4-26 août 2016France. Polémique au sujet de l'interdiction du burkini sur les plages.

 

Le 4, le sénateur maire des Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) Michel Amiel (ex-socialiste qui a rejoint Force 13, le mouvement de Jean-Noël Guérini) interdit la « journée burkini » qu’une association projetait d’organiser le 10 septembre dans un parc aquatique privé de la ville pour permettre aux femmes musulmanes de se baigner dans une tenue qui cache la plus grande partie du corps. Il invoque le risque de trouble à l’ordre public. La polémique avait été lancée la veille par le sénateur Stéphane Ravier (Front national) et la députée Valérie Boyer (Les Républicains, LR), maires de deux secteurs de Marseille et candidats aux élections législatives de juin 2017.

Le 5, le député-maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) Lionnel Luca (LR) signe un arrêté interdisant « l’accès à la baignade […] à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité ». Le premier arrêté en ce sens avait été décidé par le maire de Cannes (Alpes-Maritimes) David Lisnard (LR) le 28 juillet. Des arrêtés similaires seront adoptés dans une trentaine de communes balnéaires.

Le 13, le tribunal administratif de Nice rejette le pourvoi formé contre l’arrêté du maire de Cannes par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et des particuliers. Il affirme que, dans « le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice », le port du burkini peut « être interprété comme n’étant pas […] qu’un simple signe de religiosité » et donc être « de nature à créer ou exacerber des tensions ».

Le 17, dans un entretien accordé au quotidien régional La Provence, le Premier ministre Manuel Valls affirme « comprendre » et « soutenir » les maires opposés au port du burkini qui, selon lui, « n’est pas compatible avec les valeurs de la France et de la République », mais « est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé sur l’asservissement de la femme ».

Le 22, le tribunal administratif de Nice rejette le pourvoi formé par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le CCIF contre l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet.

Le 25, les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Marisol Touraine se démarquent de la position du Premier ministre sur le burkini.

Le 26, le Conseil d’État, saisi par la LDH, annule la décision du tribunal administratif de Nice relative à l’arrêté municipal de Villeneuve-Loubet et suspend ce dernier, jugeant qu’il porte « une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle », en l’absence de risque avéré de trouble à l’ordre public. Manuel Valls estime toutefois que cette décision « n’épuise pas le débat », tandis que certains membres de l’opposition de droite et d’extrême droite appellent à légiférer sur le sujet. De son côté, le secrétariat général de l’ONU salue l’arrêt du Conseil d’État.

—  Universalis



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«  4-26 août 2016 - France. Polémique au sujet de l'interdiction du burkini sur les plages. », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 avril 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/4-26-aout-2016-polemique-au-sujet-de-l-interdiction-du-burkini-sur-les-plages/