Georges Cuvier et la paléontologie

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Georges Cuvier, né en 1769 à Montbéliard, est un des grands naturalistes du début du XIXe siècle. Il commence ses travaux au Muséum national d'histoire naturelle de Paris en 1795. Sa carrière scientifique se double d'une carrière administrative qui lui fait occuper de hautes positions sous l'Empire et la Restauration. À partir des ses travaux sur l'anatomie comparée, il établit les bases de la science paléontologique, en particulier des vertébrés et de ses applications géologiques. À sa mort en 1832, il est reconnu, à juste titre, comme une des sommités de la science mondiale, après avoir suscité de nombreux conflits en refusant de croire à l'évolution des espèces du fait notamment de ses positions fixistes et catastrophistes.

Anatomie comparée et paléontologie
À partir des vastes collections du Muséum national d'histoire naturelle, Cuvier s'intéresse à l'anatomie comparée et expose des principes anatomiques, dont la loi de corrélation des organes, qui exprime les relations fonctionnelles existant entre les différentes parties du corps d'un animal. Par exemple, chez un carnivore comme le tigre, les dents tranchantes servant à déchirer ses proies sont associées à des griffes permettant de les saisir. Très rapidement, Cuvier applique ses principes d'anatomie comparée à l'étude des restes fossiles de vertébrés, et révèle l'existence de nombreuses espèces, sans représentants dans la nature actuelle, qui se sont éteintes avant l'apparition de l'homme. Il suscite cependant l'opposition d'évolutionnistes tels que Geoffroy Saint-Hilaire et Lamarck en défendant la fixité des espèces, qui découle pour lui des lois de l'anatomie comparée.

Paléontologie et géologie
Les recherches de Cuvier portent entre autres sur les nombreux mammifères fossiles trouvés dans les carrières de gypse de Montmartre. Il y décrit, par exemple, le Palaeotherium dont il propose des reconstitutions. Dans ses Recherches sur les ossemens fossilesde quadrupèdes publiées en 1812, il démontre l'existence d'une succession de faunes distinctes au cours des temps géologiques. Selon lui, la disparition des espèces s'explique par des »révolutions« ou catastrophes de grande ampleur ayant ravagé des régions entières du globe. Ces thèses catastrophistes connaîtront un succès certain avant d'être supplantées par l'uniformitarisme qui privilégie les changements graduels. S'appuyant sur les fossiles pour établir l'âge relatif des couches sédimentaires, Cuvier décrit avec Alexandre Brongniart la stratigraphie du bassin de Paris, et publie une des premières cartes géologiques de cette région.

Auteur : Éric Buffetaut