 764 mots

Dans le chapitre "La philosophie de la raison" : …  La science divinatoire avait abouti très tôt, en Chine, à la formalisation de tous les phénomènes, physiques ou moraux, naturels ou historiques, selon les figures canoniques exposées dans le Livre des mutations ( Yi jing ), à savoir les soixante-quatre hexagrammes engendrés par toutes les combinaisons possibles deux à deux des huit trigrammes, eux-mêmes formés de la triple composition des symbole […] Lire la suite