1er-30 avril 2019Algérie. Démission du président Abdelaziz Bouteflika.

 

Le 1er, alors que les manifestants réclament depuis février la fin du « système Bouteflika » et que le chef d’état-major Gaïd Salah a proposé en mars de prononcer l’empêchement du chef de l’État, un communiqué de la présidence annonce que le président Abdelaziz Bouteflika démissionnera avant l’issue de son mandat, qui s’achève le 28. En mars, celui-ci avait renoncé à se présenter à un cinquième mandat et avait subordonné la tenue de l’élection présidentielle à l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

Le 2, le général Salah rend public un communiqué contestant l’authenticité du message présidentiel de la veille, qu’il attribue à des « entités non constitutionnelles ». Il dénonce de « vastes opérations de pillage » de la part d’une « poignée de personnes […] profitant de leur accointance avec certains centres de décision douteux, et qui tentent ces derniers jours de faire fuir ces capitaux volés et de s’enfuir vers l’étranger ». Enfin, il somme le clan présidentiel d’« appliquer immédiatement » la solution qu’il avait proposée en mars. Dans la soirée, Abdelaziz Bouteflika annonce sa démission, avec effet immédiat.

Démission d’Abdelaziz Bouteflika, 2019

Démission d’Abdelaziz Bouteflika, 2019

photographie

Après plusieurs semaines de manifestations publiques contre sa candidature à un nouveau mandat, le chef de l'État algérien Abdelaziz Bouteflika présente sa démission au président du Conseil constitutionnel le 2 avril 2019 (capture d'écran de la télévision publique... 

Crédits : Entv/ AP/ SIPA

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Le 9, le président du Conseil de la nation – le Sénat –, Abdelkader Bensalah, un fidèle d’Abdelaziz Bouteflika, est nommé président par intérim pour une durée de quatre-vingt-dix jours, en application de la Constitution. Il promet l’« organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes » qui sont convoquées pour le 4 juillet.

Le 10, Gaïd Salah accuse les manifestants, qui rejettent toute transition menée par des proches de l’ancien président, d’être manipulés depuis l’étranger.

Le 12, le huitième vendredi de manifestations est marqué par des affrontements violents à Alger. Les protestataires rejettent le principe d’une élection présidentielle organisée par les membres du pouvoir qu’ils dénoncent.

Le 16, le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz annonce sa démission. Il est l’un des « 4 B » honnis par les manifestants avec Abdelkader Bensalah, le Premier ministre Noureddine Bedoui et le président de l’Assemblée populaire nationale Mouad Bouchareb.

Le 22, Issad Rebrab, patron du groupe agroalimentaire et métallurgique Cevital, première entreprise privée du pays, est arrêté. Il est notamment accusé de fausses déclarations relatives à des mouvements de capitaux avec l’étranger. Les trois frères Kouninef, dirigeants de l’entreprise de construction KouGC bénéficiaire de nombreux contrats publics, sont également arrêtés. Ils sont notamment suspectés de non-respect des engagements contractuels et de trafic d’influence.

Le 23, le président de la société nationale d’hydrocarbures Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, est limogé.

Le 30, le comité central du Front de libération national, au pouvoir, élit au secrétariat général l’homme d’affaires et ancien vice-président de l’Assemblée nationale Mohamed Djemai, en remplacement de Mouad Bouchareb, démissionnaire.

—  Universalis



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Pour citer l’article

«  1er-30 avril 2019 - Algérie. Démission du président Abdelaziz Bouteflika. », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/1er-30-avril-2019-demission-du-president-abdelaziz-bouteflika/