« Causalité »

CAUSALITÉ

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Marie GAUTIER, 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 12 987 mots
  •  • 3 médias

S'il ne nie pas que les événements soient reliés les uns aux autres selon un principe de causalité, il établit une nuance importante par rapport à ses prédécesseurs. Prenant l'exemple du choc de deux boules de billard, il montre que la « causalité » est en réalité le reflet d'une habitude construite sur l'observation d'un phénomène sériel ou sur une expérience récurrente, qui fonde une croyance, immédiatement assimilée à la causalité. […] Lire la suite

Les médias de la recherche « Causalité » :

David Hume

David Hume
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Raymond Boudon

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HUME DAVID (1711-1776)

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 3 337 mots
  •  • 1 média

La critique de la causalité Parmi les études que Hume a laissées sur les diverses relations, la plus célèbre est sa critique de la causalité. La causalité devait, à vrai dire, le préoccuper particulièrement, comme semblant, dès le départ, mettre en échec son empirisme. Car cette relation ne se borne pas à lier deux termes présents en notre expérience : elle amène la pensée à passer d'une cause donnée à un effet encore non donné, mais seulement attendu. […] Lire la suite

MEYERSON ÉMILE (1859-1933)

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 567 mots

Il convient ici de distinguer : une « causalité scientifique », apte à discerner l'identité transformée de l'antécédent au conséquent ; une « causalité théologique », calquée sur le modèle anthropomorphique des changements provoqués par une volonté extérieure ; enfin, le concept hybride de « causalité efficiente ». La science tend à l'identité pure, soit, paradoxalement, à la destruction de son objet et à sa propre négation comme travail : puisque la nature existe, il faut à la raison d'incessants détours, de perpétuels compromis avec l'expérience, pour expliquer ce qui l'arrête. […] Lire la suite

DESCRIPTION ET EXPLICATION

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 388 mots
  •  • 1 média

 Thom appelle « causalité langagière » (presque toutes nos phrases, dans la vie quotidienne, sont soit des questions, soit des assertions sur des causes), mais elle n'est pas, selon Meyerson, la causalité tout entière ; elle n'en est qu'une partie, une propédeutique à la causalité-identité, idéal de la raison et de la science. La cause efficace est à l'action ce que l'intelligibilité (la causalité-identité) est à la légalité. […] Lire la suite

IDÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • Joseph GABEL
  •  • 6 777 mots

Épistémologiquement proche de Popper, il tend à incriminer le marxisme dans la genèse de cette forme de causalité ; c'est oublier que le marxisme est aussi une dialectique – or, on a vu plus haut que les différentes formes de la causalité idéologique, ce dont la causalité « diabolique » est en somme une variante, sont des phénomènes de dédialectisation régressive. […] Lire la suite

GEULINCX ARNOLD (1624-1669)

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 451 mots

Geulincx est surtout connu pour sa théorie occasionnaliste de la causalité et pour son refus de reconnaître une quelconque substantialité aux choses particulières créées. Un principe exprime la condition nécessaire implicite dans notre conception de toute action : Impossibile est, ut is faciat, qui nescit quomodo fiat ; quod nescis quomodo fiat, id non facis (« il est impossible que celui qui ne sait pas comment se fait une chose l'accomplisse ; ce dont tu ne sais pas comment cela se fait, tu ne le fais pas »). […] Lire la suite

ASÉITÉ

  • Écrit par 
  • Marie-Odile MÉTRAL-STIKER
  •  • 829 mots

La causalité n'a plus ici de raison d'être, car l'existence d'une cause pour un être considéré est relative à son essence ; or l'essence de Dieu interdit à la limite de se poser la question de la causalité à son sujet, en raison même de l'idée d'infini. C'est d'ailleurs Arnauld qui formule cela dans ses objections, plus que Descartes lui-même, lequel, grâce à l'idée de puissance de Dieu, continue de reconnaître une certaine valeur au « par soi comme une cause ». […] Lire la suite

PROVIDENCE

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 485 mots

La Bible hébraïque renvoie, au contraire, à une mentalité qui n'a aucun souci d'élaborer rationnellement l'idée de nécessité, ni même celle de causalité. C'est pourquoi elle professe un volontarisme divin très éloigné de ce que songe à admettre un esprit influencé par la philosophie et la science grecques, donc préoccupé de cohérence, de prévision réglée, de maîtrise réfléchie. […] Lire la suite

PETITE ENFANCE ET DÉBUTS DE LA PENSÉE

  • Écrit par 
  • Roger LÉCUYER
  •  • 1 352 mots

Très tôt donc, le bébé humain est prêt à mettre de la causalité là où il y en a… ou pas, et on peut donc parler d’un biais de causalité. Très tôt, il peut catégoriser les objets qui se présentent à lui et leurs relations. On peut parler d’un biais d’organisation. Les savoirs peuvent dès lors se développer et le monde prendre chaque jour un peu plus de sens. […] Lire la suite

ÉTHOLOGIE

  • Écrit par 
  • Odile PETIT
  •  • 2 528 mots
  •  • 3 médias

Ainsi, la confrontation de la perspective fonctionnaliste (causalité ultime) et du point de vue structuraliste (causalité proximale), qui existait déjà au temps de Darwin, reste d'actualité. Les recherches évolutionnistes – qui présument que les divers aspects morphologiques, physiologiques et comportementaux des organismes représentent des solutions adaptatives optimales aux problèmes rencontrés par les individus – sont regroupées par Richard Lewontin (1979) sous le vocable de programme adaptationniste. […] Lire la suite

SPEMANN HANS (1869-1941)

  • Écrit par 
  • Samya OTHMAN
  •  • 243 mots

Recherchant des relations de causalité, Spemann réalise, par microchirurgie, des expériences de transplantations de fragments de tissus primitifs dans des larves d'amphibiens à un stade précoce de leur formation. Il met ainsi en évidence, d'une part, le pouvoir organisateur de certains de ces fragments sur le développement de leur environnement et, d'autre part, une hiérarchie de ces tissus primitifs appelés « centres organisateurs » en fonction de leur puissance inductrice. […] Lire la suite

ENLIGHTENMENT

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 834 mots

Seul le scepticisme de Hume parvient à démontrer les causes de la confusion entre religion naturelle et religion révélée : en se fondant sur son analyse de la causalité, il montre que la croyance religieuse ne peut s'expliquer que par l'usage du sentiment et de l'imagination, et que le déisme se fonde le plus souvent sur des fautes de raisonnement. […] Lire la suite

SÉPARABILITÉ ET NON-SÉPARABILITÉ, mécanique quantique

  • Écrit par 
  • Alain ASPECT, 
  • Philippe GRANGIER
  •  • 1 347 mots
  •  • 3 médias

Elle put également mettre en œuvre des « polariseurs mobiles », se plaçant ainsi dans une situation où l'hypothèse H2 (causalité relativiste) a toute raison de s'appliquer. Bien que techniquement moins précise que les autres, cette dernière expérience a le mérite de tester complètement le principe de séparabilité. À quelques réserves près, l'expérience a tranché en faveur de la mécanique quantique. […] Lire la suite

NARRATIF ART

  • Écrit par 
  • Marie-José MONDZAIN-BAUDINET
  •  • 978 mots

Son étude révèle, au contraire, une technique savante du récit figuratif et une maîtrise étonnante, qu'elle soit consciente ou non chez le graphiste, de la manipulation du temps et de la causalité. Depuis son grand succès commercial en Amérique, elle a fait retour en Europe et, aujourd'hui, elle a trouvé ses formes, ses artistes, ses lecteurs — jusqu'en Chine populaire. […] Lire la suite

LACHELIER JULES (1832-1918)

  • Écrit par 
  • Jean-Louis DUMAS
  •  • 275 mots

Il montre que l'induction est fondée, non seulement sur la causalité, mais aussi sur le principe des causes finales. […] Lire la suite

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 713 mots

Déterminisme et indéterminisme Cette impression de crise ne pouvait naître de la révolution einsteinienne, malgré sa critique de l'idée de simultanéité absolue : en substituant à la ligne de causalité classique un « cône de causalité », elle laissait inchangée, en effet, la réversibilité locale des enchaînements de cause à effet. La crise a été déclenchée par la formation de la mécanique quantique. […] Lire la suite

SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

  • Écrit par 
  • Jean LEFRANC
  •  • 3 160 mots
  •  • 1 média

La métaphysique et la physique se correspondent comme la notion de force (physique, chimique, vitale, psychologique) correspond à celle de causalité. C'est l'expérience interne du vouloir qui nous fait connaître le plus clairement la force. Inversement, la causalité, si obscure en nous-mêmes que nous avons l'illusion du libre arbitre, n'est clairement déterminée que dans la connaissance objective des lois de la nature. […] Lire la suite

IMPLICATION, logique

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 285 mots

La vérité ou la fausseté de la proposition complexe exprimée par l'énoncé conditionnel ne dépend pas des affinités sémantiques entre les propositions élémentaires (notions intuitives et obscures de dépendance, de causalité), mais seulement des valeurs de vérité des propositions : le foncteur conditionnel est un foncteur de vérité. Sa définition se fait par les conditions de vérité de la proposition complexe : l'implication p ⊃ q est fausse si p est vrai et q faux ; elle est vraie dans tous les autres cas. […] Lire la suite

RÉSERVE COGNITIVE

  • Écrit par 
  • Stéphane ADAM, 
  • Catherine GROTZ
  •  • 329 mots

L’importance relative et les interactions entre ces facteurs font encore l’objet de travaux, de même que la question de la causalité : « Est-ce l’enrichissement de l’environnement qui influence la réserve ou est-ce la réserve qui détermine la propension des sujets à aller vers un milieu stimulant ? » Ces questions sont essentielles dans la perspective d’une mise en œuvre de politiques de santé adaptées et visant à prévenir autant que faire se peut le vieillissement cognitif. […] Lire la suite

DAMASCIUS (470 env.-env. 544)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 364 mots

Damascius, dans les premières pages de son ouvrage, développe, d'une manière impitoyable, l'insurmontable antithèse entre les notions de causalité et de totalité. Le Tout vient d'un Principe ou est lui-même Principe : mais, s'il vient d'un Principe, il n'est plus Tout (car le Principe est hors de lui) et, s'il est le Principe, il n'est plus Tout non plus (car le produit du Principe est hors de lui). […] Lire la suite

INNÉ ET ACQUIS

  • Écrit par 
  • André PICHOT
  •  • 1 323 mots

Par ailleurs, au début du xixe siècle, la transmission des maladies des parents aux enfants était expliquée dans le cadre hippocratique voulant que toute affection ait une double causalité : la complexion du malade et un facteur externe, soit une cause prédisposante et une cause accidentelle, d'importances respectives variables. Cette double causalité a été transposée aux caractères non pathologiques : tout caractère a ainsi été supposé résulter de la conjonction d'une cause interne (génétique) et d'une cause externe (au moins l'alimentation). […] Lire la suite

INTERPRÉTATION (sociologie)

  • Écrit par 
  • Gisèle SAPIRO
  •  • 1 186 mots

Par ailleurs, loin de récuser le principe de causalité, Weber s’attache à construire une causalité historique. On trouve une semblable tentative de dépassement de l’opposition entre déterminisme et finalisme chez Pierre Bourdieu, qui emprunte à Weber la notion d’éthos avant d’élaborer le concept d’habitus. L’habitus désigne les schèmes de perception, d’évaluation et d’action intériorisés, incorporés sous forme de dispositions depuis l’enfance, qui orientent l’action des individus, leur permettant, à la manière de la grammaire générative de Chomsky (mais sans être innés), de produire un nombre infini de réponses plus ou moins ajustées à des situations plus ou moins imprévues, l’adéquation entre ces schèmes et les structures sociales étant maximale dans des situations de reproduction et diminuant en fonction de l’écart entre les structures qui ont produit l’habitus et celles auxquelles l’individu est confronté (par exemple, la confrontation des peuples colonisés au capitalisme imposé par le colonisateur, que Bourdieu a étudiée dans ses premières enquêtes en Algérie). […] Lire la suite

IDÉALISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 534 mots

On connaît d'autres exemples : celui de Hegel, qui, constatant que la loi de l'abstrait est l'exclusion des contradictoires, en infère que le concret est le contradictoire ; l'analyse par Hume de la causalité, toute fausse qu'elle est. Le dessin en est simple. Si la causalité est objective, il faut admettre soit une causalité formelle réductible à l'identité, soit une causalité transitive où l'effet diffère de la cause. […] Lire la suite

BANDURA ALBERT (1925- )

  • Écrit par 
  • Laurent BÈGUE
  •  • 438 mots

Celle-ci considère que le fonctionnement psychique humain relèverait d’une « causalité triadique réciproque », à savoir la résultante d’une interaction dynamique impliquant des forces contextuelles, comportementales et internes. Dans ce fonctionnement qui conçoit l’individu comme doté de compétences autoréflexives, autorégulatrices et auto-organisationnelles, les processus de symbolisation revêtent un statut nodal dans l’articulation de l’environnement avec l’action individuelle. […] Lire la suite

BORN MAX (1882-1970)

  • Écrit par 
  • Viorel SERGIESCO
  •  • 397 mots
  •  • 2 médias

En philosophie des sciences, Born représente un point de vue assez proche du positivisme dans le problème de la causalité. Il s'en éloigne toutefois par sa position dans le problème de la réalité objective et par des préoccupations éthiques reflétant des inquiétudes propres à l'âge nucléaire. Il meurt le 5 janvier 1970 à Göttingen. […] Lire la suite

DILTHEY WILHELM (1833-1911)

  • Écrit par 
  • Sylvie MESURE
  •  • 1 221 mots
  •  • 1 média

Les objets de l'historien, situés dans l'espace et le temps, font eux aussi partie de la nature et se trouvent soumis à ses lois, à commencer par le principe de causalité. Toutefois, les phénomènes historiques, tout en partageant la soumission de la nature au déterminisme, sont aussi des phénomènes signifiants ; comme tels, ils évoquent l'idée d'une causalité intentionnelle, celle des acteurs sociaux dont il faudrait, pour cerner cette dimension du sens, reconstituer les choix, sédimentés dans l'historicité. […] Lire la suite

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 373 mots
  •  • 1 média

La raison spéculative des métaphysiciens en restait sur ce point à une antinomie, puisque son raisonnement pouvait, avec la même rigueur logiquement irréfutable, conclure aussi bien qu'il n'y a de causalité que naturelle et qu'il y a une causalité libre. La critique commence par apporter la solution de ce conflit de la raison avec elle-même en lui apprenant à prendre toute chose en deux sens : telle qu'elle apparaît et telle qu'elle est en soi. […] Lire la suite

ROYER-COLLARD PIERRE PAUL (1763-1845)

  • Écrit par 
  • Guillaume de BERTHIER DE SAUVIGNY
  •  • 432 mots

Selon cette philosophie sommaire, les réalités communes (le moi, la nature et Dieu) se voient dotées des mêmes caractères de substantialité, de permanence, de causalité et se trouvent facilement restituées par l'évidence qu'on en a, propos qui s'accorde assez bien avec l'indigence intellectuelle des cercles politiques de toute cette époque. […] Lire la suite

JAUCH JOSEF MARIA (1914-1974)

  • Écrit par 
  • Georges KAYAS
  •  • 379 mots

Ses travaux portent sur la théorie de la diffusion des particules, le processus de la mesure en mécanique quantique, la causalité, les phénomènes irréversibles, les théories de jauge, etc. Sa contribution à l'axiomatisation de la théorie quantique des champs est un modèle de rigueur mathématique. Pendant son séjour aux États-Unis, il s'intéressa à la théorie des groupes de symétrie et à leurs applications dans le domaine de la physique des particules, sujet dont l'importance n'a été appréciée qu'à partir des années 1960, avec l'introduction par Gell-Mann et Ne'eman du groupe SU3. […] Lire la suite

LASÈGUE ERNEST CHARLES (1816-1883)

  • Écrit par 
  • Jacques POSTEL
  •  • 474 mots

Il critique ainsi l'analogie entre psychose d'origine toxique et psychose chronique, analogie que Moreau de Tours a utilisée abusivement pour défendre une causalité organodynamique en pathologie mentale. L'œuvre de Lasègue (Études médicales, 2 vol., 1884 ; Écrits psychiatriques, 1971) ramène donc constamment le psychiatre à la rigueur de l'observation clinique et au refus de toute facilité dogmatique, qu'elle aille dans le sens de la psychogenèse ou dans celui de l'organogenèse. […] Lire la suite

RATIONALITÉ, sociologie

  • Écrit par 
  • Isabelle KALINOWSKI
  •  • 1 434 mots

Ce que Weber appelle le « désenchantement du monde », à savoir, dans une traduction littérale du terme allemand (Entzauberung der Welt), la « rupture avec la magie » (initiée par le judaïsme ancien et radicalisée par le protestantisme puritain), consiste notamment dans la rupture avec un tel système intégral de la causalité et dans l’acceptation du caractère nécessairement fragmentaire des explications causales. […] Lire la suite

GUO XIANG [KOUO HIANG] (mort en 312)

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 453 mots

Mais la somme de toutes les destinées (fen, littéralement « parts ») est le Dao, lequel est en même temps la causalité absolue qui se traduit dans l'évolution de chaque partie. Le sage se conforme donc, à chaque instant, aux nécessités de sa propre destinée et à celles de son temps. Vouloir maintenir des idées morales fixes ou avoir des ambitions au-delà de son sort sont autant d'entraves à la voie spontanée. […] Lire la suite

CULTURALISME

  • Écrit par 
  • Marc ABELES
  •  • 2 568 mots

Claude Lefort relève, dans son introduction à la traduction française de l'ouvrage de Kardiner, l'imprécision des concepts : pourquoi la jalousie figure-t-elle dans les institutions primaires, alors que l'homosexualité relève des institutions secondaires ? On peut aussi s'interroger sur le type de causalité qui lie la religion et le système de croyances aux données du psychisme. […] Lire la suite

CASSIRER ERNST (1874-1945)

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 2 341 mots

Dans la science, le signe devient la pure expression du pouvoir créateur de l'homme ; le mouvement hypothético-déductif de la science, cette « mathématique » vers laquelle selon Bergson toute science tend comme vers son idéal, est bien la manifestation de ce pouvoir créateur : la déduction est signe absolument pur de la causalité. La crise scientifique du langage, comparable à la mise en question du mythe par la religion, marque le triomphe du concept-relation sur le concept-chose. […] Lire la suite

LA ROCHEFOUCAULD FRANÇOIS DE (1613-1680)

  • Écrit par 
  • Paul BÉNICHOU
  •  • 1 414 mots

Une autre perspective s'y dessine, où les conduites tenues pour vertueuses apparaissent simplement comme relevant d'une causalité naturelle qui leur ôte tout mérite. Cette causalité est d'abord celle du corps : « Les humeurs du corps ont une part considérable à toutes nos actions sans que nous le puissions connaître » (max. 297) ; la chaleur et la froideur du sang sont causes de nos passions (max. […] Lire la suite

AMADOU HAMPATÉ (1901-1991)

  • Écrit par 
  • Jean-Louis JOUBERT
  •  • 545 mots

L'allégresse du récit, tout imprégné de causalité magique, la netteté de la narration, tout droit issue du conte traditionnel, font éclater le moule du roman de mœurs coloniales. Wangrin, comme toute l'œuvre d'Hampaté Bâ, fait pénétrer dans l'intimité d'une Afrique fidèle à son génie. […] Lire la suite

LISPECTOR CLARICE (1925-1977)

  • Écrit par 
  • Pierre RIVAS
  •  • 1 485 mots

L'influence majeure demeure celle de Woolf et de Mansfield : importance du monologue intérieur, rupture avec le principe de causalité, fragmentation et disparition de l'intrigue, prédominance de la durée sur le temps, passion de l'immanent et du contingent, textes hybrides faits de digressions, sans intrigue claire ni noyau narratif aux contours précis. […] Lire la suite

LINGUISTIQUE ET PSYCHANALYSE

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MILNER
  •  • 7 214 mots

Ainsi se construit une forme nouvelle de causalité, qu'on peut nommer de manière générale une causalité structurale et qui échappe à la fois à la causalité mécaniste du choc (seule forme de causalité reconnue dans L'Interprétation des rêves) et à la causalité globale de la thermodynamique. Ici encore, la science linguistique, dans sa version structuraliste, permet d'établir la légitimité et la fécondité d'un concept nouveau. […] Lire la suite

RÉALITÉ CONCEPT DE

  • Écrit par 
  • Jean HAMBURGER
  •  • 4 351 mots

Dans la Critique de la raison pure, Kant classe la causalité parmi les catégories de la pensée humaine, c'est-à-dire les concepts fondamentaux de l'entendement. Ainsi, quand le mot déterminisme fut créé, sorte de doublet de la causalité, suggestif d'un pouvoir de prévision, les scientifiques adhérèrent unanimement. Le déterminisme régna sans partage sur tout le xixe siècle. […] Lire la suite

CRÉATION La création dans les synthèses philosophico-religieuses

  • Écrit par 
  • Stanislas BRETON
  •  • 4 061 mots

On distinguera ainsi deux types de théories : les unes accentuent le rôle de la pensée ou de l'idée ; les autres insistent sur une causalité « substantielle », « foyer inépuisable de vie », en deçà de tout calcul d'architecte. Aux premières, on peut réserver l'appellation de théories de la Création ; aux secondes, celle de théories de la procession (ou de l'émanation). […] Lire la suite

AGENDA POLITIQUE, sociologie

  • Écrit par 
  • Nicolas HUBÉ
  •  • 548 mots

Il faut que ces derniers diffusent un effet de causalité entre un fait (maladie, problème social, etc.) et un autre, et que ce problème ait une solution politique ou collective pour que la mobilisation sociale puisse devenir un problème public majeur pour les gouvernants. […] Lire la suite

KELSEN HANS (1881-1973)

  • Écrit par 
  • Michel TROPER
  •  • 1 710 mots

Elles ne peuvent donc être reliées par des relations de causalité ni être décrites à l'aide du principe de causalité. Théorie du droit et de l'État La science du droit décrit le droit positif, c'est-à-dire le droit en vigueur dans un pays donné à un moment particulier, le droit autrichien de 1920 ou le droit français de 1958. Comme les droits positifs ont des contenus profondément différents les uns des autres, les propositions de la science du droit ne peuvent être que contingentes. […] Lire la suite

LIBERTÉ

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 11 649 mots
  •  • 1 média

Deuxième situation dialectique : la scolastique et Descartes conçoivent le jugement comme interaction entre deux facultés, l'entendement et la volonté libre ; mais cette interaction est exprimée dans le langage de la causalité réciproque : l'entendement « meut » la volonté et la volonté « meut » l'entendement ; on peut voir là l'expression pré-dialectique d'un rapport beaucoup plus fondamental qui régit la promotion mutuelle de la raison théorique et de la raison pratique. […] Lire la suite

NOUMÈNE

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 704 mots

Déjà, dans la Critique de la raison pure, la distinction du plan phénoménal et du plan nouménal s'avérait nécessaire à la solution des antinomies, singulièrement de l'antinomie portant sur la liberté conçue comme catégorie de la causalité. Le concept de liberté n'est possible que sur le plan nouménal. C'est la conscience de la loi morale en nous qui nous assurera de sa réalité. […] Lire la suite

DOMMAGES & RÉPARATION DES DOMMAGES

  • Écrit par 
  • Pierre-Marie HUET
  •  • 759 mots

Enfin, il doit être direct, un lien de causalité devant exister entre le dommage et le fait dommageable. De nature diverse, ce dernier peut être le fait du sujet lui-même ; il peut l'être aussi des personnes — enfants mineurs, pour les parents ; élèves pour les éducateurs responsables ; apprentis mineurs pour les artisans —, animaux ou choses qu'on a sous sa garde, les personnes privées et publiques encourant toutes, suivant la théorie du risque garanti, la responsabilité du dommage commis. […] Lire la suite

LOI, épistémologie

  • Écrit par 
  • Pierre JACOB
  •  • 6 820 mots
  •  • 1 média

La première étape assimile donc la causalité à une loi causale. – La seconde étape assimile les lois causales à de simples régularités ou uniformités entre les phénomènes observables. La réduction de la causalité aux lois causales est rejetée par des avocats de la conception singulariste de la causalité (cf. J. Ducasse, 1926, et G. E. M. Anscombe, 1971) qui tiennent les causes pour des entités individuelles et les relations causales singulières entre des événements pour irréductibles à des propositions nomologiques. […] Lire la suite

LE MONDE COMME VOLONTÉ ET COMME REPRÉSENTATION, Arthur Schopenhauer - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 747 mots
  •  • 1 média

 » L’expérience esthétique À ce monde apparent et illusoire auquel la catégorie de causalité sert d’armature métaphysique, il faut opposer le monde comme volonté. « La volonté est la substance de l’homme, l’intellect en est l’accident. » Considéré hors du principe de raison (objet du troisième livre), le monde de la représentation est pur objet de contemplation esthétique. […] Lire la suite

SENDER GARCÉS RAMÓN JOSÉ (1901-1982)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre RESSOT
  •  • 1 775 mots

Le titre de son premier roman, Imán (« l'aimant »), signale déjà l'importance des forces élémentaires qui, sous-jacentes à la causalité sociale, forment une sorte de causalité cosmique, quasiment panthéiste, qui échapperait au contrôle des hommes et se confondrait à la limite avec l'absurde. On est donc plus proche de Schopenhauer que de Marx ou de Bakounine. […] Lire la suite

PARADISO, José Lezama Lima - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Claude FELL
  •  • 764 mots

La publication du premier roman de José Lezama Lima (1910-1976), Paradiso, dont la suite, Oppiano Licario, ne paraîtra qu'après sa mort, s'intègre comme un élément majeur dans ce que l'écrivain cubain appelait son « système poétique du monde » : un monde régi non pas par les lois de la causalité mais par une vision téléologique de l'univers, par l'avènement des « ères imaginaires » où la métaphore et l'image règnent en maîtresses absolues. […] Lire la suite

BIOLOGIE, en bref

  • Écrit par 
  • François GROS, 
  • Universalis
  •  • 942 mots

Elle le fera en abordant le problème sous des angles qu'autorisent les sciences chimique et physique de l'époque, tout en s'appuyant sur un principe de causalité linéaire de type cartésien. La génétique fait son apparition à la fin du xixe siècle et au début du xxe, née de l'approche physico-chimique. De ce fait, une branche nouvelle, l'étude des gènes, de leurs produits et de leur activité, couramment appelée « biologie moléculaire », va peu à peu s'imposer. […] Lire la suite

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