« Eidos »

RÉDUCTION EIDÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 342 mots

Dans la phénoménologie de Husserl, la réduction eidétique consiste en une méthode grâce à laquelle le philosophe passe de la conscience des objets individuels et concrets au royaume transempirique des pures essences et atteint ainsi une intuition de l'eidos de la chose, c'est-à-dire de ce qu'elle est dans sa structure essentielle et invariable, une fois éliminé tout ce qui, en elle, est contingent et accidentel. […] Lire la suite

ESSENCE, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 494 mots

 Du point de vue sémantique, « essence » est resté synonyme d'espèce (eidos) en économie forestière. En chimie, on appelle essence le produit d'une distillation, ce qui a été purifié des substances étrangères, de l'accidentel. On peut ainsi penser que les différents sens du terme « essence » se laissent aisément unifier. […] Lire la suite

SCOLARI MASSIMO (1943- )

  • Écrit par 
  • Simon TEXIER
  •  • 1 004 mots

Il a poursuivi son activité théorique et éditoriale au sein de plusieurs revues (Lotus International, Casabella, Eidos) et pris part au comité scientifique de l'exposition L'Architecture de la Renaissance italienne, de Brunelleschi à Michel-Ange (Palazzo Grassi, Venise, 1994). Parallèlement à l'exposition John Soane et les ponts en bois suisses, organisée à Vicence en 2002, il a présenté l'installation Il ponte di Cesare, évocation de la traversée du Rhin par Jules César en 55 av. […] Lire la suite

HYLÉMORPHISME

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 938 mots

La forme (morphê, eidos, logos), c'est, pour la statue, la figure représentée (Métaph., Z, 3, 1029 a 4), ce que la réalité sujette au devenir avait à acquérir pour être ce qu'elle est, la détermination essentielle (Phys., II, 3, 194 b 27). Principe exclusif d'actualité pour le composé, la forme est seule à en assurer l'intelligibilité, la matière n'étant compréhensible que par la forme. […] Lire la suite

ESPÈCE, biologie

  • Écrit par 
  • Jean GAYON
  •  • 4 774 mots
  •  • 5 médias

Le mot species (qui a donné espèce en français) est la traduction latine que Cicéron a proposée du terme grec eidos, peut-être le terme le plus important de toute l'histoire de la philosophie. En français, eidos est le plus souvent traduit par « idée » quand il s'agit de Platon, et par « forme » quand il s'agit d'Aristote. Chez ces deux philosophes, eidos renvoie à ce qui existe réellement, par-delà les changements apparents. […] Lire la suite

CHIASME, symbolisme

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 175 mots

Eidos que doit reconnaître la conscience comme la manifestation de son essence et tenter alors « en conscience de connaissance » d'en chercher la secrète ouverture comme transparition symbolique de l'Être au cœur de l'Étant. Le chiasme est tout à la fois le voile phénoménal et le chemin de possible ascension symbolique vers un dévoilement de l'Être. […] Lire la suite

BAUMEISTER WILLI (1889-1955)

  • Écrit par 
  • Liliane MEFFRE, 
  • Universalis
  •  • 1 186 mots

Les titres eux aussi – Eidos, Gilgamesch, Montaru, Aru, Bluxao, Han-i – révèlent l'éclectisme des itinéraires intellectuels et spirituels de l'artiste dans des paysages métaphysiques de tous les temps et de tous les lieux. L'année de sa mort, en 1955, la Documenta I à Kassel lui rend hommage, ainsi qu'à son ami Léger. […] Lire la suite

BATESON GREGORY (1904-1980)

  • Écrit par 
  • Daniel de COPPET
  •  • 3 295 mots

Ces processus sont repérés aussi bien dans l'eidos, dans l'ethos que dans les relations sociologiques. La schismogenèse symétrique dénote une différenciation égalitaire et compétitive, tandis que la forme complémentaire est de nature hiérarchique. De tels changements progressifs éliminent la notion de hasard chère aux théories de la mutation et de la sélection naturelle. […] Lire la suite

ESTHÉTIQUE Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 1 609 mots

Ce par quoi un étant diffère d'un autre étant, son visage ou sa physionomie, eidos ou idea, Platon le tient comme source d'une distinction entre le limitant (la forme, morphè) et le limité (la matière, hylè). Ce qui se montre avec le plus d'apparence, l'ekphanestaton, ce à propos de quoi s'aiguise le mieux l'hylémorphisme ou l'opposition matière-forme, Platon l'appelle le beau. […] Lire la suite

INTELLECT & INTELLIGIBLES

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 712 mots

L'intelligible est ce qui est l'objet de connaissance intellective : noêtos (intelligibile, intellectum) ; eidos (species [ou forma] intelligibilis), logos (ratio), d'où la raison comme système des vérités éternelles, la raison d'être au sens de principe d'explication. L'intelligible se distingue de l'objet de connaissance sensible, aisthêton, sensibile (empirique pour Kant). […] Lire la suite

TECHNIQUE

  • Écrit par 
  • Cornélius CASTORIADIS
  •  • 12 488 mots

Ce qui, ici, empêche de voir, c'est l'eidos platonicien, le paradigme éternel nécessaire de tout ce qui pourra jamais être, et sa conséquence, la mimésis. Ce que la technique amène à être, dans les cas décisifs, n'est pas une imitation ou une reprise d'un modèle naturel (même si un vague analogue peut se trouver réalisé dans la nature par accident) ; c'est quelque chose qui, par rapport à la nature, est « arbitraire ». […] Lire la suite

IMITATION, esthétique

  • Écrit par 
  • Danièle COHN, 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 3 915 mots
  •  • 1 média

Le lit peint imite l'objet fabriqué, qui lui-même est un artefact, imaginé, puis constitué d'après une « forme » (eidos), en vue d'une fonction. Les arts se retrouvent dans une impasse – ce que Platon appelle une « aporie ». Puisque la copie n'égale jamais le modèle, et puisque sa qualité essentielle est l'excellence de la ressemblance à l'Idée, l'œuvre d'art n'a d'autre visée que d'orienter vers cette dernière. […] Lire la suite

DARWINISME

  • Écrit par 
  • Dominique GUILLO, 
  • Thierry HOQUET
  •  • 5 497 mots

On a là une signification importante du darwinisme : il entraîne l'abandon des eidos, des formes ou des types immuables, qui auraient été donnés dès le départ et dont tous les individus actuels ne seraient que des exemplaires. Enfin, la cinquième théorie de Darwin, celle à laquelle son nom est le plus souvent attaché, est celle de la sélection naturelle. […] Lire la suite

DIEU Problématique philosophique

  • Écrit par 
  • Jacques COLETTE
  •  • 5 676 mots

Et, cependant, l'eidos, au sens platonicien du terme, continue d'imposer sa loi, même si ce qui est à penser n'est pas sans rapport avec celui qui pense. Il importe donc d'être attentif à cet héritage multiforme pour comprendre ce dont il s'agit quand on parle du Dieu de la métaphysique moderne. Ainsi, chez Descartes, la philosophie ne peut s'arrêter à « ce qui s'appelle Deus en latin, et qui est adoré par les hommes » (lettre à Mersenne déjà citée). […] Lire la suite

HEIDEGGER MARTIN

  • Écrit par 
  • Jean BEAUFRET, 
  • Alphonse DE WAELHENS, 
  • Claude ROËLS
  •  • 5 250 mots
  •  • 1 média

Ce primat a sa source dans l'identification qui fut posée par Platon et qui, depuis, n'a jamais vraiment été remise en cause, entre l'être et l'essence, celle-ci étant conçue comme eidos (idée), c'est-à-dire comme ce qui est à voir. Cet abus a exercé un tel empire que même le Dasein lui a été soumis. Le « chosisme » figure parmi ses plus redoutables effets. […] Lire la suite

PARFUMS

  • Écrit par 
  • Brigitte MUNIER, 
  • Paul TEISSEIRE
  •  • 5 934 mots
  •  • 5 médias

Le parfum stylise, met en forme, au sens presque aristotélicien du terme : il livre l'idée que la personne avoue pour sienne, l'eidos, l'âme. Il ne s'agit plus de se désodoriser, mais de se distinguer par l'odeur, non plus assimilée à l'animalité, mais à l'âme, puisque le parfum, révélant l'intimité de la personne, en livre la quintessence : « Je connais son odeur, pas seulement les parfums qu'elle préfère ; non, son odeur sienne », écrit Jules Romains. […] Lire la suite

HUSSERL EDMUND

  • Écrit par 
  • Gérard GRANEL
  •  • 8 621 mots
  •  • 1 média

Il y a là en effet quelque chose qui pourrait n'être pas du tout compris, d'une part parce que la mathématique, avant d'être l'occasion de la redécouverte par Husserl du Logos et de l'Eidos « grecs », a d'abord été la première science à recevoir un développement moderne (entre la génération de Fermat, Pascal, Descartes et celle de Leibniz et de Newton) entraînant dans son sillage non seulement une physique moderne, c'est-à-dire une physique mathématique, mais encore le projet d'une métaphysique moderne qui s'est conçue elle-même comme « mathesis universalis » ou comme philosophie « more geometrico », et que par conséquent la mathématique n'est pas par elle-même ce qui conduirait la pensée vers une « radicalité principielle » de type « grec », qu'au contraire même son exemple – que Kant tiendra pour cette raison pour l'exemple « corrupteur » de la métaphysique par excellence – peut pousser à exercer la pensée simplement comme une science, sur une base « naïve » ou « naturelle », et non pas l'en détourner ; d'autre part parce que la philosophie moderne n'ignore pas (et Husserl n'ignore pas qu'elle ne l'ignore pas) les « efforts [. […] Lire la suite

IDENTITÉ

  • Écrit par 
  • Annie COLLOVALD, 
  • Fernando GIL, 
  • Nicole SINDZINGRE, 
  • Pierre TAP
  •  • 13 231 mots
  •  • 1 média

L'identité véritable se dit des êtres « dont la matière est une, soit par la forme, soit par le nombre, ainsi que des êtres dont la substance [au sens de eidos] est une » (Métaph., V, 9). Plus précisément, l'identité ne se limite pas à l'identité numérique ; elle est aussi une identité selon le logos (X, 3, cf. aussi VII, 6), à savoir la définition, l'essence ; et, dans certaines limites, la seconde peut même l'emporter sur la première : ainsi, « une coupe tronquée est encore une coupe, tandis que le nombre n'est plus le même » (ibid. […] Lire la suite

PLATON

  • Écrit par 
  • Monique DIXSAUT
  •  • 13 762 mots
  •  • 3 médias

Les Formes et la participation Formes et essences réfèrent aux mêmes réalités, mais Platon emploie plutôt le terme Forme (ou Idée : eidos) quand il veut répondre à une double question, celle de l'articulation des réalités en soi avec les choses sensibles, ou celle de leurs articulations entre elles. Dans le premier cas, les Formes sont causes. La Forme n'engendre pas physiquement les choses sensibles, elle les fait exister en les rendant nommables et pensables ; elle fournit à leur propos un critère de dénomination droite (la neige fondue ne mérite plus le nom de neige) et d'attribution correcte (un acte n'est pas courageux s'il s'accomplit par peur d'un danger plus grand). […] Lire la suite

JÉSUS ou JÉSUS-CHRIST

  • Écrit par 
  • Joseph DORÉ, 
  • Pierre GEOLTRAIN, 
  • Jean-Claude MARCADÉ
  •  • 21 165 mots
  •  • 22 médias

Il est peu de personnages historiques dont l'influence sur l'histoire de l'humanité ait été aussi grande que celle de Jésus, eu égard à la durée exceptionnellement courte de sa prédication. Il n'a pas fondé de religion et sa vie n'est en rien comparable à celle du Bouddha, de Confucius ou de Mahomet dont l'activité s'exerça durant des années. Et pourtant, depuis deux mille ans, son enseignement est sans cesse repris et commenté par ses fidèles, sa personne vénérée comme celle du Fils de Dieu, la foi en lui annoncée en toutes les langues de la terre. […] Lire la suite