2-31 mars 2002Israël – Autorité palestinienne. « Guerre » déclarée d'Ariel Sharon contre Yasser Arafat

 

Le 2, un attentat-suicide cause la mort de neuf Israéliens à Jérusalem-Ouest. Il est revendiqué par les Brigades des martyrs d'al-Aqsa, proches du Fatah.

Le 3, un tireur palestinien tue sept soldats israéliens et trois colons juifs en ouvrant le feu contre un barrage militaire près de la colonie d'Ofra, en Cisjordanie. Tsahal, qui venait de quitter les camps de Cisjordanie où une trentaine de Palestiniens ont été tués depuis leur occupation, à la fin de février, pénètre de nouveau dans celui de Djénine pour y « rechercher des terroristes et des armes ». Le lendemain, elle effectue également une incursion dans le camp de Rafah, dans la bande de Gaza.

Le 4, alors que les opérations meurtrières s'intensifient de part et d'autre, le Premier ministre israélien Ariel Sharon déclare qu'il faut encore infliger « beaucoup de pertes » aux Palestiniens pour qu'ils sachent « qu'ils n'obtiendront rien avec le terrorisme ». En réponse, le gouvernement palestinien promet de répondre par « une escalade à l'escalade » des violences israéliennes.

Le 5, une bombe explose, sans faire de victime, dans le quartier arabe de Jérusalem-Est où d'autres engins sont découverts. Ces attentats antiarabes sont revendiqués par un groupe clandestin israélien d'extrême droite.

Le 7, le secrétaire d'État américain Colin Powell déclare devant le Congrès qu'il « ne pense pas que [la politique d'Ariel Sharon] mène quelque part ». Face à la recrudescence des violences qui font une vingtaine de morts par jour, le président George W. Bush décide d'envoyer en Israël son émissaire, Anthony Zinni.

Le 8, au terme d'une journée de violences sans précédent dans l'histoire du conflit israélo-palestinien, au cours de laquelle quarante-six Palestiniens et six Israéliens ont été tués, Ariel Sharon se déclare prêt à entamer des négociations de cessez-le-feu sans exiger, comme il l'avait fait auparavant, le respect préalable d'une période de sept jours de calme.

Le 9, un attentat-suicide palestinien fait onze morts israéliens à Jérusalem-Ouest.

Le 13, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. adopte à l'unanimité – moins l'abstention de la Syrie – la résolution 1397 qui évoque pour la première fois « la vision d'une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte à l'intérieur de frontières reconnues et sûres ».

Le 14, alors qu'Anthony Zinni arrive en Israël, Washington demande le « retrait complet » des forces israéliennes des territoires autonomes.

Le 19, tandis que le vice-président américain Dick Cheney arrive en Israël, Tsahal annonce son retrait des zones autonomes occupées depuis la fin de février.

Le 21, Israël suspend les négociations sur un cessez-le-feu à la suite de deux attentats-suicides palestiniens, la veille et le jour même, qui ont fait sept morts israéliens près de Oum Al-Fahem, dans le nord du pays, et à Jérusalem-Ouest.

Le 25, Washington demande formellement à Jérusalem d'autoriser Yasser Arafat à participer au sommet de la Ligue arabe, à Beyrouth, où doit être évoquée l'offre de paix proposée en février par le prince héritier d'Arabie Saoudite Abdallah.

Le 27, le sommet arabe de Beyrouth s'ouvre en l'absence de Yasser Arafat ainsi que du président égyptien Hosni Moubarak et du roi Abdallah II de Jordanie.

Le 27 également, un attentat-suicide perpétré à Nétanya, dans le nord du pays, fait vingt et un morts. Il est revendiqué par le Hamas.

Le 28, le sommet arabe adopte, à l'unanimité de ses vingt-deux membres, une « initiative de paix » qui propose le rétablissement de relations israélo-arabes « normales », en échange de l'évacuation par Israël de tous les territoires occupés, de la reconnaissance d'un État palestinien indépendant, de la conclusion d'un accord de paix global et du règlement de la question des réfugiés palestiniens.

Le 29, alors qu'Ariel Sharon qualifie Yasser Arafat d'« ennemi » d'Israël, Tsahal lance l'opération Mur de protection dans les territoires occupés et reprend notamment le contrôle de Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne dont les locaux sont bombardés. Yasser Arafat se dit « prêt à mourir en martyr ».

Le 30, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. adopte la résolution 1402, finalement soutenue par les États-Unis, qui demande le retrait de l'armée israélienne de Ramallah.

Le 30 également, le président Bush déclare comprendre et respecter le « besoin, pour Israël, de se défendre ».

Le 31, alors qu'un nouvel attentat-suicide palestinien revendiqué par le Hamas fait quinze morts à Haïfa, Ariel Sharon annonce, dans une allocution télévisée, que « l'État d'Israël est en guerre », « une guerre sans compromis » contre « le terrorisme [...] activé, coordonné et dirigé par [...] Yasser Arafat ». Le même jour, Ramallah est déclarée zone militaire interdite.

—  Universalis



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«  2-31 mars 2002 - Israël – Autorité palestinienne. « Guerre » déclarée d'Ariel Sharon contre Yasser Arafat », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/evenement/2-31-mars-2002-israel-autorite-palestinienne-guerre-declaree-d-ariel-sharon-contre-yasser-arafat/