Le monde étrusque

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Du XIIIe au IVe siècle avant J.-C., la civilisation étrusque s'est épanouie dans le centre-ouest de la péninsule italienne, la Toscane actuelle, exerçant une grande influence sur l'ensemble de la région.
Les rares inscriptions découvertes ont permis d'établir que la langue étrusque n'est issue d'aucun parler indo-européen, aussi étrangère donc aux langues des Latins qu'à celles des Celtes.
Au VIIIe siècle avant J.-C., l'essor du commerce entraîna la formation de cités puissantes.
Grâce à leurs richesses agricoles et minières, les Étrusques deviennent des acteurs majeurs du commerce méditerranéen occidental, avec les Phéniciens et les Grecs.
Ils empruntent à ces peuples la culture de la vigne et de l'olivier et s'approprient leurs arts et leurs mythes. Ce vase représentant la victoire d'Héraclès sur Cerbère témoigne ainsi de l'influence grecque. Mais ils montrèrent aussi une inventivité plastique et un sens du mouvement que n'eurent jamais les Romains.
Dominées par de puissants clans aristocratiques, les cités étrusques étaient dirigées par des princes dont les tombes ont conservé tout l'apparat du pouvoir : trône en bronze, chaudrons en or, armes finement travaillées.
Ces cités mirent sur pied des armées équipées sur le modèle de l'hoplite grec (lance, bouclier rond, casque à cimier), comme l'illustre ce bronze. Souvent en guerre entre elles, elles surent aussi se liguer pour étendre leur domination en Italie.
Les nécropoles attestent de l'importance des rituels funéraires chez les Étrusques. La taille variable des tumulus perpétuait, dans le monde des morts, la hiérarchie sociale des vivants.
Leur forme externe imitait les maisons, tout comme l'agencement de l'intérieur, comportant entrée, couloirs et pièces diverses.
Au centre était placé l'urne funéraire, en argile, surmontée d'une sculpture du défunt, allongé, parfois en compagnie de son épouse, sur un lit de banquet. Le mort était ainsi figé pour l'éternité dans un moment festif.
Les fresques peintes sur les murs évoquent en détail les plaisirs de la vie quotidienne - scènes de banquets, processions, chasse -, dans un style alerte, aux couleurs vives, profondément original.