8 octobre - 3 novembre 1990Israël. Vingt-deux Palestiniens tués à Jérusalem

 

Le 8, vingt-deux Palestiniens sont tués par balles et cent cinquante autres sont grièvement blessés par les forces de sécurité israéliennes après des affrontements survenus sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem, entre des musulmans et des juifs appartenant à l'organisation d'extrême droite des Fidèles du mont du Temple. Embarrassé, le gouvernement plaide la légitime défense et accuse les milieux nationalistes islamiques d'avoir voulu détourner l'opinion de la crise du Golfe et démontrer que la question palestinienne est liée aux autres conflits du Moyen-Orient. De leur côté, les Palestiniens accusent de provocation les extrémistes religieux juifs qui ont tenté de se rendre sur le site du troisième lieu saint de l'islam. De nombreux Israéliens condamnent le caractère aveugle de la répression policière. Le couvre-feu est instauré jusqu'au 15 dans les territoires occupés. Puis, du 24 au 28, ils sont totalement isolés d'Israël, la frontière d'avant juin 1967 ayant été fermée.

Le 9, tandis que les réactions hostiles à Israël se multiplient dans le monde, en particulier dans les pays arabes, le président George Bush « déplore » la fusillade de Jérusalem et recommande « une plus grande modération » aux forces de l'ordre, tout en affirmant que cet événement ne doit pas entamer le consensus international contre l'Irak. Le gouvernement israélien confie une mission d'enquête à une commission « indépendante ».

Le 13, au Conseil de sécurité de l'O.N.U., après cinq jours de négociations, les États-Unis votent une résolution qui condamne à l'unanimité Israël pour « les actes de violence » commis par ses forces de sécurité. Le texte demande au secrétaire général des Nations unies de remettre un rapport d'enquête sur ces événements.

Le 14, le gouvernement d'Itzhak Shamir refuse de recevoir une mission d'enquête de l'O.N.U. qui, selon lui, violerait la « souveraineté israélienne sur Jérusalem ».

À partir du 21, plusieurs Israéliens sont tués ou blessés à coups de couteau par des Palestiniens.

Le 24, une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'O.N.U. est adoptée à l'unanimité : elle « déplore » le refus du gouvernement israélien de recevoir la mission d'enquête de l'O.N.U.

Le 26, le rapport de la commission d'enquête israélienne reprend la thèse de la « provocation palestinienne » tout en rendant les chefs de la police responsables de l'impréparation et du comportement des forces de sécurité.

Le 3 novembre, le gouvernement israélien rejette le rapport dans lequel Javier Pérez de Cuellar préconise des mesures destinées à « assurer une meilleure protection des Palestiniens ».

—  Universalis



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«  8 octobre - 3 novembre 1990 - Israël. Vingt-deux Palestiniens tués à Jérusalem », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 avril 2021. URL : http://www.universalis.fr/evenement/8-octobre-3-novembre-1990-vingt-deux-palestiniens-tues-a-jerusalem/