« Âme »

ÂME

  • Écrit par 
  • Pierre CLAIR, 
  • Henri Dominique SAFFREY
  •  • 6 020 mots

âme humaine...) et la reconnaissance de l'âme raisonnable comme force substantielle du corps. Le type globalisant, généralisant, intégralisant subsiste et se développe avec l'unité dynamique du vivant de Schelling, après la relation établie entre âme et univers par Mesmer, et la définition de Dieu comme « âme universelle des êtres » par Volney. Fourier, au lieu de l'âme individuelle, considérerait une âme universelle socio-passionnelle. […] Lire la suite

Les médias de la recherche « Âme » :

L'Âme damnée, Bernin

L'Âme damnée, Bernin
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Le Vaisseau des âmes, E. Burne-Jones

Le Vaisseau des âmes, E. Burne-Jones
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Alan Stivell

Alan Stivell
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Ruth Rendell

Ruth Rendell
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DE L'ÂME, Aristote - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 956 mots
  •  • 1 média

Qu'est-ce que l'âme ? La question peut nous paraître incongrue, mais pour l'Antiquité elle était essentielle à la constitution d'une science du vivant (l'âme se définit comme ce qui « anime » un corps, au principe donc de ce qui distingue l'animal du végétal), et partant d'un savoir sur l'homme. Aussi le traité De l'âme (en grec Perì psukhès, en latin De Anima) a-t-il été considéré comme l'une des œuvres majeures d'Aristote. […] Lire la suite

UNE ÂME EN INCANDESCENCE (E. Dickinson)

  • Écrit par 
  • Gilles QUINSAT
  •  • 1 250 mots

L'intérêt d'Une âme en incandescence (Corti, 1998) est de proposer une troisième voie, en s'appuyant cette fois, sinon sur des recueils au sens strict du terme, du moins sur les cahiers cousus où, à partir de 1858, Emily Dickinson rassembla et transcrivit une partie de sa production éparse – manière d'imprimer un ordre non chronologique à ce qui ne pouvait se matérialiser sous forme de livre. […] Lire la suite

LES PASSIONS DE L'ÂME, René Descartes - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 885 mots
  •  • 1 média

Écartant d'emblée toutes les explications de ses prédécesseurs, Descartes considère que « le meilleur chemin pour venir à la connaissance de nos passions » n'est autre que « d'examiner la différence qui est entre l'âme et le corps » (art. 2). Suit une description des « fonctions qui appartiennent au corps seul » (art. 7-16), préliminaire à celle des « fonctions de l'âme » (art. […] Lire la suite

LA VOIX DE L'ÂME ET LES CHEMINS DE L'ESPRIT (J. Bouveresse) et MUSIL PHILOSOPHE (J.-P. Cometti)

  • Écrit par 
  • Marc CERISUELO
  •  • 987 mots

Dans son introduction à La Voix de l'âme et les chemins de l'esprit (Seuil, Paris, 2001), recueil des dix principaux essais qu'il a consacrés à Musil depuis un quart de siècle, Jacques Bouveresse pose d'emblée la bonne question en se demandant si Robert Musil va enfin intéresser les philosophes. Ce scepticisme s'explique, certes, par un climat intellectuel général qui fait que les « qualités musiliennes » ne sont pas vraiment au goût du jour : l'ironie, pourtant, n'est pas seulement le refus du sérieux ; l'exigence de précision n'a rien d'exorbitant ou de scandaleux, surtout quand elle doit répondre à la menace conjuguée de la naïveté idéaliste et de l'« indéfinition » délibérée. […] Lire la suite

LES ÂMES MORTES, Nicolas Gogol - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Michel NIQUEUX
  •  • 1 036 mots

Après Le Révizor (représenté en 1836), histoire d'un quiproquo qui révèle les vices des fonctionnaires et de l'âme humaine, Nicolas Gogol (1809-1852) ressentit « plus que jamais le besoin d'écrire une œuvre complète qui contînt autre chose qu'un simple sujet de rire » : ce fut Les Âmes mortes, entrepris en 1835 et écrit principalement à Paris et à Rome. […] Lire la suite

VAN DYKE WILLARD AMES (1906-1986)

  • Écrit par 
  • Christian CAUJOLLE
  •  • 371 mots

Photographe et cinéaste américain. Né à Denver (Colorado), Willard Van Dyke fit ses études à l'université de Berkeley (Californie). Son premier appareil allait déterminer en partie ses choix esthétiques : il s'agissait d'une chambre de moyen format, utilisée pour la photographie « d'art », alors que le Leica et le petit format devenaient la marque distinctive des reporters. […] Lire la suite

ESPRIT, philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre CLAIR, 
  • Universalis
  •  • 2 144 mots

Aristote, dans la Politique, note deux parties dans l'âme, l'une non raisonnable, l'autre raisonnable ; l'« appétit » caractérise la première, l'esprit la seconde. On trouve un dualisme similaire dans la Naturalis Auscultatio : il y a l'âme et l'esprit de l'âme. La Métaphysique met en relief l'esprit de notre âme, qui est d'ailleurs comparé aux yeux. […] Lire la suite

PHÉDON, Platon - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 989 mots
  •  • 1 média

Sur l'âme « La mort, pensons-nous que c'est quelque chose ? – Oui, assurément, fut la réponse de Simmias. – Se peut-il qu'elle soit autre chose que la séparation de l'âme d'avec le corps ? C'est bien cela, être mort : le corps séparé d'avec l'âme en vient à n'être que lui-même en lui-même, tandis que l'âme séparée d'avec le corps est elle-même en elle-même ? » (64c-d). […] Lire la suite

MORT Les interrogations philosophiques

  • Écrit par 
  • René HABACHI
  •  • 7 550 mots

Dieu créant aussi bien l'âme que le corps, celui-ci, qui n'est pas mauvais en soi, n'est plus le lieu d'une chute dont la mort devait délivrer l'âme. L'immortalité, cependant, subit une sorte de recul qui servira à mieux garantir la résurrection. « L'âme humaine, en soi, n'est pas immortelle, ô Grecs ; elle est mortelle ; mais cette même âme est capable aussi de ne pas mourir », dit Tatien. […] Lire la suite

ANIMISME

  • Écrit par 
  • Mircea ELIADE, 
  • Nicole SINDZINGRE
  •  • 4 102 mots

 Hultkrantz : l'« âme spirituelle » a son origine ultime dans la divinité, par création ou par émanation ; cette âme préexiste à l'homme, s'incarne et, après la mort, retourne à sa source surnaturelle. Or, si l'âme, ou, plus précisément, l'« âme spirituelle », est considérée comme créée par Dieu, la théorie de Tylor apparaît insoutenable. A. E. Jensen estime que l'idée de Dieu précède l'idée de l'âme, bien que l'anthropologue allemand ne partage pas les conceptions de Lang et de Wilhelm Schmidt sur le prétendu « monothéisme des primitifs ». […] Lire la suite

ANIMUS & ANIMA

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 034 mots
  •  • 1 média

On les rencontre chez de nombreux auteurs, notamment Guibert de Nogent, où généralement ils désignent, respectivement, l'âme (anima) et l'esprit (animus) selon une hiérarchie de dignité ontologique : corps, âme, puis esprit. Le niveau intermédiaire de l'âme (anima) correspond au monde des images et semble réaliser un lien entre les deux autres niveaux. […] Lire la suite

ENNÉADES, Plotin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 841 mots

Sur le beau (I, 6), au témoignage de Porphyre le plus ancien des écrits de Plotin, montre à partir d'un exemple privilégié l'élévation de l'âme, du sensible vers l'intelligible. Sur l'éternité et le temps (III, 45) reprend également un thème platonicien : le temps comme « image mobile de l'éternité » (Timée), mais au travers de la distinction originale entre l'âme et l'intelligence. […] Lire la suite

SPENGLER OSWALD (1880-1936)

  • Écrit par 
  • Alain PONS
  •  • 1 489 mots
  •  • 1 média

L'âme apollinienne et l'âme faustienne Spengler distingue huit grandes cultures (égyptienne, babylonienne, indienne, chinoise, mexicaine, arabe, antique, occidentale). Il se flatte d'avoir « découvert » la culture arabe et son âme « magique », mais c'est à la culture antique et à la culture occidentale, caractérisées respectivement par l'âme « apollinienne » et par l'âme « faustienne », qu'il réserve ses meilleurs développements. […] Lire la suite

ALEXANDRE D'APHRODISE (fin IIe-déb. IIIe s.)

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 395 mots

L'individuel est seul existant, l'âme humaine est le résultat du mélange des qualités corporelles, comme les propriétés résultent d'une combinaison chimique. Inséparable du corps, elle meurt donc avec lui. Par elle-même, l'âme ne possède qu'une pure possibilité d'exercer une activité de pensée. Son activité intellectuelle résulte de l'action de l'intellect divin transcendant, forme pure et sans matière, qui utilise l'âme comme un instrument. […] Lire la suite

IBN GABIROL SALOMON (1020 env.-1057)

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 1 324 mots

L'âme procède à son tour de cette intelligence et se diversifie en âme rationnelle, en âme animale et en âme végétative, aussi bien sur le plan du cosmos qu'au niveau anthropologique. La nature émane de l'âme végétative et constitue l'intermédiaire entre le monde intelligible et le monde corporel, lequel occupe la place inférieure dans la hiérarchie de l'être. […] Lire la suite

PARALOGISME

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 257 mots

L'erreur cachée consiste à confondre le « je pense », concept transcendantal (il ne sert qu'à « présenter toute pensée comme appartenant à la conscience ») purement formel et vide de tout contenu, avec le moi empirique et avec l'âme. À partir de cette confusion, la psychologie rationnelle voudrait démontrer que l'âme possède des qualités qui impliquent, et c'est là le point essentiel, son immortalité. […] Lire la suite

RUUSBROEC ou RUYSBROECK JAN VAN (1293-1381)

  • Écrit par 
  • Patrice SICARD
  •  • 1 430 mots

Au niveau de l'essence, l'âme est image de Dieu, ou, plutôt, elle a son image en Dieu, laquelle est alors sa cause exemplaire et finale, et cette union est sans intermédiaire. Si elle se réalise au niveau de l'activité entre Dieu agissant en l'âme et l'activité de l'âme, elle connaît des intermédiaires (la grâce, les vertus, les œuvres), et l'âme est alors ressemblance de Dieu. […] Lire la suite

IMAGINAL MONDE

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 035 mots

C'est le lieu du « chemin de l'âme » (G. Durand, P. Solié) et de toute phénoménologie de l'esprit (H. Corbin). […] Lire la suite

JAMBLIQUE (250 env.-env. 330)

  • Écrit par 
  • Jean TROUILLARD
  •  • 1 693 mots

Comment un traité d'épistémologie mathématique peut-il être en même temps un traité de l'âme ? Il faut se souvenir ici que Platon, dans le Timée 35a, définit l'âme comme la médiation entre l'intelligible indivis et la division du sensible. Ainsi l'âme assure-t-elle la liaison de l'univers par ses connexions internes. Elle déploie l'intelligible jusqu'à former l'extraposition des corps. […] Lire la suite

SENSIBILITÉ, psychologie et philosophie

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL
  •  • 1 033 mots

), il parle du corps comme du « tombeau de l'âme ». Par là, il veut désigner l'opposition de nature entre la destination authentique de l'âme, qui est de se consacrer aux formes intelligibles et de se mettre ainsi en accord avec sa propre immortalité, et son assujettissement au corps sensible dans la recherche de satisfactions immédiates et évanescentes. […] Lire la suite

IHWĀN AL-ṢAFĀ' (Frères de la pureté)

  • Écrit par 
  • Yves MARQUET
  •  • 1 385 mots

Émanent successivement l'un de l'autre à partir de Dieu : l'Intellect universel (contenant comme en un point les archétypes de tous les êtres et événements de la future création matérielle), l'Âme universelle, la Matière première (en elle-même inerte et comme inexistante). La chute dans le monde matériel et la pénible remontée sont l'expiation d'une faute de l'Âme adamique : elle eût voulu connaître Dieu directement. […] Lire la suite

CORPS (notions de base)

  • Écrit par 
  • Philippe GRANAROLO
  •  • 3 102 mots

Il fait « éclater » la notion d’âme en la considérant comme plurielle : si l’âme anime le corps vivant dans ses différentes activités, les principes d’animation qu’on regroupe sous ce nom meurent donc avec lui, le cadavre étant l’image même de l’inanimé. Sans doute une partie de l’âme, qu’Aristote nomme l’« âme intellective », survit-elle au corps. […] Lire la suite

GUILLAUME D'AUVERGNE (apr. 1180-1249)

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 1 042 mots

Pour expliquer le processus même de la connaissance, Guillaume se trouve ainsi obligé d'admettre, d'une part, une opération d'abstraction à partir des formes sensibles qui seules peuvent mouvoir l'âme et, d'autre part, un processus d'illumination de l'âme par les vérités intelligibles issues de la volonté actuelle de Dieu, mais reçues à l'occasion de la sensation. […] Lire la suite

CANTIQUE SPIRITUEL, Jean de la Croix - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Bernard SESÉ
  •  • 803 mots

Les étapes classiques sont ici reprises, depuis les fiançailles spirituelles jusqu'à la consommation et l'achèvement du mariage spirituel, « car l'âme ne se repose jamais tant qu'elle n'y est pas arrivée ; elle vit alors d'une vie aussi heureuse et comblée qu'est la vie de Dieu ». Devenir Dieu « par participation », tel est en effet l'état le plus élevé de « l'union transformante », où l'âme est « comblée de dons et de délices très riches et extraordinaires ». […] Lire la suite

MADHVA (1238-1317)

  • Écrit par 
  • Jean VARENNE
  •  • 592 mots

Des Écritures ainsi choisies par lui il déduisait que partout dans l'univers se manifeste le principe de distinction (bhidā) : par exemple, entre l'animé et l'inanimé, entre l'âme et le Seigneur, entre une âme et une autre, entre une chose et une autre. Or ces distinctions, qui paraissent de simple bon sens, allaient à l'encontre de la position de Śaṅkara, pour qui il ne pouvait y avoir de distinction entre l'ātman et le brahman et pour qui, si le brahman est unique, l'ātman l'est nécessairement aussi (puisqu'il lui est identique), de sorte qu'il ne puisse y avoir de distinction, par exemple, entre « une » âme et une « autre ». […] Lire la suite

HÉRACLITE (VIe-Ve s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Clémence RAMNOUX
  •  • 2 344 mots
  •  • 2 médias

Le Feu s'appelle alors une Psyché (âme). Cette « âme » s'échangerait contre le principe liquide de la « semence », et la semence à son tour se partagerait en « âme-souffle » et en « corps », avec des parties plus ou moins dures et molles, selon la proportion des éléments terreux, liquides ou ignés. Les justes proportions entre les parties, la juste balance de toutes les parties contre l'âme assurent la durée d'un « anthropos » toujours en train de vivre et de mourir. […] Lire la suite

GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) L'homme grec

  • Écrit par 
  • André-Jean FESTUGIÈRE
  •  • 8 602 mots

Plus nuisible à quoi ? Évidemment à l'âme, à cette âme raisonnable qui constitue l'essence de l'homme. Tout le monde admet aisément que la pauvreté, contraire de la richesse, est un mal. De même, s'il s'agit du corps, le manque de force, la maladie, la laideur sont des maux. Il y a donc aussi des maux pour l'âme, à savoir tous les vices, qui constituent pour elle son mauvais état (πονηρία). […] Lire la suite

PLATON

  • Écrit par 
  • Monique DIXSAUT
  •  • 13 762 mots
  •  • 3 médias

Il ne s'agit pas ici de la division de l'âme en parties : tout ce qui a lieu en l'âme, même si l'âme se parle, ne s'appelle pas penser, et ses conflits ne sont pas des dialogues. Quand elle pense, l'âme est moins divisée que dédoublée. Pour que le dialogue intérieur ne se réduise pas à une série de conjectures (eikasia), hésitation dont le jugement vient la délivrer en l'ancrant dans une conviction (pistis), la pensée doit prendre du recul par rapport à son contenu et réfléchir à ce qu'elle dit. […] Lire la suite

CARMEL

  • Écrit par 
  • Marie-Madeleine DAVY
  •  • 1 539 mots

Peu à peu, le simple regard succède au colloque affectif : l'âme se tient dans le silence et reçoit l'infusion de la lumière divine. Le passage est insensible de la méditation à la contemplation. Comparable à une préparation, la méditation n'est qu'un relais : quand la lumière divine envahit l'âme, ensevelie dans le silence, la voie de l'union est ouverte. […] Lire la suite

INTELLECT & INTELLIGIBLES

  • Écrit par 
  • Édouard-Henri WÉBER
  •  • 1 712 mots

Opposé aux Idées comme réalités en acte, Aristote les admet en un sens virtuel : « L'âme intellective est le lieu des Idées [... en tant que] formes non pas en acte mais en puissance » (De l'âme, III, 4, 429 a 27 et suiv.). L'intellect agent promeut les formes intelligibles à l'acte à partir des choses sensibles où elles sont en puissance. « Pour les réalités sans matière, l'intellect est identique à l'intelligible » (430 a 3 et suiv. […] Lire la suite

LUMIÈRE & TÉNÈBRES

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 312 mots

Symbole d'un combat éternellement recommencé entre l'élan spirituel vers la lumière et l'inertie matérielle qui fait régresser dans les obscurités de l'âme. Toutes les gnoses reposent sur ce conflit latent. D'une part règne le constat effrayant de l'obscurité du vécu de l'âme — « Sauve-moi de la matière et des ténèbres », supplie la Pistis Sophia. D'autre part lui répond la lueur d'espoir née de ce constat même — universellement, l'étoile est l'image symbolique de la lumière salvatrice. […] Lire la suite

SERRES CHAUDES, Maurice Maeterlinck - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Claude-Henry du BORD
  •  • 1 074 mots
  •  • 1 média

L'âme en attente Le balancement obsessionnel des vers ne laisse d'enchanter : « Mon âme est pâle d'impuissance/ Et de blanches inactions/ Mon âme aux œuvres délaissées,/ Mon âme pâle de sanglots/ Regarde en vain ses mains lassées/ Trembler à fleur de l'inéclos. » Il semble qu'à force de lassitude les hommes soient « indifférents et sans une flamme d'envie,/ Pour ces roses de joie écloses sous leurs pas ;/Et ce long calme vert qu'ils ne comprennent pas ». […] Lire la suite

STRATON DE LAMPSAQUE (env. 330-env. 270 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Michel GAREL
  •  • 946 mots

De ce fait, point n'est besoin d'établir une distinction entre perception et pensée : toutes deux sont des mouvements, des « énergies de l'âme ». Elles sont inséparables. Là encore, Straton rejette le dualisme aristotélicien et affirme que l'âme est une. Cette âme, dont le fonctionnement s'explique par les seules lois de la nature, n'est pas immortelle. […] Lire la suite

APOLLINAIRE DE LAODICÉE (310 env.-env. 390)

  • Écrit par 
  • Richard GOULET
  •  • 536 mots

Admettre dans le Christ l'existence d'une âme humaine serait lui reconnaître la possibilité de pécher, et par là compromettre le salut. Il est nécessaire que le Verbe, et non un homme, soit le sujet des actes de salut. Seule l'union directe du Verbe et de la chair permet de concevoir le Christ comme impassible et invincible dans la tentation. Supposer une humanité complète (âme rationnelle et corps) ouvre la porte à la menace constante d'une division. […] Lire la suite

ART (Aspects esthétiques) La contemplation esthétique

  • Écrit par 
  • Didier DELEULE
  •  • 3 634 mots

La poésie tragique offre donc à des émotions ordinairement considérées comme déraisonnables et dissolvantes l'occasion de « se racheter » par un changement de finalité, l'occasion de s'épurer pour rétablir l'harmonie intérieure de l'âme, en les orientant vers la saisie profonde du sens moral et religieux du spectacle. Dès lors, ce n'est pas l'âme qui est « purgée » des émotions de crainte et de pitié, mais ce sont les émotions elles-mêmes de crainte et de pitié « et autres semblables » qui sont épurées à l'intérieur de l'âme par le moyen du spectacle tragique. […] Lire la suite

NUAGE D'INCONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Jean-Robert ARMOGATHE
  •  • 277 mots

Le rôle du « nuage de l'oubli » est précisément de couvrir l'activité discursive de l'entendement pour pouvoir permettre à l'homme d'accéder à Dieu par l' « amour ardent », la partie affective de l'âme. L'esprit reste alors dans le nuage d'inconnaissance, tandis que l'âme, dans sa partie supérieure, pénètre ce nuage et le traverse pour atteindre Dieu. […] Lire la suite

SOHRAWARDĪ ou SUHRAWARDĪ SHIHĀBODDĪN YAHYĀ (1155-1191)

  • Écrit par 
  • Christian JAMBET
  •  • 5 040 mots

Au-dessous régnaient le corps et sa forme, l'âme occupée à le diriger et à l'organiser. En faisant de l'âme tout entière un verbe mineur, émanant du verbe majeur, Sohrawardī est contraint de transposer en Gabriel, en l'Intelligence agente elle-même, la dualité tragique dont notre âme est victime. D'un côté l'ombre, de l'autre la lumière. Et, comme Gabriel, l'âme doit s'engager dans une ascension spirituelle, faire retour au seul principe lumineux, la présence divine. […] Lire la suite

PLOTIN

  • Écrit par 
  • Maurice de GANDILLAC
  •  • 4 922 mots

Pour que l'âme se retrouve pure, il lui suffit de regarder vers le haut, de « se réveiller de ses songes absurdes » (III, vi, 5). Non pas tension stoïque du vouloir, mais simple ouverture « à la raison et à l'intelligence » et finalement « union » de l'âme « à ce qui est de sa race » (I, ii, 3-4). « Point ne suffit au sage de n'être pas coupable, il lui faut être dieu » (I, ii, 6). […] Lire la suite

VITAL DU FOUR (1260 env.-1327)

  • Écrit par 
  • Denis COUTAGNE
  •  • 497 mots

S'il fait de l'âme intellective la forme du corps, il ne la reconnaît pas comme la forme du corps organique en tant que tel et la considère comme moins étroitement unie à celui-ci que l'âme sensitive. Vital s'oppose encore au thomisme en affirmant que l'âme connaît directement l'être singulier, à partir duquel elle forme l'universel, et qu'elle se perçoit elle-même intuitivement, du moins lorsque son impureté morale ne l'en empêche pas. […] Lire la suite

‘AṬṬĀR FARĪD AL-DĪN MUḤAMMAD B. IBRAHĪM dit (1119 env.-env. 1190)

  • Écrit par 
  • Charles-Henri de FOUCHÉCOUR
  •  • 1 308 mots

Le récit s'achève sur l'éloge de la résignation et du silence de l'âme dépouillée et confiante. Le Livre de l'adversité, poème de près de 7 000 distiques, est le récit du voyage de l'âme autour de sa clôture. Elle questionne les entités mystiques, cosmiques et naturelles. Dans la douleur de la recherche, elle en vient à reconnaître que l'homme en sa corporéité n'est pas l'homme proprement dit : celui-ci est « secret divin et âme pure » ; ainsi, chercher Dieu, c'est chercher son vrai soi en questionnant le monde. […] Lire la suite

DESCARTES RENÉ

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 12 505 mots
  •  • 2 médias

Le sujet est une âme, mens, et sa nature est de penser. Ce pourquoi, selon Descartes, l'âme pense toujours. Enfin, le cogito annonce la distinction de l'âme et du corps (distinction qui, cependant, ne sera pleinement fondée que par la véracité divine). Dès la Méditation seconde, je suis assuré d'avoir une âme alors que je ne sais pas encore s'il existe un corps. […] Lire la suite

BEAU ET LAID (philosophie)

  • Écrit par 
  • Olivier TINLAND
  •  • 1 417 mots

) comme un processus qui élève l'âme du sensible à l'intelligible, l'amour des beaux corps conduisant insensiblement à l'amour de la sagesse, à la philosophie. Si le Beau est par excellence intellectuel, dès lors les artistes, indéfectibles amoureux du sensible, se voient exclus de la cité idéale dépeinte dans La République, inaptes qu'ils sont à se hisser au niveau harmonieux de la juste proportion à laquelle se conforme l'âme raisonnable. […] Lire la suite

VIDE & PLEIN, symbolique

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 493 mots

À l'âme animale correspond symboliquement cet organe creux par excellence qu'est le cœur, vide central d'où jaillissent sans cesse la vie, la chaleur, l'amour, la « pensée profonde ». L'ouverture de la bouche est le symbole de l'âme raisonnable. Par cet orifice, non seulement la nourriture et le souffle alimentent les deux âmes inférieures, mais la parole reçoit et donne la nourriture propre à l'âme supérieure rationnelle. […] Lire la suite

KLAGES KARL LUDWIG (1872-1956)

  • Écrit par 
  • Pierre FAIDEAU
  •  • 1 175 mots

À la vie, à l'Âme, Klages, en philosophie vitaliste, en nietzschéen introverti, oppose l'Esprit, sorte de complexe intelligence-volonté, qui contraint et étouffe l'Âme (L'Esprit ennemi de l'Âme, ouvrage non traduit en français). L'œuvre graphologique de Klages n'est plus guère prise en considération, sans doute parce que l'opposition Âme-Esprit y est présentée de façon trop rigide. […] Lire la suite

LES CONTEMPLATIONS (V. Hugo) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Jean-François PÉPIN
  •  • 1 003 mots
  •  • 1 média

« Les mémoires d'une âme » Le recueil est divisé en deux parties : Autrefois (1830-1843) et Aujourd'hui (1843-1855), soit les douze années qui précèdent la mort de sa fille, et les douze années qui la suivent. Hugo l'indique dans sa Préface, « Ce livre doit être lu comme on lirait le livre d'un mort », et précise aussitôt sa pensée : « Qu'est-ce que Les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, Les Mémoires d'une âme. […] Lire la suite

CORPS Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Monique DAVID-MÉNARD
  •  • 1 814 mots

Si l'œil était un être vivant, la vue serait son âme, dit encore Aristote. Dire que la fonction détermine la structure de l'organe et que l'âme est la fonction du corps (c'est-à-dire détermine sa structure et la totalisation de ses parties), c'est récupérer, sous l'autorité de l'idée, de la forme, de l'essence, ce qui, un moment, lui échappe. Le corps ne semble pas voué à l'idée, au νο̃υς, mais, si les parties du corps sont des instruments ou organes en vue de certaines fonctions, l'idée règne ; et l'idée, c'est l'intelligibilité d'un être, ce qu'on peut en connaître. […] Lire la suite

LIVRE DE LA GUÉRISON, Avicenne - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 615 mots
  •  • 1 média

Outre son rôle essentiel de relais, déjà évoqué, entre la doctrine péripatéticienne et la métaphysique thomiste, sa doctrine de l'âme a encore influencé tout le courant d'un « augustinisme avicennisant » (Étienne Gilson). […] Lire la suite

ÉLOQUENCE

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 300 mots

La persuasion est une puissance, une maîtrise d'autrui : aussi l'éloquence, politique comme celle de Démosthène, judiciaire comme celle de Lysias, ou épidictique (éloges et blâmes), représente-t-elle un but dans l'éducation du citoyen grec puis romain ; une vertu apologétique (Lacordaire : « L'éloquence est l'âme rompant toutes les digues de la chair, quittant le sein qui la porte et se jetant à corps perdu dans l'âme d'autrui ») et révolutionnaire (Danton, Saint-Just). […] Lire la suite

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 786 mots
  •  • 2 médias

 Nuyens (1939) : dans un premier moment (Eudème, Protreptique), Aristote décrit le rapport de l'âme et du corps comme une juxtaposition contre nature ; dans une phase intermédiaire, il considère le corps comme un instrument de l'âme, qui est au corps ce que le pilote est au navire ; enfin, dans le traité De l'âme, il fait un pas de plus dans le sens d'une unité substantielle de l'âme et du corps, en faisant de l'âme la forme du corps. […] Lire la suite