« Peinture espagnole »

MANET-VELÁZQUEZ. LA MANIÈRE ESPAGNOLE AU XIXe siècle (exposition)

  • Écrit par 
  • Robert DUPIN
  •  • 1 175 mots

Le musée d'Orsay à Paris, du 16 septembre 2002 au 5 janvier 2003, puis le Metropolitan Museum à New York (24 février-8 juin 2003), ont accueilli une exposition consacrée à l'influence de la peinture espagnole sur la peinture française du romantisme à la fin du xixe siècle, Manet-Velázquez. La manière espagnole au XIXe siècle. Les commissaires de cette exposition inédite, Geneviève Lacambre, du musée d'Orsay, et Gary Tinterow, du Met, étaient partis de ce constat que, dans le Paris de Louis-Philippe, non seulement Velázquez, mais aussi Murillo, Zurbarán et Ribera supplantent Raphaël et Poussin dans l'admiration de certains grands artistes, de même que Goya, graveur et peintre, qui apparaît comme un médiateur entre le Siècle d'or espagnol et le réalisme du temps. […] Lire la suite

ESPAGNE (Arts et culture) L'art espagnol

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
  •  • 5 038 mots
  •  • 10 médias

Écrits et enluminés dans les territoires chrétiens du Nord – en fait le León – ils représentent plus vraisemblablement un apport original de l'Église espagnole à l'histoire de la peinture, dont le mozarabisme a précipité une maturation préparée de longue date. L'affrontement de la Chrétienté et de l'Islam Au xe siècle, en premier lieu directement dans al-Andalus, puis indirectement dans les États chrétiens du Nord, en raison de l'attrait exercé par sa brillante civilisation, l'Islam avait fini par exercer une influence unificatrice sur l'Espagne entière. […] Lire la suite

RIBALTA FRANCISCO (1564-1628)

  • Écrit par 
  • Antonio BONET-CORREA
  •  • 388 mots

Ces figures viriles d'une sévérité solennelle, presque rébarbative, bien qu'inspirées de gravures de Dürer, s'inscrivent par leur puissance dans la ligne de la peinture réaliste espagnole. […] Lire la suite

GUINARD PAUL (1895-1976)

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
  •  • 1 251 mots

En 1976 a disparu, avec Paul Guinard, l'un des meilleurs connaisseurs de la peinture espagnole. Il était né à Annecy, et les traditions héritées de son père, officier, eurent une influence durable sur ses idées et sur son comportement. Après avoir participé à la campagne d'Orient pendant la Première Guerre mondiale, il entre tout de suite après sa démobilisation à l'École normale supérieure. […] Lire la suite

PACHECO FRANCISCO (1564-1654)

  • Écrit par 
  • Marc LE CANNU
  •  • 370 mots

Son principal ouvrage, L'Art de la peinture, son antiquité et sa grandeur (El Arte de la pintura, su antigüedad y grandeza, 1649), composé de trois livres consacrés à la définition de la peinture et à sa supériorité sur la sculpture, à sa division (en « décorum », « dessin » et « couleur »), aux diverses techniques et à l'iconographie sacrée, constitue un témoignage irremplaçable sur l'application des modèles de la pensée dévote espagnole du xviie siècle à l'explication du système des arts, ainsi qu'une source littéraire importante sur l'activité des peintres actifs à l'époque dans la péninsule Ibérique. […] Lire la suite

RIZI fray JUAN (1600-1681)

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
  •  • 265 mots

Artiste qui occupe une place à part dans la peinture espagnole parce qu'il s'agit d'un moine bénédictin de grande culture, Rizi se consacra surtout à la décoration de monastères de son ordre. Son père, Antonio Ricci, était un Italien venu travailler avec Federico Zuccaro, en 1585, au chantier de l'Escorial. Rizi entra au monastère de Montserrat en 1627, mais il en fut expulsé en 1640 lors de la révolte catalane. […] Lire la suite

DABIT EUGÈNE (1898-1936)

  • Écrit par 
  • Antoine COMPAGNON
  •  • 395 mots

Il dévoile dans ce dernier ouvrage un humanisme profond et un sens de l'esthétique qui se retrouve dans un autre ouvrage posthume, Les Maîtres de la peinture espagnole (1937). La solitude et la mélancolie demeurent toujours en arrière-plan des descriptions réalistes que l'emploi maîtrisé du langage parlé aussi bien que la simplicité et la justesse de l'expression rendent chaleureuses. […] Lire la suite

CAROLUS-DURAN CHARLES ÉMILE AUGUSTE DURAND dit (1837-1917)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre MOUILLESEAUX
  •  • 473 mots

Comme lui, il a eu, à Rome puis en Espagne, la révélation de la peinture espagnole et, comme lui, il tente d'affiner sa sensibilité et de renforcer ses moyens d'expression en étudiant les portraits de Velázquez. Mais il y a plus qu'un souvenir de Courbet dans un des premiers envois de Carolus-Duran au Salon de 1866, L'Assassiné (musée de Lille). Il est curieux de voir l'influence de l'Espagne ou de Courbet sur des peintres officiels tant décriés depuis : vigueur de la brosse, audace de l'éclairage, humanité profonde des sentiments ; voilà qui a séduit dans le courant réaliste. […] Lire la suite

JUAN DE FLANDES (1460 env.-apr. 1510)

  • Écrit par 
  • Nicole REYNAUD
  •  • 449 mots
  •  • 1 média

Originaire des Flandres, comme l'indique son surnom espagnol, et fixé en Espagne où il apparaît en 1496 au service de la reine Isabelle la Catholique, Juan de Flandes est le représentant le plus remarquable d'une tendance, dite hispano-flamande, de la peinture espagnole de la fin du xve siècle : des artistes venus des Pays-Bas ou y ayant fait leur apprentissage et influencés ensuite par l'esthétique de la Péninsule créent un style original fait de l'addition des deux cultures, illustré par les œuvres les plus achevées de la production ibérique autour de 1500. […] Lire la suite

RIBERA JOSÉ DE (1591-1652)

  • Écrit par 
  • Antonio BONET-CORREA
  •  • 1 616 mots
  •  • 3 médias

Bien qu'il ait quitté très jeune l'Espagne, son pays natal, pour s'établir à Naples, le peintre Ribera appartient totalement à la peinture espagnole tout en occupant une place considérable dans l'école italienne. Comme Poussin pour la France, c'est dans sa patrie d'origine que son art joue le rôle le plus important. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que Naples fait alors partie de la couronne espagnole et que, dès le début de sa carrière, Ribera obtient la protection des vice-rois espagnols qui – le duc d'Osuna et le comte de Monterrey – furent ses meilleurs clients et envoyèrent très tôt ses toiles en Espagne. […] Lire la suite

BONNAT LÉON (1833-1922)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre MOUILLESEAUX
  •  • 503 mots
  •  • 1 média

Bonnat est en contact direct avec la peinture réaliste espagnole, à une époque où des peintres comme Manet, Carolus-Duran, Ribot tournent leurs regards vers Ribera ou Velázquez. Il en gardera, outre un sens profond du naturalisme, le goût des ombres et une certaine fougue de la pâte. À Paris, il travaille dans l'atelier du peintre d'histoire Léon Cogniet, expose des portraits au Salon de 1857 et gagne un second prix de Rome qui lui vaut de partir pour l'Italie. […] Lire la suite

MURILLO BARTOLOMÉ ESTEBAN (1618-1682)

  • Écrit par 
  • Antonio BONET-CORREA
  •  • 1 871 mots
  •  • 5 médias

Il fut pratiquement à cette époque l'unique maître de la peinture espagnole connu à l'étranger. Aujourd'hui, pourtant, il est tombé dans un relatif oubli.Murillo, dont la biographie figure un an après sa mort dans le livre Teutsche Academie de Joachim von Sandrart, le Vasari allemand, fit sont entrée au xviiie siècle dans toutes les collections de l'aristocratie anglaise, et de tous les peintres espagnols ce fut celui qui tenta le plus les maréchaux de Napoléon au moment de l'invasion française en Espagne. […] Lire la suite

VELÁZQUEZ (exposition)

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 1 154 mots

Le Portrait de Pablo de Valladolid (vers 1635), bouffon du roi, représente selon Manet « peut-être le plus étonnant morceau de peinture qu’on ait jamais fait ». Divers portraits équestres sont peints pour le Salon des royaumes, au palais du Buen Retiro à Madrid. La Toilette de Vénus ou Vénus au miroir (1647-1651), un nu magnifique, genre peu abordé dans la peinture espagnole, met en relief la grâce du modèle par l’harmonie des courbes et la discrétion des couleurs. […] Lire la suite

GRECO (exposition)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 1 074 mots
  •  • 1 média

Le commissariat de cette belle exposition, présentée ensuite à Chicago, était assuré par Guillaume Kientz, directeur de l’art européen au Kimbell Art Museum de Fort Worth, et Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice de la peinture espagnole au musée du Louvre. La scénographie dépouillée conçue par Véronique Dollfus exaltait sur un fond blanc immaculé la splendeur chromatique de quelque soixante-quinze œuvres majeures du maître de Tolède. […] Lire la suite

MESONERO ROMANOS RAMÓN DE (1803-1882)

  • Écrit par 
  • Daniel DEVOTO
  •  • 271 mots

Cet ensemble domine le costumbrismo (genre spécialisé dans la peinture des coutumes) du xixe siècle ; l'auteur ne se limite pas aux types populaires, mais il traite aussi de sujets plus ambitieux — des toros au romantisme —, ce qui lui valut d'entrer à l'Académie espagnole en 1847. Bien des années plus tard, les Mémoires d'un septuagénaire (Memorias de un setentón, 1880) confirmèrent son talent. […] Lire la suite

NATURE MORTE

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 5 700 mots
  •  • 7 médias

 Ribot, Fantin-Latour, puis Manet, qui, tous, subissent plus ou moins l'influence de la peinture espagnole, la nature morte devient prétexte à des morceaux, opulents ou discrets, de peinture pure, où la méditation d'antan sur la fragilité des choses d'ici-bas se dérobe derrière une sorte de constat matérialiste de la beauté du réel (Manet, Le Jambon, Glasgow Museums and Arts Galleries). […] Lire la suite

LAM WIFREDO (1902-1982)

  • Écrit par 
  • Gérard LEGRAND
  •  • 517 mots

Dès cette époque (1939), la peinture de Lam se rapproche du surréalisme, auquel il adhère pleinement à Marseille en 1940, lorsqu'il s'y retrouve réfugié avec un certain nombre d'artistes du mouvement. En 1941, il réussit à regagner son pays natal (Cuba), sans cesser d'être en contact avec les surréalistes. Sa peinture atteint pendant cette période son premier sommet, avec des toiles comme La Jungle et Le Sombre Malumbo (galerie Pierre Matisse, New York). […] Lire la suite

GRECO (1541-1614)

  • Écrit par 
  • Véronique GERARD-POWELL
  •  • 2 510 mots
  •  • 7 médias

Son apport capital pour le développement de la peinture espagnole réside dans l'expression de la vie spirituelle et dans l'art du portrait qu'il a profondément enrichi. […] Lire la suite

SARMIENTO DOMINGO FAUSTINO (1811-1888)

  • Écrit par 
  • Paul VERDEVOYE
  •  • 864 mots

Comme ses compatriotes, Sarmiento, dans ses articles consacrés au théâtre, à l'opéra, à la peinture, se montre partisan de la théorie de l'art social. Disciple du Madrilène Mariano José de Larra, qui se moquait d'une société espagnole archaïque, il s'amuse à brosser, avec une verve qu'aucun autre écrivain satirique hispano-américain n'égale, des scènes de la vie chilienne ou argentine, déplorant la sauvagerie des corridas et des fêtes de carnaval, le mauvais état des routes ou des abattoirs, les méfaits des préjugés. […] Lire la suite

MÁRMOL JOSÉ (1817-1871)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 241 mots

Les critiques contemporains considèrent que les œuvres de Mármol ont plus d'intérêt historique que de valeur littéraire ; elles n'en eurent pas moins beaucoup de retentissement et exercèrent une grande influence sur le roman réaliste en Amérique latine de langue espagnole. […] Lire la suite

LEYDE

  • Écrit par 
  • Josiane COEKELBERGHS-CUYPERS
  •  • 248 mots
  •  • 1 média

Lors des troubles religieux du xvie siècle, Leyde subit, en 1574, deux sièges de l'armée espagnole. Pour la récompenser de sa résistance victorieuse, Guillaume le Taciturne lui proposa la fondation d'une université qui fut créée en 1575. Pendant le siècle d'or de la peinture hollandaise, de nombreux artistes naquirent dans la ville, tels que Rembrandt, Jan Steen et Gérard Dou. […] Lire la suite

CARREÑO DE MIRANDA JUAN (1614-1685)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 273 mots

Bien qu'il ait subi l'influence de Velázquez, dont il est en quelque sorte l'héritier spirituel, et celle de Van Dyck — ne l'appelle-t-on pas le Van Dyck espagnol —, Juan Carreño de Miranda est cependant un artiste profondément original qui mérite plus d'attention qu'on ne lui en a jusqu'à présent accordé. Appartenant à la petite noblesse asturienne, Carreño étudie la peinture à Valladolid, puis à Madrid où il arrive très jeune. […] Lire la suite

ALBERTI MERELLO RAFAEL (1902-1999)

  • Écrit par 
  • Robert MARRAST
  •  • 1 250 mots

Aussi, El Adefesio est-il peut-être, dans toute son œuvre, la plus terrible mise en accusation des cadres de la société espagnole, à travers une intrigue poétique retracée dans une langue admirable de richesse et de valeur dramatique. […] Lire la suite

SÁNCHEZ COELLO ALONSO (1531/32-1588)

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
  •  • 362 mots
  •  • 1 média

Néanmoins, la peinture de Sánchez Coello n'est ni flamande ni vénitienne, mais bien espagnole, surtout dans le genre du portrait de cour, auquel l'artiste sut imprimer une impulsion originale et réellement décisive. Il excelle à rendre l'allure hautaine et triste de personnages prisonniers de la plus rigoureuse des étiquettes. Leur maintien aristocratique les fige dans des compositions pyramidales. […] Lire la suite

MAGNASCO ALESSANDRO, dit IL LISSANDRINO (1667-1749)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 371 mots

À Milan, dans le climat de terreur et de misère que fait régner la tyrannie espagnole, il trouve ses modèles dans la rue. Son imagination exaltée, tantôt par une ferveur mystique, tantôt par une révolte quasi blasphématoire, cède aussi par moments à une célébration préromantique des forces de la nature. Funérailles juives ou Sépulture d'un moine (musée de Bassano), Réunion de quakers ou Noces bohémiennes (musée du Louvre), Cortèges de pénitents ou Leçon de chant à la corneille (coll. […] Lire la suite

MOLINIER PIERRE (1900-1976)

  • Écrit par 
  • Jean-François POIRIER
  •  • 1 107 mots

À la passion de la peinture et des filles, il en ajouta une troisième, celle du revolver, qui le rapproche d'Alfred Jarry, et fait de lui un authentique moderne, alors que ses goûts pervers et un attachement profond à la peinture auraient pu le cantonner dans l'académisme du symbolisme tardif. Mais ses rêves de dépeupleur trouveront un aliment plus pacifique et plus érotique dans l'histoire de la Belle Cécile dont l'une des pratiques était tombée raide morte après qu'elle eut exhibé devant lui un corsage des plus affriolants. […] Lire la suite

FORTUNATA ET JACINTA, Benito Pérez Galdós - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 816 mots

Il est considéré comme le chef-d'œuvre de l'écrivain espagnol Benito Pérez Galdós (1843-1920). L'aveuglement de l'amour Le destin des deux héroïnes, Fortunata et Jacinta, est évoqué à partir d'un tableau minutieux de la société espagnole de l'époque. Si l'action centrale se déroule de 1869 à 1876, des allusions nombreuses viennent élargir le cadre historique. […] Lire la suite

GAUTIER THÉOPHILE (1811-1872)

  • Écrit par 
  • Pierre MOREAU
  •  • 1 460 mots

Il n'est pas indifférent non plus que sa vocation initiale et sa première profession aient été la peinture. Ce sont des sensations de peintre qu'il conserva de ses voyages. Il pratiqua, sans s'y efforcer, par la seule pente de sa nature, cette « transposition d'art » dont d'autres firent un système d'esthètes. De là l'importance de ses « Salons » qui préparent les Maîtres d'autrefois. […] Lire la suite

CARAVAGE (vers 1571-1610)

  • Écrit par 
  • Arnauld BREJON DE LAVERGNÉE, 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 4 798 mots
  •  • 7 médias

Ribera découvre le caravagisme à Rome et marque au xviie siècle la peinture napolitaine (Rosa) comme la peinture espagnole. Stanzione, sensible et retenu, prend aussi son inspiration à Rome (Saraceni, Valentin) et influence le lyrisme délicat de Cavallino. Carraciolo est, à Naples, le premier maître de Preti qui se tourne ensuite vers Valentin, Serodine, Stomer, mais se montre sensible aux autres courants contemporains (Bologne, Rome). […] Lire la suite

PICASSO ET LES MAÎTRES (exposition)

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 1 121 mots

Ce qu'il mit ainsi en place, c'est une « peinture de la peinture », pour reprendre la formule d'Anne Baldassari, directrice du musée Picasso et commissaire générale de l'exposition. Dans une muséographie de Jean-François Bodin qui cherchait à souligner ce dialogue permanent et sans révérence, le parcours proposé s'ordonnait en dix grandes sections combinant les approches thématiques et chronologiques. […] Lire la suite

ORTEGA Y GASSET JOSÉ (1883-1955)

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 2 183 mots

Dans España invertebrada (1921), rejetant délibérément le ton d'amertume ou de regret de ses prédécesseurs, mais avec autant de pessimisme, Ortega pose à nouveau le grand problème de la décadence espagnole, en commençant d'abord par nier son existence. L'histoire de la nation espagnole, affirme-t-il, se caractérise depuis ses origines par l'absence de minorités choisies capables d'assurer son unité : « Le grand malheur de l'histoire espagnole a été le manque de minorités insignes et l'empire imperturbable des masses. […] Lire la suite

PICABIA FRANCIS (1879-1953)

  • Écrit par 
  • Arnauld PIERRE
  •  • 4 884 mots

Au moment même où le nom d'Ingres sert systématiquement de caution aux tenants du rappel à l'ordre en peinture, Picabia détourne l'héritage du maître de Montauban et dévalorise ses emprunts en les faisant servir à la fabrication d'images sans aura, fondées sur les poncifs d'un exotisme et d'un érotisme de folklore. Ingres est la cible : c'est ce que montre très littéralement un grand tableau ripoliné, La Nuit espagnole (1922, Wallraf-Richartz Museum und Ludwig Museum, Cologne), où la silhouette d'un nu empruntée à La Source d'Ingres est transformée en panneau de foire et parsemée d'impacts de tirs. […] Lire la suite

MURALISME

  • Écrit par 
  • Claude FELL
  •  • 2 231 mots

Formidable innovateur en matière de techniques picturales, Siqueiros propose une peinture de contrastes entre l'ombre et la lumière, animée de mouvements violents, parfois aux limites de la grandiloquence. De l'œuvre d'Orozco, abondante et variée, se dégage un sentiment de tragique qui n'exclut pas le sarcasme. Dans cette peinture qu'on a trop souvent réduite à l'usage du blanc et du noir, la couleur se déverse parfois comme un incendie. […] Lire la suite

ESPAGNE (Arts et culture) La littérature

  • Écrit par 
  • Jean CASSOU, 
  • Corinne CRISTINI, 
  • Jean-Pierre RESSOT
  •  • 13 749 mots
  •  • 4 médias

Ainsi Mariano José de Larra (1809-1837), qui se suicide en pleine jeunesse, a-t-il, dans ses chroniques de la vie sociale espagnole, dit avec ironie et mélancolie le vide de cette vie. Le roman espagnol du XIXe siècle L'existence espagnole est, en effet, vide et vaine, provinciale, sans issue. Les plus généreux efforts de l'esprit libéral et démocratique se heurtent à une monarchie fondamentalement régressive. […] Lire la suite

BATEAU-LAVOIR LE

  • Écrit par 
  • Maïten BOUISSET
  •  • 707 mots

C'est au Bateau-Lavoir que Braque, conduit par Guillaume Apollinaire, devait voir la toile et, le premier moment de stupeur passé, revenir tous les jours depuis la rue Lamarck où il habitait, et s'engager lui aussi dans un processus de création qui, parallèlement à celui du peintre espagnol, devait bouleverser la peinture moderne et donner naissance au cubisme. […] Lire la suite

ESPAGNE (Arts et culture) La musique

  • Écrit par 
  • Luis CAMPODÓNICO, 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 5 573 mots
  •  • 4 médias

S'il est aisé, par l'analyse sociologique, de distinguer musique espagnole et musique d'Espagne, l'analyse musicale, elle, ne permettra cette distinction que dans la polyphonie religieuse du xvie siècle et les dernières œuvres des compositeurs actuels, éloignées elles aussi des données purement nationales. L'Espagnol et sa musique Toute synthèse historique suppose la réponse à une question préalable : qu'est-ce que la musique espagnole ? Du concret à l'abstrait On ne peut répondre à cette question qu'après avoir éclairci en quoi et pourquoi l'Espagne se détache du reste de l'Europe au point d'appeler – d'exiger même – une distinction indispensable à sa compréhension. […] Lire la suite

CASTILLE

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT, 
  • Philippe WOLFF, 
  • Universalis
  •  • 10 285 mots
  •  • 12 médias

Le style flamand en peinture Les débuts de la peinture gothique en Castille avaient été difficiles. La décoration murale de la chapelle Saint-Martin de la cathédrale romane de Salamanque – datant peut-être de 1300 – se révèle encore à demi romane. Par la suite, au xive siècle, la Castille se mit à l'école de l'Italie, comme une bonne partie de la péninsule Ibérique. […] Lire la suite

ANVERS

  • Écrit par 
  • Guido PEETERS, 
  • Carl VAN DE VELDE, 
  • Christian VANDERMOTTEN
  •  • 8 122 mots
  •  • 5 médias

Le 4 novembre 1576, la ville doit subir la furie espagnole, pendant laquelle l'Hôtel de ville est incendié. De 1579 à 1583, il est reconstruit et sa décoration intérieure renouvelée. La réconciliation avec le régime espagnol s'accompagne d'une épuration visant les calvinistes. Une large partie de la population quitte la ville pour s'établir en Allemagne ou en Hollande. […] Lire la suite

BERRUGUETE ALONSO (1490-1561)

  • Écrit par 
  • Antonio BONET-CORREA
  •  • 735 mots
  •  • 1 média

On a toujours considéré Alonso Berruguete comme le sculpteur le plus original et le plus important de la Renaissance espagnole. Artiste de formation maniériste, acquise directement en Italie, il était le fils de Pedro Berruguete, peintre espagnol qui travailla à la cour des Montefeltro à Urbin dans les Marches et qui introduisit en Castille la peinture du Quattrocento, sans oublier pour autant la filiation flamande de ses débuts. […] Lire la suite

BOURDIN GUY (1928-1991)

  • Écrit par 
  • Christian CAUJOLLE
  •  • 821 mots

De ses origines familiales, nous ne savons rien — si ce n'est que sa mère était peut-être espagnole, et rousse. Son enfance a pour cadre une brasserie parisienne sur les grands boulevards où, vers l'âge de quinze ans, il croque les consommateurs tout en faisant ses devoirs. La passion du dessin — comme celle de la bicyclette — ne le quittera jamais. […] Lire la suite

SCARRON PAUL (1610-1660)

  • Écrit par 
  • Antoine ADAM
  •  • 1 339 mots

À cette époque, la comédie espagnole triomphait à Paris. Scarron alla donc chercher ses sujets dans la littérature espagnole, chez Tirso de Molina par exemple et chez Francisco de Rojas. Ces « comédies » de Scarron peuvent surprendre le lecteur d'aujourd'hui par un trait commun : la part du rire y est limitée à certaines scènes, et c'est un valet qui, pour l'essentiel, l'assure. […] Lire la suite

MASSON ANDRÉ (1896-1987)

  • Écrit par 
  • Françoise LEVAILLANT
  •  • 1 497 mots

Il est revenu en 1933 dans l'équipe de Kahnweiler, le marché de sa peinture se diversifie, sa vie personnelle se stabilise. Sa peinture prend des couleurs de feu et se développe dans un esprit de légende et de faste, avec des épisodes marqués par la parodie et le grotesque. L'œuvre espagnole de Masson n'est pas ordinaire : paysages emblématiques, insectes féeriques, corridas mythologiques et tragiques, fantaisies sur Don Quichotte. […] Lire la suite

ARTIGAS JOSEP LLORENS (1892-1980)

  • Écrit par 
  • José PIERRE
  •  • 790 mots

Noble mais non pas élitiste : le dernier livre d'Artigas, publié en 1970, est dédié à la céramique populaire espagnole. […] Lire la suite

SARDUY SEVERO (1937-1993)

  • Écrit par 
  • Claude FELL
  •  • 874 mots

En tant que directeur de collection, enfin, il a joué un rôle capital dans la traduction et la diffusion de la littérature latino-américaine et espagnole en France : aux éditions du Seuil, il a édité Borges, Guimarães Rosa, Arenas, García Márquez, Lezama Lima, Sábato, Eduardo Mendoza, entre autres ; chez Gallimard, avec la collection La Nouvelle Croix du Sud, il a tenté de faire connaître de nouveaux talents : l'Argentin César Aira, le Vénézuélien José Balza, la Cubaine Mayra Montero, le Portoricain Luis Rafael Sanchez. […] Lire la suite

SEGHERS DANIEL (1590-1661)

  • Écrit par 
  • Jacques FOUCART
  •  • 856 mots
  •  • 1 média

En 1967 fut publié son livre de commandes, inconnu jusqu'ici, daté de 1661, l'année même de sa mort ; il révèle l'étendue de sa célébrité : toute la haute noblesse internationale de l'époque, fût-elle anglaise, espagnole, italienne, allemande ou française, reçut ou commanda des fleurs à Seghers ; pour mesurer la place que tint la collaboration avec d'autres peintres pour l'exécution des médaillons ou des sujets de piété qu'entouraient les festons de fleurs de Seghers (c'est un aspect fondamental de son art que cette efficace division du travail qui avait été déjà inaugurée par Brueghel de Velours et qui sera reprise par bien d'autres), le document de 1967 confirme la place éminente et centrale du Jésuite dans la peinture flamande de son temps ; on compte parmi les principaux associés de Seghers Erasmus Quellinus (28 fois), Cornelis Schut (44), Diépenbeck et Simon de Vos (6 fois chacun), mais Rubens et Gérard Seghers n'apparaissent que deux fois seulement. […] Lire la suite

BÜHRLE FONDATION, Zurich

  • Écrit par 
  • Daniel HARTMANN
  •  • 865 mots

Le visiteur découvre ainsi dans le cadre d'une demeure privée dotée de son ameublement – meubles, poêles de faïence, lustres – une collection particulière réunissant des œuvres des écoles française, espagnole, italienne et flamande ainsi qu'un ensemble de sculptures rhénanes des xive et xve siècles. Emil Georg Bührle naquit en 1890 à Pforzheim (Baden, Allemagne) au sein d'une famille de fonctionnaires. […] Lire la suite

MUÑOZ JUAN (1953-2001)

  • Écrit par 
  • Thierry DUFRÊNE
  •  • 860 mots

L'insistance sur le vide, comme dans les extraordinaires raincoat drawings – dessins d'intérieurs bourgeois avec images au mur, souvent en rupture avec l'ambiance, comme celle de soufis tournant – en fait un lieu propice aux apparitions, mais aucune image n'est imposée, à la différence de la peinture surréaliste. Logé dans le trou du souffleur, un nain de bronze attend. […] Lire la suite

HANOUN MARCEL (1929-2012)

  • Écrit par 
  • Raphaël BASSAN
  •  • 1 384 mots

Établi dans la capitale espagnole pour réaliser quelques documentaires, Hanoun ébauche, sous nos yeux, les diverses étapes d'un film en gestation. L'auteur transforme ses hésitations, ses doutes, et les conditions difficiles de travail en matériaux constitutifs de l'œuvre. Cette problématique se poursuit dans L'Hiver (1969), L'Automne (1972) et Un film (autoportrait) (1983), et se trouve mêlée, avec d'autres stratégies esthétiques, à une grande partie de sa filmographie. […] Lire la suite

SIÈCLE D'OR (mise en scène C. Schiaretti)

  • Écrit par 
  • Didier MÉREUZE
  •  • 971 mots

Il repose sur un triple principe : l'adhésion au catholicisme que partage l'ensemble de la société espagnole, le respect d'une loi, laquelle répond à un ordre voulu par Dieu qui assigne à chacun sa place, et la fidélité au roi qui protège chacun contre les abus, les petits contre les grands. De Guillén de Castro à Ruiz de Alarcón, en passant par Calderón et Torres Naharro, ses auteurs appartiennent pour le plus grand nombre, peu ou prou, à l'Église. […] Lire la suite

GOYA FRANCISCO (1746-1828)

  • Écrit par 
  • Marcel DURLIAT
  •  • 2 685 mots
  •  • 7 médias

Pour transmettre le résultat de ses expériences et de ses découvertes, pour donner forme à ses visions, Goya ne pouvait compter sur le langage de la peinture traditionnelle. Au prix d'un immense labeur – 500 peintures, 280 eaux-fortes et lithographies environ, et près d'un millier de dessins – il créa une nouvelle technique d'expression. Avec lui naît la peinture moderne. […] Lire la suite