La musique au cinéma

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La musique a toujours été associée au cinéma. Au temps du muet, un petit orchestre, ou un simple pianiste, accompagnait la séance pour donner du rythme aux images et couvrir le bruit du projecteur. Mais, très vite, la musique devient une composante essentielle de la dramaturgie cinématographique. On attribue généralement à Camille Saint-Saëns la première musique originale de film, écrite pour L'Assassinat du duc de Guise, de Charles Le Bargy, tourné en 1908.
Mais c'est bien sûr à partir de la sortie du premier film sonore, Le Chanteur de jazz, en 1927, que la composition de véritables « bandes originales » prend tout son sens.

De nombreux compositeurs, d'Aaron Copland à Serge Prokofiev, s'essayent alors au cinéma ; mais, progressivement, une forme de clivage s'installe entre la musique dite classique et la musique de cinéma.
En revanche, l'expression de genres spécifiques, comme la comédie musicale très populaire dès les années 1930, permet de populariser les œuvres de nouveaux compositeurs. George Gershwin ou Leonard Bernstein, associé à jamais au succès de West Side Story, doivent une partie de leur gloire au septième art.
De même, la recherche d'ambiances nouvelles, plus intimistes, a généralisé le recours au jazz, à partir des années 1950. L'ambiance particulière d'Ascenseur pour l'échafaud doit ainsi beaucoup à la musique envoûtante de Miles Davis.

Souvent, l'œuvre du compositeur est indissociable de celle du réalisateur. Ainsi, dans la filmographie américaine d'Alfred Hitchcock, les musiques de Bernard Herrmann sont essentielles. Ce dernier montre combien musiques et sons participent pleinement au discours d'un film, suggèrent et créent ambiances et émotions. Par exemple, dans Psychose, les sons stridents des violons qui accompagnent les hurlements de la malheureuse Janet Leigh contribuent au stress éprouvé par le spectateur.