Profil E.C.O.R.S.

Profil E.C.O.R.S.

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Profil E.C.O.R.S. des Alpes franco-italiennes : première interprétation (d'après R. Bayer et al., 1987). Les profondeurs sont en secondes double transit (c'est-à-dire le temps pour un signal sismique de faire l'aller et retour vertical de l'émission à la réception). On peut évaluer la profondeur à partir de vitesses moyennes de 3,2 km/s dans les roches sédimentaires, 5,6 km/s dans la croûte supérieure, 6,5 km/s dans la croûte inférieure et 8,1 km/s dans le manteau supérieur, ce qui donne 36 à 40 km pour la discontinuité de Mohoroviic (moho) dans la partie externe des Alpes, proche de l'avant-pays (à l'ouest-nord-ouest). Pour donner une échelle de profondeurs réelles, il faudrait disposer d'un modèle précis des vitesses dans les différents niveaux de la croûte.On notera le fait que, dans la partie interne, la croûte dans son entier, jusqu'au moho, est affectée, de sorte que les charriages majeurs affectent le manteau supérieur ; on trouve, de droite à gauche : 1° le charriage de la zone d'Ivrée, charriage fondamental de l'Afrique (ensemble italo-dinarique, « éperon adriatique », etc.) sur l'Europe, avec à sa base les péridotites de Lanzo ; 2° le charriage de la zone piémontaise, avec les ophiolites du paléo-océan téthysien qui s'enfilent dans la zone de la cicatrice de Viu-Locana ; 3° le charriage pennique frontal (c'est-à-dire charriage du Briançonnais) qui paraît plus important qu'on ne le supposait puisqu'il affecte la totalité de la croûte et se raccorde en profondeur au moho et à une écaille de manteau supérieur.Dans le détail, on notera les deux forts réflecteurs pentés à l'Est apparaissant au niveau du front pennique qui sont, pour l'instant, énigmatiques. On remarquera l'importance des chevauchements dans les zones externes puisqu'il semble bien que l'ensemble des massifs subalpins et des massifs cristallins externes soient charriés. Tout en justifiant les interprétations générales des Alpes, une telle coupe sismique montre que l'allochtonie y est encore plus importante que supposé. Le temps des controverses entre allochtonistes et autochtonistes est bien révolu ; dans toutes les chaînes, les charriages sont la règle ; en fait, pratiquement rien n'y est autochtone.