1er-22 décembre 2018France. Poursuite du mouvement des « gilets jaunes ».

 

Le 1er, les « gilets jaunes », qui occupent les ronds-points dans tout le pays depuis novembre pour réclamer une augmentation du pouvoir d’achat, manifestent dans les grandes villes pour le troisième samedi consécutif. Le nombre de participants s’élève à cent trente-six mille. À Paris, les rassemblements sont marqués par de violentes altercations entre forces de l’ordre et manifestants, auxquels se mêlent des militants d’extrême droite et d’extrême gauche, et par de nombreuses déprédations dans certains quartiers aisés. Les salles intérieures de l’Arc de triomphe, notamment, sont saccagées et le monument tagué. En province, la préfecture de Haute-Loire, au Puy-en-Velay, est partiellement incendiée.

Mouvement des « gilets jaunes », 2018

photographie : Mouvement des « gilets jaunes », 2018

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Apparu à la mi-novembre en réaction à la hausse des taxes sur les carburants, le mouvement des « gilets jaunes » occupe les ronds-points dans tout le pays (en haut à Montélimar, le 1er décembre 2018) avant d'organiser des manifestations dans les grandes villes et notamment à Paris,... 

Crédits : Serge Goujon (en haut), Mo Wu (en bas)/ Shutterstock.com

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Le 3, le mouvement de blocage des lycées, entamé en novembre, s’amplifie fortement, touchant près de deux cents établissements. Les organisations lycéennes dénoncent les réformes éducatives et soutiennent plus ou moins ouvertement les gilets jaunes. Le mouvement gagne certaines universités à partir du lendemain.

Le 4, le Premier ministre Édouard Philippe annonce le gel pour six mois de l’augmentation de diverses taxes liées aux carburants, ainsi que le report de la hausse des tarifs de l’énergie.

Le 5, l’Assemblée nationale approuve les mesures annoncées la veille, tandis que l’Élysée annonce l’abandon pur et simple de la taxe carbone dans le budget 2019.

Le 8, le rassemblement parisien des gilets jaunes, encadré par des forces de police en grand nombre, suscite moins de violences que celui de la semaine précédente. Les manifestations mobilisent cent vingt-six mille personnes dans le pays.

Le 10, dans une allocution télévisée, Emmanuel Macron prend la mesure du mouvement des gilets jaunes – « Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies » – et estime que la « colère » exprimée par les contestataires, fruit de « quarante années de malaise », est « juste à bien des égards ». Le chef de l’État annonce diverses mesures liées au pouvoir d’achat pour 2019, dont l’augmentation de 100 euros du salaire des travailleurs au SMIC grâce à la hausse de la prime d’activité, la défiscalisation des heures supplémentaires, l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois, ainsi que la défiscalisation des primes exceptionnelles de fin d’année qu’il invite les entreprises à verser à leurs salariés. Emmanuel Macron refuse de restaurer l’impôt de solidarité sur la fortune – une des revendications emblématiques des gilets jaunes – et entend poursuivre ses réformes. En outre, le chef de l’État souhaite « que soient posées les questions qui touchent à la représentation » – autre sujet cher aux gilets jaunes – sans donner de précisions. Enfin, Emmanuel Macron estime nécessaire de mettre « d’accord la nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde » et d’« affronter » la question de l’immigration. Le coût des mesures annoncées depuis le début du mois est estimé à 10 milliards d’euros.

Le 12, l’exécutif annonce les cinq thèmes du « grand débat » citoyen annoncé par Emmanuel Macron en novembre : la transition écologique, la fiscalité, les services publics, l’évolution du débat démocratique et l’immigration. Ce dernier thème sera finalement retiré face aux réactions hostiles de la classe politique.

Le 13, l’Assemblée nationale rejette la motion de censure du gouvernement déposée par les groupes socialiste, communiste et de La France insoumise.

Le 15, le cinquième acte des manifestations hebdomadaires des gilets jaunes réunit soixante-six mille participants à travers le pays.

Le 19, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner annonce une augmentation des salaires des policiers, que leurs organisations syndicales appelaient à protester, dans la foulée du mouvement des gilets jaunes. Très sollicités depuis plusieurs semaines, les policiers réclament en outre le règlement des nombreuses heures supplémentaires effectuées.

Le 21, le Parlement adopte le projet de loi de mesures d’urgence économiques et sociales contenant les décisions annoncées par Emmanuel Macron. Les communistes et les insoumis votent contre ; les socialistes et les républicains s’abstiennent.

Le 22, l’« acte VI » de la mobilisation hebdomadaire des gilets jaunes rassemble trente-neuf mille personnes. Il est marqué à Paris par des violences commises par des éléments radicaux. La mobilisation déclinante favorise la reprise du commerce lié aux fêtes de Noël, très affecté par les précédentes journées d’action.

Le 22 également est enregistré le dixième décès lié au mouvement des gilets jaunes.

—  Universalis



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«  1er-22 décembre 2018 - France. Poursuite du mouvement des « gilets jaunes ». », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 septembre 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/1er-22-decembre-2018-poursuite-du-mouvement-des-gilets-jaunes/