YIN & YANG

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Succession rythmique et non-opposition

La notion de yin et yang et la vaste déclinaison de significations qui lui sont associées – ombre et soleil, froid et chaleur, humidité et sécheresse, féminité et virilité, hiver et été, réclusion et travaux extérieurs, etc. – ne sont pas perçues comme une dualité, une opposition, mais comme la succession rythmique de deux aspects complémentaires. L'alternance des saisons commande les attitudes et les travaux des hommes dans toutes les sociétés rurales traditionnelles ; en Chine, elle sera présentée suivant le modèle de croissance et déclin du yin et du yang : le yang monte tandis que le yin descend au cours de la saison chaude ; arrivé à son expansion maximum, le yang entame son déclin tandis que le yin, à son minimum au cœur de l'été, s'accroît pour atteindre son plus grand développement durant les gelées hivernales.

Cette alternance régulière et harmonieuse est commandée par un principe supérieur d'ordonnancement, le dao : « Une fois yin, une fois yang, tel est le dao. » Ce terme dao (ou tao), traduit souvent par « voie », désigne également une des principales traditions religieuses et écoles philosophiques de la Chine : le taoïsme. Nous reviendrons sur l'élaboration particulière de la notion de yin et yang au sein du taoïsme, mais il faut souligner que le dao n'est pas un concept propre à cette école, chaque branche de la pensée chinoise ayant travaillé pour son compte ces notions de dao et de yin et yang. Ainsi, une autre tradition, à la suite de Zou Yan (305 env.-240 env. av. J.-C.), un penseur de la période des Royaumes combattants dont les écrits perdus ne sont conservés que sous la forme de citations éparses, a réalisé la fusion des notions des « Cinq Phases » (wu xing) et de yin et yang pour constituer un ample système classificatoire de l'espace et du temps associant une vision à la fois cosmologique et historique. Les cinq phases, ou cinq agents, traduisent d'abord une vision orientée de l'espace, puisqu'ils désignent les points cardinaux, auxquels les Chinois ajoutent un cinq [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages





Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, directrice du programme Religion et société en Chine au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité

Classification


Autres références

«  YIN & YANG  » est également traité dans :

ACUPUNCTURE

  • Écrit par 
  • François BOUREAU
  •  • 2 986 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Acupuncture traditionnelle »  : […] L'acupuncture traditionnelle postule l'existence d'une énergie yin et yang , circulant dans l'organisme dans un système complexe de méridiens superficiels. La maladie résulterait d'un déséquilibre énergétique qui sera régularisé par l'implantation d'une aiguille d'acupuncture au niveau de points spécifiques. […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La pensée chinoise

  • Écrit par 
  • Claude GRÉGORY
  •  • 3 454 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Les modalités et les correspondances »  : […] Le changement est donc le procès foncier de l'univers et de ce qui s'y déroule : c'est la loi du yin et du yang . Yin et yang sont des indices dont se trouvent affectées les variations du qi . Yang connote une profusion, une dissipation énergétique, croissante ou décroissante, jamais constante. Une telle constance serait aussi peu réelle pour les Chinois que le sont pour nous un système isolé […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Symbolisme traditionnel et religions populaires

  • Écrit par 
  • Maxime KALTENMARK, 
  • Michel SOYMIÉ
  •  • 7 067 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le monde et son ordonnance »  : […] Le monde n'était pas pour les anciens Chinois l'œuvre d'un créateur. Les fragments de mythes cosmologiques qui subsistent parlent de héros qui aménagèrent la terre pour la rendre habitable, de sages qui firent de l'homme primitif un civilisé ; il n'est nulle part question d'une création ex nihilo . Il y avait aussi des mythes relatifs à la séparation du Ciel et de la Terre, au modelage des premier […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La médecine en Chine

  • Écrit par 
  • Florence BRETELLE-ESTABLET
  •  • 8 506 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Maladies et thérapeutiques dans l'Antiquité chinoise : du modèle explicatif divin aux lois de la nature »  : […] Les plus anciens témoignages que nous ayons sur les conceptions des maladies et de leurs traitements sont des inscriptions sur carapaces de tortue, issues des divinations, pratiquées du xi e au viii e  siècle avant J.-C., dans la vallée du cours moyen du Huanghe (fleuve Jaune), au nord-est de l'actuelle province du Henan. L'examen de ces sources archéologiques laisse entrevoir une certaine forme […] Lire la suite

CONFUCIUS & CONFUCIANISME

  • Écrit par 
  • ETIEMBLE
  •  • 14 466 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les classiques confucéens »  : […] Qu'étaient-ce donc que ces classiques confucéens qui faisaient trembler Li Si ? « Je m'attache aux Anciens avec confiance et affection », disait prudemment Kongzi. Tout en se proposant de corriger le désordre présent, ce novateur se défendait de rien changer à l'ordre ancien. L'ordre ancien, tel que l'avaient consigné quelques livres : le Yi jing ou Canon des mutations , le Shu jing ou Canon des […] Lire la suite

HUANGDI NEIJING [HOUANG-TI NEI-KING]

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 386 mots

Classique de la médecine interne attribué à l'empereur Jaune (Huangdi), le Huangdi neijing est le plus ancien manuel de médecine chinoise, qui a servi de base théorique à tous les développements ultérieurs de la médecine en Chine. L'édition actuelle, en vingt-quatre chapitres, est celle du principal commentateur de l'ouvrage, Wang Bing, de la dynastie des Tang ; sa préface est datée de 762. Le ti […] Lire la suite

JAPON (Arts et culture) - Les arts

  • Écrit par 
  • François BERTHIER, 
  • François CHASLIN, 
  • Nicolas FIÉVÉ, 
  • Anne GOSSOT, 
  • Chantal KOZYREFF, 
  • Hervé LE GOFF, 
  • Françoise LEVAILLANT, 
  • Daisy LION-GOLDSCHMIDT, 
  • Shiori NAKAMA, 
  • Madeleine PAUL-DAVID
  • , Universalis
  •  • 56 364 mots
  •  • 34 médias

Dans le chapitre « Les jardins aristocratiques »  : […] D'après le Sakuteiki , ou Notes sur la composition des jardins ( xi e  siècle), un jardin doit être propice à la prospérité et à la santé de son propriétaire. D'où la nécessité d'être en accord avec les principes de la voie du Yin et du Yang, et de respecter les croyances et les usages des anciens, comme un emplacement faste de l'étang et de la source, ou une orientation harmonieuse du canal d'é […] Lire la suite

TAOÏSME

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 8 929 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le Dao du « Vieux Maître » »  : […] S'il n'y a pas eu, dans l'Antiquité, une école taoïste à proprement parler, d'où proviennent alors les maximes et aphorismes qui composent le Daode jing  ? On ignore, à vrai dire, presque tout des origines de ce texte si célèbre, qui compte non seulement des centaines de commentaires en Chine même, mais est encore, depuis sa traduction en sanskrit en 661 apr. J.-C., le livre chinois le plus tradui […] Lire la suite

WANG CHONG [WANG TCH'ONG] (27 env.-97)

  • Écrit par 
  • Jacques DARS
  •  • 1 550 mots

Dans le chapitre « Une pensée rationaliste »  : […] Pour mesurer la portée de l'œuvre critique de Wang Chong, il faut dire un mot du contexte intellectuel et philosophique de la fin des premiers Han. Le système dominant de l'époque est celui dit «  du Yin et du Yang et des Cinq Éléments » : vertus femelle ( yin ) et mâle ( yang ) et cinq éléments (terre, bois, métal, feu, eau) constituent autant de puissances fondamentales opposées et complémentair […] Lire la suite

ZHOU DUNYI [TCHEOU TOUEN-YI] (1017-1073)

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 340 mots

Penseur confucéen, le premier qui, continuant l'œuvre de Li Ao, donne un cadre cosmologique à la métaphysique élaborée par ce dernier. Il le fait au moyen du Tableau du Faîte Suprême ( Taijitu ), diagramme illustrant la naissance de l'univers à partir du Faîte Suprême, dans lequel les forces antithétiques du Yin et du Yang se trouvent à l'état indifférencié et qui est lui-même sorti du « Sans F […] Lire la suite

ZHOUYI CANTONGQI [TCHEOU-YI TS'AN-T'ONG-K'I]

  • Écrit par 
  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 299 mots

Traité de cosmologie spéculative dont le titre signifie, approximativement, « La Concordance des trois [éléments] dans le Livre des changes des Zhou ». Le Zhouyi cantongqi est une interprétation des huit trigrammes qui sont à l'origine des soixante-quatre hexagrammes dans le Livre des changes ( Yijing ), un des treize classiques, ainsi que des lois d'alternance qui les gouvernent, selon le systè […] Lire la suite

ZHU XI [TCHOU HI] (1130-1200)

  • Écrit par 
  • Léon VANDERMEERSCH
  •  • 1 777 mots

Dans le chapitre « La philosophie de la raison »  : […] La science divinatoire avait abouti très tôt, en Chine, à la formalisation de tous les phénomènes, physiques ou moraux, naturels ou historiques, selon les figures canoniques exposées dans le Livre des mutations ( Yi jing ), à savoir les soixante-quatre hexagrammes engendrés par toutes les combinaisons possibles deux à deux des huit trigrammes, eux-mêmes formés de la triple composition des symbole […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Caroline GYSS, « YIN & YANG », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/yin-et-yang/