ZEUGME, rhétorique

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« J'ai 20 ans et toutes mes dents », proclame sur une affiche un jeune communiste qui ne pense peut-être pas qu'il est en train d'user d'une figure de style que les Grecs nommèrent zeugma. Ici, les deux termes coordonnés et dépendants d'un seul verbe présentent la même disparité sémantique (abstrait/concret) que ceux du fameux exemple tiré du Booz endormi de Hugo : « Vêtu de probité candide et de lin blanc ». On peut aussi coordonner ainsi des termes appartenant à des niveaux de langage différents ou des mots ayant un sens propre et figuré.

On peut compliquer ce procédé par l'emploi d'une figure de grammaire consistant à « atteler » (zeugma signifie « joug » en grec) deux ou plusieurs termes à l'aide d'un mot sous-entendu qui ne s'accorde pas (en nombre, en genre, etc.) avec le mot exprimé. Le lecteur supplée aisément le verbe en rétablissant l'accord avec le sujet : « L'air était plein d'encens et les prés de verdure » (Hugo).

—  Véronique KLAUBER

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Pour citer l’article

Véronique KLAUBER, « ZEUGME, rhétorique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/zeugme-rhetorique/