« PHILOSOPHIE »

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 137 mots
  •  • 8 médias

Nul ne se demande « pourquoi des mathématiciens ? », dès lors que les mathématiques sont reconnues comme science. Mais « pourquoi des philosophes ? » ne revient pas à la question beaucoup plus classique « pourquoi la philosophie ? » à laquelle il est habituellement répondu par quelques variations sur un thème aristotélicien : argumenter contre une philosophie est encore philosopher. La justificati […] Lire la suite

Les médias de la recherche « PHILOSOPHIE » :

Henri Bergson
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Ilya Prigogine
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Jacques Derrida
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Karl Popper
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PHILOSOPHIE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 414 mots

De toutes les disciplines, la philosophie est la seule qui puisse parler d’elle-même sans sortir du champ de connaissance qui lui est propre. Si l’on demande à un mathématicien quelle est l’utilité des mathématiques, il ne pourra pas répondre par une formule ou par un système d’équations, mais devra sortir de […] Lire la suite

ABSOLU

  • Écrit par 
  • Claude BRUAIRE
  •  • 4 222 mots

Le sens de ce terme paraît, d'entrée de jeu, nécessairement équivoque et polémique. L'absolu est le corrélat et le contraire du relatif, c'est donc une négation. Mais une notion d'où l'idée de rapport est absente est soustraite aux limitations, affranchie des variations, et désigne donc, positivement, l'achevé, le parfait. Cette ambiguïté sémantique ne relève donc pas d'une indécision de vocabulai […] Lire la suite

AFFECTIVITÉ

  • Écrit par 
  • Marc RICHIR
  •  • 12 228 mots

Dans le chapitre "Difficultés du concept" : …  C'est dans un contexte relativement indécis, aux frontières entre la philosophie et la psychologie, que le terme « affectivité » apparaît dans la seconde moitié du xix e  siècle, avec l'équivoque de désigner tout à la fois le pouvoir d'être affecté et le « système » des « affects », lesquels se distinguent des sensations en tant que celles-ci sont exogènes alors qu'ils sont censés être endogènes. […] Lire la suite

AGNOTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Mathias GIREL
  •  • 4 992 mots
  •  • 2 médias

Le terme « agnotologie » a été introduit par l’historien des sciences Robert N. Proctor (université de Stanford) pour désigner l’étude de l’ignorance et, au-delà de ce sens général, la « production culturelle de l’ignorance ». Si son usage académique semble assez circonscrit à la philosophie, l’histoire et la sociologie des sciences, il a largement essaimé vers le débat public et la presse dès 2 […] Lire la suite

ALBERT LE GRAND (1193?-1280)

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 720 mots

Dans le chapitre "Le philosophe" : …  L'œuvre philosophique d'Albert est de toute première importance : ses grandes paraphrases ( Physique , Métaphysique , De l'âme , De la nature et de l'origine de l'âme , De l'unicité de l'intellect , De l'intellect et de l'intelligible , Du bien , Éthique , œuvres de logique) des textes d'Aristote étudiés avec les Arabes ont été le principal agent de la diffusion en Occident des philosophies grecqu […] Lire la suite

ÂME

  • Écrit par 
  • Pierre CLAIR, 
  • Henri Dominique SAFFREY
  •  • 6 020 mots

Dans le monde occidental, la notion d'âme s'est constituée lentement et ne remonte pas à la nuit des temps. On peut suivre les étapes qui jalonnent l'émergence d'un principe spirituel du vivant et qui aboutissent à sa justification philosophique par Platon et Aristote. Souvent remise en cause dans les écoles postérieures au profit de théories matérialistes ou mécanistes de l'âme, mais reprise avec […] Lire la suite

ANIMALITÉ

  • Écrit par 
  • Florence BURGAT
  •  • 7 682 mots
  •  • 9 médias

La réflexion sur l'animalité se distingue radicalement d'une approche zoologique comme d'une approche ethnologique qui présenterait les modes de relations aux animaux propres aux diverses sociétés humaines. C'est vers le discours philosophique qu'il convient de se tourner pour appréhender ce concept supposé dire l'essence de l'animal. Dans la tradition occidentale, le concept d'animalité remplit, […] Lire la suite

ANTHROPOLOGIE ET ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  • Frédéric KECK
  •  • 1 255 mots

Si l’anthropologie s’est définie contre la métaphysique classique en remplaçant un discours sur Dieu comme fondement de toutes choses par un discours sur l’homme comme sujet et objet de connaissance (Foucault, 1966), elle a renoué depuis les années 1980 avec l’ontologie, définie comme un discours sur ce qui est, pour affirmer la réalité des phénomènes sur lesquels porte son enquête. L’anthropolog […] Lire la suite

ANTIQUITÉ Naissance de la philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 11 137 mots
  •  • 8 médias

On méconnaîtrait l'importance culturelle de la philosophie antique si l'on n'y voyait qu'une période – la première, donc la plus fruste – dans le développement d'une activité intellectuelle spécifique, et clairement définie, qui serait la philosophie. En réalité, l'Antiquité, et singulièrement l'Antiquité grecque, est le lieu de naissance de la philosophie, ce qu'on ne saurait dire au même titre […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) Architecture et philosophie

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 5 459 mots

Elles n'ont pas manqué, les tentatives extérieures de confrontation (et d'assimilation) de l'architecture et de la philosophie. Il s'agit le plus souvent d'entreprises conciliatrices, qui posent au départ l'architecture d'un côté et la philosophie de l'autre, et qui visent à montrer la fusion progressive des deux disciplines initialement séparées en un seul corps ou terme ultime. Le résultat n'est […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 786 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Être quelconque et être suprême" : …  Cette dualité est déjà saisissable dans le célèbre Proœmium (Prologue) de la Métaphysique (A, 1 et 2), où Aristote analyse l'idée traditionnelle de la philosophie. S'il est clair que la philosophie est un savoir de type scientifique qui s'élève au-dessus de la sensation par l'intermédiaire de l'imagination, de la mémoire et de cette première forme de généralisation qu'est l'expérience, s'il est c […] Lire la suite

ART (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 282 mots

Dans le chapitre "Art et artisanat" : …  L’artiste tel que nous le connaissons depuis quelques siècles, le créateur dont le nom est vénéré de tous, n’a pas toujours existé. Depuis la plus lointaine Antiquité jusqu’à la Renaissance, l’art s’inscrivait dans l’ensemble des productions que les hommes ajoutaient aux créations de la nature. Telle était la conception de l’art pour la majorité des penseurs grecs, qui ne distinguaient pas art et […] Lire la suite

AUTRUI (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 534 mots

Tant que les hommes ont vécu au sein de petites communautés n’ayant que peu de relations entre elles, la notion d’« autrui » est demeurée absente. Trois conditions ont dû être remplies pour qu’une évolution significative se produise. D’abord une intensification des liens entre les groupes humains. Ensuite, la lente construction du concept d’« humanité ». Enfin, le surgissement de l’individualisme […] Lire la suite

AVERROÈS, arabe IBN RUSHD (1126-1198)

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 3 288 mots

En Islam, la philosophie inspirée des Grecs (la falsafa ) a eu une histoire complexe. Intégrant dès le début des éléments variés à son aristotélisme néo-platonisant, elle culmine en Orient avec Avicenne (Ibn Sīnā), dont la pensée devait connaître des développements nouveaux en Iran. Averroès (Ibn Rušd) est, symétriquement, le principal philosophe musulman de l'Occident, mais son projet et son des […] Lire la suite

AVICENNE, arabe IBN SĪNĀ (980-1037)

  • Écrit par 
  • Henry CORBIN
  •  • 8 888 mots
  •  • 1 média

Avicenne est un des plus grands noms de la philosophie islamique et l'avicennisme se situe au carrefour de la pensée orientale et de la pensée occidentale. La forme du nom sous lequel Avicenne est traditionnellement connu dans l'histoire de la philosophie et de la médecine en Occident résulte d'une mutation de la forme authentique Ibn Sīnā, advenue au cours du passage de ce nom à travers l'Espag […] Lire la suite

AXIOLOGIE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 314 mots

Étude ou théorie (en grec : logos ) de ce qui est digne d'estime (en grec : axion ), de ce qui vaut, de ce qui peut être objet d'un jugement de valeur. Pratiquement, axiologie est synonyme de « philosophie des valeurs ». Cette philosophie s'est développée, depuis 1892, à la suite des travaux de H. Rickert, néo-kantien de l'école badoise. Pour Rickert, qui reprend une distinction de Kant, puis de F […] Lire la suite

BOÈCE (480-524)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 1 463 mots

L'œuvre de Boèce a été, pour le Moyen Âge et la Renaissance, une source fondamentale de réflexion philosophique. Elle a joué un rôle décisif dans la transmission de l'héritage de la philosophie antique à l'Occident médiéval et moderne. Les traductions latines et les adaptations de commentaires néo-platoniciens grecs d'Aristote, que Boèce a rédigées, ont initié le Moyen Âge à l'exégèse savante des […] Lire la suite

BONHEUR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 593 mots

Chaque semaine, les Français parient des millions d’euros au Loto national. Une telle passion semble avoir pour origines deux convictions. La première est que l’argent ferait le bonheur ou du moins y contribuerait puissamment. La seconde est que le bonheur relèverait de la chance, et qu’à l’inverse l’homme malheureux serait né sous une mauvaise étoile. N’est-ce pas ce qu’indique l’étymologie du mo […] Lire la suite

CHOSE

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 746 mots

Terme de la langue ordinaire dont la référence, une fois exclus les êtres animés, est purement contextuelle : telle « chose difficile », c'est ce sur quoi porte mon action tandis que je parle ; « la chose en question », c'est ce dont nous nous entretenons sans lui donner son nom usité ; « dites quelque chose » signifie « dites n'importe quoi pourvu seulement que ce soit pertinent dans la situation […] Lire la suite

CI-GÎT L'AMER. GUÉRIR DU RESSENTIMENT (C. Fleury)

  • Écrit par 
  • Marc LEBIEZ
  •  • 1 115 mots

Professeure titulaire de la chaire humanités et santé au Conservatoire national des arts et métiers et de la chaire de philosophie à l’hôpital, au GHU Paris psychiatrie et neurosciences, auteure d’essais tels que Les Pathologies de la démocratie (2005) et La Fin du courage   : la reconquête d’une vertu démocratique (2010), Cynthia Fleury se définit à la fois comme philosophe et comme psychanalys […] Lire la suite

COMTE AUGUSTE (1798-1857)

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLEMAIN
  •  • 9 502 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La loi des trois états" : …  De toute façon, la science ne se constitue que progressivement. La formation de l'esprit positif dépend de la loi des trois états que Comte énonce déjà en 1822 dans le Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société . « Par la nature même de l'esprit humain, chaque branche de nos connaissances est nécessairement assujettie dans sa marche à passer successivement par trois éta […] Lire la suite

CONCEPT

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 3 826 mots

Les théories de la connaissance s'accordent généralement à reconnaître qu'il y a essentiellement, dans l'être humain, deux modes de connaissances de la réalité, l'un qui porte directement sur le concret, saisi dans sa singularité, l'autre qui n'atteint le réel qu'à travers des déterminations de caractère abstrait (séparées des individus concrets en lesquels elles peuvent éventuellement se trouver […] Lire la suite

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 106 mots
  •  • 1 média

La connaissance désigne un rapport de la pensée à la réalité extérieure et engage la notion de vérité comme adéquation de l'esprit et de la chose. Par extension, le terme connaissance désigne le contenu de la pensée qui correspond à la nature de la chose visée, et s'oppose à erreur ou illusion. Ses caractères sont l'universalité et la nécessité, ce qui suppose de réfléchir sur la méthode propre […] Lire la suite

CONSCIENCE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 718 mots

Dans le chapitre "Une innocence perdue ?" : …  Les philosophes l’avaient entrevu bien avant que la science ne le démontre, nous n’avons pas toujours été les êtres évolués et conscients que nous sommes aujourd’hui. Et il arrive aux humains d’éprouver une réelle nostalgie quand ils imaginent l’innocence quasi animale dont ils croient avoir bénéficié dans des temps archaïques. Nietzsche (1844-1900) rassemble ainsi les deux innocences, celle de l […] Lire la suite

CONTRAT

  • Écrit par 
  • Georges ROUHETTE
  •  • 7 210 mots

On contracte les fièvres, des amitiés et des vices (ou de bonnes habitudes) ; on contracte aussi des dettes. Le verbe contracter suggère ainsi une image assez floue ; il évoque un « lien », matériel ou spirituel. Le substantif contrat paraît avoir une compréhension plus restreinte, sinon plus précise ; il ne connote plus que l'idée d'un rapport interpersonnel, moral ou social, et, notamment, juri […] Lire la suite

CONTROVERSE

  • Écrit par 
  • Fernando GIL
  •  • 1 069 mots

À l'opposé de ce qui s'est passé en théologie, où l'on cultivait l'art de la controverse (le cardinal Bellarmin occupa, pour l'enseigner, une chaire à Louvain, puis, à partir de 1576, au Collège romain, et il écrivit un traité des Controverses ), l'existence de controverses a pu apparaître comme une sorte de péché originel et une honte secrète pour la philosophie et pour les sciences. Chez les Gre […] Lire la suite

CONVERSION

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 4 064 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Aspects philosophiques" : …  Dans l'Antiquité, la philosophie était essentiellement conversion, c'est-à-dire retour à soi, à sa véritable essence, par un violent arrachement à l'aliénation de l'inconscience. C'est à partir de ce fait fondamental que la philosophie occidentale s'est développée. D'une part, elle s'est efforcée d'élaborer une physique ou une métaphysique de la conversion. D'autre part, et surtout, elle est touj […] Lire la suite

CORPS (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 102 mots

Durant plus de deux millénaires, dans le monde occidental, le corps n’a guère fait l’objet de réflexions philosophiques si ce n’est de façon négative, en tant qu’entité faisant obstacle aux intentions de l’âme. La religion orphique (liée au culte ésotérique d’Orphée), très présente dans la Grèce antique, considérait même le corps comme le « tombeau de l’âme ». Platon (env. 428-env. 347 av. J.-C.) […] Lire la suite

CROYANCE

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 11 987 mots

Le parcours complexe qui sera ici suivi présente, pour un regard de survol, un certain nombre de grandes articulations. La première concerne le passage du langage ordinaire au langage philosophique  : pour la langue courante, le mot est surtout pris au pluriel ; ainsi parle-t-on des croyances de tel peuple ou de tel groupe, des croyances populaires. La transition vers la philosophie est indiquée p […] Lire la suite

DÉMONSTRATION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 085 mots

C’est sans conteste au sein des mathématiques que sont nées les premières démonstrations, au plein sens du terme. Avant les mathématiques et en dehors d’elles, le verbe « démontrer » avait un sens plus faible signifiant « argumenter », qui s’est imposé avec la naissance de la démocratie à Athènes au milieu du v e   siècle avant notre ère. L’isonomie – égalité de droit – entre les citoyens rendait […] Lire la suite

DÉSIR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 094 mots

Une étymologie parfois contestée lie le désir aux étoiles. Le latin sidus désigne en effet une constellation d’étoiles, et le « désir » (latin desideratio ) serait la nostalgie qu’éprouve l’humain qui a cessé de contempler le ciel étoilé. Véridique ou non, cette étymologie a une qualité et manifeste une puissance en inscrivant l’idée d’un manque douloureux au cœur du désir. Et elle s’est imposée […] Lire la suite

DEVENIR

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT
  •  • 3 142 mots

Tout devient. Il n'est guère de notion plus ample et plus essentielle que celle du devenir. L'homme moderne est fasciné par le spectacle de la diversité et du changement dans la nature, dans la pensée, dans la vie humaine : « Partout la cohue la plus bigarrée ; quand une chose disparaît, une autre prend aussitôt sa place » (Hegel). L'accélération de l'histoire rend plus sensible cette fluidité du […] Lire la suite

DEVOIR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 244 mots

Dans l’Antiquité gréco-romaine, la façon dont était perçue la notion de « devoir » avait peu à voir avec ce que véhicule ce terme de nos jours. Pour les Anciens, le monde était un cosmos , un tout organisé et régi selon la raison. Il suffisait donc d’obéir aux principes qui découlent de l’ordre de la nature pour accomplir un devoir qui n’avait rien de pesant. Contrairement aux Grecs, qui pensaient […] Lire la suite

DIALECTIQUE

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 8 037 mots
  •  • 2 médias

Le terme « dialectique » dérive du mot composé grec διαλ́εγειν ( dialegein ), qui indique dès le départ que son sens n'est pas simple. La signification la plus courante de λ́εγειν, c'est « parler » et le préfixe δια indique l'idée d'un rapport ou d'un échange. La dialectique est donc, d'après l'étymologie, un échange de paroles ou de discours, c'est-à-dire une discussion ou un dialogue ; comme fo […] Lire la suite

DIALOGUE

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD, 
  • Robert MISRAHI
  •  • 4 421 mots
  •  • 1 média

L'entrée en dialogue paraît d'autant plus désirable que le partenaire est plus différent ou plus lointain. Le dialogue répond à une préoccupation éthique – il serait l'antiviolence par excellence – et à un souci politique : comment améliorer la circulation de l'information de manière à orienter les conflits vers un consensus résolutoire ? Pouvoir et parole sont liés dans l'ambivalence : la parole […] Lire la suite

DICTIONNAIRE DU XIXe SIÈCLE EUROPÉEN (dir. M. Ambrière) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 1 346 mots

Faire renaître « notre avant-mémoire européenne et française » en révisant les jugements trop souvent injustes (le « stupide xix e  siècle » de Léon Daudet) portés sur ce dont elle est formée : tel est l'objectif que s'est proposé d'atteindre Madeleine Ambrière, maître d'œuvre du Dictionnaire du XIX e   siècle européen , publié aux Presses universitaires de France. Dans tous les domaines pris en c […] Lire la suite

DOGMATISME

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 1 133 mots

Au sens le plus général, « dogmatisme » est devenu le synonyme d'intransigeance, d'autoritarisme, d'étroitesse d'esprit et de raideur : il est le fait de quiconque « dogmatise », c'est-à-dire affirme sans preuve, ne tolère aucune discussion, parle d'un ton tranchant, porte des jugements péremptoires. En philosophie, dogmatisme s'est d'abord opposé à scepticisme ou à pyrrhonisme (du nom de Pyrrhon […] Lire la suite

DOUTE

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 731 mots

Présent dans les discours les plus divers, le doute n'est pas plus un concept méthodologique qu'un argument pédagogique, à quoi cependant on l'a maintes fois réduit. De Socrate à Descartes, de Montaigne à Lessing et de Kierkegaard à Nietzsche, il transforme le cours d'une réflexion en expérience ; dans un discours en première personne comme dans un dialogue, il ordonne une progression, fait repère […] Lire la suite

DUALISME

  • Écrit par 
  • Simone PÉTREMENT
  •  • 6 159 mots

Dans le chapitre "Philosophie occidentale" : …  Les pythagoriciens, qui sont peut-être les plus anciens philosophes d'Occident (car les Ioniens étaient des physiciens), sont aussi, semble-t-il, les premiers qui puissent être appelés dualistes. D'une part, ils enseignaient que toutes choses sont composées de contraires : un et multiple, limité et illimité, impair et pair, masculin et féminin, repos et mouvement, lumière et obscurité, bien et mal […] Lire la suite

DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

  • Écrit par 
  • Maurice de GANDILLAC, 
  • Universalis 
  •  • 6 224 mots

Dans le chapitre "La foi et la raison (positions comparées de Thomas d'Aquin et de Duns Scot)" : …  À l'exemple d'Étienne Gilson, il nous paraît éclairant d'interroger d'abord le prologue de l' Ordinatio , parce qu'il contient un véritable dialogue entre les théologiens et les philosophes. La question est de savoir s'il y a place, à côté de la réflexion naturelle, pour une révélation surnaturelle. Longtemps on s'était plutôt demandé quelle aide le théologien pouvait recevoir de la philosophie ; […] Lire la suite

ÉCLECTISME

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 601 mots
  •  • 1 média

Tendance qui revient périodiquement dans l'histoire de la philosophie occidentale et qui consiste à choisir, dans des écoles ou des systèmes différents, des opinions, regardées par l'éclectique comme vraies au moins partiellement, pour en constituer un corps de doctrine censé représenter la vérité intégrale et la croyance générale de l'humanité. L'éclectisme suppose donc toujours l'existence d'un […] Lire la suite

ÉDUCATION Philosophie de l'éducation

  • Écrit par 
  • Daniel HAMELINE
  •  • 2 343 mots
  •  • 1 média

Dans le dernier quart du xx e siècle, la pensée de l'éducation prend position en fonction d'une triple référence : l'histoire ancienne et moderne des rapports entre éducation et philosophie dans la culture occidentale ; la remise en question théorique et pratique de l'humanisme, liée à la domination contemporaine des sciences humaines et sociales sur la pensée ; l'ardente et triviale obligation – […] Lire la suite

ÉMOTION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 349 mots

Si « émotion » et « passion » sont souvent confondues, c’est qu’outre leur proximité sémantique ces termes présentent une analogie sur le plan de l’étymologie. « Émotion » vient du latin movere qui signifie « ébranler », « mettre en mouvement », tandis que « passion » vient du grec παθειν ( pathein ) signifiant « subir ». Si l’on se fie à l’étymologie, le passionné subirait une force incontrôlab […] Lire la suite

EMPIRISME

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 13 324 mots
  •  • 1 média

L'empirisme, chez les Grecs, était une forme de scepticisme rattachée à l'école de Pyrrhon. Il nous est connu par l'ouvrage de Sextus Empiricus ( ii e - iii e  siècle) Hypotyposes pyrrhoniennes . Fondé sur une analyse des critères du jugement, il est une méthode « critique » qui entend s'opposer à la méthode « dogmatique » des aristotéliciens, des épicuriens, des stoïciens, ainsi qu'au scepticism […] Lire la suite

ENCYCLOPÉDIE PHILOSOPHIQUE UNIVERSELLE (ouvrage collectif) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO
  •  • 1 023 mots

La publication du dernier volume, Discours philosophique , de l' Encyclopédie philosophique universelle (PUF, 1991-1998) permet de prendre la juste mesure d'une entreprise éditoriale considérable et résolument novatrice dans sa conception. Une quinzaine d'années de travail auront été nécessaires pour aboutir à ces douze mille pages très denses, réparties en quatre volumes, qui résument les acquis […] Lire la suite

ENTENDEMENT

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 338 mots

Pour Locke, l'entendement est le « pouvoir de penser » (ou la faculté de comprendre) comme la volonté est la « puissance de vouloir ». Pour Leibniz, entendement est synonyme d'intellection. Malebranche assimile entendement et esprit pur. De son côté, Kant oppose entendement et raison. Selon lui, la fonction de l'entendement est de relier entre elles les sensations (à l'aide des catégories), afin d […] Lire la suite

ÉPISTÉMOLOGIE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 13 112 mots
  •  • 4 médias

Si l'on traduit par notre mot « science » le mot grec ἐπιστήμη, l'épistémologie est, étymologiquement, la théorie de la science. Bien que la forme anglaise du vocable ait existé avant que le français ne l'assimile, c'est pourtant avec le sens différent et plus large de « théorie de la connaissance » qu'il est généralement utilisé par les Anglo-Saxons. Ce décalage sémantique n'intéresse pas seu […] Lire la suite

ESPRIT, philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre CLAIR, 
  • Universalis 
  •  • 2 144 mots

Le concept d'« esprit », dont la spécificité a sans cesse fluctué à travers les différentes cultures et tout au long de l'histoire des idées, semble de nos jours être pris à nouveau comme référence majeure, notamment par des biologistes, qui y voient « un mot au sens suffisamment large pour pouvoir englober toutes les réactions, des plus élémentaires aux plus évoluées, c'est-à-dire depuis les trop […] Lire la suite

ESSENCE, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 494 mots

Important terme philosophique ayant une très longue histoire. L'essence d'un être, c'est ce qu'il est vraiment, ce qui fait qu'il est ce qu'il est. « L'essence coïncide avec ce qu'il y a de plus intime et de presque secret dans la nature de la chose, bref ce qu'il y a en elle d'essentiel » (É. Gilson : L'Être et l'essence ). C'est aussi ce qui d'un être est pensé comme immuable et éternel par oppo […] Lire la suite

ESTHÉTIQUE Esthétique et philosophie

  • Écrit par 
  • Mikel DUFRENNE
  •  • 7 366 mots

Esthétique : le mot est assez neuf, et l'institution l'est plus encore ; la première revue d'esthétique, la Zeitschrift für Ästhetik und allgemeine Kunstwissenschaft , a été lancée en 1904, et en France la première chaire d'esthétique a été créée en 1921, à la Sorbonne, pour Victor Basch. Et pourtant la tâche que l'esthétique comme discipline prend en charge est aussi vieille que la pensée. D. Cha […] Lire la suite

ÉTAT (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 054 mots

L’État, tel que nous le connaissons, est d’apparition récente. Tous les penseurs qui se sont inscrits dans l’idéologie du progrès ont vu logiquement en lui le signe d’un bond en avant considérable. Au point, comme l’a fait G. W. F. Hegel (1770-1831), de le « diviniser ». Destructeur de la barbarie, l’État, « image et réalité de la raison » ( Principes de la philosophie du Droit , 1821), représent […] Lire la suite

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) La philosophie

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI
  •  • 6 292 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "L'intellectuel américain" : …  En 1837, Emerson prononçait sa célèbre conférence : « The American Scholar ». Le modèle du Scholar , mot difficilement traduisible en français, nous plonge au cœur de la situation qui a dominé et continue de dominer la vie intellectuelle et publique aux États-Unis. Plusieurs historiens ont observé que l'une des caractéristiques de l'attitude des Américains à l'égard du savoir aura été, dès le débu […] Lire la suite

ÉTERNITÉ

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 335 mots

Une durée indéfinie, un temps qui ne commence ni ne finit, n'est pas l'éternité. Selon les formules de Boèce, qui ont fait école, l'éternité est un présent qui se maintient stable, un permanent, un pur « maintenant » ; pour qu'il y ait éternité, il ne suffit pas, assure Boèce, de parcourir successivement les parties d'une existence sans terme (ce que Platon et Aristote attribuent au monde), il fau […] Lire la suite

ÊTRE, philosophie

  • Écrit par 
  • Giulio GIORELLO
  •  • 4 678 mots

La « question sur l'être » traverse l'histoire de la philosophie. Pour certains, elle serait le motif même de cette histoire, les différences entre les philosophies découlant, au plus profond, de la diversité des réponses à la question sur l'être. Dans ces termes, l'histoire de la philosophie se confondrait avec l'histoire du sens de l'être ou, plus fortement encore, avec les modalités de la « dis […] Lire la suite

EXISTENCE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 075 mots

Ce n’est qu’au xx e  siècle que la notion d’existence a pris une place centrale en philosophie avec le courant «  existentialiste  », dont la thèse a été formulée de façon particulièrement elliptique par Jean-Paul Sartre  (1905-1980) : « L’existence précède l’essence. » Mais si cette thèse est aussi révolutionnaire que Jean-Paul Sartre l’a prétendu, les philosophes antérieurs auraient dû affirmer […] Lire la suite

EXISTENCE PHILOSOPHIES DE L'

  • Écrit par 
  • Jean WAHL
  •  • 6 166 mots
  •  • 2 médias

Sans doute l'idée d' existence est-elle une très ancienne idée. Chez Platon, le même mot, ousia , désigne l' essence et l'existence, et l'on peut dire que la théorie platonicienne des essences est critiquée par Aristote en faveur d'une théorie de l'existence, de l'existence faite de forme et de matière. Mais un des exemples que prend Aristote nous amène à nous demander s'il n'y avait pas un doubl […] Lire la suite

EXPÉRIENCE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 783 mots

Une dualité de sens rend complexe l’approche philosophique de la notion d’expérience, puisque ce terme renvoie aussi bien à l’expérience existentielle qu’à l’ expérimentation scientifique . L’expérience existentielle se dédouble elle-même dans l’expérience sensible, dans le sens où cette dernière peut en constituer le point de départ comme elle peut marquer le commencement de nos constructions th […] Lire la suite

EXPRESSION, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 991 mots

Ensemble de données perceptives offertes par un être à un moment donné du temps et qui fonctionnent comme des signes manifestant, révélant ou trahissant les émotions, les sentiments et les intentions de cet être. Les sources historiques du concept d'expression appartiennent à la philosophie néo-platonicienne, au spinozisme et à la pensée leibnizienne, enfin à la philosophie hégélienne. Pour le néo […] Lire la suite

FANATISME

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 3 360 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Du fanatisme des autres à l'« Encyclopédie »" : …  Comme l'aruspice, le fanatique connaît l'avenir. Il prédit le fatum , le destin inexorable, le fatidique. Le destin n'est rien d'autre que la réalisation de la vérité qui s'échappe de sa bouche, comme les révélations d'une pythie. Mais de lui, à la différence de la pythie, la vérité exige que ses mots soient des actes, qu'il brandisse le glaive du verbe, par lequel, en se sacrifiant, il a mérité d […] Lire la suite

FINITUDE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 552 mots

Dans la philosophie grecque, fini et infini forment couple ; ils rendent compte de deux aspects du réel. Le fini, c'est le degré de détermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle a un caractère précis, achevé dans son ordre. L'infini, c'est le degré d'indétermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle comporte une part d'inconnu, de mystère, par excès ou par défaut, a […] Lire la suite

GERSONIDE LÉVI BEN GERSHOM dit (1288-1344)

  • Écrit par 
  • Charles TOUATI
  •  • 2 394 mots

Dans le chapitre "Autonomie de la philosophie" : …  D'après Gersonide, l'Écriture sainte ne peut exercer aucune contrainte sur le philosophe qui doit mener sa recherche d'une manière entièrement autonome, assuré cependant qu'au terme il retrouvera les conclusions mêmes de la révélation biblique, à condition de les interpréter correctement. Révélation et philosophie étant toutes deux l'expression d'une même vérité, contemplée en Dieu lui-même, elle […] Lire la suite

GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) L'homme grec

  • Écrit par 
  • André-Jean FESTUGIÈRE
  •  • 8 602 mots

Dans le chapitre "Le mal, c'est de cesser de « philosopher »" : …  Du plus profond de son âme, Socrate croit avoir reçu une mission du dieu de Delphes, Apollon. Il n'y a aucune raison de douter de ce fait. Au vrai, on se rend la personne de Socrate tout à fait inintelligible, sa façon de vivre et les circonstances de sa mort, si l'on refuse d'admettre qu'il ait cru à sa mission. Cette mission est, comme il dit, d'« agir en ami de la sagesse » (ϕιλοσοϕε̃ιν), c'es […] Lire la suite

HALLÉVI JUDA (1075 env.-1141)

  • Écrit par 
  • Charles TOUATI
  •  • 1 141 mots

Dans le chapitre "La philosophie et le peuple d'Israël" : …  Suivant Juda Hallévi, la philosophie nie toute possibilité de dialogue entre l'homme et Dieu. Certes, elle est parvenue à démontrer l'existence d'un Premier Moteur impersonnel ; elle demeure foncièrement incapable d'accéder jusqu'au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. En fait, la philosophie ne comprend pas le phénomène religieux. Cependant il n'est pas question de récuser la raison, et Juda Hal […] Lire la suite

HASARD & NÉCESSITÉ

  • Écrit par 
  • Ilya PRIGOGINE, 
  • Isabelle STENGERS, 
  • Universalis 
  •  • 9 614 mots

Dans le chapitre "Du sens de hasard et de nécessité" : …  Il est difficile d'assigner une origine à la question du hasard et de la nécessité, cette question où le passé et le futur s'enchevêtrent sur les modes du « pourquoi » et du « quand ». Il existe, dans les plus anciennes civilisations, des témoignages de la préoccupation des hommes quant à la signification des événements qui affectent les vies individuelles, l'ordre social, les rythmes de la nature […] Lire la suite

HEGEL GEORG WILHELM FRIEDRICH

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT, 
  • Yves SUAUDEAU
  •  • 11 852 mots
  •  • 1 média

« Sans spinozisme, pas de philosophie », disait Hegel , et cela marque déjà l'une des orientations de sa pensée. Car, en son temps, on ne se référait pas innocemment à Spinoza. Nous pouvons maintenant affirmer : « pas de philosophie moderne sans hégélianisme ». Comme l'avait noté à juste titre Maurice Merleau-Ponty, qui pourtant le critiquait et voulait innover : « Hegel est à l'origine de tout c […] Lire la suite

HERMÉNEUTIQUE

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 3 294 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "L'herméneutique comme art philosophique universel (F. Schlegel)" : …  À partir du xix e  siècle, l'herméneutique se déplace de plus en plus du problème « technique » de l'interprétation vers le problème, philosophiquement plus fondamental, de la compréhension. Ce changement de paradigme a rendu possible l'émergence d'une herméneutique philosophique, puis, à partir du début du xx e  siècle, d'une philosophie herméneutique qui se développe dans le sillage de la phénom […] Lire la suite

HISTOIRE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 161 mots

Tandis que la physique étudie le monde sensible ou la chimie la transformation de la matière, l’histoire (mot issu d’un vocable grec signifiant « enquête ») étudie... l’histoire. La plupart des langues européennes désignent également par un même mot l’étude et l’objet de l’étude. Est-ce là une imperfection de nos langues ? De nombreux philosophes pensent le contraire : le lien entre l’étude du tem […] Lire la suite

HOMME La réalité humaine

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 14 349 mots
  •  • 6 médias

Un débat domine, depuis toujours, l'anthropologie. Suffit-il, pour situer l'homme, de le placer, simplement, en tête de la lignée des mammifères supérieurs, en lui accordant cette primauté parce qu'il se trouve doté d'un caractère, d'une « différence spécifique », qui le distingue de tous les autres membres de cette lignée, proches et lointains : la rationalité ? La fameuse définition que donne d […] Lire la suite

HUSSERL EDMUND

  • Écrit par 
  • Gérard GRANEL
  •  • 8 621 mots

Dans le chapitre "Signification essentielle de la phénoménologie" : …  On retiendra les paroles de la fin d'abord, celles de La Crise des sciences européennes ( Die Krisis der europäischen Wissenschaften , 1936), « testament » du penseur dans lequel ce qu'il lègue est le testament lui-même, c'est-à-dire l'« Alliance » à partir de laquelle il a toujours parlé, et dont il a uniquement parlé « à travers » tous les thèmes et toutes les recherches de son œuvre immense, l' […] Lire la suite

HYLÉMORPHISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 938 mots

Théorie philosophique d'Aristote selon laquelle la constitution de tout être relevant du cosmos est expliquée par deux principes corrélatifs : la matière ( hylê  : bois, matériau de construction) et la forme ( morphê  : figure, disposition). L'hylémorphisme élucide deux difficultés philosophiques : celle de la théorie platonicienne des idées séparées, seules à être objet de savoir certain et immua […] Lire la suite

HYPOSTASE, philosophie

  • Écrit par 
  • Lucien JERPHAGNON
  •  • 320 mots

Du grec hupostasis , ce qui est en dessous, au fond, d'où le sens de dépôt (Aristote), de fondement, de structure, de réalité par opposition à quelque fruit de l'imagination (Aristote). Le terme n'acquiert de sens philosophique que tardivement. L'Épître aux Hébreux, où Jésus-Christ est dit « empreinte de l'hypostase du Père », est la première attestation d'un usage philosophique ambiant. On remarq […] Lire la suite

IDÉALISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 534 mots

Dans le chapitre "Kant : la métaphysique ramenée à une épistémologie" : …  Berkeley a eu l'inspiration fondatrice ; Kant l'a développée de manière à en tirer une théorie de la connaissance plausible. L'univers berkeléyen, qui consiste dans les idées que Dieu met en nous, paraît trop instable pour que la notion de loi ou de régularité se fasse jour : il faut que Dieu assure à chaque instant la concordance entre les représentations des consciences. En expliquant l'espace e […] Lire la suite

IMAGINATION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 792 mots

Quelle défiance les philosophes n’ont-ils pas montrée à l’égard de l’imagination ? L’imagination, « maîtresse d’erreur et de fausseté » pour Blaise Pascal (1623-1662), « folle du logis » et pire encore « folle qui se plaît à faire la folle » pour Malebranche (1638-1715). Même condamnation trois cents ans plus tard chez Alain (1868-1951), pour qui l’imagination, parce qu’elle est une faculté qui a […] Lire la suite

IMMANENTISME

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 192 mots

Doctrine philosophique qui rejette la transcendance, c'est-à-dire l'irréductibilité de Dieu (ou bien d'un principe du réel) à ce qui relève des pouvoirs et des limites de l'esprit. Dans ce sens, Spinoza est taxé d'immanentisme ; il conçoit Dieu comme totalement intelligible à la raison. En fait, immanence et transcendance (intériorité et supériorité) vont ensemble chez beaucoup d'auteurs (Dieu est […] Lire la suite

INCONSCIENT (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 276 mots

Sigmund Freud (1856-1939) a pesé d’un tel poids dans la formulation de la notion d’inconscient qu’il est trop souvent perçu comme celui qui l’aurait découvert, à la façon dont les « inventeurs » d’un trésor arrachent à sa cachette un coffre rempli d’or qui avait jusqu’alors échappé à tous les regards. Même s’il ne s’agit nullement de nier l’importance de la théorie freudienne ni de minimiser les […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) Les doctrines philosophiques et religieuses

  • Écrit par 
  • Jean FILLIOZAT
  •  • 16 660 mots
  •  • 3 médias

Les littératures philosophiques de l'Inde sont parmi les plus variées et les plus abondantes du monde ; elles correspondent à une production ininterrompue depuis la fin du deuxième millénaire avant notre ère jusqu'à nos jours et dans une aire culturelle immense. Elles se sont d'autre part largement répandues à travers toute l'Asie centrale et orientale et dans tout le Sud-Est asiatique. La spécula […] Lire la suite

INTELLECT & INTELLIGIBLES

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 712 mots

Du latin intellectus (le terme grec correspondant est nous ), l'intellect est le principe de la pensée sous sa forme la plus haute ; à l'époque moderne lui correspondent des termes aux nuances particulières : intelligence, raison, esprit ; au xvii e siècle : entendement. Pour Aristote, les aristotélisants arabes et latins, l'intellect, capable d'intuition, est supérieur à la raison (grec, diano […] Lire la suite

INTELLIGENCE

  • Écrit par 
  • Jean-François RICHARD
  •  • 6 591 mots

Dans le chapitre "L'héritage philosophique" : …  Dans le contexte philosophique où l'on définit l'intelligence à la fois par différence et par ressemblance, on oppose la plasticité de cette fonction à la stéréotypie de l'habitude. Aux circuits courts et rigides que met en œuvre l'instinct pour atteindre ses buts on oppose les circuits longs et modifiables qu'élabore l'intelligence pour parvenir aux siens. À la passivité de la perception subissan […] Lire la suite

INTENTIONNALITÉ, philosophie

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 283 mots

Notion phénoménologique dérivée d'une notion scolastique. La philosophie du Moyen Âge appelait intentio (intention) l'application de l'esprit à un objet ; dans cette application, l'esprit tend vers l'objet, il se dirige vers lui. S'agissant d'un objet de connaissance, l'intentio était dite formelle. S'agissant d'un objet voulu, l'intentio était dite volitive. C'est grâce à son maître Franz Brenta […] Lire la suite

INTERPRÉTATION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 579 mots

L’aspect le plus troublant de la notion d’interprétation est l’écart que l’on constate entre le caractère technique et relativement complexe du terme et l’universalité de l’action : au sens le plus général, tout vivant « interprète », l’interprétation pouvant même être considérée comme son activité fondamentale. Sitôt que les philosophes se furent émancipés du mécanisme se réduisant à ne voir dan […] Lire la suite

INTUITION

  • Écrit par 
  • Noël MOULOUD
  •  • 6 585 mots

Le terme d'intuition désigne la manière d'être d'une connaissance qui comprend directement son objet, par un contact sans médiats avec lui, et sans le secours des signes ou des procédés expérimentaux. À ces caractères d' immédiateté on relie en général d'autres caractères, celui d'une pensée anticipatrice qui devance les preuves, ou d'une compréhension profonde qui va de l'apparence vers la réal […] Lire la suite

ISLAM (La civilisation islamique) La philosophie

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET, 
  • Jean JOLIVET
  •  • 8 975 mots

Vers la fin du ii e  siècle de l'hégire, le champ théorique est entièrement occupé par, notamment, une théologie où l'on débat de l'unité de Dieu, de ses attributs, du sens qu'il faut donner aux noms et aux descriptions qui en sont attestés par le Coran, de la liberté humaine, de la foi, du péché et du salut, du pouvoir et de sa légitimité, et même de la nature des corps. En somme, une théologie, […] Lire la suite

JARDINS Esthétique et philosophie

  • Écrit par 
  • Catherine CHOMARAT-RUIZ
  •  • 3 586 mots

Comme le rappelle Pierre Grimal, l'apparition des jardins suppose une agriculture qui, maîtresse de ses techniques, ne produit pas seulement des plantes vivrières : « ces cultures s'adressent moins aux humains qu'aux divinités », car, « en ses origines », le jardin est inséparable du sacré. Les jardins de Babylone dédiés à la déesse Ishtar possèdent d'emblée une dimension esthétique. La beauté de […] Lire la suite

JUDAÏSME La religion juive

  • Écrit par 
  • Georges VAJDA
  •  • 6 519 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La théologie du judaïsme médiéval" : …  La conquête arabe ne fut pas sans effets sur la vie propre d'une grande partie du monde juif. Les groupes minoritaires qui professaient les religions bibliques jouissaient d'un statut relativement favorable auprès des autorités musulmanes. Ainsi purent-ils participer, d'une certaine façon, à la vie sociale du nouvel État islamique. Ils jouèrent surtout un grand rôle dans la transmission au monde […] Lire la suite

JUGEMENT

  • Écrit par 
  • Noël MOULOUD
  •  • 6 869 mots

Dans le chapitre "Les perspectives classiques" : …  Toute doctrine de la raison a cherché à situer la liaison judicative vis-à-vis de ses corrélatifs, d'une part la liaison associative des épreuves sensibles, d'autre part la cohésion qui unit les éléments du concept ou ceux du discours probatoire. On peut parler d'une tradition de la « philosophie du jugement », qui voit dans celui-ci la mesure principale de l'initiative intellectuelle ou spirituel […] Lire la suite

JUSTICE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 431 mots

Bien que les enfants aient aisément recours à l’idée de justice en qualifiant souvent spontanément d’« injustes » tous les interdits qui font obstacle à leurs désirs, la notion de justice est l’une des plus complexes et des plus ambiguës qui soient. Deux raisons principales expliquent cette ambiguïté. La première tient à la dualité des manquements que commettrait l’homme injuste : il est d’un côté […] Lire la suite

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 373 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La métaphysique en question" : …  La première ambition annoncée par le mot « critique », qui se retrouve dans le titre des trois œuvres capitales de Kant, est celle de décider une bonne fois du sort de la métaphysique, de s'assurer qu'elle est possible et d'en faire une science. Ce nom de métaphysique formulait une prétention à acquérir la connaissance d'objets qui se situent au-delà de la nature, dont l'expérience sensible permet […] Lire la suite

KEYSERLING HERMANN VON (1880-1946)

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 885 mots

Né à Könno, en Livonie, le comte de Keyserling appartenait à une vieille famille de la noblesse allemande installée dans les provinces baltiques. Lorsqu'il meurt, âgé de soixante-six ans, à Innsbruck, il a parcouru toute la planète et longuement visité l'Inde, la Chine, le Japon, l'Amérique. L'immense succès du Journal de voyage d'un philosophe ( Reisetagebuch eines Philosophen ), commencé en 191 […] Lire la suite

LA GRANDE PARADE (exposition)

  • Écrit par 
  • Corine PENCENAT
  •  • 1 028 mots

Il est rare de voir une exposition engager un parcours à travers des œuvres en partant d'un texte littéraire. La Grande Parade . Portrait de l'artiste en clown se réfère directement au Portrait de l'artiste en saltimbanque de Jean Starobinski, paru en 1970 chez Skira et réédité par Gallimard en 2004. Organisée par le musée des Beaux-Arts du Canada qui la présentait, après Paris du 11 mars au 31 […] Lire la suite

LANGAGE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 315 mots

La philosophie a du mal à trouver un juste équilibre dans son rapport au langage . Soit elle oublie d’interroger sa place et néglige son importance, prenant alors la forme d’une pensée qui oublie qu’elle se dit, soit elle sombre dans l’obsession du langage, renonçant à ce qu’elle est pour laisser le champ libre à un langage qui oublie qu’il peut se penser et qu’il pense. Gilbert Hottois a ainsi i […] Lire la suite

LANGAGE PHILOSOPHIES DU

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI, 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 23 538 mots
  •  • 8 médias

L'intérêt pour la langue est un trait dominant de la philosophie contemporaine. Non que nos contemporains soient les premiers à découvrir le langage. Celui-ci a toujours été à la place d'honneur dans la philosophie, tant il est vrai que la compréhension que l'homme prend de lui-même et de son monde s'articule et s'exprime dans le langage ; les sophistes grecs sont sans doute les premiers à en avo […] Lire la suite

LA RÉPUBLIQUE, Platon - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 822 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Sur la justice" : …  La discussion s'engage avec le vieillard Céphale, puis avec son fils, le bouillant Polémarque. Qu'est-ce que la justice ? « Rendre à chacun ce qu'on lui doit » ? « Faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis » ? Une intervention brutale du sophiste Thrasymaque contraint Socrate à se demander si la justice apporte quelque avantage au juste : est-elle alors désirée pour elle-même, ou pour le bi […] Lire la suite

LE BUISSON ARDENT ET LES LUMIÈRES DE LA RAISON (J. Greisch)

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL
  •  • 996 mots

La philosophie de la religion a mauvaise presse. Remise en question par la théologie au nom de la distance qu'elle prend avec son objet, elle est soupçonnée par la science religieuse et, plus généralement, les sciences humaines, d'une trop grande proximité avec la foi. C'est sans doute ce qui explique le relatif abandon d'une telle approche au cours de ces dernières décennies du xx e siècle, et c […] Lire la suite

LE CERVEAU ET LA PENSÉE (J.-F. Dortier) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-Michel BERTHELOT
  •  • 924 mots

La revue Sciences humaines s'efforce avec succès de mettre à la disposition d'un public cultivé les acquis des diverses sciences se réclamant de l'homme et de la société. La tâche n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Si les disciplines concernées – philosophie, économie, histoire, sociologie, psychologie, linguistique, etc. – présentent pour la plupart l'avantage, sur les sciences de la nature, […] Lire la suite

LE CERVEAU INTIME (M. Jeannerod) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Pierre-Marie LLEDO
  •  • 1 021 mots

Siège de nos sens, de notre mémoire et de notre pensée, à ce titre, enjeu d'une longue convoitise théologique, philosophique et scientifique, le cerveau n'a encore livré qu'une infime partie de ses secrets. Marc Jeannerod (1935-2011) s’est s'attaché pendant plus de trente ans à en décrypter le fonctionnement. Professeur à l'université Claude-Bernard-Lyon I et directeur de l'Institut des sciences c […] Lire la suite

LIBERTÉ (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 520 mots

Dans l’Antiquité, des adolescents d’Athènes ou de Rome qui auraient été soumis à l’épreuve de philosophie du baccalauréat, et qui auraient dû disserter sur un sujet portant sur la liberté, auraient pu se contenter d’écrire ces quelques lignes : « Être libre, c’est ne pas être enchaîné. Est libre tout homme qui n’est pas esclave. » Les termes du débat moderne sur le concept de liberté sont apparus […] Lire la suite

MAIMONIDE (M.)

  • Écrit par 
  • Warren Zev HARVEY
  •  • 1 794 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "De la logique à la « Mishneh Tōrāh »" : …  Maimonide , né à Cordoue, en Espagne, étudia la Bible et le Talmud avec son père, Rabbi Maimon, qui était versé dans l'exégèse rabbinique ; en même temps, il s'adonna aux études scientifiques. Après la conquête de Cordoue en 1148 par la peu tolérante dynastie des Almohades, la famille Maimon dut quitter la ville et pérégrina à travers l'Espagne, l'Afrique du Nord – vivant quelque temps à Fez –, la […] Lire la suite

MARXISME Le matérialisme dialectique

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 6 395 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "La mort de la philosophie" : …  À lire rapidement les écrits du seul Marx, la question des rapports de la science de l'histoire avec une philosophie semble se résoudre très simplement et très brutalement. Le matérialisme historique n'est pas une philosophie de l'histoire parce qu'il supprime la philosophie. Cette suppression a été interprétée successivement comme une réalisation, comme une liquidation, comme une limitation. Réal […] Lire la suite

MATIÈRE/ESPRIT (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 374 mots

Alors que les sagesses orientales étaient toutes « monistes » (du grec monos , « unique »), autrement dit convaincues que le réel se réduisait à une unique dimension, les premières philosophies grecques ont choisi la voie du dualisme , opposant chacune à leur manière la matière à l’esprit, et favorisant tantôt l’un tantôt l’autre de ces deux principes. De la matière à l’esprit, puis de l’esprit à […] Lire la suite

MÉTAPHYSIQUE

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 9 395 mots
  •  • 1 média

À la physique, qui étudie la nature, on oppose souvent la métaphysique. Celle-ci est définie soit comme la science des réalités qui ne tombent pas sous le sens, des êtres immatériels et invisibles (ainsi l'âme et Dieu), soit comme la connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes, par opposition aux apparences qu'elles présentent. Dans les deux cas, la métaphysique porte sur ce qui est au-d […] Lire la suite

MÉTHODE

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 066 mots

Dans le chapitre "Méthodes et philosophie" : …  On a souvent noté que les disciplines les moins avancées ou les plus pauvres en grands résultats font le plus de place aux discussions méthodologiques. Elles se perdent dans les préalables. Le vrai est que la méthode ne précède pas la connaissance, elle la suit, on le voit sur l'exemple des mathématiques. Quand ils ont résolu un problème, les mathématiciens en tirent la leçon. La réussite suggère […] Lire la suite

MODALITÉS, logique

  • Écrit par 
  • Pascal ENGEL
  •  • 7 573 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Le statut philosophique des concepts modaux" : …  Les difficultés qu'on rencontre pour représenter dans un formalisme cohérent les diverses notions modales expliquent que les logiciens les aient rejetées aux frontières de la logique classique du vrai et du faux, et que, quand ils les ont prises en compte, ils se soient heurtés au fait qu'elles semblent indissociables de leurs contenus particuliers. Il y a en effet une ambiguïté fondamentale dans […] Lire la suite

MORALE

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 15 745 mots

Étymologiquement, « morale » vient du latin ( philosophia ) moralis , traduction par Cicéron, du grec ta èthica  ; les deux termes désignent ce qui a trait aux mœurs, au caractère, aux attitudes humaines en général et, en particulier, aux règles de conduite et à leur justification. On réserve parfois, mais sans qu'il y ait accord sur ce point, le terme latin à l'analyse des phénomènes moraux concr […] Lire la suite

MYTHE L'interprétation philosophique

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 12 836 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Mythe et philosophie" : …  Il est possible de revenir, au terme de cette enquête, à la question posée, dans l'introduction, concernant la rencontre entre la vision du monde portée par le mythe et l'exigence de la philosophie. On se bornera ici aux problèmes posés par le mythe dans la philosophie moderne et contemporaine, en gardant toutefois comme fil conducteur l'antinomie initiale du muthos et du logos dans la philosophi […] Lire la suite

NATURE / CULTURE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 454 mots

« L’homme du monde est tout entier dans son masque. N’étant presque jamais en lui-même, il y est toujours étranger, et mal à son aise quand il est forcé d’y entrer. Ce qu’il est n’est rien, ce qu’il paraît est tout pour lui. » Cette affirmation, que l’on peut lire au livre IV d’ Émile ou De l’éducation (1762) de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), s’applique au courtisan. Mais ne conserve-t-elle […] Lire la suite

NÉO-POSITIVISME ou POSITIVISME LOGIQUE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 3 405 mots
  •  • 1 média

Le néo-positivisme, ou positivisme logique, ne constitue pas à proprement parler une école, ayant à sa tête un maître et attachée à un dogme, mais plutôt une attitude philosophique définie à l'origine par un groupe (le Cercle de Vienne) et aujourd'hui largement diffusée et diversifiée, en particulier aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves. C'est en réaction contre l'idéa […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES

  • Écrit par 
  • Michèle FABRE-THORPE, 
  • Simon THORPE
  •  • 4 899 mots
  •  • 2 médias

Le domaine de recherche couvert par les neurosciences cognitives est relativement récent. C'est vers la fin des années 1970 que ce terme apparaît, proposé par Michael Gazzaniga et George Miller. Des conférences, des sociétés savantes, des journaux se spécialisent dans ce domaine comme le Journal of Cognitive Neuroscience , qui paraît pour la première fois fin 1989, et la Cognitive Neuroscience Soc […] Lire la suite

NON & NÉGATION, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 965 mots

Opérateur linguistique de la négation, « non » apparaît dans le dialogue ou dans l'interaction comme réponse à l'interlocuteur ou au partenaire et exprime soit le rejet d'une croyance, soit le refus de la poursuite d'un processus. On peut distinguer : La réponse à une simple interrogation, qui met fin à son indétermination et à son ambivalence : « As-tu bien dormi ? — Non ! » Le non équivaut à une […] Lire la suite

NOUMÈNE

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 704 mots

Terme créé par Kant et qui n'a guère d'usage et de sens qu'à l'intérieur de la philosophie kantienne. Le mot « noumène » est transcrit du grec, et sa signification littérale est empruntée à la philosophie platonicienne ; noumène ( noumênon ) est employé par Platon pour désigner les idées en tant qu'elles sont l'objet de l'intelligence pure ( nous ). Le noumène paraît donc d'abord s'opposer chez Ka […] Lire la suite

ONTOLOGIE

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 15 658 mots
  •  • 1 média

« Ontologie » veut dire : doctrine ou théorie de l' être. Cette simple définition, toute nominale d'ailleurs, propose une petite énigme de lexique : le mot « ontologie » est considérablement plus récent que la discipline qu'il désigne ; ce sont les Grecs qui ont inventé la question de l'être, mais ils n'ont pas appelé ontologie la discipline qu'ils instituaient. Aristote désigne de façon indirecte […] Lire la suite

PANTHÉISME

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 7 628 mots

Ce n'est pas par une facile association d'idées que le concept de panthéisme évoque le nom de Giordano Bruno. Celui-ci est effectivement l'un des plus marquants parmi les philosophes de la totalité, et la chaîne qui relie Plotin à Spinoza passe nécessairement par lui. Mais cette association d'idées comporte une justification plus profonde encore, bien qu'elle n'apparaisse pas immédiatement : Gio […] Lire la suite

PERCEPTION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 227 mots

La distinction entre sensation et perception a occupé une position centrale dans la psychologie contemporaine. Celle-ci, sans toujours en mesurer les implications, a vécu dans l’héritage des conceptions philosophiques qui se sont affrontées durant des siècles. Comme le remarque Martin Heidegger (1889-1976) dans Être et Temps (1927), même si l’on ne peut raisonnablement exiger des sciences humaine […] Lire la suite

PHÉNOMÉNOLOGIE DE LA PERCEPTION, Maurice Merleau-Ponty - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 940 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Éloge de la philosophie" : …  La démarche philosophique ne peut-elle être que seconde, à la fois par rapport aux sciences, et dans son obsession d'un dualisme qu'elle prétend dépasser ? En quoi peut-elle elle-même s'instituer comme discours de vérité ? La Phénoménologie de la perception repoussait devant soi la question de « l'origine de la vérité ». Revenant sur la « foi primordiale » qui est toujours en amont de toute « cro […] Lire la suite

PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

  • Écrit par 
  • Francis JACQUES, 
  • Denis ZASLAWSKY
  •  • 13 428 mots
  •  • 3 médias

Des philosophes se sont dits et se disent encore analystes, à Cambridge, Lwow, Varsovie, Vienne, Prague, Oxford, Pittsburgh, Princeton... Avec l'appellation, ils ont en commun l'idée qu'un certain type d'analyse est philosophique, voire que la philosophie est analyse. Les maîtres mots : « phrase », « proposition », « signification », soulignent aussitôt le caractère linguistique de l'entreprise. […] Lire la suite

PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

  • Écrit par 
  • Jacques MOUTAUX
  •  • 6 747 mots

Dans tous les domaines de la pensée, de la production et de l'action, les systèmes répondent à l'exigence rationnelle d'unité et de cohérence. Les difficultés propres aux systèmes philosophiques tiennent à ce que, la philosophie ne formant pas un corps unifiable de doctrines, l'exigence de rationalité s'y divise en une pluralité de systèmes irréductibles et même contradictoires dans leurs structur […] Lire la suite

PLATON

  • Écrit par 
  • Monique DIXSAUT
  •  • 13 762 mots
  •  • 3 médias

On a pu écrire que toute l'histoire de la philosophie se résumait à une série de notes en bas de page apposées à l'œuvre de Platon . Si pour certains il a déjà tout dit − l'être travaillé par le négatif et par la différence, la pensée transcendantale et les concepts a priori, la sublimation de l'énergie érotique, la grammaire des propositions −, d'autres réduisent sa pensée à quelques thèses ais […] Lire la suite

POINCARÉ HENRI (1854-1912)

  • Écrit par 
  • Gérard BESSON, 
  • Christian HOUZEL, 
  • Michel PATY
  •  • 6 137 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Poincaré philosophe" : …  Poincaré manifesta très tôt un vif intérêt pour la philosophie, notamment pour les problèmes de la connaissance, collaborant régulièrement à la Revue de métaphysique et de morale dès sa fondation, rédigeant de nombreux articles de « philosophie scientifique », rassemblés dans quatre recueils : La Science et l'hypothèse (1902), La Valeur de la science (1905), Science et méthode (1908) et Derni […] Lire la suite

POSITIVISME

  • Écrit par 
  • Angèle KREMER-MARIETTI
  •  • 5 236 mots
  •  • 2 médias

Le rapport du positivisme aux sciences positives est fondamentalement affirmé par Littré et confirmé par Auguste Comte . Littré écrit dans son Dictionnaire de la langue française (1863-1870) : «  Philosophie positive  : se dit d'un système philosophique émané de l'ensemble des sciences positives ; Auguste Comte en est le fondateur ; ce philosophe emploie particulièrement cette expression par oppo […] Lire la suite

POUVOIR (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 501 mots

Par rapport au français, la langue anglaise présente la particularité de distinguer deux modalités de la notion de pouvoir, à travers deux verbes bien distincts : «  I can  » signifie « j’ai la capacité de… », alors que «  I may  » a le sens de « j’ai la permission de… », « les lois ou les usages me permettent de... ». «  I can  » renvoie ainsi à la puissance intrinsèque de l’individu tandis que « […] Lire la suite

PRATIQUE ET PRAXIS

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 6 698 mots

Le terme de pratique (le mot praxis , courant en allemand, ne s'emploie en français que depuis peu) se rapporte d'abord à toute activité humaine et s'oppose à la théorie, alors considérée comme abstraite. Comme adjectif, il désigne ce qui est utile ou commode pour une action efficace et caractérise des hommes aussi bien que des procédés, des règlements, etc. Dans l'usage philosophique, la pratique […] Lire la suite

PSYCHOLOGIE HISTOIRE DE LA

  • Écrit par 
  • Serge NICOLAS
  •  • 4 964 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre "Naissance d’une discipline autonome, émancipée de la philosophie" : …  C’est le successeur de Leibniz, le philosophe allemand Christian Wolff (1679-1754), qui introduira le terme « psychologie » dans la littérature pour désigner la science de l’ âme et qui établira une distinction fondamentale entre une « psychologie empirique » (1732) et une « psychologie rationnelle » (1734). Selon lui, la psychologie empirique (expérimentale) tire de l’observation et de l’expérien […] Lire la suite

RAISON

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 13 180 mots
  •  • 1 média

Le terme de raison – du latin ratio , qui désigne à l'origine le calcul pour prendre ensuite le sens de faculté de compter, d'organiser, d'ordonner – possède dans toutes les langues modernes une multitude d'acceptions qui, cependant, par des détours plus ou moins longs, peuvent être ramenées au sens premier. Une raison est ainsi un argument qui appuie une affirmation en la fondant selon un calcul […] Lire la suite

RAISON (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 947 mots

Les historiens de la philosophie sont très nombreux à avoir décrit la mutation intellectuelle qui s’est produite sur le sol de la Grèce antique comme un combat du «  logos  » contre le « muthos », autrement dit (en se souvenant que le mot grec logos possède de multiples significations) de la raison contre le mythe, de l’explication rationnelle contre le récit religieux . Dans son dialogue le Phéd […] Lire la suite

RATIONALISME

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 7 634 mots

Le mot rationalisme, en son sens large, ne désigne pas vraiment une doctrine, comme les mots « idéalisme » « réalisme » ou « empirisme ». Sans doute peut-on en fixer certains traits pour constituer, en un sens étroit, le contenu d'une doctrine qui s'oppose alors à l'empirisme, et pose que toute connaissance exige des principes universels non tirés de l'expérience. Mais le mot correspond plutôt à u […] Lire la suite

RÉALISME, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 6 999 mots

Le mot « réalisme » a plusieurs acceptions. Le réalisme logique s'oppose au nominalisme, théorie des termes généraux : ceux-ci sont des noms d'entités pour le premier, des abréviations qui désignent collectivement des particuliers pour le second. Le réalisme métaphysique a pour antithèse l' idéalisme, que Berkeley appelle immatérialisme et qui consiste à nier l'existence d'une matière des corps, i […] Lire la suite

RÉALITÉ

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 4 984 mots

Le mot « réalité » désigne ce qui existe effectivement : une réalité, c'est une chose qui est, la réalité, c'est l'ensemble des choses qui sont. Or la notion d'être, ou d'existence (en ce qui concerne les choses, ces deux termes ne sont pas à distinguer), est une des notions fondamentales et premières de l'esprit : elle suppose une sorte d'expérience irréductible à toute autre, et donc inanalysab […] Lire la suite

RÉDUCTION EIDÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Universalis 
  •  • 342 mots

Dans la phénoménologie de Husserl, la réduction eidétique consiste en une méthode grâce à laquelle le philosophe passe de la conscience des objets individuels et concrets au royaume transempirique des pures essences et atteint ainsi une intuition de l' eidos de la chose, c'est-à-dire de ce qu'elle est dans sa structure essentielle et invariable, une fois éliminé tout ce qui, en elle, est continge […] Lire la suite

RÉDUCTION PHÉNOMÉNOLOGIQUE ou TRANSCENDANTALE

  • Écrit par 
  • Universalis 
  •  • 512 mots

Processus spécifique de la phénoménologie de Husserl, la réduction phénoménologique — ou réduction transcendantale — consiste en un effort pour arriver à la source de la signification du monde vécu à travers un mouvement qui fait qu'on cesse de voir celui-ci d'une manière naturelle et quotidienne pour le voir d'une manière réflexive en tant que phénomène pur ; une telle méthode implique la mise en […] Lire la suite

RÉFLEXIVE ANALYSE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 266 mots

À la suite de Jules Lagneau, disciple de Lachelier, on appelle « analyse réflexive » l'analyse qui consiste à réfléchir sur n'importe quelle pensée en vue de dégager les conditions de toute pensée, de découvrir les caractères essentiels de la pensée ; remontant de condition en condition, elle retrouve ce qui fait l'unité de la pensée, sa nécessité, son universalité, sa spontanéité, son autorégula […] Lire la suite

RELIGION (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 991 mots

Deux hypothèses sont en concurrence à propos de l’étymologie du mot « religion ». Pour certains, comme Cicéron (106-43 av. J.-C.), il viendrait du latin religere , qui signifie « relire attentivement », « revoir avec soin ». Pour d’autres, le mot trouverait son origine dans un autre verbe latin, religare , signifiant « relier ». La première hypothèse met l’accent sur le scrupule, le soin méticuleu […] Lire la suite

RÉMINISCENCE

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 1 130 mots

Avancé par Platon dans le Phédon , le thème mytho-philosophique de la réminiscence se retrouve tout au long de l'histoire de la philosophie occidentale avec une insistance telle qu'il paraît y prendre valeur de paradigme essentiel. Dans son expression strictement platonicienne, la réminiscence est une réponse ambiguë à deux questions : comment est-il possible d'apprendre ce qui ne saurait s'enseig […] Lire la suite

SCEPTICISME

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DUMONT
  •  • 7 745 mots

Le terme de scepticisme a fini par désigner aujourd'hui, dans la langue commune, une attitude négative de la pensée. Le sceptique passe volontiers non pas seulement pour un esprit hésitant ou timoré, ne se prononçant sur rien, mais pour celui qui, quoi qu'il arrive ou quoi que l'on puisse dire, se réfugie dans le dénigrement. Aussi croit-on encore que le scepticisme est l'école du refus et de la d […] Lire la suite

SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 160 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "La connaissance esthétique" : …  Dans le plan général du Monde comme volonté et comme représentation , la contemplation est présentée comme une étape vers l'abolition du vouloir-vivre. Mais le salut par la gnose n'est accessible qu'à quelques saints, au nombre desquels Schopenhauer ne s'est pas compté lui-même. La contemplation esthétique est offerte à tous, ne serait-ce que dans le spectacle de la beauté de la nature. Nous somm […] Lire la suite

SCIENCES HUMAINES

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 10 268 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre " Histoire de la terminologie" : …  Quelques remarques historiques pourront aider à mieux comprendre les hésitations du vocabulaire. L'« étude de l'homme » est une expression qu'utilisent les humanistes et que l'on retrouve chez Pascal. Bien qu'elles s'intéressent surtout à l'histoire des mœurs et des idées, les conceptions humanistes se caractérisent par un éclectisme universel, par une curiosité qui s'étend à tout ce qui est humai […] Lire la suite

SCIENCES Science et philosophie

  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
  •  • 17 713 mots
  •  • 6 médias

La science et la philosophie furent longtemps inséparables. Dans l'Antiquité, la philosophie représentait la science suprême, celle « des premiers principes et des premières causes ». Les autres sciences, et notamment la physique, recevaient d'elle leurs fondements. Cette alliance s'est trouvée brisée au xvii e  siècle, avec l'apparition de la méthode expérimentale et le développement des sciences […] Lire la suite

SENS COMMUN

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 1 180 mots

La langue ordinaire assimile bon sens et sens commun : une même faculté de juger avec pertinence des situations concrètes, une même estimation de ce qui est réel et de ce que le réel rend possible ; également une mesure de ce qui « fait sens », selon des critères psychologiques et sociologiques implicites. La tradition philosophique tantôt les distingue (Descartes), tantôt préserve l'assimilation […] Lire la suite

SENS (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 158 mots

Dans le chapitre "Le langage est signifiant" : …  La philosophie grecque a placé le langage au centre de ses préoccupations, et au sein du langage le problème de la signification. On peut classer les principales théories du langage des penseurs grecs en fonction des deux registres de la notion de « sens » dont nous sommes partis. Pour les sophistes , les mots sont des outils qui, à l’instar des autres outils, visent un objectif, ici en l’occurr […] Lire la suite

SIGNE ET SENS

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 7 783 mots

Dans le chapitre "L'Antiquité et le Moyen Âge" : …  Une longue histoire du problème du signe et du sens a plutôt enseigné à ne pas relier les deux sphères de la pensée et du langage et même à les séparer. Dans le Cratyle , Platon s'interroge longuement sur la « justesse » des mots ; il renvoie dos à dos les deux protagonistes dont l'un veut que les mots naissent de la « convention » et l'autre qu'ils tiennent leur signification du lien qu'ils ont […] Lire la suite

SITUATION, philosophie

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 203 mots

La situation, ou situs , était une des dix catégories (concepts fondamentaux) d'Aristote : par exemple, être couché, être assis. Mais ce sont les philosophes contemporains (également les sociologues) qui ont élargi cette notion et imposé son crédit. Au sens le plus large, la situation est un état complexe résultant de l'interaction, à un moment déterminé, d'un vivant ou d'une personne avec son env […] Lire la suite

SOCIÉTÉ (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 564 mots

Deux problématiques majeures ont été privilégiées par les philosophes qui ont abordé le thème de la « société » : celle de l’origine et celle de la liberté. En ce qui concerne l’énigme de l’ origine , la thèse d’une nanature les engendre comme elle produit les essaims d’abeilles – a longtemps dominé avant que ne s’impose, dans la Modernité , l’idée de l’artificialité des groupements humains – c’es […] Lire la suite

SOCRATE (469-399 av. J.-C.) ET ÉCOLES SOCRATIQUES

  • Écrit par 
  • Jacques BRUNSCHWIG
  •  • 2 735 mots
  •  • 1 média

Socrate n'est pas un philosophe parmi les autres ; il est le totem de la philosophie occidentale. En chaque pensée qui s'éveille et s'interroge, il revit ; en chaque pensée qu'on humilie ou qu'on étouffe, il meurt à neuf. La place exceptionnelle qu'il tient dans notre culture est celle du héros fondateur, du père originaire, qui s'enveloppe dans une obscurité sacrée, et que chacun porte en soi c […] Lire la suite

STOÏCISME

  • Écrit par 
  • Jacques BRUNSCHWIG, 
  • Urs EGLI
  •  • 7 432 mots
  •  • 2 médias

Contrairement à la plupart des doctrines philosophiques, le stoïcisme ne tire son nom ni de celui de son fondateur, comme le platonisme, ni de celui de son concept central, comme l'existentialisme, mais simplement de celui de l'endroit où sa voix s'est fait entendre pour la première fois : c'est au Portique des peintures, à la Stoa poikilè , à Athènes, que les premiers stoïciens donnèrent leur ens […] Lire la suite

SUBSTANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 5 341 mots

Une idée reçue particulièrement tenace occupe le devant de la scène philosophique depuis l'époque du positivisme d'Auguste Comte, c'est-à-dire depuis plus d'un siècle : l'idée selon laquelle la métaphysique serait morte avec Kant, à la fin du xviii e  siècle, pour ne laisser la place qu'à des recherches éparses, empiriques et positives, se constituant comme sciences particulières en des domaines d […] Lire la suite

SUICIDE

  • Écrit par 
  • Baldine SAINT GIRONS
  •  • 3 224 mots
  •  • 1 média

Le suicide trahit au premier chef le désir de surmonter l'irréversibilité, mais dans l'antécédence. « C'est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort », disait Épicure. Mais qu'est-ce que cette crainte de la mort, sinon l'attente d'un sort inévitable ? Aussi bien, l'angoisse de mort ne s'origine point tant dans un amour de la vie que dans un amour de l'homme pour sa propre personn […] Lire la suite

SYNTHÈSE, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 343 mots

Pour présenter la synthèse, on s'inspirera plus particulièrement de deux philosophes qui ont fait d'elle un moment essentiel de la pensée : Kant et Hegel. Kant introduit la distinction entre les jugements analytiques, qui élucident et expliquent un concept sans communiquer d'information nouvelle (par exemple : « Tous les corps sont divisibles »), et les jugements synthétiques, qui sont informatifs […] Lire la suite

TEMPORALITÉ

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 315 mots

Terme abstrait, mais qui se veut concret. La temporalité est le temps vécu par la conscience, celui dont elle fait l'expérience et qui déploie, à partir du présent (seul moment que saisisse une attention opérante), un passé qui est fait de rétentions utilisées comme acquis et comme appoint pour l'action (mais c'est le présent qui somme et interprète ce qui fut actuel et ne l'est plus) et un futur […] Lire la suite

TEMPS / MÉMOIRE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 724 mots

Le temps est ce dont chacun d’entre nous ne cesse de faire l’expérience, de la naissance à la mort. Des premiers écrits de l’humanité jusqu’à la littérature contemporaine, en passant par les poètes de la Renaissance, Ronsard (1524-1585) et sa rose, dont la beauté « ne dure que du matin jusques au soir », la fuite du temps n’a cessé d’occuper une place majeure au sein d’une culture occidentale anim […] Lire la suite

THÉODICÉE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 174 mots

Terme créé par Leibniz (cf. Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal , 1710), « théodicée » désigne la justification de la bonté de Dieu (thèse de l'optimisme), en dépit du mal inhérent au monde. En France, l'école éclectique (seconde moitié du xix e siècle) a appelé théodicée l'une des quatre parties du cours de philosophie (psychologie, logique, morale […] Lire la suite

THÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY, 
  • Claude GEFFRÉ, 
  • Jacques POULAIN
  •  • 13 369 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Conflits de la foi et de la raison" : …  La conciliation produisait deux sortes de rationalité : une rationalité de la foi, un rationnel théologique ; une rationalité de la raison, un rationnel philosophique. Mais comme la foi l'emportait sur la raison, la théologie se subordonnait la philosophie. D'où la réaction des philosophes, leur émancipation, soit qu'ils n'admettent ni foi ni primat de la foi, soit qu'ils répartissent foi et raiso […] Lire la suite

THOMISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 5 224 mots
  •  • 1 média

Corps doctrinal à la fois philosophique et théologique que caractérisent une forte cohérence et des perspectives critiques, le thomisme s'est rapidement imposé à l'attention. Du vivant même de son auteur, l'accueil et les oppositions ne lui ont pas manqué. Le thomisme est pourtant une entreprise irénique par son double souci de rejeter le dogmatisme hors du domaine où règne la raison et de présent […] Lire la suite

TOTALITÉ

  • Écrit par 
  • Emmanuel LÉVINAS
  •  • 3 279 mots

Nous reconnaissons un tout quand une multiplicité d'objets – ou, dans une continuité homogène, une multiplicité de points ou d'éléments – forme une unité ou entre, sans résidu, sous un acte unique de la pensée. Ce par quoi le tout est un tout, la totalité, s'emploie aussi comme synonyme du tout. Les notions du tout et de la totalité sont impliquées dans toute pensée et dans toute expérience. Elles […] Lire la suite

TOURNIER MICHEL (1924-2016)

  • Écrit par 
  • Frédéric MAGET
  •  • 2 023 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre "Un philosophe de contrebande" : …  L'échec à l'agrégation en 1950 a décidé de la carrière littéraire de Michel Tournier, preuve s'il en est que les échecs peuvent être bénéfiques, et l'a éloigné, du moins en apparence, de l'enseignement. Pourtant l'écrivain n'a pas cessé d'être un philosophe. Dans une interview accordée au magazine Lire au mois d'août 2006, il évoque la genèse de son premier roman : « En 1954, quand fut créée Euro […] Lire la suite

TRADITIONALISME, philosophie

  • Écrit par 
  • Universalis 
  •  • 373 mots

Doctrine selon laquelle les formes politiques et religieuses doivent être conservées, dès lors qu'elles sont traditionnelles, consacrées par le passé. Qu'on échoue à les justifier intellectuellement n'est pas une objection, car leur valeur ne tient pas au fait qu'on peut les vérifier ou non par voie critique (enquête et raisonnement sont faillibles, superficiels, inadéquats) ; elle tient au fait q […] Lire la suite

TRAVAIL/TECHNIQUE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 943 mots

Le travail humain est-il dès l’origine « technicien », ou est-il devenu technique au fil des millénaires ? Parce que les liens entre le travail et la technique n’ont cessé d’évoluer au cours de l’histoire, une réponse univoque ne peut être donnée. Pour Aristote (env. 385-322 av. J.-C.) la technè , même si elle ne peut atteindre l’universalité qui est le propre de la theôria , c’est-à-dire du savoi […] Lire la suite

UN PHILOSOPHIES DE L'

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 3 729 mots

« Comment faire pour que le Tout soit un et que chaque être soit un en soi-même ? » Cette antique formule orphique contient le problème essentiel de la philosophie. Celle-ci est divisée entre deux exigences antithétiques, celle de l'unité et celle de la diversité, qu'il est aussi impossible de refuser que de réaliser isolément. Pensée, langage, réalité sont nécessairement des combinaisons d'un et […] Lire la suite

VÉRITÉ

  • Écrit par 
  • Robert BLANCHÉ, 
  • Antonia SOULEZ
  •  • 10 672 mots

La réflexion sur la vérité a suscité bien des spéculations philosophiques. D'abord sur sa nature. Deux positions, l'une réaliste, l'autre idéaliste, s'opposent sur ce problème : d'un côté, la vérité se définit par l'adéquation de l'esprit à la chose, avec souvent l'entendement divin comme intermédiaire entre l'entendement humain et les choses mêmes ; de l'autre, la vérité se définit soit par l'ac […] Lire la suite

VÉRITÉ (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 074 mots

Seuls des énoncés peuvent être vrais ou faux. Les choses, quant à elles, même si, par un abus de langage, il arrive qu’on les qualifie de « vraies » ou de « fausses », sont réelles ou irréelles, authentiques ou artificielles. Mais elles ne sauraient être « vraies ». On confond trop souvent « vérité » et « réalité ». Par-delà ce qui les distingue, les grandes philosophies se rejoignent toutes dans […] Lire la suite

VIOLENCE

  • Écrit par 
  • Yves MICHAUD
  •  • 8 217 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre "Les philosophies de la violence" : …  Les pensées qui reconnaissent dans l'Être des principes de contradiction ou de négativité admettent la réalité de la violence. Ainsi Héraclite d'Éphèse (fin du vi e -début du v e  siècle avant J.-C.) affirme la nature antagonique de l'Être, traversé et animé par le conflit ( Polemos ). […] Lire la suite

VIOLENCE, notion de

  • Écrit par 
  • Philippe BRAUD
  •  • 1 462 mots

Dans le chapitre "Typologie de la violence" : …  Dans une première conception, très courante aussi bien en philosophie politique que dans le langage commun, la violence est considérée comme l'emploi inacceptable de la force. À ce titre, elle implique automatiquement une condamnation morale. S'il s'agit de violences extrêmes comme les tortures, les exécutions de masse, les traitements humiliants et dégradants, un consensus s'établira aisément su […] Lire la suite

VIOLENCE (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 527 mots

Quinze ans avant qu’on ne découvre à la Libération les violences monstrueuses perpétrées par les nazis dans les camps d’extermination, Sigmund Freud (1856-1939), dans un ouvrage quasiment prophétique, s’était interrogé sur le très léger vernis que constitue la civilisation, ne recouvrant que superficiellement la sauvagerie des hommes. « Les créations de l’homme sont aisées à détruire, et la scienc […] Lire la suite

VIVANT (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 2 934 mots

Les philosophies du vivant peuvent être classées dans un champ circonscrit par deux positions extrêmes et antagonistes qui ne sont défendues que par un petit nombre d’entre elles : « tout est vivant » ; « rien n’est vivant ». À une extrémité se situent des conceptions qu’on peut qualifier d’« animistes » ou de « vitalistes », en donnant un sens très large à ces dénominations : elles considèrent […] Lire la suite

VOLONTÉ

  • Écrit par 
  •  RIC&OElig, 
  • Paul UR
  •  • 8 789 mots

Le concept de volonté présente les aspects psychologiques d'un problème dont la dimension philosophique est exprimée par le concept de liberté. L'analyse du concept de volonté doit donc commencer par un parcours des contextes philosophiques successifs dans lesquels ce concept a été inséré, afin d'expliciter et d'isoler le noyau de la description psychologique. […] Lire la suite