XÉNOGREFFES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le phénomène de rejet

L'allogreffe a pendant longtemps été impossible ou en tout cas accompagnée de nombreux échecs jusqu'à ce que la découverte du système HLA et la mise au point de médicaments immunosuppresseurs aient rendu possible cette pratique. On sait maintenant que nos cellules ont à leur surface des protéines qui sont caractéristiques de chaque individu, et qui résultent de la recombinaison de gènes qui peuvent coder la synthèse de ces protéines. Ces gènes et les protéines correspondantes constituent le système HLA. Un antigène du système HLA d'un individu induit donc une réaction immunitaire de rejet lorsqu'il est introduit chez un individu n'appartenant pas au même groupe HLA. C'est pourquoi la sélection systématique des donneurs permet de limiter considérablement les réactions de rejet, qui sont par ailleurs atténuées à l'aide de traitements par des immunosuppresseurs comme la ciclosporine A.

La greffe des organes d'une espèce à l'autre met en action des mécanismes de rejet différents et beaucoup plus violents que ceux qui caractérisent les allogreffes. Il s'agit encore d'une réaction des anticorps du receveur contre les antigènes HLA du donneur. Cependant, on observe qu'un organe de porc greffé chez un primate subit au moins trois mécanismes différents de rejet : un rejet très rapide, appelé hyperaigu, un rejet, en partie de même nature, appelé rejet hyperaigu différé, et un rejet induit plus classique, s'apparentant à celui qui est observé lors des allogreffes.

Une analyse du rejet hyperaigu a été faite de manière détaillée. Ce type de rejet se manifeste essentiellement lors de greffes d'organes vascularisés, et les cellules endothéliales des vaisseaux sont la cible principale des mécanismes d'élimination du « non-soi ». Les manifestations du rejet commencent dès que l'organe greffé est soumis à la circulation sanguine du receveur. Les vaisseaux du xénogreffon subissent un phénomène intense de vasoconstriction accompagné d'une ag [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : directeur de recherche, unité de biologie du développement et reproduction, Institut national de la recherche agronomique

Classification

Autres références

«  XÉNOGREFFES  » est également traité dans :

ÉDITION DES GÉNOMES

  • Écrit par 
  • Gilles SAUCLIÈRES
  •  • 3 922 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Des applications à peine imaginables »  : […] Avec des systèmes aussi malléables, les organismes sur lesquels on applique ces techniques d’édition du génome sont très divers. La recherche dans ce domaine n’est pas dominée par la possibilité de modification transmissible du génome humain, actuellement au cœur d’un débat éthique fondamental. En revanche, la quasi-totalité des articles publiés porte sur la modification d’animaux modèles bien co […] Lire la suite

GREFFES

  • Écrit par 
  • Jean PAUPE
  •  • 3 725 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Bases génétiques »  : […] Le comportement des greffes de peau est le phénomène le plus simple à observer ; il démontre l'incompatibilité entre l'organisme du receveur et le tissu qui lui est génétiquement étranger. Une autogreffe est acceptée aisément : en deux ou trois jours, elle est vascularisée à partir des tissus environnants et se confond avec eux en cinq à sept jours. Une allogreffe se vascularise initialement comm […] Lire la suite

O.G.M. - Production et utilisation

  • Écrit par 
  • Louis-Marie HOUDEBINE
  •  • 4 084 mots

Dans le chapitre «  Les applications de la transgenèse »  : […] La principale application de la transgenèse est de très loin la recherche fondamentale. Un gène isolé est détaché de son contexte, son transfert dans un nouvel organisme permet donc d'en étudier le fonctionnement et le rôle. La transgenèse, végétale comme animale, est pour cette raison de plus en plus mise en œuvre par les biologistes. Cette tendance ne peut que s'accentuer avec le séquençage comp […] Lire la suite

THÉRAPEUTIQUE - Thérapies substitutives et régénératives

  • Écrit par 
  • Didier HOUSSIN
  •  • 4 332 mots

Dans le chapitre « L'avenir des greffes d'organes et de tissus »  : […] Des progrès sont prévisibles, en raison du perfectionnement des techniques chirurgicales et de l'apparition de nouveaux immunosuppresseurs à action plus sélective sur le système immunitaire et à toxicité réduite. Cependant, les perspectives les plus importantes s'ouvrent dans le domaine de l'accès au greffon. Depuis de longues années déjà, la substitution d'éléments du corps humain confronte les g […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Louis-Marie HOUDEBINE, « XÉNOGREFFES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/xenogreffes/