« Rhétorique »

RHÉTORIQUE

  • Écrit par 
  • Françoise DOUAY-SOUBLIN
  •  • 5 974 mots

Mais ces valeurs historiques sont démenties par l'usage actuel du mot rhétorique, qui reste péjoratif en français courant et dénonce soit la grandiloquence déclamatoire du discours malhabile, soit l'habileté menaçante du discours manipulateur : évoquer la rhétorique d'un orateur, c'est éveiller dans son auditoire potentiel la vigilance critique. Et notre enseignement, secondaire et supérieur, qui enseigne bel et bien l'art du discours, soit sous la forme écrite et ritualisée de la dissertation, soit par la maîtrise orale de techniques d'expression, répugne à se dire rhétorique. […] Lire la suite

Les médias de la recherche « Rhétorique » :

Guillaume de Machaut

Guillaume de Machaut
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Marc Fumaroli

Marc Fumaroli
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Le Christ prenant congé de sa mère, A. Altdorfer

Le Christ prenant congé de sa mère, A. Altdorfer
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David Goldblatt

David Goldblatt
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RHÉTORIQUE, notion de

  • Écrit par 
  • Alain BRUNN
  •  • 1 664 mots

La rhétorique se lie ainsi à l'incertitude démocratique : si la bonne décision est celle qui convainc le peuple, la persuasion rhétorique sera le moyen d'établir ce consensus ; la rhétorique est relativiste. Aristote, dans sa Rhétorique (env. 367 av. J.-C.), propose un accord de cette science du langage et de la philosophie : il partage avec les sophistes une même fascination pour le langage et sa vertu herméneutique. […] Lire la suite

NOUVELLE RHÉTORIQUE, droit

  • Écrit par 
  • Benoît FRYDMAN
  •  • 1 334 mots

Il faut au contraire les y réintégrer en ajoutant à la logique formelle une logique informelle, celle de l'argumentation, dont les techniques ont été étudiées depuis l'Antiquité par la rhétorique. La nouvelle rhétorique entend réhabiliter cette discipline, longtemps méprisée et discréditée par la philosophie. La rhétorique, telle que la conçoit Perelman à la suite d'Aristote, constitue la méthode de raisonnement adaptée à la résolution des questions qui sont susceptibles de plusieurs réponses vraisemblables, entre lesquelles il faut pourtant trancher pour prendre une décision. […] Lire la suite

MÉTALEPSE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 143 mots

Figure rhétorique qui « consiste à substituer l'expression indirecte à l'expression directe [...], à faire entendre une chose par une autre, qui la précède, la suit ou l'accompagne » (Fontanier). « Il a vécu », « nous le pleurons » sont des expressions métaleptiques, l'une présentant l'antécédent, l'autre la conséquence logique de ce que l'on omet de dire par pudeur ou par politesse : « il est mort ». […] Lire la suite

ALLITÉRATION, rhétorique

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 148 mots

Figure de rhétorique consistant dans la répétition et le jeu des consonnes dans une suite de mots rapprochés. D'un emploi courant dans toutes les formes scandées du langage, comme le slogan publicitaire ou politique, et aussi en poésie, ce procédé a parfois valeur d'image phonique, comme dans le célèbre exemple de Racine « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » ; il prend alors souvent le nom d'harmonie imitative. […] Lire la suite

SYLLEPSE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 159 mots

La rhétorique distingue deux sortes de syllepses : l'une grammaticale, l'autre oratoire. Il s'agit dans l'un et dans l'autre cas, selon l'étymologie, de « prendre ensemble » différentes catégories grammaticales ou sémantiques. La syllepse grammaticale procède à partir d'un défaut d'accord grammatical entre deux termes dont l'un s'accorde avec l'idée qui sous-tend la proposition : « Jamais je n'ai vu deux personnes être si contents l'un de l'autre », dit Molière dans Don Juan, sans se soucier du genre du mot « personnes ». […] Lire la suite

HYPERBOLE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 172 mots

L'hyperbole est une figure de rhétorique consistant à augmenter l'effet de la représentation des choses décrites sous le signe de l'exagération. L'énergie, l'intensité d'une expression hyperbolique proviennent souvent de l'emploi de la métaphore ou de la métonymie : « avoir mangé du lion » ou « être vacciné avec une aiguille de phono » rendent les traits d'un homme courageux ou d'un bavard, à travers le transfert. […] Lire la suite

ANTANACLASE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 208 mots

La difficulté est telle que les traités de rhétorique sont réduits, depuis Quintilien, à reprendre toujours ce même exemple : « Proculeius reprochait à son fils d'attendre sa mort et celui-ci répondait qu'il ne l'attendait pas. Eh bien, reprit-il, je te prie d'attendre. » Il est plus facile d'utiliser des paronymes : « Claire : Écartez-vous, frôleuse ! Solange : Voleuse, moi ? » (Genet, Les Bonnes), ou de ne rechercher que la polysémie et non pas l'opposition de sens, pour obtenir un effet comique ou un paradoxe. […] Lire la suite

PROSOPOPÉE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 236 mots

Terme qui désigne l'un des procédés de la rhétorique, et que recense déjà Philodème le Philosophe dans son traité Sur les poèmes. Le terme est forgé sur prosôpon, « ce qui se tourne vers, se présente à (pros) la vue (ôps) », donc la face, le front, le visage, puis la personne, et même le masque, et sur poieïn, « faire ». La prosopopée fait parler, donc donne visage, à un mort par exemple, tel Fabricius dans le Discours sur les sciences et les arts de Rousseau, ou à une allégorie, comme la Patrie, par la bouche de qui Cicéron adjure l'ennemi public dans la première Catilinaire. […] Lire la suite

LITOTE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 46 mots

Figure de rhétorique qui consiste à atténuer l'expression d'une pensée à laquelle on désire précisément donner davantage de force ; ainsi, en suggérant une idée par la négation de son contraire (Chimène à Rodrigue : « Va, je ne te hais point »). […] Lire la suite

ANACOLUTHE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 154 mots

soit que) » s'appelle anantapodoton (Dictionnaire de poétique et de rhétorique de Henri Morier). […] Lire la suite

PRÉTÉRITION, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 170 mots

Figure de rhétorique par excellence, en ce qu'elle influence l'attitude de l'interlocuteur : elle éveille son attention ou attise sa curiosité. Elle peut aussi renforcer l'effet de l'évocation descriptive que l'on prétend omettre : « Je ne vous peindrai point le tumulte et les cris,/Le sang de tous côtés ruisselant dans Paris » (Voltaire, Henriade). […] Lire la suite

HYPERBATE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 172 mots

Figure de rhétorique par laquelle on ajoute un syntagme à la fin d'une phrase qui semblait se terminer. L'accent affectif tombe sur ce rajout qui, par sa position même, se trouve souligné : « Il était beau, hein, Narcisse ? et distingué ! » (Jules Laforgue, cité par le groupe Mu). L'hyperbate garde quelque chose de la spontanéité du style oral, où l'hésitation et l'autocorrection sont de mise. […] Lire la suite

MÉTAPLASME, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 194 mots

Dans sa Rhétorique générale, le groupe Mu a étendu la portée de cette figure en en faisant le paradigme de toutes les figures, qu'elles touchent le « niveau infralinguistique », celui où se situe le mot, ou le « niveau complexe », c'est-à-dire syntaxique. Chaque changement peut s'opérer au début, à l'intérieur et à la fin du mot. Ainsi les « métaboles » (groupe Mu), par suppression, donnent successivement l'aphérèse (las pour hélas), la syncope (Ma'ame pour Madame) ou synérèse (pour des raisons de versification, les deux syllabes du mot diamant se prononcent en trois syllabes) et enfin l'apocope (fac, perpète, ciné). […] Lire la suite

ENTHYMÈME, rhétorique

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 221 mots

 » Au sens de Boèce, qui a prévalu historiquement, l'enthymème est plus une figure de rhétorique que de logique. De là vient le sens général qu'on lui donne d'expression elliptique et implicite d'un raisonnement. On pourrait considérer comme enthymème un énoncé tel que le suivant : « Que voulez-vous ! l'empereur est un homme » (ce qui signifie : il a des faiblesses humaines et a donc pu commettre telle ou telle bévue), ou l'affirmation d'un principe général de type proverbial pour justifier une conduite ou une situation particulières : « On ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie. […] Lire la suite

ANTINOMIE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 520 mots

] le sacré » (D'une rhétorique profonde : Baudelaire et l'oxymoron). Le bœuf danse et l'âne joue de la lyre dans un monde où rien n'est impossible : le procédé de l'adynata (ou adunata) réalise « l'association des choses incompatibles » (Curtius, La Littérature européenne et le Moyen Âge latin). Le scandale est le même, qu'il s'agisse des êtres vivants, des mots, des propositions ou encore des « contre-vérités » réunies par Villon dans une ballade. […] Lire la suite

PÉRIODE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 341 mots

Phrase complexe que le style oratoire utilise pour exprimer une idée-force. La période est bâtie sur des propositions agencées selon un schéma musical ; leur harmonie ou leurs dissonances sous-tendent le sens, suspendu jusqu'à la fin de la période, et elles contribuent à exprimer l'emphase dont celle-ci est chargée. À l'inverse du style coupé — enchaînement de phrases très brèves —, le style périodique demande une véritable tactique oratoire : le souffle et la syntaxe de l'orateur, l'oreille et la mémoire de l'auditoire, la logique et l'esthétique de la phrase « circulaire », tout doit s'accorder. […] Lire la suite

ELLIPSE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 296 mots

Le mot ellipse vient du grec elleipsis, dont le sens propre est « manque », « insuffisance » (Bailly), et désigne un procédé de discours qui résulte de l'omission d'un ou de plusieurs mots de l'expression grammaticale complète d'une phrase sans que le sens de celle-ci soit obscurci. Dans la langue parlée son emploi est constant pour éviter des redondances trop évidentes. […] Lire la suite

COMPARAISON, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 154 mots

« La Terre est bleue comme une orange » — cet énoncé comporte tous les éléments requis par la figure canonique de la comparaison : deux substantifs (le terme comparé et le terme comparant) mis en relation par un attribut représentant leur qualité commune, la conjonction indiquant le rapport d'analogie ou de similitude entre eux et la copule liant le sujet (ici le comparé) à l'attribut. […] Lire la suite

CHIASME, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 162 mots

Le chiasme est une figure qui consiste à répéter, dans l'ordre inverse, une suite de syntagmes. L'échange symétrique peut concerner des termes identiques ou des fonctions syntaxiques analogues : « Non ut edam vivo, sed ut vivam edo » (dicton cité par Quintilien) ; « Gourmand de tout, de tout insatiable » (Ronsard cité par Lausberg). Cette structure en forme de croix a reçu son nom de la lettre grecque X (khi) qui évoque le croisement. […] Lire la suite

HYPALLAGE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 174 mots

L'hypallage est une figure par laquelle on déplace un syntagme en l'attribuant à un autre. C'est le déterminant qui peut être transposé le plus facilement, sans modifier le sens global de l'ensemble formé avec des substantifs auxquels il est lié, sur le plan logique aux uns, sur le plan syntaxique aux autres. À côté de la relation de qualification banale apparaît une métaphore éclatante, relevée par la présence simultanée du sens primitif et du sens figuré dans ces vers de La Fontaine : « . […] Lire la suite

ZEUGME, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 172 mots

« J'ai 20 ans et toutes mes dents », proclame sur une affiche un jeune communiste qui ne pense peut-être pas qu'il est en train d'user d'une figure de style que les Grecs nommèrent zeugma. Ici, les deux termes coordonnés et dépendants d'un seul verbe présentent la même disparité sémantique (abstrait/concret) que ceux du fameux exemple tiré du Booz endormi de Hugo : « Vêtu de probité candide et de lin blanc ». […] Lire la suite

PARONOMASE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 167 mots

La paronomase est fondée sur le rapprochement des mots de significations distinctes et dont l'équivalence sonore est presque totale (plus totale que celle des figures apparentées comme l'assonance, la rime, l'allitération ou l'homéotéleute, mais moins totale que celle des homonymes). Connue depuis l'Antiquité — elle s'appelle adnominatio en latin —, la paronomase fut en vogue à la Renaissance. […] Lire la suite

CATACHRÈSE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 199 mots

La langue pourvoit aux besoins nouveaux de dénomination, nés des modifications de la réalité, en réutilisant des mots déjà existants. Le nouveau mot obtenu par extension métaphorique, métonymique ou par synecdoque, se lexicalise ou non : les « fruits de mer » n'évoquent pas « les produits de la terre » (sens étymologique), tandis que le comique de l'expression « à cheval sur un âne » témoigne de son irrecevabilité lexicale. […] Lire la suite

ANTONOMASE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Nicole QUENTIN-MAURER
  •  • 62 mots

Figure de style qui consiste à remplacer un nom commun par un nom propre (une Pénélope pour une épouse vertueuse ; une Mégère pour une femme violente, etc.) ou réciproquement (une Amazone ; une Harpie ; le Philosophe pour Aristote, etc.) ; c'est une synecdoque d'individu. L'antonomase comporte le plus souvent une métaphore allusive. […] Lire la suite

RÉPÉTITION PROCÉDÉS DE, rhétorique

  • Écrit par 
  • Véronique KLAUBER
  •  • 536 mots

Elle est facilement reconnaissable, et la rhétorique ne s'en émeut guère sauf si elle s'applique aux mêmes signifiés à travers des signifiants dissemblables, la plupart du temps par substitution ou par mise en rapport de contiguïté. Ces cas-là sont soigneusement répertoriés sous les rubriques des tropes et des figures comme la comparaison, l'allusion, l'allégorie, etc. […] Lire la suite

HISTOIRE DE LA RHÉTORIQUE DANS L'EUROPE MODERNE 1450-1950 (dir. M. Fumaroli)

  • Écrit par 
  • Françoise DOUAY-SOUBLIN
  •  • 1 036 mots

Très utilement, ce parcours de la rhétorique européenne moderne s'ouvre sur un lumineux rappel des sources antiques et médiévales (Alain Michel) et se clôt sur l'argumentaire menant à la condamnation de la rhétorique à la fin du xixe siècle, ainsi qu'à sa réhabilitation moins d'un siècle plus tard (Antoine Compagnon). À la rhétorique, art de la parole comme lien social, ajustant par l'accord verbal de la persuasion des arrangements provisoires entre humains, ont été opposés au moins cinq autres idéaux : l'objectivité intransigeante de la science qui rend la persuasion inutile ; la singularité radicale de chaque individu qui rend la persuasion impossible ; le livre et la lecture solitaire comme progrès sur l'oral ; la langue nationale de chaque État-nation comme fondement nécessaire et suffisant de la communauté parlante, « peuple » désormais assigné à son territoire ; l'unité fusionnelle dans la foi, le consensus idéologique, comme seul garant de l'identité collective. […] Lire la suite

ÉLOQUENCE

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 300 mots

Elle a partie liée avec la rhétorique, qui enseigne l'art de persuader, qu'on la considère, ainsi que le fait Quintilien, comme le résultat de règles purement formelles ou, selon Cicéron, comme « don naturel » de l'homme cultivé : « Ce n'est pas l'éloquence qui est née de la rhétorique, mais la rhétorique qui est née de l'éloquence » (De oratore, XXXIII, 146). […] Lire la suite

HISTOIRE (Histoire et historiens) L'écriture de l'histoire

  • Écrit par 
  • Christian DELACROIX
  •  • 4 397 mots

Selon lui, préalablement à toute interprétation et à toute écriture, une opération poétique de « préfiguration » construit ce qui va être le sujet du discours historique et les instruments de cette préfiguration sont notamment les quatre tropes de la rhétorique classique (métaphore, métonymie, synecdoque, ironie). La structure profonde du « faire de l'histoire » est donc de nature rhétorique. […] Lire la suite

PERELMAN CHAÏM (1912-1984)

  • Écrit par 
  • Michel MEYER
  •  • 1 398 mots

Par la réhabilitation de la rhétorique, qui retrouve le statut philosophique que Platon lui avait dénié en la cataloguant comme sophistique et manipulation des esprits, Perelman peut sans conteste compter parmi les grands novateurs de l'époque. Fondateur de la nouvelle rhétorique, Chaïm Perelman, né à Varsovie, émigra en Belgique en 1925 et fut, jusqu'en 1978, professeur de logique, de morale et de métaphysique à l'université de Bruxelles. […] Lire la suite

PAULHAN JEAN (1884-1968)

  • Écrit par 
  • Yvon BELAVAL
  •  • 1 380 mots

Assuré que des lois existent et se formulent, Paulhan se prépare à écrire le deuxième tome des Fleurs de Tarbes, où il a été question surtout de terreur, en traitant de la rhétorique. Mais attention ! C'est un critique qui va aborder en savant la rhétorique. Traditionnellement, la critique se définissait : art de juger les productions littéraires et autres ; la rhétorique : art de bien dire pour persuader par vraisemblance (d'où les figures). […] Lire la suite

BARTOLI DANIELLO (1608-1685)

  • Écrit par 
  • Paul LARIVAILLE
  •  • 331 mots

Admis très jeune parmi les novices de la Compagnie de Jésus, Daniello Bartoli, après des études approfondies de rhétorique, puis de philosophie et de théologie, enseigne d'abord la rhétorique et devient bientôt un prédicateur apprécié. En 1646, il se voit conférer la lourde charge d'historien de la Compagnie de Jésus. Il publie, dès 1650, une biographie en cinq livres de saint Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre. […] Lire la suite

BARTOLOMEO DELLA PORTA FRA (1475-1517)

  • Écrit par 
  • Henri PERETZ
  •  • 1 006 mots
  •  • 3 médias

Une peinture rhétorique L'autre manière de Fra Bartolomeo, qui connut de son vivant un large succès, est une rhétorique codifiée. Peu à peu, le dominicain a formé une argumentation picturale qui est devenue le nervus probandi de son œuvre. Il adopte alors un style d'une grandiloquence toute particulière. Ses sujets sont des célébrations : gloire de la Madone, mariage mystique de saints. […] Lire la suite

MARTIANUS CAPELLA (2e moitié IVe s.)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 168 mots

Parallèlement aux Institutions de Cassiodore, l'encyclopédie de Martianus Capella a fourni au haut Moyen Âge la structure et le contenu de la culture, notamment pour la rhétorique et la dialectique. Son influence s'exerça jusqu'aux xie et xiie siècles. […] Lire la suite

LONGIN, lat. CAIUS CASSIUS LONGINUS (213 env.-273)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 180 mots

Il enseignait à Athènes, au iiie siècle, la philosophie et la rhétorique. La quasi-totalité de son œuvre est perdue, à l'exception d'un Art rhétorique et de quelques fragments conservés par Porphyre dans sa Vie de Plotin. C'est à lui qu'on a attribué, faussement, le fameux traité Du sublime. Philosophiquement, Longin se situe dans la tradition platonicienne ; mais, comme le dit Plotin, il est « plus philologue que philosophe ». […] Lire la suite

GRASSI ERNESTO (1902-1991)

  • Écrit par 
  • Alain PONS
  •  • 980 mots

Bien au contraire, s'il est, selon Grassi, une tradition qui, dès l'origine, a su échapper à la prééminence du discours logico-rationnel, démonstratif, médiat et dialectique, c'est bien celle de la rhétorique, qui a toujours été à l'écoute du langage des poètes, langage indicatif, immédiat, sémantique et pathétique. La rhétorique, en ce sens, a non seulement une portée philosophique profonde, elle est philosophie (Rhetoric as Philosophy est le titre d'un de ses ouvrages les plus significatifs). […] Lire la suite

LE FIL ET LES TRACES (C. Ginzburg) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Denis THOUARD
  •  • 1 070 mots

La dimension rhétorique perdure dans le passage aux faits, mais cette rhétorique est en elle-même argumentative. C'est la ligne de défense arrêtée par Ginzburg : contre la fictionnalisation de l'histoire, il insiste sur la rationalité de la rhétorique, irréductible à une manipulation du langage ; contre les tentations d'un repli sur l'histoire « positiviste », il rappelle que la dimension narrative et même fictive est partie prenante du travail historique. […] Lire la suite

LINGUISTIQUE Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Catherine FUCHS
  •  • 932 mots

, Aristote s’intéresse au langage, dans une perspective rhétorique (son traité fondateur, Rhétorique, analyse la technique du discours oratoire en quatre grands moments : l’invention, la disposition, l’élocution et l’action) ainsi que dans une perspective logique (traité des Catégories). Au ier siècle de notre ère, Quintilien écrit un ouvrage didactique (Institution oratoire) présentant les étapes de la formation du futur orateur ou écrivain, depuis les apprentissages de base – dont la grammaire – jusqu’aux techniques rhétoriques. […] Lire la suite

DENYS D'HALICARNASSE (Ier s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Dominique RICHARD
  •  • 504 mots

Il enseigne probablement la rhétorique à Rome comme il l'a fait à Halicarnasse. Il est l'ami de membres de la haute aristocratie et, si l'on en juge d'après les tendances reflétées par ses écrits, sa sympathie va au patriciat. Il a composé en grec des traités de rhétorique et de critique littéraire et des ouvrages historiques. Nous possédons un Traité de l'arrangement des mots, la première partie des Études sur les anciens orateurs (sur Lysias, Isocrate, Isée), un opuscule Sur la force du style de Démosthène, un autre Sur le caractère de Thucydide, deux Lettres à Ammée (la première sur Démosthène, la seconde sur Thucydide), un traité intitulé Dinarque (sur la vie et les discours de cet orateur), une Lettre à Cnéius Pompée où il justifie ses opinions défavorables à Platon ; mais nous n'avons plus son Traité de l'imitation, dont Quintilien s'est inspiré dans son dixième livre. […] Lire la suite

SUBLIME, littérature

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 344 mots

Mais sous couvert de mépriser la rhétorique, s'impose une éloquence du pathétique : fusion dans une même qualité d'âme de l'éthos et du pathos, de l'orateur et de l'auditeur. Rousseau, puis les orateurs révolutionnaires, voudront ne plus s'autoriser que de la grandeur de leur cause, se propageant en quelque sorte par contagion à celui qui la sert, puis à ceux qui écoutent. […] Lire la suite

FONTANIER PIERRE (1768-1844)

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
  •  • 270 mots

Comme son illustre devancier avait déjà reconnu le lien entre les deux premières, on peut tenir cette double offensive comme l'acte de naissance en deux temps de la rhétorique actuelle qui appuie ses analyses sur la bipolarisation métaphore/métonymie. On a pu dire que, plusieurs générations avant le structuralisme de Jakobson, Fontanier établit un « modèle perceptif spatialisé » fait de contiguïté (métonymie), d'intersection (synecdoque) et de superposition (métaphore). […] Lire la suite

MARSAIS CÉSAR CHESNEAU sieur Du (1676-1756)

  • Écrit par 
  • Michel BRAUDEAU
  •  • 294 mots

On ne lit plus guère de lui que le Traité des tropes, car l'estime où est, de nos jours, tenue la rhétorique justifie cette espèce de retour aux sources du côté de la théorie ou plutôt de la taxinomie rhétoricienne : « Pour le xviiie siècle, le traité le plus célèbre, et, au reste le plus intelligent, est celui de Du Marsais [...]. Son ouvrage, plus qu'une rhétorique, est une linguistique du changement de sens » (R. […] Lire la suite

LYSIAS (440 av. J.-C.?-? 380 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 292 mots

Fils d'un Grec de la colonie sicilienne de Syracuse qui s'était établi à Athènes, Lysias avait étudié la rhétorique en Italie, mais il revint à Athènes en ~ 412. Il est possible qu'il y ait alors enseigné la rhétorique. En ~ 404, Lysias fut arrêté, mais il se réfugia à Mégare d'où il défendit la cause des démocrates athéniens exilés. Lorsque la démocratie fut rétablie à Athènes en ~ 403, Lysias y reçut le titre de citoyen et y résida désormais, écrivant des discours à l'intention des plaideurs. […] Lire la suite

LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE, notion de

  • Écrit par 
  • Alain BRUNN
  •  • 1 058 mots

Il permet d'une part d'échanger des informations, d'autre part de défendre telle ou telle thèse : les lettres éloquentes et savantes, qui tirent leurs règles de la rhétorique antique, trouvent en Érasme un promoteur décidé. Étienne Pasquier, dans ses Lettres (1586), puis Jean-Louis Guez de Balzac (1624) font de l'épistolaire le lieu d'une forte invention rhétorique et stylistique. […] Lire la suite

PSYCHOMACHIE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre BORDIER
  •  • 345 mots

Le genre psychomachique naît de la rhétorique de l'Antiquité tardive, et plus particulièrement de la Psychomachie de l'Espagnol Prudence (348-env. 410) ; celle-ci raconte le combat allégorique des vertus et des vices représentés comme des héros de l'épopée classique ; parmi les vices sont rangés les dieux païens ; la victoire de chaque vertu sur le vice correspondant est figurée par un personnage de l'Ancien Testament ; le Christ donne aux vertus la victoire finale, symbole du triomphe du christianisme sur le monde païen : l'enjeu de la guerre est aussi bien l'Église que l'âme individuelle. […] Lire la suite

PERSONNIFICATION, esthétique

  • Écrit par 
  • Bernard CROQUETTE
  •  • 412 mots

« Figure de pensée », selon la terminologie de la rhétorique, consistant à représenter à l'aide des traits humains, physiques ou moraux, une abstraction ou une chose inanimée : ainsi les vices et les vertus dans la littérature (comme dans la peinture ou la sculpture) médiévale, et les vertus encore dans l'œuvre de Péguy. (Si l'écrivain prête, en outre, la parole à sa création, la personnification est prolongée en prosopopée. […] Lire la suite

LES COULEURS ET LES MOTS (J. Le Rider) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO
  •  • 1 058 mots

La spécificité de la question de la couleur (qui ne s'assimile ni à la peinture ni à l'image) permet à l'enquêteur d'adopter une attitude à la fois frontale et biaisée, notamment au regard de la rhétorique. Les Couleurs et les mots se présente à ce titre comme le complément idéal de La Couleur éloquente de Jacqueline Lichtenstein (1989). L'éloquence de la peinture répondant sans coup férir à la force imagée du verbe, « l'unité discursive de la rhétorique picturale et scripturale ne faisait pas de doute », au sein du dispositif classique. […] Lire la suite

ANTIPHON DE RHAMNONTE (480 av. J.-C.?-411 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 397 mots

Les douze autres discours, les Tétralogies, sont des exercices de rhétorique judiciaire destinés aux étudiants. Chaque tétralogie se compose de quatre discours : deux discours d'accusation et deux discours de défense d'un procès pour homicide. Denys d'Halicarnasse, qui enseigne la rhétorique au ier siècle av. J.-C., choisit les discours d'Antiphon comme exemple d'austérité dans l'art oratoire. […] Lire la suite

EXEMPLUM

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre BORDIER
  •  • 809 mots

Outre le sens habituel d'« exemple », le mot latin exemplum désigne une ressource de la rhétorique utile à qui veut susciter la persuasion. Aristote rapproche l'exemple, qui repose sur une inférence implicite, (raisonnement inductif) du syllogisme incomplet (déductif) ; après lui, la rhétorique latine (Cicéron, Quintilien, Valère Maxime) distingue le signe (preuve matérielle), l'argument (raisonnement déductif établissant le probable sur le certain) et l'exemple (fait ou dit d'un personnage célèbre du passé qu'il est conseillé d'imiter) dont un sous-genre est l'image, incarnation d'une vertu dans un homme. […] Lire la suite

GORGIAS (env. 483-env. 374 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 438 mots

Mis à part une Pythique, un Éloge des Éléens, peut-être un Éloge d'Achille et un Art rhétorique, dont on connaît seulement l'existence, Gorgias a laissé une Oraison funèbre et une Olympique, Éloge d'Hélène et une Apologie de Palamède, enfin un traité Sur le non-être ou sur la nature. Ces ouvrages, chacun dans son genre qui est d'ailleurs consacré, n'ont pour la plupart des commentateurs d'autre valeur que formelle : discours d'apparat ou jeux verbaux, où l'art rhétorique peut bien s'amuser à rendre le coupable innocent, le réel irréel et le faux vrai. […] Lire la suite

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