YOKO TAWADA (1960- )

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Entre deux langues

Née à Tōkyō en 1960, Yoko Tawada vit en Europe depuis 1982, à Hambourg d'abord, puis à Berlin. Écrivain à l'identité double, elle écrit dans sa langue maternelle et en allemand. Elle s'en explique ainsi : « Lorsque j'étais enfant, j'ai su très vite que j'écrirais, j'écris depuis l'âge de douze ans. J'ai très vite compris que le japonais n'était pas une langue suffisante pour écrire. Il me fallait une autre langue. Le russe était la plus belle des langues, ensuite venait le français, et l'allemand à cause de Kafka... À l'époque, les Russes n'acceptaient pas d'étudiants japonais ; j'ai dû renoncer à la Russie. J'aimais le français, mais mes professeurs n'étaient pas assez indulgents, ils ne me pardonnaient pas mes erreurs. Ce sont pourtant les erreurs qui produisent la littérature. Va pour l'allemand ! » (in Sprachpolizei und Spielpolyglotte, 2007). Mais, poursuit-elle : « Lors de ma première venue en Europe, par le Transsibérien, j'ai perdu mon âme. Quand je suis repartie par le train, mon âme était encore en route vers l'Europe. Je n'ai pas pu l'attraper. Lorsque je suis revenue en Europe, elle était en route vers le Japon. » Toute son œuvre traduit cette ambivalence, ce va-et-vient constant et ludique entre deux langues, deux cultures, deux modes de pensée et deux écritures. Sa fascination pour les cultures européennes est cependant grande, comme l'atteste le titre de sa thèse : « Jouet et magie verbale dans la littérature européenne. »

Tawada Yoko, écrivain des frontières

Tawada Yoko, écrivain des frontières

Photographie

L'imaginaire propre à tout écrivain se construit chez Yoko Tawada à travers un subtil dialogue entre les langues (le japonais et l'allemand) et les territoires. 

Crédits : Y. Noir/ Robert Bosch Stiftung

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D'abord publiée en Allemagne, puis au Japon, Yoko Tawada commence une œuvre (poésie, théâtre, récits, romans, essais) à double versant, en allemand et en japonais, évitant de traduire elle-même ses textes en allemand, mais se traduisant parfois en japonais et mêlant de temps à autre dans un même livre, des textes dans les deux langues. C'est la littérature de langue allemande qui nourrit l'essentiel de son œuvre : Kafka, Celan, mais aussi bien sûr E.T.A Hoffmann et tous les romantiques, même si la protagoniste de L'Œil nu – une jeune Vietnamienne venue de R.D.A. à Paris en 1988, seule et sans connaissance de la la [...]


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Écrit par :

  • : directrice de l'association Les Amis du roi des Aulnes, traductrice

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JAPON (Arts et culture) - La littérature

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Pour citer l’article

Nicole BARY, « YOKO TAWADA (1960- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/yoko-tawada-1960/