Qasr al-Hayr al-Sharqi (château de l'enclos oriental), Syrie

Qasr al-Hayr al-Sharqi (château de l'enclos oriental), Syrie

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Château de l'enclos oriental (Qasr al-Hayr al-Sharqi) : plan de la grande enceinte (d'après O. Grabar et al., «City in the Desert», Harvard, 1968). Qas ar al-Hayr al-Sharqi, situé en Syrie à une centaine de kilomètres au nord-est de Palmyre, fut connu, dès le XVIIe-XVIIIe siècle, par les voyageurs qui empruntaient la route d'Alep à Bagdad. Oublié au début du XIXe siècle et redécouvert en 1923, il a pu être fouillé et publié par l'équipe qu'a dirigée Oleg Grabar. La «grande enceinte» en forme de quadrilatère irrégulier de près de 170 mètres de côté, se situe vers le nord d'un enclos bordé d'un mur d'environ 15 kilomètres où se reconnaissent les traces d'installations hydrauliques et agricoles. Une autre enceinte, de taille plus réduite, que l'on tend à identifier à un caravansérail et une zone de constructions plus modestes avoisinent vers l'est et le nord-nord-est le complexe majeur dont on a ici le plan. Au cœur de cette «cité du désert», il regroupait autour d'une vaste cour centrale (1), munie d'une citerne (2) et bordée d'un portique, une série d'ensembles architecturaux de plan barlong (6). Une mosquée de type omeyyade (3) identifiable dans l'angle sud-est était flanquée au nord d'un bain et vers l'ouest d'une partie officielle : près de l'entrée sud, un ensemble de réception et d'administration (4) et la résidence du responsable de cette ville (5) auraient aussi été prévus. Les autres angles de l'enceinte étaient occupés par des espaces découverts liés aux demeures disposées de part et d'autre du passage qui, au milieu de chaque côté, conduisait de la porte à la cour. Ces maisons présentent, elles aussi, une cour à portique desservant les diverses pièces d'habitation et de service; on remarquera en particulier la présence de groupements de pièces, les bayts ou appartements (en grisé clair), conçus selon un schéma caractéristique de l'époque omeyyade. Nous avons là à coup sûr une architecture de qualité que l'on ne saurait pourtant isoler des bâtisses utilitaires ou des vestiges plus humbles dont on a dit la présence. Ainsi les célèbres «châteaux omeyyades», que l'on avait pris jadis pour des lieux de retraite princiers en terre désertique, apparaissent-ils aujourd'hui liés à la vie économique de la Syrie médiévale : ils sont les témoins de la mise en valeur et de l'exploitation aux VIIe et VIIIe siècles des terres du premier empire islamique.