3-21 décembre 2018Belgique. Démission du gouvernement de Charles Michel.

 

Le 3, le président de l’Alliance néo-flamande (N-VA, droite extrême) Bart De Wever déclare que sa formation, membre de la coalition au pouvoir, ne peut soutenir un gouvernement qui se rendrait à la conférence de Marrakech où doit être proclamé le « pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Le Premier ministre Charles Michel s’est engagé à défendre ce texte approuvé en juillet par les membres de l’ONU. La N-VA, qui avait soutenu la position favorable à ce pacte adopté par le gouvernement en septembre, a modifié sa position après la percée de l’extrême droite flamande du Vlaams Belang aux élections communales d’octobre.

Le 4, la N-VA lance sur son site une campagne contre le pacte sur les migrations illustrée d’images choc. Elle retire quelques heures plus tard cette communication qui suscite de vives critiques jusque dans les rangs de la majorité.

Le 6, la Chambre des députés approuve une résolution en faveur du pacte par 107 voix contre 36, grâce aux voix des représentants de la majorité gouvernementale – hormis celles de la N-VA –, ainsi que des socialistes, des écologistes et des élus du Centre démocrate humaniste (CDH).

Le 8, les ministres et secrétaires d’État membres de la N-VA quittent le conseil des ministres extraordinaire consacré au pacte et menacent de démissionner si Charles Michel persiste à vouloir se rendre à Marrakech. Le Premier ministre prend alors acte du départ de la N-VA de la coalition gouvernementale.

Le 9, le roi Philippe accepte la démission des trois ministres et quatre secrétaires d’État N-VA, et nomme ministres les secrétaires d’État Pieter De Crem (Chrétiens-démocrates et flamands, CD&V) et Philippe De Backer (Libéraux et démocrates flamands, Open VLD). Charles Michel redistribue les compétences au sein du gouvernement remanié : Alexander De Croo (Open VLD) prend en charge les Finances, Pieter De Crem l’Intérieur, Maggie De Block (Open VLD) l’Asile et la Migration et Didier Reynders (Mouvement réformateur, MR) la Défense en plus des Affaires étrangères. Le Premier ministre endosse un statut linguistique double – à la fois flamand et francophone – de façon à respecter la parité linguistique au sein du gouvernement. Avec 52 sièges sur 150 à la Chambre, la nouvelle coalition gouvernementale – MR, CD&V et Open VLD – est minoritaire.

Le 10, à Marrakech, Charles Michel assiste à la proclamation du pacte mondial sur les migrations avec les représentants de cent cinquante-huit autres pays.

Le 12, la Chambre approuve, par 79 voix contre 41 et une abstention, une motion déposée par les socialistes, les écologistes, le CDH et le parti Démocrate fédéraliste indépendant (DéFI), et soutenue par la N-VA, qui demande au gouvernement de présenter son programme et d’organiser un vote de confiance avant le 18.

Le 16, plus de cinq mille personnes participent à Bruxelles à une « marche contre Marrakech » à l’appel de partis de droite et d’extrême droite flamands. Celle-ci donne lieu à des dégradations et à des affrontements entre manifestants et policiers. Une contre-manifestation réunit un millier de personnes.

Le 18, devant la Chambre, le Premier ministre refuse de demander un vote de confiance et affirme son intention de conduire un gouvernement minoritaire jusqu’aux élections prévues en mai 2019 en recourant au procédé budgétaire des « douzièmes provisoires ». Confronté à l’opposition de la Chambre, Charles Michel annonce sa démission.

Le 21, le roi accepte la démission de Charles Michel, qu’il charge d’expédier les affaires courantes jusqu’aux élections de mai 2019, renonçant ainsi à convoquer des élections anticipées.

—  Universalis



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Pour citer l’article

«  3-21 décembre 2018 - Belgique. Démission du gouvernement de Charles Michel. », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/3-21-decembre-2018-demission-du-gouvernement-de-charles-michel/