Indépendances latino-américaines

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Un quart de siècle après l'indépendance des États-Unis en 1783, les possessions américaines de l'Espagne et du Portugal entrent à leur tour dans une ère de contestation de la domination coloniale.

L'effondrement de la monarchie espagnole, qui suit l'invasion de la péninsule Ibérique par Napoléon Ier en 1808, donne le signal des premiers soulèvements. Au Venezuela, le mouvement séparatiste est notamment dirigé par Simón Bolívar qui, très vite, s'emploie à étendre la rébellion à l'ensemble de l'Amérique hispanique. Son rêve est de l'unir dans un vaste ensemble politique continental. Malgré la réaction militaire de l'Espagne, la dynamique d'émancipation conduira, en l'espace d'une quinzaine d'années, à l'indépendance de la quasi-totalité des colonies espagnoles, du Mexique au nord à l'Argentine au sud. Bolívar bien sûr, mais aussi Miranda, San Martín ou Sucre deviennent les héros fondateurs des nouvelles nations.

En 1822, le Brésil devient à son tour indépendant, mais selon un schéma différent. La famille royale portugaise avait en effet fui l'invasion napoléonienne en se réfugiant à Rio en 1808, et c'est finalement l'héritier de la couronne - don Pedro - qui prend la tête de l'Empire brésilien. Cette indépendance acquise dans un cadre familial évite ainsi une rupture totale des relations entre le Portugal et son ancienne colonie.

À la fin des années 1820, l'Amérique latine a donc acquis - à peu de chose près - les frontières qu'on lui connaît aujourd'hui. Mais le rêve qu'avait entretenu Bolívar d'une vaste union des pays hispanophones a échoué : la Grande-Colombie et les Provinces-Unies de l'Amérique centrale ne furent que des entités éphémères, incapables de dépasser les conflits de plus en plus nombreux qui opposaient les nouveaux États indépendants.

Il faut attendre l'extrême fin du XIXe siècle pour que Cuba et Porto Rico, avec l'aide des États-Unis, s'affranchissent eux aussi de la domination coloniale espagnole.

Auteur : Olivier Compagnon