« NATURE PHILOSOPHIES DE LA »

NATURE PHILOSOPHIES DE LA

  • Écrit par 
  • Maurice ÉLIE
  •  • 6 363 mots

Dans son étude sur Les Philosophies de la nature, Michel Ambacher distingue la « philosophie naturelle » de la « philosophie de la nature », et il entend la première « au sens où Galilée et Newton, Comte ou Darwin ont parlé d'une philosophie naturelle. C'est-à-dire sous l'asp […] Lire la suite

ACTION ET RÉACTION (J. Starobinski)

  • Écrit par 
  • Gilles QUINSAT
  •  • 949 mots

Le livre de Jean Starobinski Action et réaction (Seuil, Paris, 1999) se situe dans la lignée des grands essais de sémantique historique conduits par Leo Spitzer, notamment à partir des mots « milieu » ou «  Stimmung  ». Par-delà les œuvres ou les auteurs, c'est à une passionnante traversée de notre culture qu'il nous invite, en suivant des métamorphoses d'un couple de notions : action et réaction […] Lire la suite

ADORNO THEODOR WIESENGRUND (1903-1969)

  • Écrit par 
  • Miguel ABENSOUR
  •  • 7 899 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre " Critique de la domination" : …  L'insistance polémique d'Adorno sur le tropisme de la souveraineté aboutit nécessairement à une critique de la domination. Mais avant même d'envisager cette critique, encore faut-il creuser plus profond, vers la préhistoire de la raison, et revenir sur la liaison de la raison et de la nature exprimée au mieux dans un passage de Dialectique négative  : « Le fait que la raison soit autre chose que l […] Lire la suite

ALAIN DE LILLE (1128-1203)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre BORDIER
  •  • 1 036 mots

Né à Lille, élève de Bernard Silvestre à Chartres, Alain étudie dans la mouvance de Gilbert de la Porrée ; il devient maître ès arts, puis maître en théologie à Paris, avant d'enseigner à Montpellier ; parvenu au sommet de la gloire, il suit l'exemple de son ami Thierry de Chartres et entre comme convers à Cîteaux, où il meurt. On le surnomme « le Docteur universel », parce que, disait-on, « il sa […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 786 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "La vie" : …  De la nature à la vie, de la vie à l'âme, la transition est, pour Aristote, continue. Nous avons vu que la nature était définie par lui comme principe interne de mouvement, autrement dit comme spontanéité (ainsi, la pierre tend d'elle-même vers le bas). Dès lors, la difficulté n'est pas tellement pour lui d'expliquer le caractère naturel de la vie que de distinguer la nature animée de la nature in […] Lire la suite

ARISTOTÉLISME

  • Écrit par 
  • Hervé BARREAU
  •  • 2 242 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La physique, la biologie" : …  Aristote fait de la nature elle-même le principe du mouvement, que ce soit dans le ciel (où le mouvement des astres est circulaire et uniforme) ou sur la Terre (où ont lieu le changement substantiel, et le changement selon le lieu, la qualité ou la quantité). D'où les deux compartiments de la nature : le ciel, dont les mouvements sont éternels et nécessaires ; la Terre, où les changements obéis […] Lire la suite

ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 4 951 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "L'« aristotélisme commun » et la représentation de la nature" : …  Restent les données de fond de l'aristotélisme, ce qu'on pourrait appeler l'« aristotélisme commun », la multitude des emprunts et des garanties que la science et les sciences aristotéliciennes fournissent au savoir médiéval. La matière est ici inépuisable. L'idée même de science et des critères de la scientificité est, durant toute la période scolastique, proprement aristotélicienne : le De ortu […] Lire la suite

BLOSSFELDT KARL (1865-1932)

  • Écrit par 
  • Jean-François POIRIER, 
  • Universalis 
  •  • 1 265 mots

Dans le chapitre "La philosophie de la nature" : …  Karl Blossfeldt est le photographe par excellence des plantes et des fleurs. Ce qui en fait un artiste singulier, c'est que le choix de son sujet ne doit rien à un goût ou à une lubie mais qu'il résulte d'une pensée issue de la tradition philosophique allemande. C'est en Allemagne qu'est née la philosophie de la nature dont le plus illustre représentant est Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling […] Lire la suite

BONHEUR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 593 mots

Dans le chapitre "Bonheur et nature" : …  En dépit de ce paradoxe, la civilisation gréco-romaine, ignorant l’idée de faute, étrangère à la notion de mal, a eu le privilège d’imaginer un accès réel au bonheur. Il suffirait pour être heureux de « vivre selon la nature », ce qui est le mot d’ordre de toutes les philosophies antiques. La nature est bonne, elle est un cosmos – à la fois idée de monde et idée de beauté – et il existe un ordre […] Lire la suite

CULTURE Nature et culture

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 7 892 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Le sophisme naturaliste" : …  Aussi bien « nature » que « culture » sont des termes qui désignent moins des réalités strictement déterminées que des termes horizon, si l'on peut dire, des termes « englobants ». Ils constitueraient, pour la nature, l'horizon de totalisation de toutes les choses, forces, données, de tous les êtres ( avec la nature humaine, ou sans elle), et, pour la culture, l'horizon et comme l'enveloppe des […] Lire la suite

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 713 mots

Dans le chapitre "Liberté humaine et nécessité naturelle" : …  Selon Bloch et Wartburg ( Dictionnaire étymologique de la langue française ), le mot déterminisme n'apparaît en français qu'en 1836. Mais il est plus ancien en allemand, où il appartient au vocabulaire de la théologie et de la philosophie morale ( Determinismus ). Dans le réseau contradictoire des échanges de significations et de problèmes, qui vont de l'idéologie à l'activité scientifique et qui […] Lire la suite

ÉMOTION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 349 mots

Dans le chapitre "La raison peut-elle triompher des émotions ?" : …  Les philosophes modernes emprunteront aux penseurs grecs l’idée d’un combat de la raison contre les émotions. Pour Baruch Spinoza (1632-1677), l’individu est malheureux lorsqu’il tombe sous l’emprise de ses émotions. Dépourvu de connaissances, l'homme se croit naïvement à l’origine de ses actes parce qu’il « ignore les causes qui le déterminent ». Nous retrouvons ici l’image de la boule de billar […] Lire la suite

FECHNER GUSTAV THEODOR (1801-1887)

  • Écrit par 
  • Claude RABANT
  •  • 905 mots

L'inventeur de la psychophysique, Fechner — un des penseurs qui marquèrent le plus l'Allemagne au xix e siècle — est à bien des égards l'héritier de la philosophie de la nature. Encore étudiant, il lit avec enthousiasme les œuvres de Schelling et d'Oken. Il en retient l'idée « que la nature culmine dans une unité et qu'elle est pénétrée par un principe spirituel ». Pourtant il préfère d'abord, lo […] Lire la suite

FORME

  • Écrit par 
  • Jean PETITOT
  •  • 27 344 mots

Dans le chapitre "Le vitalisme structuraliste et sémiotique" : …  Avant d'exposer brièvement divers aspects de ces entreprises de subjectivation, il est bon de dire quelques mots sur le vitalisme du xix e  siècle. Après Kant, et en particulier en rapport avec la Naturphilosophie schellingienne, un certain nombre de penseurs en sont revenus à une position aristotélicienne-leibnizienne en tentant d'élargir le concept objectif de Nature. Un cas exemplaire est celu […] Lire la suite

HISTOIRE DES SCIENCES ET DES SAVOIRS (dir. D. Pestre)

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 1 170 mots

Dans le chapitre "Une approche multicentrique" : …  Ces éléments associés les uns aux autres au sein d’une société, comment les étudier sans « trop déchirer ou dénaturer » le tissu qu’ils composent ? Une approche multicentrique susceptible cependant de définir une histoire des sciences constitue l’esprit des  s cience studies  qui jouent actuellement un rôle dominant dans la discipline. Elle est au cœur de la démarche de cette  Histoire des scienc […] Lire la suite

HOMME La réalité humaine

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 14 349 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre "Le retournement hégélien" : …  Tout autre est la signification du moment hégélien. Du point de vue qui a été adopté, ici, on dira que Hegel cherche tout à la fois à renouer le lien du sujet et du monde, et à maintenir le primat de la pensée théorique, voire à le renforcer. Il y réussira en identifiant savoir et discours, et en niant, au nom de cette identification, que la science positive, modèle paradigmatique, avoué ou secre […] Lire la suite

HUMANITÉ

  • Écrit par 
  • Hubert FAES
  •  • 1 354 mots

L'humanité est d'abord la qualité de l'être humain, autrement dit la nature humaine. Pour préciser en quoi consiste cette qualité, d'autres sens du mot peuvent nous guider. Ce terme désigne aussi la bienveillance ou la compassion (la vertu d'humanité), la culture comprise comme perfection de l'humanité, la politesse, la civilité, le savoir-vivre. Employé au pluriel, il couvre les studia humanitat […] Lire la suite

IDÉALISME ALLEMAND

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT
  •  • 7 102 mots

Dans le chapitre "Un gouffre entre l'homme et la nature" : …  L'aventure singulière de l'idéalisme allemand se préparait de longue date, mais c'est bien Kant qui l'a véritablement engagée, en rompant avec la métaphysique traditionnelle. Le dogmatisme de Leibniz et de Wolff, se targuant d'une connaissance exhaustive de l'absolu, ne lui parut plus offrir les défenses théoriques suffisantes contre ce qu'il tenait pour les principaux dangers : il a cru sauver l' […] Lire la suite

INDIVIDU

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 4 620 mots

Dans le chapitre "La qualification de la matière" : …  L'individualité prend place à l'intérieur de la dialectique de la nature qui est exposée dans le Précis de l'encyclopédie des sciences philosophiques . Ce Précis , plan d'ensemble de la progression hégélienne, se déroule selon les normes successives de la logique, de la nature et enfin de l'esprit. L'individualité se situe dans le deuxième moment, celui de la détermination et de la qualification s […] Lire la suite

INDIVIDUATION

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 416 mots

Sur le plan philosophique, et d'une façon très générale, l'individuation désigne le processus d'organisation qui détermine la réalisation d'une forme individuelle complète et achevée. Qu'il y ait une réalité individuelle est une énigme métaphysique. Elle se constate. Comment la comprendre ? Derrière toute émergence d'une forme individuelle, comprise comme passage de la puissance à l'acte, Aristote […] Lire la suite

INTERPRÉTATION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 579 mots

Dans le chapitre "Interpréter et expliquer" : …  Le travail prophétique, tel celui des « haruspices » de la Rome antique, qui prédisaient l’avenir à partir de ce qu’ils lisaient dans les entrailles des oiseaux, s’il est bien en un certain sens une interprétation, est cependant d’une tout autre nature que l’étude d’un éthologue prédisant le comportement d’un animal à partir des signaux qu’il émet. Si la prophétie relève de l’irrationnel, quantit […] Lire la suite

ISMAÉLISME

  • Écrit par 
  • Michel BOIVIN, 
  • Osman YAHIA
  •  • 6 924 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La philosophie de la nature" : …  La philosophie de la nature chez les ismaéliens s'appuie sur celle d'Aristote, réinterprétée selon une perspective néo-platonicienne. Ce qui attire d'abord l'attention du chercheur est ici la distinction entre le macrocosme et le microcosme, qu'en même temps ils considèrent comme liés l'un à l'autre et en correspondance. L'apparition du macrocosme dans l'existence répond à un acte d'instauration […] Lire la suite

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 373 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "De la téléologie à la théologie morale" : …  La critique du jugement esthétique ayant expliqué comment est possible une finalité formelle et subjective de la nature, c'est à son espèce matérielle et objective que s'attache alors la critique du jugement téléologique. Celui-ci se fondant sur la considération des choses qui ont leur fin dans leur existence même, la question est de savoir à quoi l'on reconnaît de telles choses. Il faut d'abord […] Lire la suite

LE VOILE D'ISIS. ESSAI SUR L'HISTOIRE DE L'IDÉE DE NATURE (P. Hadot)

  • Écrit par 
  • Jean-Baptiste GOURINAT
  •  • 907 mots

« Nature aime à se cacher ». Vers 500 avant notre ère, le penseur grec Héraclite déposa dans le temple d'Artémis, à Éphèse, un ouvrage probablement sans titre, et qui contenait cet aphorisme énigmatique. En fait, la sentence d'Héraclite signifie probablement que ce qui naît (« nature ») tend à disparaître (« se cacher »). Mais, dès l'Antiquité, elle a été interprétée comme une allusion aux secr […] Lire la suite

LIBERTÉ (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 520 mots

Dans le chapitre "Liberté et libération" : …  Revenons à Descartes qui, en séparant dans l’être humain l’intelligence (nommée par lui « entendement ») et la volonté, nous propose une conception radicale de la liberté, que ne pourra accepter un penseur aussi rationaliste que Spinoza (1632-1677). Que peut être en effet la liberté d’un ignorant ? Tout en admirant Descartes, Spinoza va pourtant refuser catégoriquement les divisions cartésiennes, […] Lire la suite

MATÉRIALISME

  • Écrit par 
  • Georges GUSDORF
  •  • 3 912 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Matérialisme et philosophie de la nature au XVIIIe siècle" : …  Le mot matérialiste apparaît, semble-t-il, pour la première fois en 1675, sous la plume de Boyle (1627-1691). Savant, physicien et chimiste, celui-ci est un des créateurs de la science expérimentale ; les Anglais appellent loi de Boyle ce qu'en France on nomme loi de Mariotte, découverte simultanément par les deux hommes de science. En même temps qu'un savant, Boyle est aussi un croyant qui insti […] Lire la suite

MATIÈRE/ESPRIT (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 374 mots

Dans le chapitre "Matière et forme" : …  Mais, avant d’être une réalité métaphysique indépendante de la pensée, la matière est d’abord ce dont une chose est faite. C’est ce que nous révèle l’étymologie du mot, qui vient du latin materia , terme désignant le bois de construction destiné aux charpentes. En français comme dans les autres langues européennes, il renvoie donc à l’idée d’un substrat auquel un artisan donne une forme. C’est […] Lire la suite

MÉCANISME, philosophie

  • Écrit par 
  • Joseph BEAUDE
  •  • 5 210 mots
  •  • 1 média

Le mécanisme est une philosophie de la nature selon laquelle l'Univers et tout phénomène qui s'y produit peuvent et doivent s'expliquer d'après les lois des mouvements matériels. « Ma philosophie, écrivait Descartes à Plempius, ne considère que des grandeurs, des figures et des mouvements comme fait la mécanique. » La formule sera constamment reprise en son siècle : tout dans la nature se fait par […] Lire la suite

NATURE / CULTURE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 454 mots

« L’homme du monde est tout entier dans son masque. N’étant presque jamais en lui-même, il y est toujours étranger, et mal à son aise quand il est forcé d’y entrer. Ce qu’il est n’est rien, ce qu’il paraît est tout pour lui. » Cette affirmation, que l’on peut lire au livre IV d’ Émile ou De l’éducation (1762) de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), s’applique au courtisan. Mais ne conserve-t-elle […] Lire la suite

NATURE WRITING, littérature

  • Écrit par 
  • Yves-Charles GRANDJEAT
  •  • 3 665 mots
  •  • 3 médias

La prise de conscience croissante, par le grand public et par les politiques, de l’urgence de la crise climatique et écologique qui menace notre planète nourrit un intérêt croissant pour les « écrivains de la nature », soit en anglais, puisque cette tradition nous vient principalement des États-Unis, pour le genre du nature writing . Ce dernier, dont le prototype le plus connu est sans doute Wald […] Lire la suite

NOTES SUR LA NATURE, LA CABANE ET QUELQUES AUTRES CHOSES (G. A.Tiberghien) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-Marc BESSE
  •  • 1 013 mots

L'intérêt que Gilles A. Tiberghien porte aux cabanes n'est pas nouveau. Dans un ouvrage précédent, Nature, art, paysage (Actes Sud-École nationale supérieure du paysage-Centre du paysage, Arles-Versailles, 2001), il avait déjà, en philosophe et historien de l'art, rendu ses lecteurs sensibles à cet archétype qui est aussi un motif de la création artistique contemporaine. La cabane était alors pré […] Lire la suite

OPPOSITION CONCEPT D'

  • Écrit par 
  • Émile JALLEY
  •  • 18 859 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "Schelling" : …  Schelling reprend à Fichte l'idée cardinale selon laquelle l'affirmation ne s'établit que sur la négation, que la source de toute activité réside dans une opposition, que rien ne se pose que par une lutte et une victoire sur son opposé. Cependant, intéressé par les travaux de son époque, en particulier dans les sciences de la nature, Schelling applique l'arsenal des concepts fichtéens à la constru […] Lire la suite

PANTHÉISME

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 7 628 mots

Dans le chapitre "Le panthéisme après Spinoza" : …  Il reste paradoxal, cependant, de dire que Dieu se pense. La Substance une et infiniment infinie est sans détermination dans le système spinoziste de la Nature. Il semble donc bien que Dieu ne soit plus en réalité qu'un mot ou un système axiomatique de la Nature : en fait, le spinozisme est un athéisme. On pourrait l'établir. L'orthodoxie, finalement, n'a pas tort de voir dans le panthéisme l'un […] Lire la suite

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 137 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre "Complexité des sciences et philosophie de la nature" : …  La tentation des philosophes français contemporains à se désintéresser des méthodes propres aux sciences expérimentales et de leurs nouvelles conceptions de la nature (M. Heidegger, J.-P. Sartre), au profit de spéculations idéalistes à partir du langage, s'est vue contrariée, depuis quelque temps, par une production croissante de modèles épistémologiques et de conceptions philosophiques de la nat […] Lire la suite

PHYSIS

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 3 786 mots

Physis (ϕ́υσις) est un des concepts fondamentaux de la philosophie grecque. Les Romains l'ont traduit par natura , mais le concept moderne de nature s'est trouvé engagé dans un certain nombre d'emplois, et surtout dans une série d'oppositions (nature et esprit, nature et grâce, nature et liberté, etc.), qui risqueraient de détourner l'historien des harmoniques elles-mêmes complexes de la notion gr […] Lire la suite

PIC DE LA MIRANDOLE (1463-1494)

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MARGOLIN
  •  • 4 891 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Philosophie naturelle et critique de l'astrologie" : …  La métaphysique et la théologie – mieux vaudrait dire, d'après ce qu'on a vu, la philosophie spéculative – occupant la première place, la philosophie naturelle n'aura droit qu'à la seconde. Mais plus intéressante que le contenu de cette philosophie de la nature est la conception typique que le penseur italien se fait de la nature, car elle a déterminé dans l'histoire des idées, et d'abord dans l' […] Lire la suite

RITTER JOHANN WILHELM (1776-1810)

  • Écrit par 
  • Georges KAYAS
  •  • 206 mots

Physicien et chimiste allemand né à Samitz (Silésie) et mort à Munich. Autodidacte, Johann W. Ritter se rend à Iéna, à l'âge de dix-neuf ans, pour étudier la physique et la chimie ; il devient l'un des partisans de la Naturphilosophie naissante. Il réalise plusieurs expériences sur les phénomènes galvaniques, qu'il s'efforce de généraliser à tous les corps d'origine organique ou minérale. Postulan […] Lire la suite

SCHELLING FRIEDRICH WILHELM JOSEPH VON (1775-1854)

  • Écrit par 
  • Jean-François MARQUET
  •  • 4 143 mots

Dans le chapitre "La recherche d'une philosophie (1794-1801)" : …  Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling est né à Leonberg, petite ville du Wurtemberg où son père était pasteur. Après de bonnes études à l'école religieuse de Bebenhausen (résidence de la famille Schelling depuis 1778) et au gymnase de Nürtingen, il entre, en 1790, au Stift de Tübingen, où il retrouve ses aînés Hölderlin et Hegel. Durant ses quatre premières années de séminaire, l'image qu'il of […] Lire la suite

SCIENCES Science et christianisme

  • Écrit par 
  • Jacques ROGER
  •  • 4 121 mots

Dans le chapitre "La « guerre entre science et théologie »" : …  À la fin du xvii e  siècle, la nouvelle science avait triomphé, et un accord nouveau s'établit entre les Églises chrétiennes et la nouvelle « philosophie naturelle ». La nature était devenue un immense mécanisme, comme une gigantesque horloge ; et la perfection de ce mécanisme démontrait l'existence d'un Créateur intelligent. Utilisant les nouvelles découvertes de la cosmologie newtonienne, de l' […] Lire la suite

SCIENCES Science et philosophie

  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
  •  • 17 713 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre "Science et ontologie" : …  Radicalisant la critique husserlienne, Heidegger affirme, dans un cours donné en 1952 à l'université de Fribourg-en-Brisgau : « la science ne pense pas, et ne peut pas penser ; et c'est même là, ajoute-t-il, sa chance, je veux dire ce qui lui assure sa démarche propre et bien définie » ( Qu'appelle-t-on penser ? ). Revenant quelque temps après sur cette proposition, si choquante à première vue, le […] Lire la suite

SPINOZA BARUCH (1632-1677)

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 12 159 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Dieu, c'est-à-dire la Nature" : …  On notera d'abord la conséquence principale de la finalité éthique du système : la théorie de l'Être ne vaut pas pour elle-même, mais seulement comme moyen indispensable à la constitution de cette éthique. C'est pourquoi il est important de noter que le commencement de la doctrine ne consiste pas à réfléchir sur un commencement chronologique du monde, c'est-à-dire sur un acte de création qui serai […] Lire la suite

TEXTES ESTHÉTIQUES (F. W. J. Schelling)

  • Écrit par 
  • Elisabeth DÉCULTOT
  •  • 967 mots

Les réflexions sur l'art du philosophe allemand Friedrich Wilhelm Schelling (1775-1854) ont eu une incidence majeure sur l'histoire intellectuelle allemande des années 1790-1820, et ce pour deux raisons. Non seulement elles ont exercé une influence importante sur de nombreux écrivains, philosophes et artistes de cette période – parmi lesquels Goethe, Hegel ou encore le paysagiste Josef Anton Koch […] Lire la suite

THÉOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Antoine FAIVRE
  •  • 5 362 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Perspectives théosophiques" : …  Il s'agit donc toujours, pour la théosophie – de même que, d'une manière différente, pour la prophétie –, d'amplifier la Révélation. Dans la tradition judaïque, la fonction du midrash est d'actualiser celle-ci en l'interprétant en fonction du présent ; consultations et interprétations ont fini par l'organiser comme tōrah . Le christianisme conserve, comme un besoin inhérent à sa nature profonde, […] Lire la suite

VIVANT (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 934 mots

Dans le chapitre "De l’animisme au vitalisme" : …  Les hommes ont été longtemps animistes , c’est-à-dire convaincus que tout était vivant autour d’eux. C’est en vertu d’une projection qui avait sa logique propre qu’ils considéraient, après avoir repéré en eux-mêmes une intention précédant toutes leurs actions, que les phénomènes de la nature étaient de la même façon intentionnels, et que rien n’était inanimé. S’ils recevaient une pierre sur la tê […] Lire la suite