10-13 juin 2004Union européenne. Élections européennes

 

Du 10 au 13, selon les pays, se déroulent les premières élections européennes depuis l'élargissement de l'Union à vingt-cinq membres, le 1er mai. Elles sont marquées par une forte abstention (52,2 p. 100 en moyenne chez les Quinze et 74 p. 100 dans les dix nouveaux pays membres) et par une progression des formations eurosceptiques. Elles prennent l'allure d'un vote-sanction à l'encontre de nombreux gouvernements en place. La droite et le centre droit continuent toutefois à dominer le Parlement européen qui passe de 626 à 732 membres.

Le 10, les électeurs des Pays-Bas et du Royaume-Uni désignent leurs députés européens.

– Pays-Bas, 27 sièges. Les trois partis de la coalition au pouvoir perdent des sièges: les chrétiens-démocrates du C.D.A. (24,4 p. 100 et 7 élus), les libéraux-conservateurs du V.V.D. (13,2 p. 100 et 4 élus) et les libéraux réformateurs de D'66 (4,2 p. 100 et 1 élu). Les sociaux-démocrates du PvdA progressent (23,6 p. 100 et 7 élus). La liste populiste pro-européenne Europe transparente fait une percée (7,3 p. 100 et 2 élus). Les autres sièges sont obtenus par les socialistes de gauche (7 p. 100 et 2 élus), les écologistes (7,4 p. 100 et 2 élus) et les chrétiens radicaux (5,9 p. 100 et 2 élus).

– Royaume-Uni, 78 sièges. En Grande-Bretagne, les travaillistes au pouvoir sont en forte baisse (22,6 p. 100 et 19 élus), tout comme les conservateurs (26,7 p. 100 et 27 élus). Le scrutin profite principalement au Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, anti-européen (16,1 p. 100 et 12 élus), ainsi qu'aux libéraux (14,9 p. 100 et 12 élus). Les écologistes (6,2 p. 100 et 2 élus), les nationalistes écossais (1,4 p. 100 et 2 élus) et les nationalistes gallois (1 p. 100 et 1 élu) remportent les autres sièges. En Irlande du Nord, les 3 sièges sont remportés par les unionistes protestants du D.U.P. (28,4 p. 100) et de l'U.U.P. (17,6 p. 100) et par les nationalistes catholiques modérés du S.D.L.P. (28,1 p. 100).

Le 11, les électeurs d'Irlande et de Malte désignent leurs députés européens.

– Irlande, 13 sièges. Les nationalistes de droite du Fianna Fail, au pouvoir, sont en fort recul (29,5 p. 100 et 5 élus) tandis que les nationalistes de gauche du Sinn Fein, branche politique de l'I.R.A., progressent (11,1 p. 100 et 1 élu). L'opposition chrétienne-démocrate du Fine Gael (27,8 p. 100 et 3 élus), les indépendants (15,2 p. 100 et 2 élus) et les travaillistes (11,6 p. 100 et 2 élus) se partagent les sièges restants.

– Malte, 5 sièges. L'opposition travailliste anti-européenne (48 p. 100 et 3 élus) devance le Parti nationaliste pro-européen au pouvoir (41 p. 100 et 2 élus).

Les 11 et 12, les électeurs de la République tchèque désignent leurs députés européens.

– République tchèque, 24 sièges. La coalition gouvernementale pro-européenne subit une déroute. Les sociaux-démocrates (8,8 p. 100 et 2 élus) du Premier ministre Vladimir Špidla et leurs alliés chrétiens-démocrates (9,6 p. 100 et 2 élus) sont largement distancés par l'O.D.S. (centre droit) du président Václav Klaus (30 p. 100 et 9 élus) et les communistes orthodoxes (20,3 p. 100 et 6 élus), deux formations anti-européennes. Les sièges restants se répartissent entre le centre droit libéral pro-européen (11 p. 100 et 3 élus) et les indépendants (8,2 p. 100 et 2 élus).

Le 12, les électeurs de Lettonie désignent leurs députés européens.

– Lettonie, 9 sièges. Aucun des trois partis de la coalition au pouvoir n'obtient de siège. La question de la minorité russophone ayant été au centre de la campagne, la droite nationaliste fait une percée (29,8 p. 100 et 4 élus), tout comme la gauche pro-russe (10,7 p. 100 et 1 élu). L'opposition de centre droit se renforce (19,7 p. 100 et 2 élus). Deux autres formations du centre obtiennent chacune un siège, avec 6,6 et 6,5 p. 100 des suffrages.

Le 13, les électeurs des autres pays désignent leurs députés européens.

– Allemagne, 99 sièges. Les sociaux-démocrates du S.P.D., au pouvoir, enregistrent un grave revers (21,5 p. 100 et 23 élus) tandis que leurs alliés Verts progressent (11,9 p. 100 et 13 élus). Quoique en recul, les chrétiens-démocrates de la C.D.U.-C.S.U. s'imposent (36,5 p. 100 et 49 élus). Les anciens communistes du P.D.S. et les libéraux du F.D.P. progressent, réalisant le même score (6,1 p. 100 et 7 élus)

– Autriche, 18 sièges. Les sociaux-démocrates du S.P.Ö. (33,5 p. 100 et 7 élus) devancent de peu les conservateurs de l'Ö.V.P., au pouvoir (32,7 p. 100 et 6 élus). La liste du populiste eurosceptique de gauche Hans-Peter Martin fait une percée (14 p. 100 et 2 élus), dépassant les Verts (12,7 p. 100 et 2 élus). Les populistes de droite du F.P.Ö. sont en net recul (6,3 p. 100 et 1 élu).

– Belgique, 24 sièges. En Flandre, l'extrême droite du Vlaams Blok progresse fortement (14,3 p. 100 et 3 élus), toutefois devancée par les chrétiens-démocrates du C.D.&V. (17,4 p. 100 et 4 élus). Les libéraux du V.L.D., au pouvoir (13,6 p. 100 et 3 élus), et les socialistes du S.P.A. (11 p. 100 et 3 élus) se maintiennent. Les écologistes reculent (4,9 p. 100 et 1 élu). En Wallonie, les socialistes du P.S. l'emportent (13,5 p. 100 et 4 élus). Les libéraux du M.R. (10,4 p. 100 et 3 élus) et les sociaux-chrétiens du C.D.H. (5,7 p. 100 et 1 élu) conservent leur audience. Les écologistes subissent un revers (3,7 p. 100 et 1 élu). Le siège réservé au collège germanophone est remporté par les sociaux-chrétiens du C.S.P.-E.V.P. (0,2 p. 100).

– Chypre, 6 sièges. Les chrétiens-démocrates (28,2 p. 100 et 2 élus) devancent de peu les communistes (27,9 p. 100 et 2 élus). Les libéraux (17,1 p. 100 et 1 élu) et les chrétiens-démocrates de la liste Alarme pour l'Europe (10,8 p. 100 et 1 élu) sont également représentés.

– Danemark, 14 sièges. L'opposition sociale-démocrate progresse fortement (32,5 p. 100 et 5 élus) aux dépens des libéraux au pouvoir (19,4 p. 100 et 3 élus). Les conservateurs arrivent en troisième position (11,2 p. 100 et 2 élus). Les souverainistes du Mouvement de juin reculent (9 p. 100 et 1 élu). L'extrême gauche 8,1 p. 100 et 1 élu), l'extrême droite (6,8 p. 100 et 1 élu) et le centre gauche (6,4 p. 100 et 1 élu) se partagent les sièges restants.

– Espagne, 54 sièges. Les socialistes du P.S.O.E., au pouvoir (43,3 p. 100 et 25 élus), devancent de peu les conservateurs du P.P. (31,3 p. 100 et 23 sièges). Les nationalistes modérés de la liste Galeusca (5,2 p. 100 et 3 élus) précèdent la gauche communiste de I.U. (4,2 p. 100 et 2 élus). Les nationalistes radicaux (2,5 p. 100) remportent un siège.

– Estonie, 6 sièges. L'opposition sociale-démocrate pro-européenne domine le scrutin (36,8 p. 100 et 3 élus). Les libéraux sont les seuls membres de la coalition au pouvoir à être représentés (12,2 p. 100 et 1 élu). Le centre gauche (17,5 p. 100 et 1 élu) et les conservateurs (10,5 p. 100 et 1 élu) représentent le camp eurosceptique.

– Finlande, 14 sièges. L'opposition conservatrice pro-européenne arrive en tête (23,7 p. 100 et 4 élus), mais le centre (23,3 p. 100 et 4 élus) et les sociaux démocrates (21,1 p. 100 et 3 élus), au pouvoir, se maintiennent. Les sièges restants vont aux écologistes (10,4 p. 100 et 1 élu), aux ex-communistes (9,1 p. 100 et 1 élu) et à la minorité suédoise (5,7 p. 100 et 1 élu).

– Grèce, 24 sièges. Les conservateurs de la N.D., au pouvoir, arrivent en tête (43,1 p. 100 et 11 élus) devant les socialistes du PASOK (34 p. 100 et 8 élus). Les anti-européens, communistes du K.K.E. (9,5 p. 100 et 3 élus) et extrême droite du LA.O.S. (4,1 p. 100 et 1 élu), progressent. La gauche européenne obtient un siège (4,1 p. 100).

– Hongrie, 24 sièges. L'opposition de la droite nationale du Fidesz (47,4 p. 100 et 12 élus) devance les deux partis de la coalition au pouvoir: les socialistes du M.S.Z.P. (34,3 p. 100 et 9 élus) et le centre gauche libéral du SzDSz (7,7 p. 100 et 2 élus). Les chrétiens-démocrates du M.D.F. (5,3 p. 100) ont un élu.

– Italie, 78 sièges. Forza Italia, qui conduit la coalition au pouvoir, subit un revers (21 p. 100 et 16 élus), arrivant loin derrière la liste de l'opposition de centre gauche Unis dans l'Olivier (31,1 p. 100 et 25 élus). Les autres partis de la coalition progressent: l'Alliance nationale (11,5 p. 100 et 9 élus), l'Union des démocrates du centre (5,9 p. 100 et 5 élus) et la Ligue du Nord (5 p. 100 et 4 élus). Rifundazione comunista obtient un bon résultat (6,1 p. 100 et 5 élus). Les autres sièges se répartissent entre les Verts (2,5 p. 100 et 2 élus), les communistes orthodoxes (2,4 p. 100 et 2 élus), la liste radicale d'Emma Bonino (2,2 p. 100 et 2 élus), la liste Di Pietro (2,1 p. 100 et 2 élus) et une liste socialiste (2 p. 100 et 2 élus). Quatre partis, dont deux d'extrême droite, se partagent les sièges restants.

– Lituanie, 13 sièges. La gauche populiste arrive en tête (30,2 p. 100 et 5 élus), loin devant les sociaux-démocrates au pouvoir (14,5 p. 100 et 2 élus). La droite conservatrice arrive en troisième position (12,6 p. 100 et 2 élus), suivie des libéraux (11,2 p. 100 et 2 élus). Les autres sièges reviennent à la coalition paysans-gauche (7,4 p. 100 et 1 élu) et au centre gauche (6,8 p. 100 et 1 élu).

– Luxembourg, 6 sièges. Les chrétiens-sociaux au pouvoir remportent le scrutin (37,2 p. 100 et 3 élus), devant les socialistes (22,1 p. 100 et 1 élu), les écologistes (15 p. 100 et 1 élu) – en progression – et les libéraux (14,9 p. 100 et 1 élu).

– Pologne, 54 sièges. L'opposition libérale de la Plate-forme civique (25,2 p. 100 et 15 élus) devance largement les sociaux-démocrates de l'Alliance des gauches démocratiques, au pouvoir (10,4 p. 100 et 6 élus). La surprise provient du score réalisé par la droite catholique eurosceptique de la Ligue des familles polonaises (15,7 p. 100 et 9 élus). Les conservateurs de Droit et Justice se placent en troisième position (11,8 p. 100 et 7 élus). Les populistes de droite de Samoobrona (10,1 p. 100 et 6 élus), le centre droit de l'Union de la liberté (8 p. 100 et 5 élus), le Parti paysan (5,5 p. 100 et 3 élus) et les sociaux-démocrates dissidents (5 p. 100 et 3 élus) se partagent les sièges restants.

– Portugal, 24 sièges. L'opposition socialiste (44,5 p. 100 et 12 élus) l'emporte largement sur le centre droit au pouvoir, allié pour l'occasion à la droite (3,3 p. 100 et 9 élus). L'union des communistes et des écologistes progresse (9,1 p. 100 et 2 élus). L'extrême gauche est représentée (4,9 p. 100 et 1 élu).

– Slovaquie, 14 sièges. Les chrétiens-démocrates qui dirigent la coalition au pouvoir l'emportent de justesse (16,8 p. 100 et 3 élus) devant les populistes (16,7 p. 100 et 3 élus) et l'opposition sociale-démocrate (16,6 p. 100 et 3 élus). Les conservateurs progressent (15,9 p. 100 et 3 élus). La coalition des partis hongrois obtient les sièges restants (13 p. 100 et 2 élus).

– Slovénie, 7 sièges. L'opposition de centre droit (23,5 p. 100 et 2 élus) devance le centre gauche au pouvoir (21,9 p. 100 et 2 élus). Les autres sièges vont à une autre formation de centre droit (17,7 p. 100 et 2 élus) et aux sociaux-démocrates (14,2 p. 100 et 1 élu).

– Suède, 19 sièges. Les sociaux-démocrates au pouvoir arrivent en tête, mais en légère baisse (24,7 p. 100 et 5 élus). Les conservateurs, comme l'ensemble des « partis bourgeois », reculent (18,2 p. 100 et 4 élus). Les grands gagnants de la consultation sont les souverainistes de la Liste de juin (14,4 p. 100 et 3 élus). Favorables à une sortie de l'Union, la gauche ex-communiste (12,8 p. 100 et 2 élus) et les écologistes (5,9 p. 100 et 1 élu) perdent de l'audience. Les autres partis bourgeois se partagent les sièges restants: les libéraux (9,8 p. 100 et 2 élus), le centre-droit (6,3 p. 100 et 1 élu) et les démocrates-chrétiens (5,7 p. 100 et 1 élu).

—  Universalis



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Pour citer l’article

«  10-13 juin 2004 - Union européenne. Élections européennes », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juin 2022. URL : http://www.universalis.fr/evenement/10-13-juin-2004-elections-europeennes/