« Matérialisme+-+Spiritualisme »

DOMENACH JEAN-MARIE (1922-1997)

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 957 mots

La livraison de novembre 1957, qui inaugure une nouvelle série, présente, dans le droit-fil du rapport de Mounier à Font-Romeu en 1932, les objectifs qui n'ont cessé d'être ceux que Domenach s'est appliqué à poursuivre : l'analyse toujours recommencée des conditions de l'existence humaine ; la restitution, entre matérialisme et spiritualisme, du sens concret de la vie personnelle ; la compréhension du monde et la communion des hommes dans une civilisation du travail affranchie de la tyrannie de l'argent. […] Lire la suite

SPIRITUALISME

  • Écrit par 
  • Dominique JANICAUD
  •  • 2 195 mots

Dans l'ivresse de cet élan, l'inspiration spiritualiste ne cède-t-elle pas à une présomption dangereuse pour la science comme pour la pensée philosophique ? Les faiblesses du spiritualisme philosophique S'efforçant d'occuper une position médiane entre le matérialisme et l'idéalisme, mais, à ses yeux, supérieure à ces deux pôles extrêmes de la pensée, le spiritualisme n'échappe pas lui-même à de sérieuses objections. […] Lire la suite

MOUNIER EMMANUEL (1905-1950)

  • Écrit par 
  • Jean-Marie DOMENACH
  •  • 1 364 mots

Contre ce monde, le marxisme incarne la révolte des pauvres, mais il ne peut le contredire vraiment, car il a subi l'empreinte de son ennemi, le capitalisme : ce matérialisme est l'envers, et la sanction, d'un spiritualisme qui a trahi. Catholique fervent, Mounier s'indigne particulièrement de ce que « le spirituel » (qui n'est pas seulement le religieux, mais tout rapport vécu aux valeurs) ait été solidarisé avec « le désordre établi ». […] Lire la suite

POSITIVISME, notion de

  • Écrit par 
  • Jean LECLERCQ
  •  • 1 384 mots

À partir de là, le positivisme se démarque du scientisme, du matérialisme, de l'empirisme, du réalisme et du spiritualisme, tels qu'ils sont pensés jusqu'à la fin du xixe siècle. D'un point de vue épistémologique, il considère le fait (« l'énoncé ») comme observable (l'objet) et subjectivable (la relation), pour éviter un naturalisme et un subjectivisme absolus. […] Lire la suite

ÉCLECTISME

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 601 mots
  •  • 1 média

L'éclectisme de Victor Cousin (1792-1867) est un spiritualisme qui reflète le système politique mixte que voulait instaurer la monarchie de Juillet. Il veut être une philosophie supérieure à tous les systèmes, dégageant ce qu'il y a de vrai dans l'ensemble de ceux-ci, qui se trouvent ramenés aux quatre types fondamentaux du matérialisme, de l'idéalisme, du scepticisme et du mysticisme. […] Lire la suite

RIBOT THÉODULE (1839-1916)

  • Écrit par 
  • Georges TORRIS
  •  • 578 mots

Dans sa Psychologie des sentiments (1896), Ribot affirme, indépendamment de Freud, la primauté de la vie affective et des tendances inconscientes ; dans Les Maladies de la volonté (1883), dans La Psychologie de l'attention (1889) et dans La Vie inconsciente et les mouvements (1914), il pousse, avec beaucoup de subtilité et une remarquable documentation, son épiphénoménisme jusqu'aux limites du matérialisme ou d'un déterminisme que ne désavoueraient pas les béhavioristes : l'attention est une réaction motrice déterminée par l'intérêt ; les tendances sont des mouvements en puissance ; la volonté n'est qu'un fait physiologique accompagné de conscience. […] Lire la suite

MABILLE PIERRE (1904-1952)

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 600 mots

 » Son matérialisme est intégral, en ce sens qu'il ne s'oppose pas à un quelconque spiritualisme mais en rend compte comme d'une matière humaine induite à se nier sous la pression d'un système économique et social. Il s'agit alors d'en revenir à la nature fondamentale des êtres et des choses. Attiré par l'hermétisme et par l'imaginaire, qu'il explore dans son Miroir du merveilleux (1940), Mabille soupçonne l'alchimie d'être beaucoup plus que l'opération du faiseur d'or ou de l'ascète mystique. […] Lire la suite

BACHELARD GASTON (1884-1962)

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 3 478 mots
  •  • 1 média

Au contraire, la conception de l'imaginaire que formule Bachelard ne manque pas de faire écho à la cosmologie des présocratiques, aux pouvoirs de l'imagination chez les penseurs de la Renaissance (néo-platonisme et alchimie, en tant qu'elle conjuguait matérialisme et spiritualisme), aux théories de l'idéalisme allemand (Fichte, Hegel, Schelling), et enfin aux idées de Schopenhauer, Nietzsche et Freud. […] Lire la suite

OCCULTISME

  • Écrit par 
  • René ALLEAU
  •  • 1 322 mots

En tant qu'il témoigna cependant d'une généreuse et saine réaction de la libre recherche contre les excès dogmatiques de l'enseignement positiviste et du matérialisme « scientiste », l'occultisme constitua, en revanche, un phénomène psychologique et social aussi riche en vivantes conséquences et en expériences intérieures authentiques qu'il fut infantile, maladroit et naïf dans sa formulation théorique. […] Lire la suite

MATÉRIALISME

  • Écrit par 
  • Georges GUSDORF
  •  • 3 912 mots
  •  • 1 média

Selon Lénine, « le matérialisme dialectique insiste sur le caractère approximatif, relatif, de toute proposition scientifique concernant la structure de la matière et ses propriétés » (Matérialisme et empiriocriticisme). On peut donc concevoir un matérialisme philosophique qui serait un matérialisme sans matière. Mais, si philosopher consiste à savoir ce que parler veut dire, il serait sans doute plus sage de renoncer à l'utilisation systématique de notions confuses. […] Lire la suite

SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 160 mots
  •  • 1 média

Radicalisant la philosophie transcendantale de Kant, il peut renvoyer dos à dos un spiritualisme mystificateur et un matérialisme plus dangereux encore. Schopenhauer fait de la volonté non pas une nouvelle dénomination de l'absolu (terme qu'il a toujours ridiculisé), mais la meilleure approximation que le sujet connaissant puisse atteindre de la chose en soi. […] Lire la suite

WALRAS LÉON (1834-1910)

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 2 556 mots

Cependant, il convient de remarquer que l'importance qu'il attacha aux premières n'est pas seulement attestée par le fait qu'il les reprit, après qu'il eut renoncé en 1892 à son enseignement, et les poursuivit jusqu'à sa mort, survenue à Clarens ; toute sa vie, il a visé l'établissement d'un « socialisme vraiment scientifique », dont il rappela une dernière fois les conditions de réalisation à l'occasion de son jubilé scientifique, en 1909 ; sa vie durant, il a voulu élaborer un système moral fondé sur une conciliation du spiritualisme et du matérialisme où l'on reconnaît l'influence d'un de ses livres de prédilection, La Métaphysique et la science, d'Étienne Vacherot. […] Lire la suite

MONOCHROME, peinture

  • Écrit par 
  • Denys RIOUT
  •  • 3 834 mots
  •  • 1 média

Les unes aspirent à la beauté, les autres au sublime, d'autres encore relèvent du spiritualisme, du matérialisme, de l'ironie critique ou du désespoir. Il en est de toutes les couleurs, et encore des blanches, des noires. On en rencontre des petites et des grandes, des lisses et des fripées, des rugueuses, des chaotiques, des brillantes, des mates et des satinées. […] Lire la suite

SCIENCES Science et christianisme

  • Écrit par 
  • Jacques ROGER
  •  • 4 121 mots

Le matérialisme pratique de la science devait s'appliquer à l'homme comme à tout autre objet naturel. Le spiritualisme chrétien devenait un obstacle démodé. Sur le continent, ce sont les événements révolutionnaires de 1848 qui firent éclater le conflit au grand jour, au moment même où Renan rédigeait L'Avenir de la science (paru en 1890). En Allemagne, où la réaction politique après 1815 avait été particulièrement sévère, de jeunes intellectuels s'engagèrent dans la révolution et furent finalement vaincus. […] Lire la suite

SYMBOLISME Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Daniel GROJNOWSKI
  •  • 2 685 mots
  •  • 2 médias

Dans tous les cas, les écrivains et artistes qu'assemble la désignation « symbolisme » dénoncent une société vouée au « matérialisme » par le progrès technique. Ils recourent volontiers à des manifestes, à des écrits théoriques et ils partagent les mêmes credos spiritualistes. On rendra compte de cette esthétique en considérant tour à tour une école et un imaginaire, quelques figures de proue, des idées-forces, des thèmes en vogue, mais aussi des œuvres auxquelles on doit un remarquable renouveau littéraire et artistique. […] Lire la suite

IMMANENCE ET TRANSCENDANCE

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 4 283 mots
  •  • 1 média

On n'a pas affaire, cependant, à un empirisme ou à un matérialisme, mais à un monisme rigoureux. Un seul monde, une seule nature, un seul système d'explication. Mais ce système est réflexif, ce monde est une totalité, et l'immanence réside dans le fait que la totalité se réfléchit et se connaît dans chaque partie, tandis que toutes les parties dépendent de toutes les autres et de la totalité. […] Lire la suite

VIE

  • Écrit par 
  • Georges CANGUILHEM
  •  • 10 956 mots

Chauffard, confondant dans la même réprobation d'une part Littré et Robin, d'autre part Ludwig Büchner (Kraft und Stoff, 1855), grand prêtre, à l'époque, du matérialisme en Allemagne. Chauffard célébrait « l'indissoluble alliance de la médecine et de la philosophie », et s'enflammait à fonder « la notion de l'être réel et vivant » sur « la raison humaine se sentant cause et force » (De la philosophie dite positive dans ses rapports avec la médecine). […] Lire la suite

MODERNISME, catholicisme

  • Écrit par 
  • Émile POULAT
  •  • 5 231 mots

Ils déclaraient ne condamner que les erreurs, les déviations et les dangers de cette civilisation moderne, dont les « principes » étaient à base de naturalisme, de rationalisme et de matérialisme. Les « droits de l'homme » s'élevaient com-me une revendication face aux « droits de Dieu » sur lesquels, jusqu'alors, reposait tout l'ordre social. Était-il concevable qu'une société saine fût fondée sur de faux principes ? Pour un pape ou un théologien, évidemment non ! Mais on aurait tort de juger cette argumentation dénuée de tout intérêt si l'on n'est ni pape, ni théologien, ni même catholique. […] Lire la suite

INTÉRIORITÉ

  • Écrit par 
  • Étienne BORNE
  •  • 5 268 mots

Si le matérialisme dialectique, de Marx à Engels et à Lénine, condamne, sous le nom préalablement disqualifié d'idéalisme, toute philosophie de l'intériorité, c'est qu'il est animé par une invincible réminiscence des grands thèmes hégéliens : dire que le travail est l'être même de l'homme, c'est avancer que la réalité humaine, désubjectivisée, n'existe pas dans l'intimité de la conscience mais dans sa relation à la nature et à la société ; recourir aux dialectiques jumelles de la nature et de l'histoire pour rendre compte de toute situation concrète, c'est expliquer l'homme en l'inscrivant à sa place dans une totalité humaine et faire de tout conflit intérieur à la conscience le reflet subjectif des contradictions objectives qui opposent une classe à une classe et une société à une société. […] Lire la suite

PROUDHON PIERRE JOSEPH (1809-1865)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 5 666 mots
  •  • 2 médias

Sa double attaque contre le spiritualisme intégriste avant la lettre et le matérialisme intégral vise un même unitarisme dogmatique érigeant en principe dominateur un seul élément de la pluralité sociale. Il n'est jusque dans ses diatribes pédagogiques où, dénonçant « séparation de l'intelligence et de l'activité », « de l'écolage et de l'apprentissage », de l'homme « en un automate et un abstracteur », il combat l'absolutisation, négation de la relation pluraliste (théorie critique du mysticisme idéaliste et matérialiste). […] Lire la suite

PANTHÉISME

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
  •  • 7 628 mots

C'est pourquoi il est aussi absurde de dire du spinozisme qu'il est un matérialisme que d'en faire un spiritualisme. L'Étendue n'explique pas la Pensée ni la Pensée l'Étendue. Le Dieu Nature Ce dualisme méthodologique et existentiel n'est pas moins rigoureux que le monisme ontologique, qui suppose l'homogénéité de l'être et l'absence de toute distance entre l'être et lui-même, c'est-à-dire au cœur de la Substance. […] Lire la suite

JAPON (Le territoire et les hommes) Droit et institutions

  • Écrit par 
  • Jacques ROBERT, 
  • Universalis
  •  • 9 673 mots
  •  • 3 médias

La nouvelle civilisation que ses adeptes veulent promouvoir doit être l'harmonieuse union du spiritualisme et du matérialisme, du capitalisme et du socialisme. De cette union naîtra une société idéale où la liberté de l'homme sera assurée, la valeur de la personnalité reconnue et le but de la communauté atteint. Ainsi les hommes de la Sōkagakkai sont-ils les seuls à avancer l'idée d'une unification du monde et à œuvrer pour sa réalisation. […] Lire la suite

PSYCHOLOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre GRÉCO
  •  • 16 253 mots
  •  • 3 médias

Et c'est vraisemblablement dans le champ pathologique que l'occasion lui a été donnée non pas, bien sûr, de liquider le conflit idéologique du matérialisme et du spiritualisme, mais de se forger une méthodologie pour éluder le dilemme entre les artifices du laboratoire et la liberté inconditionnelle de la pure réflexion. En France notamment, ce n'est pas sans doute un hasard si les grands psychologues (qui ont aussi bien inspiré les cliniciens que les expérimentalistes de leur temps) ont été, dans le premier demi-siècle surtout, des hommes ayant reçu une double formation, médicale et philosophique, comme Pierre Janet (1859-1947), Georges Dumas (1866-1946) ou Henri Wallon (1879-1962). […] Lire la suite

ZEN

  • Écrit par 
  • Claude GRÉGORY
  •  • 18 747 mots

Idéalisme et réalisme d'un côté, spiritualisme et matérialisme de l'autre sont ainsi, non pas renvoyés dos à dos mais livrés à l'évaporation d'un essentialisme qui n'a même plus loisir de dialectiser. C'est encore le génie du Mahāyāna que d'avoir, dans le même mouvement, fait de la bodhi ce que nous avons désigné plus haut par terme proche. La bodhi, inséparable d'avidhyā (l'ignorance) comme la clarté de l'obscur, est, en chaque homme, contrepartie du jeu de miroir des skandha. […] Lire la suite

PHILOSOPHIE

  • Écrit par 
  • Jacques BILLARD, 
  • Jean LEFRANC, 
  • Jean-Jacques WUNENBURGER
  •  • 21 137 mots
  •  • 8 médias

Nul ne se demande « pourquoi des mathématiciens ? », dès lors que les mathématiques sont reconnues comme science. Mais « pourquoi des philosophes ? » ne revient pas à la question beaucoup plus classique « pourquoi la philosophie ? » à laquelle il est habituellement répondu par quelques variations sur un thème aristotélicien : argumenter contre une philosophie est encore philosopher. […] Lire la suite

 
 

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